mercredi 30 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2213539 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | EL AMINE |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 14 octobre 2022 sous le n° 2213539, M. F A, représenté par Me El Amine, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 octobre 2022 par lequel le préfet de Maine-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la compétence de son signataire n'est pas établie ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation et a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il a fixé le centre de sa vie privée et familiale sur le sol français ; il justifie de sa présence continue en France depuis 2017 ; il démontre contribuer quotidiennement à l'entretien et à l'éducation de son fils D et lui rendre régulièrement visite ; l'intérêt supérieur de l'enfant, au sens de l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, est de ne pas être éloigné de ses deux parents ;
Sur la décision lui refusant un délai de départ volontaire :
- la compétence de son signataire n'est pas établie ;
- si le tribunal annule la décision portant obligation de quitter le territoire français, il annulera, par voie de conséquence, la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ ;
Sur la décision portant fixation du pays de destination :
- sa motivation est insuffisante ;
- le préfet a méconnu l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il craint de subir des traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans son pays d'origine.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- la compétence de son signataire n'est pas établie ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation ; il justifie de fortes attaches familiales et sentimentales sur le territoire français et de circonstances humanitaires qui font obstacle à ce qu'une décision lui interdisant le retour sur le territoire français soit prise.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 janvier 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par décision du 17 janvier 2023, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
II. Par une requête enregistrée le 14 octobre 2022 sous le n° 2213540, M. F A, représenté par Me El Amine, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 octobre 2022 par lequel le préfet de Maine-et-Loire l'a assigné à résidence dans le département de Maine-et-Loire pendant une durée de six mois ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la compétence du signataire de la décision attaquée n'est pas démontrée ;
- la décision attaquée, fondée sur l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est dépourvue de base légale ; le préfet aurait dû se fonder sur l'article L. 731-1 du même code ;
- le préfet a commis une erreur de droit en fixant à six mois la durée de l'assignation ; cette durée ne pouvait excéder 45 jours, conformément à l'application combinée des articles L. 731-1 et L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- en tout état de cause, la durée de six mois est totalement disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 janvier 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par décision du 17 janvier 2023, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Les rapports de M. Martin, président-rapporteur, ont été entendus au cours de l'audience publique du 30 mars 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né le 6 novembre 1988, est entré irrégulièrement en France le 4 mars 2017. Il a déposé une demande d'asile le 4 mars 2017. Cette demande a été rejetée par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 29 septembre 2017. Ce rejet a été confirmé par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 14 mai 2018. Par un arrêté du 23 juin 2018, la préfète de la Seine-Maritime a fait obligation à M. A de quitter le territoire français. L'intéressé s'est toutefois maintenu sur le territoire français. Le 6 octobre 2022, à Angers, l'intéressé, alors qu'il conduisait un véhicule muni de son permis de conduire guinéen périmé, est entré en collision avec un autre véhicule et a ainsi attiré l'attention des services de police sur sa situation. Par un arrêté du 12 octobre 2022, le préfet de Maine-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a désigné la Guinée comme pays de destination et prononcé à l'encontre de M. A une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par la requête n° 2213539, M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté. Par un arrêté du même jour, le préfet de Maine-et-Loire a assigné à résidence l'intéressé dans le département de Maine-et-Loire pendant six mois. Par la requête n° 2213540, M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur la jonction :
2. Les requêtes présentées par M. A présentent à juger des questions connexes et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu, dès lors, de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions attaquées :
3. Les arrêtés attaqués ont été signés par M. B G, directeur de l'immigration et des relations avec les usagers à la préfecture de Maine-et-Loire. Par un arrêté du 31 août 2022, régulièrement publié, le préfet de Maine-et-Loire a donné délégation à M. G à l'effet de signer notamment les décisions d'éloignement des étrangers ainsi que les assignations à résidence. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés attaqués doit être écarté comme manquant en fait.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. () ". Pour l'application des stipulations précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
