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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2211858

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2211858

mardi 11 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2211858
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantCABINET COUDRAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 9 septembre 2022, 16 mai 2023 et 6 juin 2023, M. et Mme E et G C F, représentés par Me Halgand, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 avril 2022 par lequel la maire de Pontchâteau a délivré à la société Ametis un permis de construire portant sur la construction de 80 logements collectifs sur un terrain situé rue du Châtellier, ainsi que la décision du 12 juillet 2022 par laquelle elle a rejeté leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Pontchâteau le versement d'une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils justifient d'un intérêt à agir ;

- le signataire de la décision attaquée ne justifie pas de sa compétence ;

- l'arrêté méconnaît les articles R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;

- l'arrêté méconnaît l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme ;

- l'arrêté méconnaît l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme ;

- l'arrêté méconnaît l'article U 10 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- l'arrêté méconnaît l'article U 11 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- l'arrêté méconnaît l'article U 12 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- l'arrêté méconnaît l'article U 13 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- l'arrêté méconnaît l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 mars 2023, la commune de Pontchâteau, représentée par Me Coudray, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que les requérants sont dépourvus d'intérêt à agir ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 mai 2023, la société Ametis, représentée par Me Flynn, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que les requérants sont dépourvus d'intérêt à agir ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Un mémoire a été enregistré le 9 juin 2023 pour la société Ametis et n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Milin, première conseillère ;

- les conclusions de M. Sarda, rapporteur public ;

- les observations de Me Lefèvre, substituant Me Halgand, avocat des requérants ;

- les observations de Me Hauuy, substituant Me Coudray, avocate de la commune de Pontchâteau ;

- les observations de Me Rioual, substituant Me Flynn, avocat de la société Amétis.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 26 avril 2022, le maire de Pontchâteau a délivré à la société Amétis un permis de construire portant sur la construction de trois bâtiments de 80 logements sur un terrain situé rue du Châtellier. Par une décision du 12 juillet 2022, il a rejeté le recours gracieux formé contre cet arrêté par M. et Mme C F, voisins immédiats du projet, qui demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 26 avril 2022 ainsi que la décision du 12 juillet 2022.

2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du même code : " " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Il appartient ensuite au juge de l'excès de pouvoir de former sa conviction sur la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe d'un intérêt à agir, lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

3. Il ressort des pièces du dossier que les requérants sont propriétaires d'une habitation située à proximité quasi-immédiate du terrain d'assiette du projet, dont leur propriété n'est séparée que par des parcelles supportant des constructions de faible gabarit, et qui était alors jusque-là vierge de toute construction, sur près de 10 000 m². Compte tenu de l'importance du projet, qui porte sur la construction de trois bâtiments collectifs de niveau R+3+attique de 80 logements en tout, de la topographie, et de l'augmentation du trafic automobile dans la rue du Châtellier, qui borde pour partie la propriété des requérants, qu'entraînera nécessairement la création de 107 places de stationnement, les requérants justifient d'un intérêt suffisant pour contester le permis de construire en litige. La fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir des requérants doit, par suite, être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Il ressort des pièces du dossier que, par arrêté de la maire de la commune de Pontchâteau du 5 juillet 2021, dont les mentions attestent du caractère exécutoire, M. B D, 8ème adjoint au maire, a reçu une délégation de signature à l'effet notamment de signer les autorisations d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

5. Aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / (). ". L'article R. 431-10 de ce code dispose que : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ".

6. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

7. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, la notice architecturale, ainsi que la notice paysagère, font état de ce que le vaste terrain d'assiette est à l'état initial végétalisé et arboré, de la proximité de la vallée du Brivet et plus généralement de l'intérêt paysager de ce terrain et de ses environs. Le reportage photographique produit à l'appui de la demande de permis de construire permet également de distinguer les constructions environnantes. Dans ces conditions, le service instructeur a pu apprécier l'environnement qualitatif du projet et, partant, mesurer l'insertion de celui-ci dans cet environnement, de nombreux documents graphiques d'insertion étant en outre produits à l'appui de la demande, de sorte que la conformité du projet avec les dispositions de l'article U 11 du règlement du plan local d'urbanisme a pu être vérifié. Il suit de là que le moyen tiré de l'incomplétude de la demande de permis de construire doit être écarté.

