LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2213538

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2213538

vendredi 3 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2213538
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantBOEZEC CARON BOUCHE AVOCATS ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 octobre 2022, M. A B, représenté par Me Franck Boezec, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions, opposées par un arrêté du préfet de la Loire-Atlantique pris le 16 septembre 2022, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant son pays de renvoi en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, à défaut, de prendre, dans le délai d'un mois, une nouvelle décision après un nouvel examen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté formalisant chacune des décisions attaquées a été signé par une autorité qui n'était pas habilitée à cette fin ;

- ces décisions méconnaissent les articles R. 425-11 et R. 425-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le refus de séjour procède d'un défaut d'examen suffisant de la situation et n'est pas suffisamment motivé ;

- il est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dans la mise en œuvre de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le refus de séjour méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'illégalité du refus de séjour prive de base légale l'obligation de quitter le territoire français, laquelle procède d'un défaut d'examen de sa situation ;

- l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de renvoi méconnaissent l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mars 2023, le préfet de la Loire-Atlantique demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par M. B.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été fixée par ordonnance au 8 mars 2023 à 12h00.

Des pièces, présentées pour M. B, ont été enregistrées le 26 septembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 ;

- l'arrêté de la ministre des affaires sociales et de la santé et du ministre de l'intérieur du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 27 septembre 2023 à partir de 9h20 :

- le rapport de M. E,

- et les observations de Me Boezec, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B est un ressortissant de nationalité ivoirienne qui est né le 25 décembre 1985. Il est entré en France le 17 février 2020. Il a saisi le préfet de la Loire-Atlantique d'une demande tendant à la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" en invoquant des raisons de santé. Ce titre de séjour lui a été délivré pour la période du 29 avril 2021 au 28 janvier 2022. Il en a sollicité le renouvellement mais, par un arrêté du 16 septembre 2022, le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté cette demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement. M. B demande au tribunal l'annulation de ces décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation du refus de séjour :

2. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. (). / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ".

3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () le titre de séjour est délivré par le préfet du département dans lequel l'étranger a sa résidence () ". Selon l'article 43 du décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et départements : " Le préfet de département peut donner délégation de signature () 7° Aux agents en fonction dans les préfectures, pour les matières relevant des attributions du ministre de l'intérieur () ".

4. L'arrêté du 16 septembre 2022 a été signé, non pas par le préfet de la Loire-Atlantique, mais "pour le préfet" par Mme D C en qualité de directrice des migrations et de l'intégration au sein de la préfecture de ce département. Cette dernière bénéficiait, par arrêté de ce préfet, pris le 5 septembre 2022 et publié le même jour au recueil des actes administratifs de ce département, d'une délégation à l'effet de signer les arrêtés formalisant les décisions relatives au séjour. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'habilitation de la signataire du refus de séjour en litige doit être écarté.

5. En deuxième lieu, en vertu des dispositions combinées des articles L. 425-9, R. 425-11 et R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'autorité préfectorale apprécie s'il y a lieu de délivrer la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" au regard d'un avis d'un collège de médecins à compétence nationale du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), lequel doit être notamment émis sur la base d'un rapport établi par un autre médecin de l'OFII.

6. Si le requérant soutient que "le préfet de la Loire-Atlantique aurait dû joindre le rapport à la procédure et ne peut se contenter de s'y référer, faute de quoi il n'est pas possible de s'assurer du respect de la procédure prévue" par les articles R. 425-11 et R. 425-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, aucune de ces dispositions, ni aucune autre disposition n'impose cependant à l'autorité préfectorale de produire le rapport transmis au collège. Le préfet de la Loire-Atlantique a joint à son mémoire en défense l'avis du collège de médecins de l'OFII émis sur l'état de santé de M. B ainsi que le bordereau justifiant de la transmission à ce collège du rapport établi par un autre médecin de l'OFII. Le requérant n'a pas répliqué pour préciser quelles règles de procédure inscrites au sein des articles R. 425-11 et R. 425-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile auraient été méconnues en l'espèce. Par suite, les moyens mettant en cause la régularité de la procédure de consultation du collège de médecins de l'OFII doivent être écartés.

