mardi 20 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2212261 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 10ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL R & P AVOCATS - OLIVIER RENARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 septembre 2022 et le 17 avril 2023, M. A B, représenté par Me Renard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 juillet 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision de l'autorité consulaire française à Alger (Algérie) du 10 février 2022 refusant de lui délivrer un visa d'entrée et de long séjour en France en qualité de visiteur ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui faire délivrer le visa sollicité, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à défaut, de réexaminer sa demande, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée n'est pas suffisamment motivée ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen de sa situation ;
- elle est entachée d'erreur de fait dès lors qu'il a sollicité un visa en qualité de visiteur et non pour exercer une activité commerciale en France ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation du caractère suffisant de ses ressources en France.
La requête a été communiquée au ministre de l'intérieur et des outre-mer, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par ordonnance du 24 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 16 mai 2023 à 17h00.
Un mémoire, présenté pour M. B par Me Renard, a été enregistré le 22 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Rimeu a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien, a sollicité la délivrance d'un visa de long séjour en qualité de visiteur auprès de l'autorité consulaire française à Alger, laquelle a rejeté sa demande par une décision du 10 février 2022. Le recours formé contre ce refus devant la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a été rejeté par une décision du 21 juillet 2022, dont le requérant demande au tribunal l'annulation.
2. La décision du 21 juillet 2022 contestée vise les articles L. 311-1, L. 312-2 et R. 431-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les articles 5, 7 et 9 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié et indique que le requérant ne justifie pas répondre aux critères exigés pour se voir délivrer un visa de long séjour en qualité de visiteur exerçant une activité commerciale, car il ne justifie ni de la régularité fiscale de son entreprise en France, ni de ressources personnelles suffisantes, indépendamment des ressources générées par son activité, ni enfin de la capacité de son entreprise à lui procurer des revenus mensuels au moins équivalents au salaire minimum de croissance. Cette décision est par suite suffisamment motivée, en droit et en fait.
3. Aux termes des stipulations de l'article 9 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Pour être admis à entrer et séjourner plus de trois mois sur le territoire français au titre des articles 4, 5,7, 7 bis al. 4 (lettre c et d) et du titre III du protocole, les ressortissants algériens doivent présenter un passeport en cours de validité et un visa de long séjour délivré par les autorités françaises. / Ce visa de long séjour accompagné des pièces et documents justificatifs permet d'obtenir un certificat de résidence dont la durée de validité est fixée par les articles et titres mentionnés à l'alinéa précédent ". Aux termes de l'article 5 du même accord : " Les ressortissants algériens s'établissant en France pour exercer une activité professionnelle autre que salariée reçoivent, après le contrôle médical d'usage et sur justification, selon le cas, s'ils sont inscrits au registre du commerce ou au registre des métiers ou à un ordre professionnel un certificat de résidence dans les conditions fixées aux articles 7 et 7 bis. " Aux termes de l'article 7 du même accord : " () a) les ressortissants algériens qui justifient de moyens d'existence suffisants et qui prennent l'engagement de n'exercer, en France, aucune activité professionnelle soumise à autorisation reçoivent () un certificat valable un an renouvelable et portant la mention ''visiteur'' ; () ".
4. Les stipulations de l'article 5 de l'accord franco-algérien relatif aux ressortissants algériens souhaitant exercer en France une activité professionnelle non salariée renvoient aux stipulations des articles 7 et 7 bis de ce même accord établissant la liste des types de certificats de résidence délivrés aux ressortissants algériens, laquelle ne distingue pas les personne ne souhaitant exercer en France aucune activité professionnelle de celles souhaitant exercer une activité professionnelle non soumise à autorisation et qui n'entrent pas dans les cas particuliers prévus aux e) f) et g) de cet article 7. En vertu des stipulations précitées du a) de l'article 7, les ressortissants algériens qui souhaitent n'exercer en France aucune activité professionnelle et ceux qui souhaitent exercer en France une activité professionnelle soumise seulement à une immatriculation au registre du commerce et des sociétés, une inscription au registre des métiers ou une inscription à un ordre professionnel se voient ainsi tous délivrer des certificats de résidence de type " visiteur ", la seule distinction résidant dans l'ajout, pour ceux qui travaillent, d'une mention du type d'activité professionnelle. Dans ces conditions, les demandes de visa de long séjour des ressortissants algériens souhaitant exercer en France une activité professionnelle soumise notamment à une immatriculation au registre du commerce et des sociétés sont qualifiées par les autorités consulaires de demandes de visa " visiteur ", comme celles des personnes souhaitant n'exercer en France aucune activité professionnelle, avec la précision de l'activité professionnelle non soumise à autorisation envisagée.
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, notamment des accusés de réception par le consulat des pièces demandées à M. B à l'appui de sa demande de visa et des motifs de la décision contestée, que l'administration a examiné s'il remplissait les conditions pour se voir délivrer un visa visiteur n'exerçant aucune activité professionnelle et pour se voir délivrer un visa visiteur en vue d'exercer en qualité de gérant de la société BRMA et SYSTEMES, immatriculée au registre du commerce et des sociétés en France. Elle a ainsi examiné s'il disposait, d'une part, d'une assurance maladie couvrant la totalité de son séjour en France et de ressources personnelles suffisantes lui permettant de séjourner en France sans travailler, et d'autre part si sa société respectait ses obligations fiscales et lui assurait des revenus suffisants pour lui permettre de séjourner en France. Par suite, les moyens tirés du défaut d'examen et de l'erreur de fait doivent être écartés.
6. Si M. B justifie de la régularité fiscale de la société BRMA et SYSTEMES et produit des documents financiers permettant de justifier de l'activité de la société et de ce qu'elle a généré en 2021 un résultat de plus de 26 000 euros, il ne produit aucun document permettant de déterminer les sommes qu'il perçoit comme actionnaire et gérant de cette société. Par ailleurs, s'il justifie être propriétaire d'un appartement et produit un relevé de compte bancaire de la SARL Babou Air de mars 2023, ainsi qu'un avis de crédit d'avril 2023, ces éléments, postérieurs à la décision contestée, sont insuffisants pour établir qu'il justifierait de ressources suffisantes pour séjourner en France. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir qu'en estimant qu'il ne justifiait pas de revenus et de ressources suffisants pour vivre en France, la commission de recours aurait entaché la société attaquée d'erreur d'appréciation.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée. Par conséquent, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article l. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
Mme Louazel, conseillère,
M. Tavernier, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2023.
La présidente-rapporteuse,
S. RIMEU
L'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,
M. LOUAZELLa greffière,
S. LE DUFF
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026