jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2211888 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | NERAUDAU |
Vu la procédure suivante :
I - Par une requête n° 2110403 enregistrée le 17 septembre 2021, et des pièces complémentaires enregistrées le 14 juin 2023, M. B A, représenté par Me Néraudau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 mars 2021 par lequel le préfet de la Sarthe a refusé de renouveler son titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour pendant le temps de cet examen ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que la décision attaquée a été signée par une autorité compétente ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation, en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, ce qui révèle un défaut d'examen de sa situation ; le préfet n'a pas examiné sa situation, notamment sur le fondement de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors qu'il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en application de cet article ;
- elle est entachée d'un vice de procédure et l'a privé d'une garantie en ce qu'il n'est pas justifié qu'un rapport médical a été établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), tel que cela est pourtant prévu pour les demandes de titre de séjour faites à l'aune de l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'il n'est pas démontré que l'avis rendu par le collège des médecins de l'OFII est issu d'une délibération collégiale, ni que les signatures des médecins du collège présentent les garanties de signatures authentiques ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'un défaut d'examen dès lors que le préfet s'est estimé lié par l'avis de l'OFII du 1er mars 2021 ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'un défaut d'examen dès lors que le préfet n'a pas examiné sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 311-11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; son traitement n'a pas évolué depuis l'année 2019 ; il ne pourra pas bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que la circulaire du 28 novembre 2012 ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen et méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er octobre 2021, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Des pièces produites par l'Office français de l'immigration et de l'intégration ont été enregistrées le 29 juin 2023.
Par une décision du 30 septembre 2021, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
II - Par une requête n° 2211888 enregistrée le 9 septembre 2022 et des pièces complémentaires enregistrées les 6 avril et 4 septembre 2023, M. B A, représenté par Me Néraudau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 juin 2022 par lequel le préfet de la Sarthe a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination vers lequel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour pendant le temps de cet examen ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- Sur le moyen commun aux décisions attaquées :
- il n'est pas justifié de la compétence de la signataire des décisions attaquées ;
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation, en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, ce qui révèle un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'un vice de procédure et l'a privé d'une garantie en ce qu'il n'est pas établi que le médecin ayant établi le rapport médical n'a pas siégé au sein du collège des médecins de l'OFII, qu'il n'est pas démontré que l'avis rendu par le collège des médecins de l'OFII est issu d'une délibération collégiale et que ces derniers se sont prononcés sur les conséquences d'un défaut de prise en charge médicale et sur l'accès aux soins dans son pays d'origine, ni que les signatures des médecins du collège sont lisibles et présentent les garanties de signatures authentiques ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'un défaut d'examen dès lors que, contrairement à ce qu'il y est indiqué, il ressort de l'avis du collège des médecins de l'OFII du 1er mars 2021 qu'un défaut de prise en charge devrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; son état de santé ne s'est pas amélioré, son traitement médical n'a pas évolué et les caractéristiques du système de santé et de l'offre de soins en Guinée n'ont connu aucune amélioration ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que la circulaire du 28 novembre 2012 ; il réside en France depuis près de six ans, n'a plus aucune attache en Guinée, où il craint pour sa sécurité ; il a travaillé dès que sa situation administrative le lui a permis ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; il réside en France depuis près de six ans, n'a plus aucune attache en Guinée, où il craint pour sa sécurité ; il a travaillé dès que sa situation administrative le lui a permis.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation, notamment s'agissant de son état de santé ;
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour prive de base légale la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnait les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; aucun examen de sa situation n'a été mené à ce titre ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ; le préfet s'est abstenu d'examiner sa situation au regard des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'illégalité des décisions portant refus de renouvellement de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français prive de base légale la décision fixant le pays de destination ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 § 2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen en méconnaissance du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 mars 2023, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Des pièces et un mémoire ont été produits par l'Office français de l'immigration et de l'intégration et respectivement enregistrés les 29 juin et 26 septembre 2023.
Par une décision du 10 août 2022, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Baufumé, rapporteure;
- les observations de Me Néraudau, représentant M. A, en présence de ce dernier ;
- et les observations de M. A.
