vendredi 21 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2212762 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DELALANDE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 29 septembre 2022 et le 27 décembre 2022, l'association syndicale autorisée de l'avenue de l'horticulture, l'association Mouvement national de lutte pour l'environnement Pays-de-la-Loire naturellement, M. N O et Mme H F, M. K Q et Mme C D, M. A J et Mme M I ainsi que M. G P, représentés par Me Delalande, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 août 2022 par lequel la maire de Nantes a délivré à la société Plateau des Gohards, la société CIF Gohards, la société ADI Gohards et Nantes Métropole Habitat un permis de construire portant division pour la construction de bâtiments collectifs de 204 logements et d'un parking silo ainsi que des locaux et équipements communs sur un terrain sis 294 route de Sainte-Luce à Nantes, modifié par un arrêté du 23 mai 2023 portant permis de construire modificatif ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Nantes une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
-il méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme relatif aux accès des engins d'incendie et des risques d'inondations ;
-il est intervenu à l'issue d'une procédure irrégulière, faute d'avoir été précédé d'une étude d'impact en méconnaissance de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme ;
- le projet méconnaît les dispositions de l'article B.4.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain de Nantes Métropole relatives aux bornes de rechargement des véhicules électriques ;
- il méconnaît les dispositions de l'article B.1.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain de Nantes Métropole relatives aux distances entre les constructions nouvelles et les limites séparatives ;
- il méconnaît les dispositions des articles C.1.1 et C.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain de Nantes Métropole relatif aux voies d'accès ;
- il méconnaît les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain de Nantes Métropole relatives aux espaces paysagers à protéger et celles qui sont relatives à la protection des zones humides ;
-l'arrêté attaqué est illégal en ce que le plan local d'urbanisme métropolitain de Nantes Métropole n'identifie pas sur le terrain d'assiette du projet d'espace paysager à protéger, en tant qu'il classe le terrain d'assiette du projet en zone UMb et en tant que les documents du PLUm sont incohérents s'agissant de la préservation des biotopes et de la biocénose ainsi que de la préservation de l'agriculture maraîchère ;
- le projet est incompatible avec l'orientation d'aménagement et de programmation du plan local d'urbanisme métropolitain de Nantes Métropole sectionnelle relative au secteur Doulon-Gohards, s'agissant de la mixité fonctionnelle comme de la protection de l'environnement et des zones humides.
Par un mémoire en intervention, enregistré le 4 janvier 2023, l'association " Sauvons les Gohards ", représentée par Me Delalande, demande que le tribunal fasse droit aux conclusions de la requête n°2212762.
Elle se réfère aux moyens exposés par les requérants.
Par un mémoire enregistré le 4 janvier 2023, M. G P, représenté par Me Delalande, demande au tribunal de lui donner acte du désistement de sa requête.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 8 novembre 2022 et le 25 janvier 2023, la commune de Nantes, représentée par Me Vic, conclut au rejet de la requête et à ce qu'un somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, en l'absence d'intérêt à agir des requérants ;
- les associations requérantes ne justifient pas de la qualité à agir de leurs présidents ;
- l'association syndicale ne justifie pas de sa capacité à agir en justice ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par des mémoires enregistrés le 25 octobre 2022 et le 2 juin 2023, la société Plateau des Gohards, la société Cif Gohards, Nantes Métropole Habitat et la société ADI Gohards, représentées par Me Leraisnable, concluent au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 6 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête est irrecevable, en l'absence d'intérêt à agir des requérants ;
- les associations requérantes ne justifient pas de l'intérêt à agir de leurs présidents ;
- la requête est irrecevable en raison du non-respect des formalités de notification prévues à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- l'intervention est irrecevable, faute d'être présentée par mémoire distinct, en l'absence d'intérêt à agir de l'association intervenante et de qualité à agir de sa présidente ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un courrier du 19 juin 2023, les parties ont été informées de ce que le tribunal était susceptible de retenir les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article B.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain de Nantes Métropole relatives à la protection des zones humides, et de surseoir à statuer sur la requête dans l'attente de la régularisation éventuelle de ce vice, sur le fondement des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire enregistré le 22 juin 2023, la société Plateau des Gohards, la société Cif Gohards, Nantes Métropole Habitat et la société ADI Dohards, représentées par Me Leraisnable, concluent aux mêmes fins que leurs précédentes écritures.
