vendredi 17 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2212183 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | PHILIPPON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 septembre 2022, Mme B A, représentée par Me Philippon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 juin 2022 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de cinq jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 25 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 600 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- il n'est pas établi que la décision a été signée par une autorité compétente ;
- la décision est intervenue en méconnaissance du principe du contradictoire garanti par l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le préfet n'a pas procédé à l'examen particulier de sa situation personnelle ;
- la décision méconnaît les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 422-1 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les termes de la circulaire ministérielle du 28 novembre 2012 ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- il n'est pas établi que la décision a été signée par une autorité compétente ;
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour prive de base légale la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés et les dispositions des articles L. 542-1 et L. 542-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- il n'est pas établi que la décision a été signée par une autorité compétente ;
- l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français prive de base légale la décision fixant le pays de destination.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 janvier 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 31 août 2022.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et son décret d'application n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme F,
- et les observations de Me Philippon, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante albanaise née le 1er avril 2001, est entrée en France le 12 juillet 2017 selon ses déclarations. Elle a présenté une demande d'asile, qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 7 octobre 2019, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 6 février 2020. Elle s'est maintenue sur le territoire national et a sollicité auprès du préfet de la Loire-Atlantique la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiante ou au titre de l'admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 22 février 2021, le préfet a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai. Il a néanmoins procédé au retrait de cet arrêté le 25 avril 2022 et, par un nouvel arrêté du 20 juin 2022, a de nouveau refusé de délivrer un titre de séjour à Mme A, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai. Par sa requête, Mme A demande l'annulation de ce dernier arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées :
2. L'arrêté attaqué a été signé par Mme E G, cheffe du bureau du séjour. Par arrêté du 11 avril 2022, régulièrement au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet lui a donné délégation, en l'absence de Mme D C, directrice des migrations et de l'intégration de la préfecture de la Loire-Atlantique, dont il n'est pas soutenu qu'elle n'aurait pas été absente ou empêchée, à l'effet de signer notamment les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français, portant sur le délai de retour volontaire et fixant le pays de renvoi. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ".
4. La décision portant refus de titre de séjour litigieuse a été prise sur la demande de Mme A, formée auprès du préfet de la Loire-Atlantique le 10 juillet 2020. Elle n'était par suite pas soumise, en application des dispositions précitées de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, au respect d'une procédure contradictoire, et ce quand bien même le préfet a procédé au retrait, le 25 avril 2022, d'une première décision portant refus de titre de séjour du 22 février 2021. La requérante ne justifie pas, au demeurant, qu'elle aurait été empêchée de produire les éléments actualisés relatifs à sa situation sur le territoire dont elle aurait entendu se prévaloir à l'appui de sa demande, alors même que la décision attaquée fait état d'événements survenus postérieurement à la décision du 22 février 2021, tels que l'obtention par l'intéressée du baccalauréat au mois de septembre 2021. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration et du principe du contradictoire ne peut par suite qu'être écarté.
5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, en particulier des termes mêmes de la décision litigieuse, que le préfet de la Loire-Atlantique a procédé à l'examen particulier de la situation personnelle de Mme A au regard des éléments portés à sa connaissance par l'intéressée, celle-ci ne justifiant pas, ainsi qu'il a été dit au point 4, qu'elle aurait été empêchée de produire les éléments relatifs à sa situation personnelle qu'elle souhaitait voir examiner, ou qu'elle aurait produit des éléments qui n'auraient pas, à tort, été pris en compte dans le cadre de l'examen de sa demande de titre de séjour.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 435-1 du même code : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
7. Si Mme A soutient qu'entrée en France à l'âge de seize ans, elle y résidait depuis près de cinq ans à la date de la décision attaquée auprès de ses parents et de sa sœur aînée, il ressort des pièces du dossier que les demandes de titres de séjour présentées par ces derniers ont également été rejetées, le recours présenté par M. A contre l'arrêté du 22 mars 2021 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixation du pays à destination étant rejeté par un jugement du tribunal administration de Nantes n° 2113512 du 10 mars 2023. La requérante, qui est célibataire et sans enfant, ne démontre pas, par suite, l'intensité des attaches familiales dont elle disposerait sur le territoire français. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que Mme A a été scolarisée en France à compter de son entrée sur le territoire, où elle a en particulier obtenu le brevet en juillet 2019, le brevet d'études professionnelles en restauration, option cuisine en juin 2020 puis le baccalauréat professionnel spécialité cuisine, qu'elle y a réalisé plusieurs stages professionnels et a été employée en qualité de commis de cuisine dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée entre les mois de septembre et novembre 2021. Toutefois, malgré la qualité de son travail et son implication dans ses études, reconnues par ses enseignants, la requérante ne justifie pas qu'elle ne pourrait pas poursuivre ses études ou être employée dans le domaine de la restauration dans son pays d'origine. Par ailleurs, si Mme A justifie avoir exercé des missions bénévoles au sein d'une association, et avoir développé des relations amicales en France, ces éléments ne sont pas suffisants, compte tenu du caractère encore récent de sa résidence sur le territoire et de sa situation familiale, pour regarder la décision portant refus de séjour comme portant une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Ils ne permettent pas davantage de regarder Mme A comme justifiant de motifs exceptionnels de nature à lui ouvrir droit au séjour, quand bien même le secteur de la restauration connaît des difficultés de recrutement, aucune demande d'autorisation de travail n'ayant au demeurant été présentée pour l'intéressée. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. ". Aux termes de l'article L. 422-1 du même code : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".