Le préfet de la Sarthe n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant guinéen né le 5 janvier 1995, s'est vu délivrer à compter du mois de mai 2018 un titre de séjour pour raisons de santé, renouvelé, en dernier lieu jusqu'au 23 juin 2020. Par un arrêté du 5 mars 2021, le préfet de la Sarthe a refusé de renouveler son titre de séjour. Par ordonnance n° 2110502 du 7 octobre 2021, le juge des référés du tribunal administratif de Nantes a suspendu l'exécution de cet arrêté et enjoint au préfet de la Sarthe de réexaminer la demande de renouvellement de titre de séjour de M. A. Par un arrêté du 7 juin 2022, le préfet de la Sarthe a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré Par la requête n° 2110403, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 5 mars 2021. Par la requête n° 2211888, il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 7 juin 2022.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n°s 2110403 et 2211888 présentent à juger à titre principal de la légalité d'arrêtés pris à l'encontre d'un même ressortissant étranger. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.
Sur la requête n° 2110403 :
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 5 mars 2021 :
3. Aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur, dont les dispositions sont reprises, depuis le 1er mai 2021, à l'article L. 435-1 : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. () ". Il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner notamment si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer en l'espèce des motifs exceptionnels d'admission au séjour.
4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du courrier de demande de titre de séjour adressé le 23 novembre 2020 à la préfecture de la Sarthe par l'assistante sociale de M. A, que ce dernier a sollicité un titre de séjour sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mais également sur celui de l'article L. 313-14 du même code, alors en vigueur. Il en ressort, toutefois, également que le préfet, comme il l'indique lui-même aux termes de son mémoire en défense, n'a pas examiné le droit au séjour de M. A au regard des dispositions de cet article L. 313-14 et n'a pas répondu à ce dernier sur cette demande. Il s'ensuit que le requérant est fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête n° 2110403, que l'arrêté du 5 mars 2021 par lequel le préfet de la Sarthe a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A doit être annulé.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
6. Si le motif d'annulation retenu au point 5 implique seulement que le préfet de la Sarthe procède au réexamen de la demande de M. A, ce nouvel examen a été réalisé par le préfet à l'occasion de l'édiction de l'arrêté du 7 juin 2022, objet de la requête jointe n° 2211888. Il n'y a, par suite, pas lieu de lui enjoindre de procéder à ce réexamen.
En ce qui concerne les frais liés au litige :
7. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Néraudau de la somme de 1 200 euros dans les conditions fixées à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Sur la requête n° 2211888 :
En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions attaquées :
8. L'arrêté attaqué a été signé par M. Zabouraeff, secrétaire général de la préfecture de la Sarthe. Par un arrêté du 19 avril 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, le préfet de la Sarthe a donné délégation à M. Zabouraeff à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département de la Sarthe, à l'exception de certains actes dont les refus de titre de séjour, les obligations de quitter le territoire français et les décisions fixant le pays de destination ne font pas partie. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
9. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent ". L'article L. 211-5 du même code dispose que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
10. La décision portant refus de séjour du 7 juin 2022 comporte l'exposé détaillé des considérations de droit et de fait qui la fondent et est ainsi suffisamment motivée au regard des exigences des dispositions de l'article L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Il suit de là que le moyen tiré de son insuffisante motivation n'est pas fondé et doit être écarté.
11. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté du 7 juin 2022 ni des autres pièces du dossier que le préfet de la Sarthe n'aurait pas procédé à un examen de la situation personnelle de M. A, notamment au regard des dispositions des articles L. 425-9 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile avant de refuser de lui délivrer un titre de séjour.
12. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ". L'article R. 425-11 du même code dispose : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ". Aux termes de l'article R. 425-13 dudit code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical. Lorsque le demandeur n'a pas présenté au médecin de l'office ou au collège les documents justifiant son identité, n'a pas produit les examens complémentaires qui lui ont été demandés ou n'a pas répondu à la convocation du médecin de l'office ou du collège qui lui a été adressée, l'avis le constate. / L'avis est transmis au préfet territorialement compétent, sous couvert du directeur général de l'office ".