Ils font valoir que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article B.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain de Nantes Métropole n'est pas fondé.
Par un mémoire, enregistré le 22 juin 2023, la commune de Nantes, représentée par Me Vic, conclut aux mêmes fins que ses précédentes écritures
Elle fait valoir que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article B.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain de Nantes Métropole n'est pas fondé.
Par un mémoire enregistré le 23 juin 2023, les requérants, représentés par Me Delalande, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 août 2022 par lequel la maire de Nantes a délivré à la société Plateau des Gohards, la société CIF Gohards, la société ADI Gohards et Nantes Métropole Habitat un permis de construire portant division pour la construction de bâtiments collectifs de 204 logements et d'un parking silo ainsi que des locaux et équipements communs sur un terrain sis 294 route de Sainte-Luce à Nantes, modifié par un arrêté du 23 mai 2023 portant permis de construire modificatif ;
2°) d'enjoindre à la commune de Nantes de produire l'entier dossier de demande de permis de construire ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Nantes une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils reprennent les mêmes moyens et font également valoir que l'étude d'impact est insuffisante, en ce qui concerne l'état initial de l'environnement et les incidences du projet, s'agissant en particulier de la disponibilité de la ressource en eau potable, de la qualité de l'air, du bruit, le phénomène d'îlot de chaleur urbain, de la lutte contre le changement climatique et l'adaptation à ce changement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Thomas, première conseillère.
- les conclusions de M. Sarda, rapporteur public,
- les observations de Me Delalande, avocat des requérants,
- les observations de Me Vic, avocat de la commune de Nantes,
- et les observations de Me Leraisnable, avocat de la société Plateau des Gohards, la société Cif Gohards, Nantes Métropole Habitat et la société ADI Gohards.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 11 août 2022 modifié par un arrêté du 23 mai 2023 portant permis de construire modificatif, la maire de Nantes a délivré à la société Plateau des Gohards, la société CIF Gohards, la société ADI Gohards et l'office public de l'habitat Nantes Métropole Habitat un permis de construire valant division pour la construction de bâtiments collectifs de 204 logements et d'un parking silo ainsi que des locaux et équipements communs, correspondant à la première phase d'aménagement du fragment Nord de la zone d'aménagement concerté Doulon-Gohards, pour une surface de plancher créée totale de 14 841,4 m2 , sur les parcelles cadastrées section AT n°s 334, 361, 523 et 524, d'une contenance ensemble de 17 432 m2, situées 294 route de Sainte-Luce à Nantes, classées dans les secteurs UMb ou UMc de la zone urbaine UM du plan local d'urbanisme intercommunal de Nantes Métropole (PLUm) et dans le périmètre de l'orientation d'aménagement et de programmation sectorielle " Doulon-Gohards " de ce plan. Les requérants demandent au tribunal l'annulation de ce permis de construire du 11 août 2022 modifié par le permis de construire modificatif du 23 mai 2023.
Sur le désistement des conclusions de M. P :
2. Le désistement de M. G P est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur l'intervention de l'association " Sauvons les Gohards " :
3. En premier lieu, contrairement à ce qui est soutenu en défense, l'article L. 600-1-1 du code de l'urbanisme n'est pas applicable à l'intervention d'une association au soutien d'une requête en annulation d'une autorisation d'urbanisme.
4. En deuxième lieu, contrairement à ce qui est soutenu en défense, l'intervention de l'association " Sauvons Les Gohards " a été présentée par un mémoire distinct qui est suffisamment motivé.