5. M. A expose qu'en 2019, il a fait connaissance d'une compatriote en situation régulière, Mme H C, et que de cette relation est né un enfant à Angers le 17 novembre 2020, D A. S'agissant de sa relation avec la mère de l'enfant, il indique " qu'au regard de sa situation, aucune stabilité immobilière pour le couple n'a pour le moment pu être trouvée ". Si le requérant produit une copie de la carte de résident de Mme C sur laquelle celle-ci est désignée comme "Mme C épouse E", il ne justifie pas d'une communauté de vie avec cette dernière à la date de la décision attaquée. Il soutient en revanche qu'il est un père attentif à son enfant, dont il declare s'occuper quotidiennement en contribuant à son entretien et son éducation. Pour le démontrer, il produit pour l'essentiel des factures d'achat de boites de lait sur internet. Il en ressort que M. A a passé une commande mensuelle de lait de février 2021 à septembre 2022 facturée entre 72 et 89 euros selon les mois, laissant ainsi entendre qu'il aurait convenu avec la mère de l'enfant qu'il prenait en charge les factures de lait. Il ne rapporte toutefois pas la preuve de ce qu'il aurait payé ces factures et ne produit aucune attestation de la mère de l'enfant. Ainsi, les pièces versées au dossier ne suffisent pas à démontrer la contribution effective de M. A à l'entretien et à l'éducation de son enfant. L'intéressé produit, par ailleurs, des pièces pour attester de sa présence en France depuis 2017. Cependant et en tout état de cause, cette durée de présence de cinq ans sur le territoire français, en dépit d'une première mesure d'éloignement prise à son encontre et sans que l'intéressé ait sollicité la délivrance d'un titre de séjour, n'est pas de nature à établir qu'en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet de Maine-et-Loire aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
6. En second lieu, compte tenu de ce qui a été dit ci-dessus sur l'absence de liens réguliers entre le requérant et son fils, la décision attaquée ne méconnait pas non plus les stipulations de l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Pour les mêmes raisons, cette décision n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne l'autre moyen soulevé à l'encontre de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
7. L'ensemble des moyens soulevés à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, opposée au requérant, étant écartés, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision portant refus d'octroi d'un délai de depart volontaire doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant fixation du pays de destination :
8. En premier lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que celle-ci comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation ne peut qu'être écarté.
9. En second lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
10. M. A, dont la demande d'asile a été définitivement rejetée, ne produit aucun élément de nature à établir qu'il serait personnellement et directement exposé à des peines ou traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne l'autre moyen soulevé à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
11. L'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
12. Compte tenu de ce qui a été dit au point 5 concernant les attaches privées et familiales de M. A en France et de la mesure d'éloignement non exécutée dont l'intéressé a déjà fait l'objet, le préfet de Maine-et-Loire n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation ni méconnu l'article L. 612-6 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en assortissant l'obligation de quitter le territoire français attaquée d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant assignation à résidence :
13. En premier lieu, l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".
14. Les dispositions précitées de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne subordonnent pas le prononcé d'une mesure d'assignation à résidence à l'existence d'une perspective raisonnable d'exécution de la décision d'éloignement, pour laquelle cette mesure est prise. Au contraire, une telle mesure ne peut intervenir qu'en l'absence d'une telle perspective à la date à laquelle elle est prononcée. En l'espèce, la décision attaquée précise que " M. A n'est pas documenté et justifie être dans l'impossibilité de regagner son pays d'origine ". Elle indique ensuite " qu'une présentation aux fins de pointage aux services de police en attente d'une perspective raisonnable d'exécution de la mesure d'éloignement est apparue nécessaire et appropriée ". Ainsi, contrairement à ce que soutient le requérant, lequel ne conteste pas ne pas avoir présenté à l'autorité administrative un passeport valide permettant de l'éloigner à bref délai, il n'existe pas de contradiction entre les motifs de la décision attaquée et les dispositions, citées au point précédent, de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En l'absence de perspective raisonnable d'éloignement à la date de la décision attaquée, M. A ne pouvait, comme il le soutient, être légalement assigné à résidence sur le fondement de l'article L. 731-1 du même code.
15. En second lieu, M. A soutient que si, à la date de la décision attaquée, son éloignement demeurait une perspective raisonnable, la durée de son assignation à résidence ne pouvait excéder 45 jours, conformément à l'application combinée des articles L. 731-1 et L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, comme il a été dit au point précédent, à ladite date, son éloignement ne constituait pas une perspective raisonnable. Le préfet de Maine-et-Loire n'a, dès lors, pas commis d'erreur de droit en fixant à six mois la durée de son assignation à résidence, conformément aux dispositions combinées des articles L. 731-3 et L. 732-4 du même code. Si M. A qualifie cette durée de disproportionnée, il n'assortit cette affirmation d'aucune précision.
16. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demande l'annulation des arrêtés attaqués du 12 octobre 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction et tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
17. D'une part, le rejet des conclusions à fin d'annulation présentées par M. A entraine, par voie de conséquence, celui de ses conclusions à fin d'injonction.
18. D'autre part, les dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que les sommes demandées par le requérant au profit de son conseil au titre des frais exposés et non compris dans les dépens soient mises à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans les présentes instances.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F A, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Sonia El Amine.
Délibéré après l'audience du 30 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. David Labouysse, premier conseiller,
Mme Nathalie Caro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 août 2023.
Le président-rapporteur,
L. MARTINL'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
D. LABOUYSSE
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. Malingre
Nos 2213539, 2213540
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026