13. Par un avis rendu le 7 décembre 2021, le collège de médecins de l'OFII a estimé que l'état de santé de M. A nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait toutefois pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il peut voyager sans risque vers son pays d'origine. Dans ces conditions, le collège n'était pas tenu de se prononcer sur la possibilité pour M. A de bénéficier d'un accès effectif à un traitement approprié dans son pays d'origine. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier et plus particulièrement du bordereau de transmission de cet avis, produit en défense par le préfet, que le médecin auteur du rapport médical préalable établi le 23 novembre 2021, n'a pas siégé au sein du collège de médecins de l'OFII, composé de trois médecins régulièrement nommés à cette fin par le directeur général de l'OFII. En outre, cet avis du 7 décembre 2021 comporte la mention " après en avoir délibéré ", qui fait foi jusqu'à preuve du contraire, qui n'est pas rapportée en l'espèce, du caractère collégial de cet avis. Enfin, si l'arrêté du 27 décembre 2016 prescrit que l'avis du collège de médecins est signé par chacun des trois médecins membres de ce collège et si cette signature constitue, pour l'étranger, une garantie, ni cet arrêté, ni une quelconque autre règle, n'impose que cette signature revête une forme ou une modalité particulière. En l'espèce, l'avis du 7 décembre 2021 est assorti de la signature lisible de chacun des trois médecins dont il indique l'identité. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté en ses diverses branches.
14. En quatrième lieu, il ressort des termes de l'arrêté du 7 juin 2022 que ce dernier indique, à tort, qu'il ressort de l'avis rendu par le collège des médecins de l'OFII du 1er mars 2021 que le défaut de prise en charge devrait entraîner, pour le requérant, des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il résulte, toutefois, de l'instruction, et notamment des termes mêmes de la décision attaquée, que le préfet s'est également fondé sur l'avis susmentionné de l'OFII, en date du 7 décembre 2021 et aux termes duquel le collège des médecins a considéré qu'un défaut de prise en charge n'entrainerait pas, pour M. A, de conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision en se fondant exclusivement sur cet avis du 7 décembre 2021, émis à une date plus récente. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté, cette erreur étant sans incidence sur la légalité du refus de séjour attaqué.
15. En cinquième lieu, s'il est saisi, à l'appui de conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus, d'un moyen relatif à l'état de santé du demandeur, aux conséquences de l'interruption de sa prise en charge médicale ou à la possibilité pour lui d'en bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire, il appartient au juge administratif de prendre en considération l'avis médical rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Si le demandeur entend contester le sens de cet avis, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l'ensemble des éléments pertinents, notamment l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire.
16. Pour refuser à M. A le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étranger malade, le préfet de la Sarthe a, faisant sienne la teneur de l'avis de l'OFII du 7 décembre 2011, estimé que cet état de santé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait toutefois pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il lui permettait de voyager sans risque vers son pays d'origine.
17. M. A allègue qu'entre le premier avis de l'OFII, du 7 mars 2021, et le second avis, du 7 décembre 2021, son état de santé ne s'est pas amélioré, son traitement médical n'a pas évolué et les caractéristiques du système de santé et de l'offre de soins en Guinée n'ont connu aucune amélioration. Il ressort, par ailleurs, des pièces du dossier, et notamment d'un compte-rendu d'hospitalisation du 30 mars 2022, que M. A a dû faire l'objet, au cours de cette hospitalisation, comprise entre le 23 et le 29 mars 2022, d'une double transfusion sanguine et que son état de santé, notamment dégradé par une anémie et une dénutrition, avait alors nécessité la réalisation d'une fibroscopie oeso-gastroduodénale et d'une coloscopie sous anesthésie générale, d'une prise de sang hebdomadaire et de la prise d'un traitement médicamenteux au quotidien. Le requérant produit également un certificat médical de son médecin généraliste du 7 septembre 2022 qui, s'il est postérieur à la date de la décision attaquée, révèle des faits antérieurs à cette dernière et atteste du fait que M. A souffre de pathologies chroniques nécessitant impérativement un suivi médical avec biologies ainsi qu'un traitement médicamenteux lourd afin de permettre une stabilisation de son état