8. Aux termes de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette comprenant une ou plusieurs unités foncières contiguës, doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance avant l'achèvement de l'ensemble du projet, le dossier présenté à l'appui de la demande est complété par un plan de division et, lorsque des voies ou espaces communs sont prévus, le projet de constitution d'une association syndicale des acquéreurs à laquelle seront dévolus la propriété, la gestion et l'entretien de ces voies et espaces communs à moins que l'ensemble soit soumis au statut de la copropriété ou que le demandeur justifie de la conclusion avec la commune ou l'établissement public de coopération intercommunale compétent d'une convention prévoyant le transfert dans leur domaine de la totalité des voies et espaces communs une fois les travaux achevés. ".

9. Le projet autorisé par l'arrêté attaqué comporte plusieurs constructions, desservies par une voie de desserte interne commune. Il ressort des pièces du dossier que la demande de permis de construire était accompagnée d'un plan de division parcellaire, faisant apparaître trois lots, et que la notice architecturale fait état de ce que " la présente demande de permis de construire fait l'objet d'une demande valant division. A ce titre, le terrain sera redécoupé en trois lots. ". Par ailleurs, la société pétitionnaire confirme dans ses écritures en défense que le projet doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance avant l'achèvement des travaux. Il en résulte que le projet autorisé par l'arrêté attaqué relève du champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme, en dépit de la circonstance que le formulaire cerfa de demande de permis n'indique pas que le terrain d'assiette du projet fera l'objet d'une telle division. Or, la demande de permis de construire ne contient pas le projet de constitution d'une association syndicale des acquéreurs, alors qu'il n'est pas allégué que la voie sera soumise au statut de la copropriété ou que le pétitionnaire justifierait avoir conclu avec la commune de Pontchâteau une convention prévoyant son transfert dans le domaine de cette collectivité après achèvement des travaux. Il suit de là que les requérants sont fondés à soutenir que l'arrêté attaqué méconnait l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme à raison de l'absence de projet de constitution d'une association syndicale des acquéreurs.

10. D'une part, aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés. ".

11. D'autre part, l'article L. 332-15 du code de l'urbanisme prévoit que : " L'autorité qui délivre l'autorisation de construire, d'aménager, ou de lotir exige, en tant que de besoin, du bénéficiaire de celle-ci la réalisation et le financement de tous travaux nécessaires à la viabilité et à l'équipement de la construction, du terrain aménagé ou du lotissement, notamment en ce qui concerne la voirie, l'alimentation en eau, gaz et électricité, les réseaux de télécommunication, l'évacuation et le traitement des eaux et matières usées, l'éclairage, les aires de stationnement, les espaces collectifs, les aires de jeux et les espaces plantés.() L'autorisation peut également, avec l'accord du demandeur et dans les conditions définies par l'autorité organisatrice du service public de l'eau ou de l'électricité, prévoir un raccordement aux réseaux d'eau ou d'électricité empruntant, en tout ou partie, des voies ou emprises publiques, sous réserve que ce raccordement n'excède pas cent mètres et que les réseaux correspondants, dimensionnés pour correspondre exclusivement aux besoins du projet, ne soient pas destinés à desservir d'autres constructions existantes ou futures. ". Il résulte de cet article que, pour l'alimentation en électricité, relèvent des équipements propres à l'opération ceux qui sont nécessaires à la viabilité et à l'équipement de la construction ou du terrain jusqu'au branchement sur le réseau public d'électricité qui existe au droit du terrain, en empruntant, le cas échéant, des voies privées ou en usant de servitudes, ou, en empruntant, en tout ou partie, des voies ou emprises publiques, sous réserve, dans ce dernier cas, que ce raccordement n'excède pas cent mètres et que le réseau correspondant, dimensionné pour correspondre exclusivement aux besoins du projet, ne soit pas destiné à desservir d'autres constructions existantes ou futures. En revanche, pour l'application de ces dispositions, les autres équipements de raccordement aux réseaux publics d'électricité, notamment les ouvrages d'extension ou de branchement en basse tension, et, le cas échéant, le renforcement des réseaux existants, ont le caractère d'équipements publics.

12. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté en litige prévoit un raccordement au réseau d'électricité n'excédant pas 100 mètres linéaires, regardé comme un équipement propre nécessaire à l'opération envisagée, et non une extension du réseau d'électricité existant ayant le caractère d'équipement public. Il suit de là que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le permis de construire ne pouvait être accordé dès lors que l'autorité compétente n'était pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public les travaux sur le réseau d'électricité devaient être exécutés.

13. Aux termes de l'article U 10 du règlement du plan local d'urbanisme : " La hauteur des constructions est mesurée à partir du sol existant avant exécution des fouilles et remblais. () Attique : dernier étage d'une construction réalisé en retrait par rapport aux niveaux inférieurs, et de proportions moindres. / 1) La hauteur maximale des constructions comprenant des logements ne peut excéder : / En secteur Ua : le nombre de niveaux ne pourra excéder R+2+combles ou R+2+attique avec une hauteur maximale de 11.16 m à l'égout de la toiture ou à l'acrotère./ (). ". Il ressort des pièces du dossier que les bâtiments, situés en secteur Ua, présentent une hauteur R+2+attique. Il ressort des plans de façades que le dernier niveau se situe en retrait par rapport aux niveaux inférieurs, sur chacune de ses façades et qu'il présente, de fait, des " proportions moindres ", de sorte qu'il constitue bien un " attique " au sens et pour l'application des dispositions précitées. Par ailleurs, si les requérants relèvent que l'attique comporte des combles, il n'y a pas lieu de regarder ces combles, dont il ne ressort au demeurant pas des pièces du dossier qu'ils seraient habitables ou aménageables, comme un niveau supplémentaire qui entraînerait la méconnaissance des dispositions précitées. Enfin, quand bien même le terrain présente une déclivité, il ne ressort pas des plans du dossier que la hauteur des bâtiments, mesurée à partir du sol existant au pied de chaque façade, jusqu'à l'acrotère, dépasse 11,16 m. A suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article U 10 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

14. Aux termes de l'article U 11 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les constructions et les clôtures doivent s'intégrer à leur environnement par : / - la simplicité et les proportions de leurs volumes, / - la qualité des matériaux, / - l'harmonie des couleurs, / - leur tenue générale. ". En application de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme: " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Il ressort des pièces du dossier que l'environnement du projet, qui se situe dans le prolongement du centre-ville de Pontchâteau, ne se caractérise pas exclusivement par des constructions de hauteur R+1+C mais comprend également des bâtiments d'un gabarit supérieur et de facture contemporaine, notamment le long de la place de l'Eglise. Il ressort en outre des pièces du dossier, et notamment de la notice architecturale, que le projet tend à épouser la déclivité du terrain afin d'amoindrir l'effet de masse de ses volumes. Dans ces conditions, les requérants n'établissent pas que le projet, par son seul gabarit, serait de nature à méconnaître les dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet, compte tenu de son gabarit et de la déclivité du terrain, porterait atteinte au caractère ou à l'intérêt de l'espace naturel environnant, en méconnaissance de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.

