jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2212107 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | - Asile - 15 jours |
| Avocat requérant | BEARNAIS |
Vu la procédure suivante :
I. Sous le n° 2211920, B une requête enregistrée le 13 septembre 2022, Mme C M, représentée B Me Bearnais, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 août 2022 B lequel le préfet de Maine-et-Loire a décidé de la transférer vers l'Espagne ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire, à titre principal, de lui délivrer une attestation de demande d'asile en procédure normale, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans les meilleurs délais ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros à Me Bearnais en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.
Elle soutient que :
- il n'est pas établi que l'arrêté attaqué a été signé B une autorité compétente ;
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé en fait comme en droit, s'agissant notamment du critère de détermination de l'Etat responsable ;
- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle, notamment du risque encouru en cas de transfert ;
- il est entaché d'un vice de procédure, dès lors que son droit à l'information tel que prévu à l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 dit " G A ", a été méconnu, faute pour elle d'avoir bénéficié de toutes les informations requises, dès le début de la procédure, B écrit, et dans une langue qu'elle comprend ;
- il n'est pas établi que l'entretien individuel prévu à l'article 5 du règlement (UE) " Dublin A " ait été conduit B une personne qualifiée, dans un lieu garantissant la confidentialité, ni qu'elle ait été interrogée de manière approfondie sur les raisons de son départ du Sahara occidental ;
- il méconnaît l'article 9 du règlement " Dublin A ", son oncle et son cousin résidant sur le territoire français ;
- il méconnaît l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'un défaut d'examen du risque de méconnaissance de ces stipulations, au regard des conditions d'accueil des demandeurs d'asile en Espagne et de traitement de leurs demandes ainsi que du risque de renvoi vers le Maroc, où son père a été victime de discrimination en tant que sahraoui, et a été condamné à une peine de prison ;
- il méconnaît l'article 17 du règlement " Dublin A " et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation de vulnérabilité ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
B un mémoire en défense, enregistré le 22 septembre 2022, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés B Mme M ne sont pas fondés.
Mme M a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale B une décision du 16 septembre 2022.
II. Sous le n° 2211964, B une requête enregistrée le 14 septembre 2022, M. N M, agissant en son nom propre et en qualité de représentant légal de ses deux enfants mineurs, R I M et M. S M, représenté B Me Bearnais, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 septembre 2022 B lequel le préfet de Maine-et-Loire a décidé de le transférer vers l'Espagne ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire, à titre principal, de lui délivrer une attestation de demande d'asile en procédure normale, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans les meilleurs délais ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros à Me Bearnais en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que l'arrêté attaqué a été signé B une autorité compétente ;
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé en fait comme en droit, s'agissant notamment du critère de détermination de l'Etat responsable ;
- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle, notamment du risque encouru en cas de transfert ;
- il est entaché d'un vice de procédure, dès lors que son droit à l'information tel que prévu à l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 dit " G A ", a été méconnu, faute pour lui d'avoir bénéficié de toutes les informations requises, dès le début de la procédure, B écrit, et dans une langue qu'il comprend ;
- il n'est pas établi que l'entretien individuel prévu à l'article 5 du règlement (UE) " Dublin A " ait été conduit B une personne qualifiée, dans un lieu garantissant la confidentialité, ni qu'il ait été interrogé de manière approfondie sur les raisons de son départ du Sahara occidental ;
- il méconnaît l'article 9 du règlement " Dublin A ", le frère et le neveu de son épouse résidant sur le territoire français ;
- il méconnaît l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'un défaut d'examen du risque de méconnaissance de ces stipulations, au regard des conditions d'accueil des demandeurs d'asile en Espagne et de traitement de leurs demandes ainsi que du risque de renvoi vers le Maroc, où il a été victime de discrimination en tant que sahraoui, et condamné à une peine de prison ;
- il méconnaît l'article 17 du règlement " Dublin A " et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation de vulnérabilité ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il porte atteinte à l'intérêt supérieur de ses deux enfants mineurs, protégé B les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et B l'article 6 du règlement " Dublin A ", et est entaché d'un défaut d'examen au regard de ces stipulations.
B un mémoire en défense, enregistré le 22 septembre 2022, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés B M. M ne sont pas fondés.
M. M a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale B une décision du 15 septembre 2022.
III. Sous le n° 2211966, B une requête enregistrée le 14 septembre 2022, Mme K D J, agissant en son nom propre et en qualité de représentante légale de ses deux enfants mineurs, R I M et M. S M, représentée B Me Bearnais, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 septembre 2022 B lequel le préfet de Maine-et-Loire a décidé de la transférer vers l'Espagne ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire, à titre principal, de lui délivrer une attestation de demande d'asile en procédure normale, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans les meilleurs délais ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros à Me Bearnais en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.
