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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2212321

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2212321

mardi 30 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2212321
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantLE FLOCH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 août 2022 et le 2 mai 2023, Mme A D, représentée par Me Le Floch, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 août 2022 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de départ volontaire de trente jours, laquelle fixe le pays de destination en cas de reconduite d'office à l'issue de ce délai ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois et sous astreinte de 10 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa demande de titre de séjour et de prendre une nouvelle décision dans le même délai et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- sa requête n'est pas tardive ;

- le signataire de l'arrêté attaqué était incompétent ;

- le refus de séjour n'est pas régulièrement motivé ;

- il est intervenu à l'issue d'une procédure irrégulière en raison de l'absence et de l'irrégularité de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est méconnu ;

- l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est méconnu ;

- l'obligation de quitter le territoire français est illégale en conséquence et méconnaît le même article 8, ainsi que le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision fixant le pays de renvoi est illégale en conséquence et méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 mars 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 425-11, R. 425-12 et R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Durup de Baleine, président ;

- les observations de Me Béarnais, substituant Me Le Floch, avocate de Mme D.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, ressortissante camerounaise née en 1958, est entrée sur le territoire français le 23 janvier 2018, munie d'un passeport en cours de validité revêtu d'un visa de type C à entrées multiples valable du 10 janvier au 9 avril 2018 pour un séjour de trente jours délivré par l'autorité consulaire française au Gabon le 10 janvier 2018. Une carte de séjour temporaire, valable jusqu'au 10 septembre 2021, lui avait été délivrée au regard de son état de santé. Par l'arrêté du 12 août 2022 dont Mme D, qui a été admise en cours d'instance au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale et dont la demande d'aide juridictionnelle provisoire est ainsi sans objet, demande l'annulation, le préfet de la Loire-Atlantique lui en a refusé le renouvellement et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

2. Par un arrêté du 6 juillet 2022, publié le même jour, le préfet de la Loire-Atlantique a donné délégation à Mme C, directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture de la Loire-Atlantique et, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme C, à M. B, son adjoint, signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer un arrêté d'une telle nature, en toutes les décisions qu'il comporte. Il ne ressort pas du dossier que Mme C n'aurait pas été absente ou empêchée. Il en résulte que le moyen tiré de l'incompétence de ce signataire manque en fait.

3. L'arrêté attaqué comporte l'indication des raisons de droit et de fait pour lesquels son auteur, qui a examiné la situation personnelle de la requérante, a refusé de lui délivrer le titre de séjour qu'elle sollicitait, ce dont résulte que cette décision est régulièrement motivée. Conformément aux dispositions du second alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision portant obligation de quitter le territoire français est, par suite, régulièrement motivée.

4. Il ne résulte pas de l'instruction que le préfet de la Loire-Atlantique aurait estimé être tenu par l'avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 14 décembre 2021 de refuser à la requérante le renouvellement de la carte de séjour temporaire qui lui avait été délivrée au regard de son état de santé.

5. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. (). / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / () ".

6. Aux termes de l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. ". Aux termes de l'article R. 425-12 de ce code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. ". Aux termes de l'article R. 425-13 de ce même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical. ". Enfin, l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 pris pour l'application des dispositions précitées prévoit que : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant: / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. / Cet avis mentionne les éléments de procédure. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".

7. Il résulte des dispositions qui précèdent que l'avis émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration doit être rendu à l'issue d'une délibération pouvant prendre la forme, soit d'une réunion, soit d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. Le caractère collégial de cette délibération constitue une garantie pour le demandeur de titre de séjour. Préalablement à l'avis rendu par ce collège, un rapport médical, relatif à l'état de santé de l'étranger intéressé et établi par un médecin instructeur, doit lui être transmis. Le médecin instructeur à l'origine de ce rapport médical ne doit pas siéger au sein du collège de médecins qui rend l'avis transmis au préfet. Il appartient à l'autorité administrative de se prononcer sur la demande de titre de séjour présentée en qualité d'étranger malade au vu de l'avis émis par le collège de médecins.

8. Le préfet de la Loire-Atlantique produit l'avis émis le 14 décembre 2021 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration relatif à l'état de santé de la requérante, établi selon le modèle figurant à l'annexe C de l'arrêté du 27 décembre 2016. Il ressort des pièces du dossier que cet avis a été rendu par trois médecins, dont il comporte les signatures. Par ailleurs, il est établi que la médecin ayant rédigé le rapport médical du 27 octobre 2021 concernant la requérante n'était pas au nombre des médecins formant ce collège. Enfin, cet avis mentionne que le collège des médecins l'a émis cet avis " après en avoir délibéré ". Cette mention fait foi jusqu'à preuve du contraire du caractère collégial dudit avis. Il ne ressort pas du dossier que cet avis n'aurait pas présenté un caractère collégial. Dès lors, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'avis du 14 décembre 2021 aurait été émis dans des conditions irrégulières et que, pour cette raison, l'arrêté attaqué a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière.