5. En troisième lieu, en l'absence, dans les statuts d'une association ou d'un syndicat, de stipulation réservant expressément à un autre organe la capacité de décider de former une action devant le juge administratif, celle-ci est régulièrement engagée par l'organe tenant des mêmes statuts le pouvoir de représenter cette association ou ce syndicat en justice.
6. Aux termes des stipulations de l'article 8 des statuts de l'association " Sauvons les Gohards " : " Une coordination générale composée de quatre membres au minimum. La coordination est composée des membres actifs de l'association, c'est-à-dire celles et ceux qui portent une mission pour le compte de l'association. L'entrée à la coordination générale se fait par cooptation suivant le principe d'admission des personnes qui agissent. () La coordination générale a compétence pour tous les actes d'administration de l'association et notamment : () décider d'ester devant les juridictions et mandater à cette fin le président ou tout adhérent de l'association jouissant du plein exercice de ses droits civils ". Il ressort des pièces du dossier que, par une délibération du 3 janvier 2023, la coordination générale de l'association " Sauvons les Gohards " a confié à ses coprésidents un mandat à l'effet d'intervenir au soutien de la requête. Il en résulte que les fins de non-recevoir tirées de l'irrecevabilité de cette intervention doivent être écartées.
7. Eu égard à la nature et à l'objet du litige, l'association " Sauvons les Gohards " justifie d'un intérêt suffisant pour intervenir au soutien de la requête. Dès lors, il y a lieu d'admettre cette intervention.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la compétence du signataire de l'arrêté attaqué :
8. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté de la maire de Nantes du 11 juillet 2022, dont les mentions attestent du caractère exécutoire, M. B L a reçu délégation de fonction et de signature afin de remplacer temporairement M. Thomas E, 11ème adjoint au maire, qui par un arrêté de la maire de Nantes du 17 juillet 2020, a reçu délégation, en matière d'urbanisme et de projet urbain, à l'effet en particulier de signer tous arrêtés, courriers, décisions, actes, mesures, documents, contrats, conventions et avenants en matière d'urbanisme. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué du 11 août 2022 doit être écarté.
En ce qui concerne la production d'une étude d'impact :
9. D'une part, aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme: " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : / a) Lorsqu'elles sont exigées au titre du permis de construire auquel est soumis le projet figurant dans l'énumération du tableau annexé à l'article R. 122-2 du code de l'environnement, l'étude d'impact ou la décision de l'autorité administrative de l'Etat compétente en matière d'environnement dispensant le demandeur de réaliser une étude d'impact ; / () ". L'article R. 122-2 du code de l'environnement dresse la liste des travaux, ouvrages ou aménagements soumis à une étude d'impact, notamment lorsqu'ils sont subordonnés à la délivrance d'un permis de construire. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que l'obligation de joindre l'étude d'impact au dossier de demande de permis de construire prévue par l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme concerne les cas où l'étude d'impact est exigée en vertu des dispositions du code de l'environnement pour des projets soumis à autorisation en application du code de l'urbanisme.
10. Aux termes de l'article R. 122-5 du code de l'environnement : " I. - Le contenu de l'étude d'impact est proportionné à la sensibilité environnementale de la zone susceptible d'être affectée par le projet, à l'importance et la nature des travaux, installations, ouvrages, ou autres interventions dans le milieu naturel ou le paysage projetés et à leurs incidences prévisibles sur l'environnement ou la santé humaine. / II. - En application du 2° du II de l'article L. 122-3, l'étude d'impact comporte les éléments suivants, en fonction des caractéristiques spécifiques du projet et du type d'incidences sur l'environnement qu'il est susceptible de produire : / () / 2° Une description du projet, y compris en particulier : / () / 3° Une description des aspects pertinents de l'état initial de l'environnement, et de leur évolution en cas de mise en œuvre du projet ainsi qu'un aperçu de l'évolution probable de l'environnement en l'absence de mise en œuvre du projet, dans la mesure où les changements naturels par rapport à l'état initial de l'environnement peuvent être évalués moyennant un effort raisonnable sur la base des informations environnementales et des connaissances scientifiques disponibles ; /4° Une description des facteurs mentionnés au III de l'article L. 122-1 susceptibles d'être affectés de manière notable par le projet : la population, la santé humaine, la biodiversité, les terres, le sol, l'eau, l'air, le climat, les biens matériels, le patrimoine culturel, y compris les aspects architecturaux et archéologiques, et le paysage ; / 5° Une description des incidences notables que le projet est susceptible d'avoir sur l'environnement résultant, entre autres : / () / b) De l'utilisation des ressources naturelles, en particulier les terres, le sol, l'eau et la biodiversité, en tenant compte, dans la mesure du possible, de la disponibilité durable de ces ressources ; / () ".