Elle soutient que :
- il n'est pas établi que l'arrêté attaqué a été signé B une autorité compétente ;
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé en fait comme en droit, s'agissant notamment du critère de détermination de l'Etat responsable ;
- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle, notamment du risque encouru en cas de transfert ;
- il est entaché d'un vice de procédure, dès lors que son droit à l'information tel que prévu à l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 dit " G A ", a été méconnu, faute pour elle d'avoir bénéficié de toutes les informations requises, dès le début de la procédure, B écrit, et dans une langue qu'elle comprend ;
- il n'est pas établi que l'entretien individuel prévu à l'article 5 du règlement (UE) " Dublin A " ait été conduit B une personne qualifiée, dans un lieu garantissant la confidentialité, ni qu'elle ait été interrogée de manière approfondie sur les raisons de son départ du Sahara occidental ;
- il méconnaît l'article 9 du règlement " Dublin A ", son frère et son neveu résidant sur le territoire français ;
- il méconnaît l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'un défaut d'examen du risque de méconnaissance de ces stipulations, au regard des conditions d'accueil des demandeurs d'asile en Espagne et de traitement de leurs demandes ainsi que du risque de renvoi vers le Maroc, où elle a été victime de discrimination en tant que sahraouie, et où son mari a été condamné à une peine de prison ;
- il méconnaît l'article 17 du règlement " Dublin A " et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation de vulnérabilité ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il porte atteinte à l'intérêt supérieur de ses deux enfants mineurs, protégé B les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, et B l'article 6 du règlement " Dublin A ", et est entaché d'un défaut d'examen au regard de ces stipulations.
B un mémoire en défense, enregistré le 22 septembre 2022, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés B Mme D J ne sont pas fondés.
Mme D J a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale B une décision du 15 septembre 2022.
IV. Sous le n° 2212107, B une requête enregistrée le 16 septembre 2022, M. O M, représenté B Me Bearnais, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 septembre 2022 B lequel le préfet de Maine-et-Loire a décidé de le transférer vers l'Espagne ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire, à titre principal, de lui délivrer une attestation de demande d'asile en procédure normale, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans les meilleurs délais ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros à Me Bearnais en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que l'arrêté attaqué a été signé B une autorité compétente ;
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé en fait comme en droit, s'agissant notamment du critère de détermination de l'Etat responsable ;
- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle, notamment du risque encouru en cas de transfert ;
- il est entaché d'un vice de procédure, dès lors que son droit à l'information tel que prévu à l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 dit " G A ", a été méconnu, faute pour lui d'avoir bénéficié de toutes les informations requises, dès le début de la procédure, B écrit, et dans une langue qu'il comprend ;
- il n'est pas établi que l'entretien individuel prévu à l'article 5 du règlement " Dublin A " ait été conduit B une personne qualifiée, dans un lieu garantissant la confidentialité, ni qu'il ait été interrogée de manière approfondie sur les raisons de son départ du Sahara occidental ;
- il méconnaît l'article 9 du règlement " Dublin A ", son oncle et son cousin résidant sur le territoire français ;
- il méconnaît l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'un défaut d'examen du risque de méconnaissance de ces stipulations, au regard des conditions d'accueil des demandeurs d'asile en Espagne et de traitement de leurs demandes ainsi que du risque de renvoi vers le Maroc, où son père a été victime de discrimination en tant que sahraoui, et a été condamné à une peine de prison ;
- il méconnaît l'article 17 du règlement " Dublin A " et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation de vulnérabilité ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
B un mémoire en défense, enregistré le 22 septembre 2022, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés B M. M ne sont pas fondés.
M. M a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale B une décision du 19 septembre 2022.
Le président du tribunal a désigné Mme Frelaut, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 septembre 2022 à 14 heures :
- le rapport de Mme Frelaut, magistrate désignée ;
- et les observations de Me Bearnais, avocate des requérants, assistés de M. E L, interprète, ainsi que les observations de Mme D J.
