mercredi 10 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2212757 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | GUILBAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 septembre 2022, M. B A, représenté par Me Louise Guilbaud, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 juin 2022 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.
Il soutient que :
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- elle n'est pas suffisamment motivée ; le préfet n'a pas motivé son refus de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; si le préfet critique le jugement d'adoption simple guinéen, il ne mentionne pas les conséquences du jugement d'exequatur sur les effets de ce jugement étranger ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen précis et circonstancié de sa situation personnelle ; le préfet n'a pas examiné sa demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et commis une erreur manifeste d'appréciation ; il justifie de motifs exceptionnels qui lui permettent de bénéficier d'une admission exceptionnelle au séjour ; après le décès de ses parents et un parcours d'exil très éprouvant, il n'a bénéficié d'aucune forme d'hébergement ni de mise à l'abri de la part des services de l'aide sociale à l'enfance ; le jugement guinéen prononçant son adoption simple doit produire tous ses effets sur le territoire français ; Il se trouve à présent dans une situation d'extrême précarité ; il souffre d'une hépatite B ;
- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et commis une erreur d'appréciation ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- il est fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- le préfet a commis une erreur de droit en s'appuyant sur le fait qu'il n'a pas déposé de demande d'asile pour s'abstenir d'examiner sa situation au regard des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mars 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 13 décembre 2023 :
- le rapport de M. Martin, président-rapporteur,
- et les observations de Me Desfrançois, substituant Me Guilbaud, avocate de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant guinéen né le 22 août 2003, déclare être entré irrégulièrement en France le 22 août 2018, à l'âge de quinze ans. Alors qu'il se trouvait dans un campement sauvage de personnes sans abri, installé au centre de Nantes, une ressortissante française lui a proposé de l'héberger à son domicile, à Mauges-sur-Loire, dans le département de Maine-et-Loire. Cette personne a ensuite décidé de procéder à l'adoption simple de M. A. Par l'intermédiaire du frère aîné de ce dernier, le tribunal de première instance de Conakry II a été saisi de la demande d'adoption simple et l'a acceptée par un jugement du 5 octobre 2018, lequel jugement a fait l'objet, le 25 janvier 2021, d'un jugement d'exequatur du tribunal judiciaire d'Angers. Pris en charge par sa mère adoptive, M. A a été scolarisé à partir de décembre 2018 dans différents établissements. Durant l'année scolaire 2020/2021, il a été accueilli dans une classe MDLS (mission de lutte contre le décrochage scolaire) d'un lycée d'Ancenis. Son souhait était alors d'intégrer un CAP d'opérateur logistique en alternance. Il atteint sa majorité en août 2021 et sa mère adoptive l'aurait alors prié de quitter son domicile. Toutefois, le 28 juin 2021, M. A avait signé une demande de titre de séjour portant la mention " étudiant ". Il indiquait comme adresse le domicile de sa mère adoptive qui se trouvait alors dans la commune du Cellier, en Loire-Atlantique. En avril 2022, la préfecture de ce département a demandé à M. A de compléter son dossier en fournissant notamment l'ensemble de ses certificats scolaires et bulletins de note ainsi qu'un courrier éclairant les motifs de sa demande d'admission au séjour. M. A a répondu, le 30 mai 2022, en indiquant sa domiciliation au CCAS de Nantes et en précisant qu'en juin 2021, il avait demandé la nationalité française en tant qu'enfant recueilli par une Française, que sa demande avait été rejetée comme irrecevable au motif qu'il ne justifiait que de deux ans et sept mois de recueil, que, parallèlement, il avait demandé un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " car il allait avoir 18 ans et ne pouvait imaginer rester en situation irrégulière le temps que la procédure d'acquisition de la nationalité française aboutisse. Il précisait dans son courrier : " désireux d'intégrer un CAP en alternance dans le domaine de la logistique, un titre de séjour m'est indispensable ". Le préfet s'est estimé saisi d'une demande de titre de séjour portant la mention "étudiant", fondée sur l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour fondée sur l'article L. 435-1 du même code. Par un arrêté du 22 juin 2022, le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté la demande de titre de séjour, fait obligation à M. A de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et désigné la Guinée comme pays de renvoi. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué, en tant qu'il porte refus de séjour, vise notamment l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles L. 422-1 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, articles sur lesquels le préfet de la Loire-Atlantique s'est fondé. Par ailleurs, l'arrêté retrace de façon suffisamment détaillée le parcours de M. A depuis son arrivée sur le territoire français et expose les raisons pour lesquelles le préfet de la Loire-Atlantique a estimé que l'intéressé ne pouvait se prévaloir des dispositions des articles L. 422-1 et L. 435-1 pour être admis au séjour. Il précise également les éléments sur lesquels le préfet s'est fondé pour considérer que le refus de séjour opposé au requérant ne portait pas une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale de l'intéressé. L'arrêté attaqué, en tant qu'il porte refus de séjour, est, par conséquent, suffisamment motivé tant en droit qu'en fait, alors même qu'il ne vise pas l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. En deuxième lieu, M. A reproche au préfet de ne pas avoir examiné sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il soutient que sa demande d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " devait être regardée comme fondée implicitement mais nécessairement sur le fondement de cet article. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le préfet a été saisi formellement par M. A d'une demande de titre de séjour portant la mention " étudiant " complétée par une demande d'admission exceptionnelle au séjour en vue de la délivrance d'un titre portant la mention " vie privée et familiale ". En outre, le préfet a pu estimer que le lien entre le demandeur et sa mère adoptive devait s'être rompu, l'intéressé s'étant domicilié au CCAS de Nantes. Dans ces conditions, en s'estimant saisi d'une demande fondée sur les articles L. 422-1 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'a pas entaché sa décision d'un défaut d'examen de la situation particulière de M. A.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale" () ".