de santé actuel. Toutefois, il ressort également des pièces du dossier, et plus particulièrement du mémoire de l'OFII enregistré le 26 septembre 2023, auquel le requérant n'a pas répliqué, que l'état de santé de M. A, marqué par une sténose à la suite d'une chirurgie abdominale réalisée en Guinée en 2012, a nécessité, à la date de son arrivée en France, la réalisation d'examens exploratoires afin, notamment, de déterminer la nécessité d'effectuer une opération chirurgicale destinée à dilater la jonction entre l'estomac et l'intestin grêle, ces différents éléments ayant justifié la délivrance de titres de séjour sur le fondement des anciennes dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et des demandeurs d'asile. Il en ressort également, d'une part, que les examens réalisés ont permis de constater l'absence de cause lésionnelle à la gastrite de M. A et, d'autre part, que ce dernier n'avait alors plus de suivi spécialisé en gastroentérologie et qu'aucune autre intervention chirurgicale n'était envisagée, le seul traitement à son reflux acide, cause de sa gastrite, consistant en l'application de règles hygiéno-diététiques et de traitements antiacides. Il ressort, enfin, des pièces du dossier, et notamment du mémoire et des pièces produites par l'OFII, que si le requérant a souffert de troubles anxieux à compter de l'année 2019, ces derniers ne se sont pas accompagnés de suivi psychiatrique mais d'un simple suivi psychologique. L'ensemble des éléments susmentionnés, produits par l'OFII aux termes du mémoire du 26 septembre 2023, auquel M. A n'a pas répliqué, permettent d'établir qu'un défaut de prise en charge ne se traduirait pas, pour le requérant, par des conséquences d'une exceptionnelle gravité, le préfet n'étant, par conséquent, pas tenu de se prononcer sur la possibilité pour M. A de bénéficier d'un accès effectif à un traitement approprié dans son pays d'origine. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
18. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
19. L'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité permet la délivrance de deux titres de séjour de nature différente que sont, d'une part, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " et, d'autre part, la carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Il résulte de ces dispositions que le législateur a entendu laisser à l'administration un large pouvoir pour apprécier si l'admission au séjour d'un étranger répond à des considérations humanitaires ou si elle se justifie au regard des motifs exceptionnels que celui-ci fait valoir. Il appartient seulement au juge administratif, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que l'administration n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation qu'elle a portée sur l'un ou l'autre de ces points.
20. D'une part, M. A ne peut utilement se prévaloir des orientations générales contenues dans la circulaire du 28 novembre 2012 que le ministre de l'intérieur a adressée aux préfets pour les éclairer dans la mise en œuvre de leur pouvoir de régularisation et qui ne sont pas utilement invocables à l'appui d'un recours dirigé contre une décision portant refus de titre de séjour.
21. D'autre part, M. A, entré en France en 2016, fait valoir sa durée de séjour, son état de santé, ainsi que ses activités de bénévolat. Il indique également être en danger en Guinée et ne plus y avoir d'attaches familiales. Il soutient, enfin, s'agissant de son intégration professionnelle, avoir travaillé dès que sa situation administrative le lui permettait. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. A est célibataire, sans enfant, et n'établit pas avoir développé de liens personnels particuliers sur le territoire français. Il n'établit pas davantage, en produisant des contrats de travail en qualité d'agent de nettoyage et des certificats de travail en tant que rouleur et préparateur de commandes, une intégration professionnelle particulière. Enfin, M. A fait valoir, en tant que motif exceptionnel de nature à l'admettre au séjour, le fait qu'il a des craintes en cas de retour dans son pays d'origine dès lors qu'il y aurait été menacé et emprisonné pendant une année pour des raisons liées à son héritage. Toutefois, le requérant ne produit aucune pièce de nature à justifier ses allégations et il ressort des pièces du dossier que sa demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA, et son recours contre la décision de l'OFPRA rejeté par la CNDA. Il s'ensuit que les éléments avancés par M. A ne permettent pas de caractériser des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le préfet, en adoptant la décision attaquée, qui n'a, au demeurant, pas pour effet de renvoyer M. A en Guinée, n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation ni méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