Le préfet de Maine-et-Loire, régulièrement convoqué à l'audience, n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. N M et Mme K D J et leurs deux enfants majeurs, R C M et M. O M, ressortissants mauritaniens se déclarant de nationalité marocaine, déclarent être entrés en France le 14 juillet 2022. Ils ont présenté des demandes d'asile auprès de la préfecture de Loire-Atlantique les 22 juillet et 25 juillet 2022. La consultation du fichier Visabio a révélé que les intéressés étaient, au moment de leurs demandes d'asile, soit en possession de visas en cours de validité délivrés B les autorités espagnoles, soit, en ce qui concerne Mme D J, d'un visa périmé depuis moins de 6 mois, également délivré B les autorités espagnoles. Les 1er août et 2 août 2022, l'administration a saisi les autorités espagnoles d'une demande de prise en charge, sur le fondement de l'article 12 du règlement (UE) n° 604/2013, qu'elles ont expressément acceptée le 8 août 2022 pour Mme C M, le 10 août 2022 pour M. O M et le 12 août 2022 pour M. N M et Mme D J. B la présente requête, Mme C M demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 30 août 2022, et MM. M et Mme D J les arrêtés du 5 septembre 2022, B lesquels le préfet de Maine-et-Loire a ordonné leur transfert vers l'Espagne.
2. Les requêtes n° 2211920, 2211964, 2211966 et 2212107, respectivement présentées B Mme C M, M. N M, Mme D J et M. O M, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer B un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, les arrêtés attaqués été signé pour le préfet et B délégation B Mme Q, cheffe du pôle régional Dublin. B un arrêté du 5 avril 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de Maine-et-Loire a donné délégation à Mme F, directrice de l'immigration et des relations avec les usagers et, en cas d'absence ou d'empêchement de celle-ci, à Mme Q dans les limites des attributions de son bureau, à l'effet de signer notamment " les décisions d'application du règlement Dublin A (arrêtés de transfert, assignations à résidence) ". B un arrêté du 31 août 2022 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de Maine-et-Loire a donné délégation à M. H, directeur de l'immigration et des relations avec les usagers et, en cas d'absence ou d'empêchement de celui-ci, à Mme Q dans les limites des attributions de son bureau, à l'effet de signer ces mêmes décisions. Il ne ressort pas des pièces du dossier et il n'est pas allégué que Mme F, ni M. H étaient absents ou empêchés à la date des arrêtés attaqués. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de ces arrêtés doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () l'étranger dont l'examen de la demande d'asile relève de la responsabilité d'un autre Etat peut faire l'objet d'un transfert vers l'Etat responsable de cet examen. / Toute décision de transfert fait l'objet d'une décision écrite motivée prise B l'autorité administrative () ". En application de ces dispositions, la décision de transfert dont fait l'objet un ressortissant de pays tiers ou un apatride qui a déposé auprès des autorités françaises une demande d'asile dont l'examen relève d'un autre Etat membre ayant accepté de le prendre ou de le reprendre en charge doit être motivée, c'est-à-dire qu'elle doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Pour l'application de ces dispositions, est suffisamment motivée une décision de transfert qui mentionne le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres B un ressortissant de pays tiers ou un apatride et comprend l'indication des éléments de fait sur lesquels l'autorité administrative se fonde pour estimer que l'examen de la demande présentée devant elle relève de la responsabilité d'un autre Etat membre, une telle motivation permettant d'identifier le critère du règlement communautaire dont il est fait application.
5. Les arrêtés portant transfert aux autorités espagnoles, qui visent notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles 7-2 et suivants et 18 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, indiquent que la consultation du fichier Visabio a révélé que les requérants étaient, à la date du dépôt de leur demande d'asile, soit en possession d'un visa en cours de validité, soit d'un visa périmé depuis moins de 6 mois, délivré B les autorités espagnoles. Ces motifs permettent de comprendre que le préfet de Maine-et-Loire a entendu faire application, pour déterminer quel Etat était responsable de l'examen de la demande d'asile des requérants, du critère prévu B l'article 12 de ce règlement et que l'administration a saisi sur le fondement de cet article les autorités espagnoles d'une demande de prise en charge. Les arrêtés mentionnent que ces mêmes autorités, saisies B l'administration, ont expressément accepté cette demande. B ailleurs, ces arrêtés indiquent les éléments des situations personnelles et familiales de MM. M, de Mme M et de Mme D J. Dans ces conditions, les arrêtés attaqués comprennent les considérations de droit et de fait sur lesquelles ils se fondent, de sorte que le moyen tiré de leur insuffisante motivation doit être écarté.