9. Il est constant qu'à la date de la décision attaquée, Mme A ne poursuivait pas d'études supérieures en France. Elle ne remplissait pas, dès lors, les conditions posées par l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour obtenir la délivrance d'un titre de séjour portant la mention étudiant, quand bien même l'intervention de la décision de refus de titre de séjour prise à son encontre le 22 février 2021 ne lui aurait pas permis, selon ses allégations, d'intégrer, comme elle le projetait, une classe de brevet technique en hôtellerie restauration. Le préfet de la Loire-Atlantique pouvait par suite, pour ce seul motif, refuser de délivrer un titre de séjour à Mme A sans méconnaître les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
10. En cinquième lieu, la requérante ne peut utilement se prévaloir des dispositions de la circulaire du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers dans le cadre des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives aux conditions de délivrance d'un titre de séjour, qui se borne à énoncer des orientations générales que le ministre de l'intérieur a pu adresser aux préfets pour les éclairer dans la mise en œuvre de leur pouvoir de régularisation et dont les dispositions sont dépourvues de caractère règlementaire.
11. En sixième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
12. Pour les mêmes motifs de fait que ceux exposés au point 7, la décision portant refus de titre de séjour ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de Mme A, garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et n'est pas davantage entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
13. En premier lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit que l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour n'est pas établie. Par suite, le moyen tiré de cette illégalité, invoqué par Mme A à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, ne peut qu'être écarté.
14. En second lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; ". L'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " () Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ". Aux termes de l'article L. 542-4 du même code : " L'étranger auquel la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé ou qui ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application de l'article L. 542-2 et qui ne peut être autorisé à demeurer sur le territoire à un autre titre doit quitter le territoire français, sous peine de faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français. ". Et aux termes de l'article R. 532-57 du même code : " La date de notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile qui figure dans le système d'information de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, et qui est communiquée au préfet compétent et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration au moyen de traitements informatiques, fait foi jusqu'à preuve du contraire. ".
15. Mme A soutient que le préfet, qui ne justifie pas que la décision de la CNDA rejetant définitivement sa demande d'asile lui aurait été notifiée et lui serait dès lors opposable, ne pouvait prendre à son encontre une décision lui faisant obligation de quitter le territoire français. Toutefois, il ressort des pièces versées au dossier par le préfet que l'ordonnance du 6 février 2020 par laquelle la CNDA a rejeté la demande d'asile de l'intéressée lui a été régulièrement notifiée, ainsi qu'en atteste la capture d'écran de l'application " Telemofpra ", le 17 février 2020. Ainsi, à la date de l'arrêté litigieux, Mme A ne pouvait plus se prévaloir d'un droit à se maintenir sur le territoire français sur le fondement des articles précités du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour ces mêmes motifs, la requérante ne peut utilement se prévaloir de la violation des stipulations de l'article 33 de la convention de Genève relative au statut des réfugiés, qui ne s'appliquent qu'aux personnes s'étant vu reconnaître la qualité de réfugié.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
16. Il résulte de ce qui vient d'être dit que l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français n'est pas établie. Par suite, le moyen tiré de cette illégalité, invoqué par Mme A à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, ne peut qu'être écarté.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du préfet de la Loire-Atlantique du 20 juin 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
18. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation de Mme A, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par Mme A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Philippon.
Délibéré après l'audience du 17 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
Mme Thierry, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 17 mars 2023.
La rapporteure,
V. F
Le président,
Y. LIVENAIS
Le greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026