11. Les inexactitudes, omissions ou insuffisances d'une étude d'impact ne sont susceptibles de vicier la procédure et donc d'entraîner l'illégalité de la décision prise au vu de cette étude que si elles ont pu avoir pour effet de nuire à l'information complète de la population ou si elles ont été de nature à exercer une influence sur la décision de l'autorité administrative.
12. D'autre part, lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.
13. Si le projet en cause, en application du point 39 du tableau annexé à l'article R. 122-2 du code de l'environnement, était soumis à la présentation d'une étude d'impact, il ressort des pièces du dossier qu'une telle étude d'impact a été jointe au dossier de permis de construire modificatif. Cette étude a été soumise à une enquête publique, à l'issue de laquelle le permis de construire modificatif a été délivré le 23 mai 2023. Compte tenu de la délivrance de ce permis de construire modificatif, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.
14. Il ressort des pièces du dossier que l'étude d'impact comporte des indications suffisamment précises et exhaustives sur l'état initial de l'environnement aux abords du site et les incidences du projet, en particulier s'agissant de la qualité des eaux et de la disponibilité de la ressource en eau, ainsi que la description de mesures prévues pour éviter, réduire ou compenser ces incidences. Si l'étude d'impact ne comporte pas de développements spécifiques sur les incidences propres aux constructions faisant l'objet du permis de construire litigieux, en matière d'impact sonore, de pollution de l'air et de contribution à un phénomène d'îlot de chaleur urbain, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet serait susceptible d'accroître les risques naturels qui y seraient liés d'une ampleur telle qu'ils auraient nécessités d'être étayés dans l'étude d'impact, les requérants ne se prévalant du reste d'aucune réglementation spécifique qui serait susceptible d'être méconnue. Dans ces conditions, l'absence de développements dans l'étude d'impact sur ces éléments n'est pas dans les circonstances de l'espèce de nature à avoir nui à l'information complète du public ou d'avoir eu une influence sur le sens de la décision de l'autorité administrative. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de l'étude d'impact doit être écarté.
En ce qui concerne l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :
15. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
16. Il ressort d'une part, des pièces du dossier de permis de construire que l'ensemble des bâtiments seront accessibles aux services de secours et d'incendie, y compris les constructions sur les lots n°6, n°8 et n°12, qui bordent à son extrémité sud-est une voie publique nouvelle, quand bien même certains d'entre eux ne sont desservis que par des accès piétons, le service départemental d'incendie et de sécurité ayant émis le 28 mars 2022 un avis favorable avec des prescriptions dont est assorti le permis de construire contesté du 11 août 2022. D'autre part, s'agissant du risque d'inondation, le terrain d'assiette du projet n'est pas inclus dans une zone à risques identifiée par le plan de prévention des risques d'inondations Loire-Aval et seuls les lots 3, 7 à 9 et 12 sont situés dans la zone de précaution ou d'aléa faible des risques d'inondation par ruissellement identifiée par le PLUm. Il ressort néanmoins des pièces du dossier, notamment des schémas et de la notice hydraulique, que sont prévus le rehaussement des plateformes des bâtiments de 20 cm par rapport au niveau du terrain naturel, la construction d'ouvrages de rétention ainsi que la limitation de l'imperméabilisation des cheminements. Il ne ressort pas des pièces du dossier que ces mesures seraient insuffisantes, y compris en cas d'événements exceptionnels, eu égard aux recommandations du PLUm relatives à cette zone de précaution figurant dans l'orientation d'aménagement et de programmation " Trame Verte, Bleue et paysage ". Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance des dispositions du plan local d'urbanisme métropolitain de Nantes Métropole :
17. En premier lieu, si les requérants soutiennent que les dispositions de l'article B. 4.1.1 du règlement du PLUm seraient méconnues, au motif que le projet ne prévoirait pas d'espaces dédiés au stationnement prééquipés pour la recharge de véhicules électriques, la notice descriptive fait mention de tels équipements. Par suite, le moyen manque en fait.
