vendredi 16 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2212480 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | DUFAYET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 septembre 2022, M. A C, représenté par Me Dufayet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 août 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a confirmé le refus opposé par l'ambassade de France aux Philippines et en Micronésie du 22 mars 2022 à sa demande de visa de long séjour en qualité de travailleur salarié ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer le visa sollicité dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de100 euros par jour de retard et, subsidiairement, d'enjoindre à l'ambassade de France aux Philippines et en Micronésie de procéder au réexamen de sa demande de visa dans un délai de soixante-douze heures à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision de l'ambassade est insuffisamment motivée ;
- il n'a pas été procédé à un examen de la situation ;
- la décision porte atteinte disproportionnée à son droit à l'emploi garanti par l'article 5 du préambule de la constitution de 1946 et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il a respecté le précédent visa qui lui a été délivré, qu'il dispose d'attaches fortes aux Philippines, qu'il justifie d'un contrat de travail et qu'il n'a pas d'antécédents judiciaires.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mars 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Rosier a été entendu au cours de l'audience publique du 14 avril 2023.
Considérant ce qui suit :
1.M. A C, ressortissant philippin, a présenté une demande de visa de long séjour en qualité de travailleur salarié auprès de l'ambassade de France aux Philippines et en Micronésie. Cette autorité a refusé de lui délivrer le visa sollicité. Par une décision du 4 août 2022, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre cette décision consulaire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2.En premier lieu, il résulte des dispositions de l'article D. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France se substitue à celle qui a été prise par les autorités diplomatiques ou consulaires, rendant inopérants les moyens présentés en contestation de la légalité de cette dernière décision.
3.En deuxième lieu, la circonstance qu'un travailleur étranger dispose d'un contrat de travail visé par la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS) ou d'une autorisation de travail délivrée dans les mêmes conditions, ne fait pas obstacle à ce que l'autorité compétente refuse de lui délivrer un visa d'entrée et de long séjour en France en se fondant, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, sur tout motif d'intérêt général. Constitue un tel motif l'inadéquation entre l'expérience professionnelle et l'emploi saisonnier sollicité, de nature à révéler que l'intéressé demande ce visa à d'autres fins que son projet d'emploi.
4.Pour confirmer le refus opposé à M. C, la commission s'est fondée sur le motif tiré de ce que le requérant ne justifie ni de sa qualification ni de son expérience professionnelle pour l'emploi auquel il postule et qu'il existe un risque de détournement de l'objet du visa à fin d'établissement en France.
5.Il ressort des pièces du dossier que M. C a sollicité la délivrance d'un visa de long séjour afin de travailler en qualité d'agent de nettoyage des locaux niveau 1 échelon 1 pour un salaire mensuel de 824,46 euros au sein du bar épicerie " Le Bellevue " à Salagnon (Isère) dans le cadre d'un contrat à durée déterminée à temps partiel à compter du 1er avril 2022 pour une durée de huit mois. Il a obtenu à ce titre une autorisation de travail délivrée le 17 février 2022. Pour établir l'adéquation entre, d'une part, sa qualification et son expérience professionnelle, d'autre part, l'emploi auquel il postule, le requérant produit à l'instance quatre certificats nationaux intitulés " Housekeeping ", délivré le 15 août 2021 et valide jusqu'au 14 août 2026, " Food and beverage services " délivré le 5 septembre 2021 et valide jusqu'au 4 septembre 2026, " Housekeeping ", délivré le 28 août 2022 et valide jusqu'au 27 août 2027 et " Food and beverage services ", délivré le 30 juillet 2022 et valide jusqu'au 29 juillet 2027, non traduits, dont le ministre conteste l'authenticité. Il fait valoir, sans être contredit, que deux de ces certificats ont le même numéro d'identification, que les QR code présents en bas de ces documents ne renvoient pas aux informations personnelles du requérant et que ce dernier ne figure pas sur le registre des travailleurs certifiés. En outre, les deux derniers certificats ont été obtenus postérieurement à la décision attaquée. Bien que l'emploi auquel il postule ne nécessite pas de compétences professionnelles particulières, le requérant ne produit cependant aucun contrat de travail ni aucun bulletin de salaire permettant d'établir l'exercice effectif d'une activité en ce domaine et, par là même, attestant de son expérience professionnelle. Enfin, le ministre indique que les autorités consulaires ont signalé que l'employeur, M. B, connaît très bien le requérant avec qui il entretient une relation suivie depuis 2008 et alors que des précédentes demandes de visa de court séjour avec le même M. B ont été précédemment refusés. Dans ces conditions, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France n'a pas porté une inexacte appréciation sur l'adéquation de la qualification et de l'expérience professionnelle de l'intéressé à l'emploi proposé dont il se déduit un risque de détournement de l'objet du visa à des fins migratoires, nonobstant la présence aux Philippines de la famille du requérant.
6. En troisième lieu, le requérant ne peut utilement invoquer, pour contester la légalité d'un refus de visa d'entrée en France, les dispositions de l'article 5 du Préambule de la Constitution de 1946.
7.Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation du demandeur de visa.
8.Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte ainsi que celles présentées au titre des frais liés au litige doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 14 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Douet, présidente,
M. Rosier, premier conseiller,
Mme Roncière, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juin 2023.
Le rapporteur,
P. ROSIER
La présidente,
H. DOUET
Le greffier,
A.-L. LE GOUALLEC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026