9. Il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle envisage de refuser la délivrance du titre de séjour prévu par l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de vérifier, au vu de l'avis émis par le collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que cette décision ne peut avoir de conséquences d'une exceptionnelle gravité sur l'état de santé de l'étranger, et en particulier d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir la nature et la gravité des risques qu'entraînerait un défaut de prise en charge médicale dans le pays dont l'étranger est originaire. Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'étranger, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans son pays d'origine. Si de telles possibilités existent mais que l'étranger fait valoir qu'il ne peut en bénéficier, soit parce qu'elles ne sont pas accessibles à la généralité de la population, eu égard notamment aux coûts du traitement ou à l'absence de modes de prise en charge adaptées, soit parce qu'en dépit de leur accessibilité, des circonstances exceptionnelles tirées des particularités de sa situation personnelle l'empêcheraient d'y accéder effectivement, il appartient à cette même autorité, au vu de l'ensemble des informations dont elle dispose, d'apprécier si cet étranger peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine.

10. Pour refuser le renouvellement demandé par la requérante, le préfet de la Loire-Atlantique, faisant sien l'avis du 14 décembre 2021, a retenu que l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire.

11. Il ressort des pièces du dossier que la requérante est affectée d'un diabète sucré de type 2, d'atteintes non-rhumatismales de la valvule aortique et d'une hypertension artérielle. Elle bénéficie en France d'un traitement pharmaceutique associant un antidiabétique oral, trois médicaments appropriés à l'hypertension artérielle liée à une insuffisance cardiaque, hépatique ou rénale et un médicament approprié en cas d'excès de cholestérol. Elle bénéficie également d'un suivi trimestriel par un médecin généraliste, d'un suivi annuel cardiologique et ophtalmologique et d'un suivi angiologique régulier. Son état de santé est stabilisé. Il ressort des pièces du dossier qu'il existe au Cameroun, où la requérante a d'ailleurs vécu de manière habituelle pendant soixante ans, des possibilités de prise en charge médicale appropriée d'un état de santé tel que celui de la requérante, propre à prévenir la survenance de conséquences d'une exceptionnelle gravité et ce, alors même que le fond d'œil n'y serait pas disponible et que, même quand l'offre de soins est suffisante ainsi qu'il en va pour le diabète non insulino dépendant et l'hypertension artérielle primitive, la qualité du suivi est insuffisante et que, ainsi qu'il en va pour les valvulopathies du moins rhumatismales à la différence du cas de Mme D, l'offre de soins, si elle existe et qu'elle est disponible pour la généralité de la population, est néanmoins insuffisante. Il en résulte que la requérante n'est pas fondée à soutenir que le refus de lui délivrer un titre de séjour méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle ne l'est pas davantage à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît le 9° de l'article L. 611-3 de ce code.

12. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

13. Il ressort des pièces du dossier que le séjour de la requérante en France, remontant au mois de janvier 2018, n'est pas ancien, alors qu'elle est née en 1958. Si deux de ses filles sont, avec les membres de leur famille, établies en France, l'une depuis plus de dix ans et l'autre depuis 2015, cette circonstance ne fait pas obstacle à ce que la requérante, qui est veuve, puisse poursuivre son existence dans le pays dont elle a la nationalité, où elle a vécu habituellement pendant soixante ans notamment alors que ses deux filles dont s'agit étaient pour leur part établies en France depuis plusieurs années, trois autres de ses enfants résidant au Cameroun, où ses proches résidant en France peuvent se rendre, la requérante pouvant elle-même leur rendre visite en France, comme elle l'avait fait en 2018. Dès lors, eu égard à la durée et aux conditions du séjour de la requérante en France, comme aux effets d'une obligation de quitter le territoire français, le préfet, en refusant à Mme D la délivrance d'une carte de séjour temporaire et en lui faisant obligation de quitter le territoire français, n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels ont été prises ces décisions. Il en résulte que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

14. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de celle lui refusant le séjour.

15. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision fixant le pays de destination est illégale du fait de l'illégalité de celle portant obligation de quitter le territoire français.

16. Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Selon ce dernier : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

17. Il n'est pas établi que la vie ou la liberté de la requérante seraient menacées au Cameroun ou qu'elle risquerait d'y être soumise à la torture ou à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. Il en résulte qu'elle n'est pas fondée à soutenir que la décision fixant le pays de destination méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

18. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Les conclusions à fin d'injonction qu'elle présente ne peuvent, dans ces conditions, être accueillies.

Sur les frais liés au litige :

19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la présente instance la partie perdante, le versement d'une somme à ces titres.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme D est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Le Floch.

Délibéré après l'audience du 16 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Durup de Baleine, président,

Mme Thomas, première conseillère,

Mme Milin, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.

Le président-rapporteur,

A. DURUP DE BALEINEL'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

S. THOMAS

La greffière,

L. LÉCUYER

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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