vendredi 21 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2212935 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | AVOCATS CONSEILS REUNIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 3, 6 et 18 octobre 2022, Mme A B, représentée par Me Raimbault, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 29 août 2022 par laquelle la présidente du conseil départemental de Maine-et-Loire a suspendu son agrément d'assistante familiale pour une durée maximale de quatre mois ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée a pour effet de l'empêcher d'exercer son activité professionnelle d'assistante familiale, de sorte qu'elle passe d'une rémunération mensuelle d'environ 5 000 euros à moins de 1 000 euros, alors qu'elle doit continuer à assurer ses charges quotidiennes s'élevant à plus de 1 800 euros et que le salaire de son conjoint, de 1 644 euros par mois, est insuffisant ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est insuffisamment motivée, notamment en fait dès lors que la simple mention " d'évènement préoccupants " étant trop générale et évasive ;
* elle est entachée d'une inexactitude matérielle des faits dès lors que les risques relatifs à la sécurité des enfants ne sont, dans l'attente des résultats de l'enquête judiciaire, étayés par aucun élément du dossier administratif, alors que le département ne démontre pas avoir accompli les diligences nécessaires pour rechercher les éléments de nature à établir la réalité d'un tel risque.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 octobre 2022, le département de Maine-et-Loire, représenté par Me Buffet, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite : lorsqu'un agrément d'assistant familial est suspendu, le contrat de travail qui lie l'assistant familial au département continue à produire ses effets, notamment en termes de rémunération, conformément à l'article D. 423-3 du Code de l'action sociale et des familles, de sorte que, contrairement à ce que soutient Madame B, le montant de sa rémunération depuis la suspension de son agrément n'est pas réduit à 1 000 euros par mois mais reste aux alentours de 2 500 à 3 000 euros, la différence de rémunération résultant du non remboursement des frais d'entretien des enfants et des trajets effectués pour leurs besoins ;
- aucun des moyens soulevés par Mme B, n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 3 octobre 2022 sous le numéro 2212938 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Le Barbier, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 18 octobre 2022 à 10 heures 30 :
- le rapport de Mme Le Barbier, juge des référés,
- les observations de Me Raimbault, avocat de Mme B ;
- et les observations de M. C, élève-avocat, en présence de Me Cavelier, substituant Me Buffet, représentant le département de Maine-et-Loire.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B s'est vu délivré un agrément pour exercer les fonctions d'assistante familiale le 10 octobre 2016, agrément renouvelé le 9 février 2021. Par la présente requête, Mme B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de ladite décision du 29 août 2022 par laquelle la présidente du conseil départemental a suspendu son agrément.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Pour justifier l'urgence à suspendre l'exécution de la décision du 29 août 2022 par laquelle la présidente du conseil départemental de Maine-et-Loire a suspendu son agrément d'assistante familiale pour une durée maximale de quatre mois, Mme B soutient que cette décision a pour effet de l'empêcher d'exercer son activité professionnelle d'assistante familiale, de sorte qu'elle passe d'une rémunération mensuelle d'environ 5 000 euros à moins de 1 000 euros, alors qu'elle doit continuer à assurer ses charges quotidiennes s'élevant à plus de 1 800 euros et que le salaire de son conjoint, de 1 644 euros par mois, est insuffisant. Toutefois, d'une part, la requérante n'établit pas par les pièces qu'elle produit la réalité des difficultés financières auxquelles elle serait confrontée du fait de la décision litigieuse. D'une part, la condition d'urgence doit s'apprécier objectivement et globalement, notamment au regard de l'exigence impérieuse de protection de la santé et de la sécurité des enfants mineurs accueillis. Dans ces conditions au regard de l'ensemble des intérêts et eu égard à la nature et à la gravité des faits objets des enquêtes administrative et pénale en cours, la condition d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie au vu des éléments produits à l'appui de la présente requête.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'apprécier l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B ainsi qu'à la présidente du conseil départemental de Maine-et-Loire.
Fait à Nantes, le 21 octobre 2022.
La juge des référés,
M. D
La greffière,
M-C. MinardLa République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026