15. Aux termes de l'article U 12 " réalisation d'aires de stationnement " du règlement du plan local d'urbanisme : " La surface à prendre en compte pour le stationnement d'un véhicule est de 25 m² y compris les accès. ". Si les requérants soutiennent que les places de stationnement ne présentent pas une surface de 25m² chacune, ils n'établissent pas que la prise en compte de la surface des accès à ces places ne permet pas d'atteindre une superficie de 25 m² par place. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article U 12 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

16. Aux termes de l'article U 13 " réalisation d'espaces libres, d'aires de jeux et de loisirs et de plantations " du règlement du plan local d'urbanisme : " 1) Les terrains classés au plan comme espace boisé à conserver, à protéger ou à créer sont soumis aux dispositions de l'article L 130.1 du Code de l'Urbanisme. / 2) Les haies repérées au titre du L. 123-1-7 doivent être préservés et entretenus 3) Les plantations existantes doivent être maintenues ou remplacées par des plantations équivalentes. / 4) Les aires de stationnement doivent être plantées à raison d'un arbre au moins pour 3 places de stationnement. ". Il ressort des pièces du dossier que la demande de permis de construire comprend un plan de masse de l'existant identifiant les " arbres existants conservés " et les " arbres existants remplacés ", un plan de masse du projet identifiant les arbres projetés, existants et remplacés, la notice paysagère faisant également état de la plantation de 86 arbres en remplacement des sujets abattus, les circonférences des troncs de ces arbres étant également précisées. Il suit de là que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que " les pièces du dossier de demande de permis de construire ne permettent pas de s'assurer que les nombreuses plantations qui seront supprimées seront remplacées par des plantations équivalentes. ". En revanche, si des arbres se trouvent à proximité immédiate du parking de 18 places situé au sud-ouest du terrain d'assiette, ces arbres sont à l'exception de deux d'entre eux séparés des places de stationnement par une haie, de sorte que l'aire de stationnement ne peut être regardée comme étant plantée à raison d'un arbre au moins pour trois places de stationnement. Il suit de là que les requérants sont fondés à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît le 4) de l'article U 13 du règlement du plan local d'urbanisme, à raison des plantations du parking situé au sud-ouest.

Sur la régularisation :

17. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé. ". Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

18. Il résulte de ce qui précède que les illégalités mentionnées aux points 9 et 16 du présent jugement portant sur la méconnaissance de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme et du 4) de l'article U 13 du règlement du plan local d'urbanisme affectent chacune une partie identifiable du projet autorisé et peuvent être régularisées par un permis de construire qui n'apporterait pas au projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Il y a lieu en conséquence, d'une part, d'annuler l'arrêté du 26 avril 2022 par lequel la maire de Pontchâteau a délivré un permis de construire au profit de la société Ametis, ainsi que la décision du 12 juillet 2022 par laquelle elle a rejeté le recours gracieux des requérants, en tant seulement que la demande de permis de construire ne comprend pas de projet de constitution d'une association syndicale des acquéreurs et que le parking situé au sud-ouest du terrain d'assiette du projet n'est pas planté à raison d'au moins un arbre pour trois places de stationnement et, d'autre part, de fixer à trois mois à compter de la notification du présent jugement le délai dans lequel la société Ametis pourra, en application des dispositions précitées, en demander la régularisation.

Sur les frais liés au litige :

19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas dans la présente instance la partie perdante. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de la commune de Pontchâteau le versement aux requérants d'une somme globale de 1 000 euros à ce même titre.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 26 avril 2022 est annulé en tant qu'il méconnaît les dispositions de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme et du 4) de l'article U 13 du règlement du plan local d'urbanisme dans les conditions précisées aux points 9 et 16.

Article 2 : La société Ametis dispose d'un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement pour présenter une demande de permis de construire de régularisation.

Article 3 : La commune de Pontchâteau versera la somme de 1 000 euros aux requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Les conclusions de la commune de Pontchâteau présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme E et G C F, à la commune de Pontchâteau et à la société Ametis.

Délibéré après l'audience du 13 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Durup de Baleine, président,

Mme Thomas, première conseillère,

Mme Milin, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2023.

La rapporteure,

C. MILIN

Le président,

A. DURUP DE BALEINE

La greffière,

J. DIONIS

La République mande et ordonne

au préfet de la Loire-Atlantique

en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce

requis en ce qui concerne les voies de droit commun

contre les parties privées, de pourvoir

à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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