18. En deuxième lieu, aux termes du lexique du PLUm, " la limite séparative est constituée par les limites du terrain d'assiette du projet avec un autre terrain ne constituant pas une emprise publique ou une voie ". Aux termes de l'article B.1.1.1 du règlement applicable au secteur UMb : " sauf indication contraire figurant au règlement graphique, l'implantation des constructions n'est pas réglementée ".
19. Il ressort des pièces du dossier que le lot n°1 du projet est bordé à l'est par les espaces communs de la zone d'aménagement concerté de Doulon-Gohards et au nord par une emprise publique ouverte au public. Par suite, la limite du terrain d'assiette à l'est et au nord de ces lots ne constitue pas une limite séparative au sens des dispositions précitées du PLUm. Par suite, les requérants ne peuvent utilement à se prévaloir des dispositions de l'article B.1.1.2 relatives à l'implantation des bâtiments par rapport aux limites séparatives pour contester l'implantation du bâtiment du lot n°1.
20. En troisième lieu, aux termes de l'article C.1.1 du règlement du PLUm applicable à toutes les zones : " Toute voie nouvelle doit présenter les caractéristiques suivantes : () Lorsque la voie nouvelle est exclusivement réservée aux piétons et / ou vélos, elle doit présenter une largeur minimale de 3 mètres en tout point ". Aux termes de l'article C.1.2 du règlement du PLUm : " Les parcelles doivent être desservies par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à l'importance du projet ou à la destination des constructions et des aménagements envisagés. () Dans tous les cas, la largeur d'un accès ne peut être inférieure à 3 mètres ". Aux termes du lexique du règlement du PLUm, l'accès " est un des éléments de la desserte d'une unité foncière formant jonction avec une voie ouverte à la circulation publique, que cette voie soit publique ou privée ". Ce lexique définit également la voie comme une " emprise publique ou privée ouverte à la circulation publique quel que soit le mode d'utilisation (piétons, deux roues, véhicules automobiles particuliers, transports de voyageurs et de marchandises, etc) ainsi que les espaces qui les accompagnent (stationnement, espaces végétalisés paysagers, fossés et noues) "
21. Il ressort de la définition du lexique du règlement du PLUm que les dispositions de l'article C.1.2 de ce règlement s'appliquent aux voies de desserte des parcelles et non aux cheminements internes de circulation piétonne et cycliste au sein du terrain d'assiette du projet, de sorte que les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de ce que ces dispositions seraient méconnues. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que les voies réservées aux piétons et cyclistes présenteraient une largeur inférieure à 3 mètres après prise en compte, comme le précise le lexique du PLUm, des espaces paysagers et végétalisés qui les accompagnent. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des articles C.1.1 et C.1.2 du PLUm doivent être écartés.
22. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et délimiter les sites et secteurs à protéger pour des motifs d'ordre écologique, notamment pour la préservation, le maintien ou la remise en état des continuités écologiques et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation. () ".
23. Aux termes de l'article B.2.2 du règlement du PLUm intitulé " Outils graphiques de protection du patrimoine non bâti " : " Les constructions, aménagements et travaux réalisés en limite des éléments de paysage, sites et secteurs à protéger identifiés au règlement graphique pour des motifs d'ordre écologique et/ou paysager doivent être conçus pour garantir la préservation des ensembles paysagers et des fonctionnalités écologiques. / () / Espace paysager à protéger (EPP) : Élément tel que haie, zone humide, cœur d'îlot, boisement ou ensemble paysager à protéger pour des motifs d'ordre écologique et/ou paysager, notamment pour favoriser la sauvegarde de son intérêt urbain, paysager et environnemental. / Dans le cas où un terrain est concerné par un Espace Paysager à Protéger identifié au règlement graphique, les constructions, ouvrages et travaux sont autorisés à condition qu'ils ne soient pas de nature à porter atteinte à l'intégrité de cet Espace Paysager à Protéger. / Plus précisément, concernant les zones humides ou les fossés : les constructions, ouvrages et travaux sont autorisés à condition qu'ils ne soient pas de nature à porter atteinte à l'intégrité de cette zone humide ou de ce fossé, tant en termes de préservation des milieux que de fonctionnement hydraulique ".
24. Il ressort des pièces du dossier et notamment du règlement graphique du PLUm, qu'aucun espace paysager à protéger au titre d'une zone humide n'est délimité sur le terrain d'assiette du projet en application de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme. Par suite, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des dispositions de l'article B.2.2. précité du PLUm relatif à la protection de tels espaces. Si les requérants entendent se prévaloir de la méconnaissance de dispositions du PLUm relatives à la protection de zones humides, ils ne se prévalent pas d'autres dispositions que celles de l'article B.2.2 précité du règlement de ce plan qui n'est applicable qu'aux espaces paysagers à protéger, notamment au titre de zones humides, identifiés par le règlement graphique de ce PLUm. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance par le projet des dispositions de l'article B.2.2 relatives à la protection des zones humides comme des espaces paysagers à protéger ne peut qu'être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne le moyen tiré par voie d'exception de l'illégalité du plan local d'urbanisme de Nantes Métropole :
25. Aux termes de l'article L. 600-12-1 du code de l'urbanisme : " L'annulation ou la déclaration d'illégalité d'un schéma de cohérence territoriale, d'un plan local d'urbanisme, d'un document d'urbanisme en tenant lieu ou d'une carte communale sont par elles-mêmes sans incidence sur les décisions relatives à l'utilisation du sol ou à l'occupation des sols régies par le présent code délivrées antérieurement à leur prononcé dès lors que ces annulations ou déclarations d'illégalité reposent sur un motif étranger aux règles d'urbanisme applicables au projet () ". Lorsqu'un motif d'illégalité non étranger aux règles d'urbanisme applicables au projet est susceptible de conduire à remettre en vigueur tout ou partie du document local d'urbanisme immédiatement antérieur, le moyen tiré de l'exception d'illégalité du document local d'urbanisme à l'appui d'un recours en annulation d'une autorisation d'urbanisme ne peut être utilement soulevé que si le requérant soutient également que cette autorisation méconnaît les dispositions pertinentes ainsi remises en vigueur.
26. Si les requérants se prévalent de ce que le permis de construire attaqué serait illégal en raison de l'illégalité du PLUm en tant qu'il classe l'essentiel du terrain d'assiette en zone UMb, et en raison de l'incohérence de ses documents s'agissant de la préservation des biotopes et de la biocénose ainsi que de la préservation de l'agriculture maraîchère, ils n'identifient pas les dispositions d'urbanisme pertinentes remises en vigueur par l'effet de cette déclaration d'illégalité que méconnaîtrait ce permis de construire. Si les requérants font valoir que le permis de construire attaqué serait illégal en raison de l'illégalité du PLUm en tant qu'il n'identifie pas sur le terrain d'assiette du projet d'espace paysager à protéger au titre d'une zone humide, ils ne sont pas fondés à soutenir que cette illégalité aurait pour effet de remettre en vigueur les dispositions du PLUm actuellement en vigueur relatives à la protection de tels espaces qui ne peuvent pas trouver à s'appliquer de plein droit au terrain d'assiette du projet, au seul regard de résultats de sondages pédologiques. Ainsi, faute pour les requérants d'identifier les dispositions pertinentes qui seraient remises en vigueur en cas de déclaration d'illégalité du PLUm, le moyen tiré de l'illégalité, par la voie de l'exception, de ce plan doit être écarté comme inopérant en toutes ses branches.