6. En troisième lieu, il résulte de la motivation des arrêtés attaqués que le préfet de Maine-et-Loire a procédé à un examen réel et sérieux de la situation des requérants, de sorte que le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " Droit à l'information /1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un Etat membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, et notamment: /a) des objectifs du présent règlement et des conséquences de la présentation d'une autre demande dans un Etat membre différent ainsi que des conséquences du passage d'un Etat membre à un autre pendant les phases au cours desquelles l'Etat membre responsable en vertu du présent règlement est déterminé et la demande de protection internationale est examinée; /b) des critères de détermination de l'Etat membre responsable (); /c) de l'entretien individuel en vertu de l'article 5 () ; /d) de la possibilité de contester une décision de transfert et, le cas échéant, de demander une suspension du transfert;/e) du fait que les autorités compétentes des Etats membres peuvent échanger des données le concernant aux seules fins d'exécuter leurs obligations découlant du présent règlement; /f) de l'existence du droit d'accès aux données le concernant (). /2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données B écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les Etats membres utilisent la brochure commune (). Cette brochure commune comprend également des informations relatives à l'application du règlement (UE) n° 603/2013 et, en particulier, à la finalité pour laquelle les données relatives à un demandeur peuvent être traitées dans Eurodac. La brochure commune est réalisée de telle manière que les Etats membres puissent y ajouter des informations spécifiques aux Etats membres. Ces actes d'exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d'examen visée à l'article 44, paragraphe 2, du présent règlement. / 3. Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, B exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5 ".
8. Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit se voir remettre, en temps utile pour lui permettre de faire valoir ses observations, c'est-à-dire au plus tard lors de l'entretien prévu B les dispositions de l'article 5 du même règlement, entretien qui doit notamment permettre de s'assurer qu'il a compris correctement ces informations, l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement. Eu égard à la nature de ces informations, la remise B l'autorité administrative de la brochure prévue B les dispositions de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 citées au point précédent constitue pour le demandeur d'asile une garantie.
9. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que les requérants se sont vu remettre individuellement, le 22 juillet 2022 concernant Mme C M et M. O M, et le 25 juillet 2022 concernant M. N M et Mme D J, lors de l'enregistrement de leurs demandes d'asile dans les services de la préfecture et à l'occasion de leurs entretiens individuels, le guide du demandeur d'asile et deux brochures intitulées " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - quel pays sera responsable de l'analyse de ma demande ' " et " Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' " rédigées en arabe, langue qu'ils ont déclaré comprendre, et qui contiennent l'ensemble des informations prescrites B les dispositions précitées. Ces informations leur ont été données avant que le préfet prenne la décision attaquée. B ailleurs, les requérants ont reconnu avoir compris les informations contenues dans ces documents, dont les pages de garde ont été signées B les intéressés le même jour, ainsi que cela ressort des termes des comptes rendus des entretiens individuels sur lesquels ils ont également apposé leur signature. B suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit à l'information du demandeur d'asile énoncé à l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " Entretien individuel : 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. () 3. L'entretien individuel a lieu en temps utile et, en tout cas, avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené B une personne qualifiée en vertu du droit national. / 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies B le demandeur lors de l'entretien. () ".
11. Ainsi qu'il a été dit au point 9, MM. M, Mme M et Mme D J ont chacun bénéficié de l'entretien individuel mentionné B les dispositions précitées, qui se sont déroulés les 22 et 25 juillet 2022 à la préfecture de Loire-Atlantique. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'ils n'auraient pas été en capacité de faire valoir toutes observations utiles relatives à leur situation, ce qu'ils ont d'ailleurs fait en évoquant leur situation familiale et les conditions dans lesquelles ils ont quitté le Maroc. En outre, aucun élément du dossier n'établit que ces entretiens, qui ont été assurés B un agent habilité de la préfecture réputé qualifié en vertu du droit national au sens des dispositions de l'article 5 du règlement, n'auraient pas été menés B une personne qualifiée en vertu du droit national et dans des conditions qui n'en auraient pas garanti la confidentialité. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 5 du règlement n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 doit être écarté.
12. En sixième lieu, aux termes de l'article 9 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " Si un membre de la famille du demandeur, que la famille ait été ou non préalablement formée dans le pays d'origine, a été admis à résider en tant que bénéficiaire d'une protection internationale dans un État membre, cet État membre est responsable de l'examen de la demande de protection internationale, à condition que les intéressés en aient exprimé le souhait B écrit. ".
13. Les requérants ne peuvent utilement se prévaloir, compte tenu de la définition de " membre de la famille " énoncée au g) de l'article 2 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, de la présence en France du frère et d'un neveu de Mme D J, oncle et cousin de M. O M et de Mme M, pour demander le bénéfice des dispositions précitées de l'article 9 du même règlement.