22. En septième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. ()".
23. M. A, entré en France en 2016, fait valoir sa durée de séjour, son intégration par le travail, notamment au regard des contrats de travail versés au dossier, ainsi que ses activités de bénévolat. Toutefois, le requérant, célibataire et sans enfant, n'établit pas avoir noué des attaches personnelles et familiales anciennes, stables et intenses. Par ailleurs, la production de bulletins de paie, de certificats de travail et d'attestations de bénévolat ne permettent pas de justifier d'une intégration particulière sur le territoire français. Enfin, M. A ne démontre pas non plus être dépourvu de tout lien avec son pays d'origine dans lequel il a vécu plus de vingt-et-un ans. Dans ces circonstances, et eu égard notamment aux conditions de séjour en France de M. A, le préfet n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dès lors, le moyen doit être écarté.
24. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 7 juin 2022 portant refus de renouvellement de titre de séjour.
En ce qui concerne décision portant obligation de quitter le territoire français :
25. En premier lieu, l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués ".
26. Ainsi qu'il a été dit au point 10, le refus de séjour du 7 juin 2022 est suffisamment motivé. Il suit de là et compte tenu des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'obligation de quitter le territoire français assortissant ce refus de séjour manque en fait et doit être écarté.
27. En deuxième lieu, l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas établie, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait elle-même illégale du fait de cette illégalité.
28. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable au litige : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié () ".
29. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 17, les éléments produits ne sont pas de nature à établir qu'un défaut de prise en charge se traduirait, pour le requérant, par des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par suite, en prononçant une obligation de quitter le territoire français, le préfet n'a pas méconnu les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ne ressort par ailleurs pas des pièces du dossier, et notamment de ce qui a été dit au point 17 ci-dessus et des termes mêmes de la décision attaquée, que le préfet de la Sarthe n'aurait pas procédé à un examen de la situation de M. A à ce titre. Le moyen doit être écarté.
30. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 23, le préfet n'a pas porté au droit à la vie privée et familiale de M. A une atteinte disproportionnée. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Sur la décision fixant le pays de destination :
31. En premier lieu, la décision fixant le pays de destination comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle se réfère notamment aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et à l'absence de justification par l'intéressé de l'existence de craintes d'être exposé à des peines ou traitements contraires à cet article en cas de retour dans son pays d'origine, sa demande d'asile ayant été définitivement rejetée. Elle est, dès lors, suffisamment motivée.
32. En deuxième lieu, l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination serait elle-même illégale du fait de cette illégalité.
33. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Selon ce dernier : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
34. M. A soutient que la décision fixant le pays d'éloignement méconnait les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il a été menacé et emprisonné lorsqu'il se trouvait en Guinée et que son état de santé risque de s'y dégrader. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit aux points 17 et 21 qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A serait exposé à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour en Guinée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Il ne ressort par ailleurs pas des pièces du dossier que le préfet de la Sarthe n'aurait pas procédé à un examen de la situation de M. A à ce titre. Le moyen du défaut d'examen doit également être écarté.
35. En quatrième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas opérant à l'encontre de la décision fixant le pays de destination.
36. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 23, le préfet n'a pas porté au droit à la vie privée et familiale de M. A une atteinte disproportionnée en fixant son pays d'origine comme pays à destination duquel la mesure d'éloignement du territoire pourrait être exécutée. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
37. Il résulte de tout ce qui précède que la requête n° 2211888 de M. A doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 5 mars 2021 par laquelle le préfet de la Sarthe a refusé de renouveler le titre de séjour de M. A est annulée.
Article 2 : L'Etat versera à Me Néraudau la somme de 1 200 euros dans les conditions fixées à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2110403 est rejetée
Article 4 : La requête n° 2211888 est rejetée.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de la Sarthe et à Me Néraudau.
Une copie sera adressée pour information à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Béria-Guillaumie, présidente,
M. Hannoyer, premier conseiller,
Mme Baufumé, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.
La rapporteure,
A. BAUFUMÉ
La présidente,
M. BÉRIA-GUILLAUMIE
La greffière,
B. GAUTIER
La République mande et ordonne au le préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N° 2110403, 2211888
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026