En ce qui concerne la compatibilité avec l'orientation d'aménagement et de programmation sectorielle " Doulon-Gohards " :
27. Aux termes de l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. / Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation. ".
28. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet se situe dans le périmètre du secteur nord " Fragment 7 " de l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) sectorielle relative au secteur Doulon-Gohards, couvrant une superficie totale de 180 hectares et portant sur environ 2 700 logements. D'une part, cette OAP prévoit sur ce secteur la réalisation de " programmes mixtes avec un objectif de variation des hauteurs, notamment pour permettre une transition avec le secteur pavillonnaire situé à proximité tout en s'inscrivant dans l'environnement du ruisseau des Gohards " ainsi que la réalisation " d'équipements associatifs ". Le projet contesté prévoit la création de bâtiments d'une hauteur variant entre R+1 à R+5, de façon à créer une transition avec l'habitat pavillonnaire existant pour un total de 204 logements dont uniquement 92 en accession libre, ainsi que la réalisation d'un certain nombre d'équipements communs. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué serait incompatible avec les dispositions de l'OAP sectorielle Doulon-Gohards en matière de mixité fonctionnelle.
29. D'autre part, cette OAP fixe également comme principe d'aménagement de " garantir la qualité environnementale ", en veillant à " construire le projet avec les ressources du paysage et en s'appuyant sur les qualités naturelles du site pour contribuer au développement de l'Étoile verte métropolitaine et conforter la trame verte et bleue " et à " protéger les zones humides et restaurer le fonctionnement hydraulique de certains secteur ". Il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire que le projet prévoit l'organisation de cheminements piétonniers et cyclistes à l'intérieur du site, notamment le long d'un axe nord-sud planté d'arbres fruitiers, des espaces de vergers et de jardins partagés, une placette placée, ainsi que des taillis plantés d'arbres de haute tige. Le projet est ainsi compatible avec les mentions de l'OAP relative à la qualité paysagère du secteur. En outre, alors qu'il ressort des pièces du dossier que l'ensemble des espaces paysagers à protéger identifiés au titre des zones humides délimités dans le règlement graphique du PLUm sur le secteur couvert par l'OAP sont préservés, le projet est compatible avec les dispositions précitées de cette OAP relatives à la qualité environnementale et en particulier les dispositions de celles-ci relatives à la protection des zones humides.
30. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de diligenter une mesure d'instruction supplémentaire, ni de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation du permis de construire attaqué du 12 août 2022 modifié par l'arrêté du 23 mai 2023 portant permis de construire modificatif.
Sur les frais liés au litige :
31. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Nantes, qui n'a pas, dans la présente instance, la qualité de partie perdante, la somme que les requérants demandent au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge des requérants une somme à verser aux défendeurs à ce même titre.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de M. G P.
Article 2 : L'intervention de l'association " Sauvons les Gohards " est admise.
Article 3 : La requête de l'association syndicale autorisée de l'avenue de l'horticulture et autres est rejetée.
Article 4 : Les conclusions de la commune de Nantes et de la société Plateau des Gohards et autres présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à l'association syndicale autorisée de l'avenue de l'horticulture, désignée représentante unique, à la SAS Plateau des Gohards, désignée représentante unique, et à la commune de Nantes.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Iselin, président du tribunal,
Mme Thomas, première conseillère,
Mme Milin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2023.
La rapporteure,
S. THOMAS
Le président,
B. ISELINLa greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026