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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2212639

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2212639

lundi 7 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2212639
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantPAMLAW - AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 septembre 2022, la société FREE MOBILE, représentée par Me Martin, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 20 juin 2022 par laquelle le maire de la commune de Maisdon sur Sèvre (44) s'est opposé à la déclaration préalable n°04408822A2037 du 23 mai 2022 portant sur l'installation d'une station relai de téléphonie mobile sur une parcelle cadastrée section BC sous le numéro 88, sise lieudit " Le Patis de la Lande " ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune de Maisdon sur Sèvre, à titre principal, de lui délivrer une décision de non opposition, dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de procéder à une nouvelle instruction de sa déclaration préalable, dans le même délai ;

3°) de mettre à la charge de la commune la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée préjudicie à un intérêt public qui est celui de la couverture du territoire de la commune par les réseaux de téléphonie de la société au moyen de ses propres installations ; qu'elle porte atteinte à ses intérêts propres en faisant obstacle à l'implantation d'une station relai et, par voie de conséquence, à la couverture, par le service de téléphonie mobile, d'une partie du territoire de la commune et ralentit le déploiement du réseau de la société ainsi que, par voie de conséquence, l'atteinte par elle du taux de couverture en 4G de 99,6% de la population métropolitaine ; qu'elle cause un préjudice suffisamment grave et immédiat aux intérêts précités en faisant obstacle à ce qu'elle puisse démarrer les travaux alors que la station relai est nécessaire au déploiement du réseau ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* elle est insuffisamment motivée ;

* elle est entachée d'une erreur de droit et d'une inexacte application des dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme dès lors que son signataire ne fait pas état d'une nécessité de procéder à une extension du réseau public de distribution et que son auteur ne prétend pas, ni n'établit, ne pas être en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité les travaux doivent être réalisés ;

* elle méconnaît les dispositions des articles L. 332-15 et L. 332-8 du code de l'urbanisme et fait une application erronée des dispositions de l'article L. 111-11 du même code dès lors que cet article ne peut être opposé à un pétitionnaire que si des solutions alternatives permettant de lui faire supporter le coût de l'extension du réseau électrique public ne peuvent être mises en œuvre ;

* le signataire de la décision a outrepassé son champ de compétence dès lors qu'il s'est prononcé sur l'opportunité du choix d'emplacement opéré par la société de téléphonie mobile alors qu'il est de jurisprudence constante qu'il est seulement tenu de se prononcer sur la conformité du projet avec les règles d'urbanisme en vigueur ;

* elle fait une inexacte application des dispositions combinées des articles L. 421-6 et L. 421-7 du code de l'urbanisme dès lors que la question du placement des fonds de desserte de téléphonie mobile au sein des ressources des collectivités territoriales n'est pas un motif d'urbanisme ;

* il n'existe pas d'élément scientifique circonstancié de nature à établir un risque pour la présence d'un troupeau de bovins et pour la biodiversité ;

* elle est entachée d'une inexacte application des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et de l'article A 11 du règlement du PLU dès lors que son signataire ne livre aucunement l'appréciation qui aurait dû être la sienne de la qualité du milieu dans lequel le projet est destiné à venir s'implanter ; qu'il s'est livré à une appréciation erronée de l'impact du projet de la société sur son milieu environnant, le milieu dans lequel il est destiné à venir s'implanter ne bénéficiant d'aucune protection particulière alors qu'il est essentiellement agricole et forestier et que la société a pris soin de retenir la technique du pylône en treillis métallique permettant un impact paysager limité et par voie de conséquence, ne porte pas atteinte de manière suffisamment significative au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, comme l'attestent les photomontages produits.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2022, la commune de Maisdon sur Sèvre, représentée par Me Viaud, conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions présentées au titre des frais d'instance, ou, à tout le moins, à la réduction du montant de ces frais.

Elle fait valoir que, par décision du 10 octobre 2022, le maire a retiré la décision d'opposition à la déclaration préalable en date du 20 juin 2022 et a délivré à la société FREE MOBILE une décision de non opposition à cette déclaration préalable, lui donnant ainsi satisfaction.

Vu :

- les pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 12 août 2022 sous le numéro 2210708 par laquelle la société Free Mobile demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Robert Nutte, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 11 octobre 2022 à 9 heures 30 :

- le rapport de Mme Robert-Nutte, juge des référés,

- et les observations de Me Noury, substituant Me Viaud, représentant la commune de Maisdon sur Sèvre.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

2. Il résulte de l'instruction, que postérieurement à l'introduction de la requête, le maire de la commune de Maison sur Sèvre a retiré, par une décision du 10 octobre 2022, la décision d'opposition à la déclaration préalable en date du 20 juin 2022 et a délivré à la société FREE MOBILE une décision de non opposition à cette déclaration préalable, lui donnant ainsi satisfaction. Par suite, les conclusions présentées par la société FREE MOBILE sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant au prononcé d'une injonction sous astreinte, sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'apparaît pas inéquitable de ne pas mettre à la charge de la commune de Maisdon sur Sèvre les frais exposés par la société FREE MOBILE, à l'occasion de la présente instance et non compris dans les dépens. Par suite, les conclusions susvisées présentées par la société requérante doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par la société FREE MOBILE aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la société FREE MOBILE est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société FREE MOBILE et à la commune de Maisdon sur Sèvre.

Fait à Nantes, le 7 novembre 2022.

La juge des référés,

O. Robert-Nutte

La greffière,

M-C. MinardLa République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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