6. Il appartient à l'autorité administrative de vérifier si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale ", " salarié " ou " travailleur ", répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels. Il résulte, en outre, de ces dispositions que le législateur a entendu laisser à l'administration un large pouvoir pour apprécier si l'admission au séjour d'un étranger répond à des considérations humanitaires ou si elle se justifie au regard des motifs exceptionnels que celui-ci fait valoir. Il appartient seulement au juge administratif, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que l'administration n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation qu'elle a portée sur l'un ou l'autre de ces points.
7. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, M. A était suivi par la mission locale et vivait dans un squat à Nantes, sans disposer de revenus. Il déclare avoir subi " une forme de violences psychologiques " dans sa famille adoptive. Il évoque des brimades, voire des gestes violents de l'un des enfants de sa mère adoptive. Par ailleurs, M. A produit un bilan sanguin du 4 avril 2019 qui mentionne une sérologie de l'hépatite B positive, laquelle avait déjà été détectée en novembre 2018. Il indique qu'à ce stade, aucun traitement ne lui a été prescrit mais que cette pathologie cause aux patients de fortes fatigues et leur impose d'avoir un rythme de vie adapté. Pour regrettable que soit la situation ainsi décrite par le requérant, elle ne permet pas de caractériser l'existence d'un motif exceptionnel ou d'une considération humanitaire au sens des dispositions citées au point 5. Dès lors, l'intéressé, qui ne justifie d'aucun lien intense, stable et ancien le rattachant au territoire français, n'est pas fondé à soutenir qu'en lui refusant l'admission exceptionnelle au séjour, le préfet de la Loire-Atlantique aurait commis une erreur manifeste d'appréciation dans la mise en œuvre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La circonstance que le jugement guinéen prononçant l'adoption simple de M. A, revêtu de l'exequatur, doive être regardé comme produisant des effets en France est sans incidence à cet égard dès lors que, comme il a été dit, il est constant qu'à la date de l'arrêté attaqué, le requérant avait rompu ses liens avec sa mère adoptive.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1- Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, () ".
9. M. A, entré en France le 22 août 2018, se prévaut de l'ancienneté de sa présence sur le territoire français. Toutefois, comme il a été dit, il ne justifie pas, à la date de l'arrêté attaqué, de liens familiaux ou amicaux qu'il aurait tissés sur ce territoire alors qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales en Guinée où vivent son frère et sa sœur nés respectivement en 1987 et 1994. Par suite, les moyens tirés de ce que le préfet aurait méconnu les stipulations citées au point précédent et commis une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, l'ensemble des moyens soulevés à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de la décision portant refus de séjour, opposée à M. A, ayant été écartés, l'intéressé n'est pas fondé à se prévaloir de l'annulation de cette décision pour demander, par voie de conséquence, celle de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français.
11. En second lieu, pour les raisons indiquées aux points 7 et 9, les moyens tirés de ce que le préfet aurait méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation de M. A doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de destination :
12. En premier lieu, l'ensemble des moyens soulevés à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, opposée à M. A, ayant été écartés, l'intéressé n'est pas fondé à se prévaloir de l'annulation de cette décision pour demander, par voie de conséquence, celle de la décision fixant le pays de destination.
13. En second lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Selon ce dernier : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
14. Il ressort des motifs de l'arrêté attaqué que le préfet de la Loire-Atlantique, pour justifier sa décision de désigner la Guinée comme pays de destination, a considéré que M. A n'établissait pas que sa vie ou sa liberté soient menacées dans son pays d'origine ou qu'il y soit exposé à des peines ou traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans la mesure où l'intéressé n'a jamais souhaité demander l'asile en France et n'a produit aucun élément qui justifierait d'un risque en cas de retour dans son pays d'origine. Il ne ressort pas de cette motivation que le préfet se serait borné à constater l'absence de dépôt par le requérant d'une demande d'asile et n'aurait pas vérifié, à partir des éléments produits par l'intéressé, si son renvoi dans son pays d'origine risquait de l'exposer à des traitements prohibés par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dans sa requête, M. A ne produit pas davantage d'éléments en ce sens. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet se serait abstenu d'examiner la situation du requérant au regard des dispositions, citées au point précédent, de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
15. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 22 juin 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction et tendant à l'application de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
16. D'une part, le rejet des conclusions à fin d'annulation présentées par M. A entraîne, par voie de conséquence, celui des conclusions à fin d'injonction y afférentes.
17. D'autre part, les dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que la somme demandée au profit de son conseil par M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Louise Guilbaud.
Délibéré après l'audience du 13 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. David Labouysse, premier conseiller,
Mme Justine-Kozue Kubota, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 avril 2024.
Le président-rapporteur,
L. MARTIN
L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
D. LABOUYSSELa greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. Malingre
gf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026