14. En septième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes du 2 de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " () Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'Etat membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet Etat membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entrainent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'Etat membre procédant à la détermination de l'Etat membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre A afin d'établir si un autre Etat membre peut être désigné comme responsable ". Aux termes de l'article 17 du même règlement : " B dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée B un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / L'Etat membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'Etat membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. () ".
15. Eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les Etats membres de l'Union européenne, lorsque la demande de protection internationale a été introduite dans un Etat autre que la France, que cet Etat a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet Etat membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, B tout moyen, la preuve contraire.
16. L'Espagne est un état membre de l'Union européenne et partie tant à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complétée B le protocole de New-York, qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il doit alors être présumé que le traitement réservé aux demandeurs d'asile dans cet État membre est conforme aux exigences de ces deux conventions internationales. Si cette présomption est réfragable lorsqu'il y a lieu de craindre qu'il existe des défaillances systémiques de la procédure d'asile et des conditions d'accueil des demandeurs d'asile dans l'État membre responsable, impliquant un traitement inhumain ou dégradant, les requérants n'établissent pas l'existence en Espagne de défaillances telles qu'elles constitueraient des motifs sérieux et avérés de croire que leurs demandes d'asile ne seraient pas traitées B les autorités espagnoles dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées B le respect du droit d'asile. En outre, si les requérants font valoir leurs craintes en cas de retour au Maroc du fait de leurs origines sahraouies, les décisions attaquées n'ont ni pour objet ni pour effet de les éloigner vers ce pays, mais seulement de prononcer leur transfert aux autorités espagnoles chargées de l'examen de leur demande de protection internationale. MM. et Mme M ont B ailleurs déclaré ne pas souffrir de problèmes de santé, de sorte qu'ils ne peuvent être considérés comme particulièrement vulnérables. S'il ressort des pièces du dossier que Mme D J est atteinte de diabète, elle ne peut toutefois être ainsi regardée comme justifiant que son état de santé ferait obstacle à son transfert en Espagne ni qu'elle ne pourrait bénéficier dans ce pays d'une prise en charge adaptée à cette pathologie. B suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le préfet de Maine-et-Loire a méconnu l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, ni qu'il a entaché les décisions de transfert en litige d'une erreur manifeste d'appréciation et d'un défaut d'examen particulier de leur situation personnelle au regard de ces stipulations et dispositions.
17. En huitième lieu, les seules circonstances que les requérants seraient logés chez le neveu de Mme D J et que le frère de cette dernière leur apporterait un soutien financier ne suffisent pas à caractériser une atteinte disproportionnée au droit au respect de leur vie privée et familiale, protégée B les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
18. En dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". L'article 6 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 dispose : " L'intérêt supérieur de l'enfant est une considération primordiale pour les États membres dans toutes les procédures prévues B le présent règlement. () 3. Lorsqu'ils évaluent l'intérêt supérieur de l'enfant, les États membres coopèrent étroitement entre eux et tiennent dûment compte, en particulier, des facteurs suivants : () le bien-être et le développement social du mineur ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
19. Il ressort des pièces du dossier que M. M et M. D J sont accompagnés de leurs deux enfants mineurs, âgés de 11 et 16 ans, et que la présence de ces derniers a été signalée aux autorités espagnoles qui ont explicitement accepté de les prendre en charge avec leurs parents. Si M. M et Mme D J soutiennent que le préfet n'aurait pas pris en compte l'intérêt supérieur des enfants en prononçant leur transfert vers l'Espagne, ils n'apportent toutefois pas d'éléments suffisamment probants pour établir que cet Etat ne serait pas en mesure d'assumer leur prise en charge et celle de leurs enfants dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées B le respect du droit d'asile. B suite, en adoptant les arrêtés attaqués, le préfet de Maine-et-Loire n'a méconnu ni les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, ni les dispositions de l'article 6 du règlement visé ci-dessus, de sorte que ce moyen doit être écarté.
20. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées B MM. M, Mme M et Mme D J doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
21. Le présent jugement, qui rejette les conclusions des requêtes à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions présentées en ce sens B les requérants ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
22. En vertu des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, le juge ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement B l'autre partie des frais de procédure à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre B les requérants doivent, dès lors, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2211920 de Mme C M, n° 2211964 de M. N M, n° 2211966 de Mme D J et n° 2212107 de M. O M sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme P, M. N M, Mme K D J et M. O M, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Bearnais.
Rendu public B mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.
La magistrate désignée,
L. FRELAUT
La greffière,
G. PEIGNÉ
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier.
N° 2211920, 2211964, 2211966 et 2212107
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026