7. En troisième lieu, en vertu des dispositions combinées des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, qui constitue une mesure de police, doit être motivée c'est à dire qu'elle doit comporter l'énoncé, non pas de l'ensemble des éléments soumis à l'examen de l'autorité ayant pris cette décision, mais uniquement des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. La circonstance que ces considérations seraient entachées d'illégalité est, eu égard à la finalité de l'obligation de motivation, sans incidence dans l'appréciation du respect de cette exigence.

8. Il ressort de la lecture de l'arrêté du préfet de la Loire-Atlantique du 16 septembre 2022 qu'il se réfère aux dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précisant les conditions de délivrance d'une carte de séjour temporaire pour raisons de santé et qu'il indique celle de ces conditions dont l'autorité préfectorale a estimé qu'elle n'était pas satisfaite en l'espèce. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation du refus de séjour doit être écarté.

9. En quatrième lieu, il ne ressort pas de la motivation de l'arrêté du préfet de la Loire-Atlantique du 16 septembre 2022 que la situation de M. B n'aurait pas été examinée de manière suffisante. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen suffisant de cette situation ne peut qu'être écarté.

10. En cinquième lieu, pour rejeter la demande présentée par M. B, le préfet de la Loire-Atlantique a estimé que si l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir, pour lui, des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il peut, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé en Côte d'Ivoire, y bénéficier effectivement d'un traitement approprié.

11. Pour déterminer si un ressortissant étranger peut bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire d'un traitement médical approprié, au sens des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il convient de s'assurer, eu égard à la pathologie de l'intéressé, de l'existence d'un tel traitement et de sa disponibilité dans des conditions permettant d'y avoir accès. Contrairement à ce que soutient le requérant, il n'appartient pas à l'autorité préfectorale, même dans l'hypothèse où la décision attaquée est un refus de renouveler un titre de séjour pour raisons de santé, d'apporter la preuve qu'il pourrait bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Le juge doit forger sa conviction au regard de l'ensemble des éléments versés au dossier et il peut écarter des allégations du requérant qui seraient insuffisamment étayées.

12. Pour opposer le motif précisé au point 9, le préfet de la Loire-Atlantique s'est notamment appuyé sur l'avis que le collège de médecins de l'OFII a rendu le 16 mars 2022. Pour émettre cet avis, ce collège s'est fondé en particulier, ainsi que cela résulte des dispositions des articles R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 3 de l'arrêté du 5 janvier 2017 visé ci-dessus, sur un rapport médical d'un médecin instructeur de l'OFII établi à partir d'un certificat médical délivré par un médecin ayant suivi l'intéressé. Il s'est fondé également sur des informations relatives aux possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine, mises à la disposition des médecins faisant partie du collège grâce à des outils d'aide à l'émission des avis et des références documentaires publiés au Journal Officiel de la République française, en annexe à l'arrêté du 5 janvier 2017. Cette annexe, également intitulée "bibliothèque d'information santé sur les pays d'origine", recense, le cas échéant avec leur adresse, les sites internet institutionnels et associatifs, français, étrangers et internationaux comportant des informations sur l'accès aux soins dans les pays d'origine des demandeurs de titres de séjour pour raison médicale, ainsi que ceux relatifs aux pathologies les plus fréquemment rencontrées. Reprise sous la rubrique "ressources documentaires internationales de santé" en accès libre sur le site internet de l'OFII, cette annexe doit être regardée comme ayant fait l'objet d'une diffusion publique.

13. Le requérant souffre d'une hépatite B chronique. Il indique que pour le traitement de cette pathologie il prend un médicament, le Tenofovir(r), sans toutefois produire la moindre ordonnance d'un médecin justifiant que ce médicament était prescrit à la date de la décision attaquée. S'il justifie faire l'objet d'un suivi au sein du service d'hépato-gastro-entérologie du Centre hospitalier universitaire de Nantes prenant la forme de rendez-vous pour des analyses sanguines, un tel suivi, compte tenu des conditions, rappelées au point précédent, dans lesquelles est émis l'avis des médecins de l'OFII et au regard des pièces produites en défense qui ne sont contredites par aucun autre document, doit être regardé comme pouvant être réalisé dans son pays d'origine. Si le requérant justifie par ailleurs être atteint d'un handicap moteur de ses membres inférieurs correspondant à des séquelles d'une poliomyélite déclarée dans l'enfance, il est seulement justifié d'un suivi de podo-appareillage, l'intéressé faisant valoir qu'il marche avec une canne et des chaussures thérapeutiques sur mesure. Au regard des conditions dans lesquelles est émis l'avis des médecins de l'OFII et alors qu'il ressort des pièces du dossier que des centres orthopédistes existent en Côte d'Ivoire, le seul suivi dont fait l'objet M. B, a raison des séquelles de sa poliomyélite, doit être également regardé comme pouvant être réalisé dans son pays d'origine. Il suit de là, et alors que le requérant ne peut utilement faire valoir le coût de sa prise en charge au titre de l'appréciation de l'existence et de la disponibilité des soins dans son pays d'origine, que le moyen tiré de ce que le motif opposé par le préfet de la Loire-Atlantique serait entaché d'erreur de droit ou d'erreur d'appréciation et que cette autorité aurait ainsi méconnu l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

14. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que, dans sa demande de titre de séjour, M. B aurait invoqué, outre l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le bénéfice de dispositions relatives à la délivrance de titres de séjour pour un motif familial ou bien, en cas de rejet de sa demande, l'existence d'une atteinte à sa vie privée et familiale. Par ailleurs, le préfet de la Loire-Atlantique s'est abstenu, comme cela lui était loisible de le faire, d'apprécier, au stade de l'examen de cette demande de titre de séjour, la situation de l'intéressé au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales relatif au droit au respect de la vie privée et familiale. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le refus de séjour opposé à M. B méconnaîtrait cet article ne peut être utilement invoqué pour contester la légalité de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français :

15. En premier lieu, l'article R. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que le préfet de département est compétent pour prononcer une obligation de quitter le territoire français.

16. La délégation de signature mentionnée au point 4 du présent jugement couvre également les décisions énonçant une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'obligation de quitter le territoire français opposée à M. B ne peut qu'être écarté.

17. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 6 et en tout état de cause, le moyen tiré de la méconnaissance des articles R. 425-11 et R. 425-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui est soulevé dans les mêmes termes que ceux développés pour contester le refus de séjour, doit être écarté.

18. En troisième lieu, il ressort de la motivation de l'arrêté formalisant l'obligation de quitter le territoire français prononcée à l'encontre de M. B que le préfet de la Loire-Atlantique ne s'est pas borné à relever que l'intéressé avait vu sa demande de titre de séjour rejetée, mais a apprécié les éléments de sa situation, en particulier au regard de son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré d'un défaut d'examen de cette situation ne peut qu'être écarté.

19. En quatrième lieu, l'ensemble des moyens critiquant la légalité du refus de séjour opposé au requérant ayant été écartés aux points 2 à 14, il n'est pas fondé à invoquer l'illégalité de cette décision pour obtenir l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français.

20. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 13, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.

21. En sixième lieu, une obligation de quitter le territoire français ne peut être légalement opposée si elle porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale et si elle méconnait ainsi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

22. M. B est célibataire et sans enfant. S'il fait état de la présence en France de son demi-frère chez qui il vit, ses parents résident en Côte d'Ivoire, pays dans lequel il a vécu jusqu'à l'âge de 34 ans avant d'entrer en France seulement deux ans et demi avant la décision attaquée. Dans ces conditions, quand bien même M. B a pu régulièrement travailler entre les mois de novembre de l'année 2021 et d'août de l'année 2022, mais seulement dans le cadre de l'exécution de contrats à durée déterminée à temps partiel, l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre ne peut être regardée comme portant une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale. Dès lors, cette décision ne méconnait pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de renvoi :

23. En premier lieu, pour le même motif que celui auquel se réfère le point 20 et en tout état de cause, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.

24. En second lieu, la décision fixant le pays de renvoi ne peut, au regard des éléments mentionnés au point 22 concernant en particulier la durée du séjour de M. B en Côte d'Ivoire et la présence de ses parents, être regardée comme méconnaissant l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

25. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation des décisions qui lui ont été opposées par le préfet de la Loire-Atlantique le 16 septembre 2022 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent être également rejetées ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'il présente sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 27 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Luc Martin, président,

M. David Labouysse, premier conseiller,

Mme Justine-Kozue Kubota, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2023.

Le rapporteur,

D. E

Le président,

L. MARTIN

La greffière,

V. MALINGRE

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

V. MALINGRE

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions