vendredi 3 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2213666 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL DESMARS BELONCLE BARZ CABIOCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 octobre 2022, M. C A, représenté par Me Loïc Cabioch, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions, opposées par un arrêté du préfet de la Loire-Atlantique pris le 29 septembre 2022, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant son pays de renvoi en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale", dans un délai d'1 mois à compter de la notification du jugement à intervenir, à défaut, de prendre, dans le même délai, une nouvelle décision après un nouvel examen de sa situation, et de lui délivrer, dans un délai de 7 jours, dans l'attente de cette décision, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) d'assortir l'une ou l'autre de ces injonctions d'une astreinte d'un montant de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à Me Cabioch en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté formalisant le refus de séjour a été signé par une autorité qui n'était pas habilitée à cette fin ;
- cette décision n'est pas suffisamment motivée ;
- elle porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale, protégé par l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile et par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et elle méconnait l'article 3.1 de la convention relative aux droits de l'enfant ;
- le refus de séjour a été opposé en méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté formalisant l'obligation de quitter le territoire français a été signé par une autorité qui n'était pas habilitée à cette fin ;
- cette décision n'est pas suffisamment motivée ;
- l'illégalité du refus de séjour la prive de base légale ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que 1'article 3.1 de la convention relative aux droits de l'enfant et est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision fixant le pays de destination n'est pas suffisamment motivée ;
- elle méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2023, le préfet de la Loire-Atlantique demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par M. A.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée par ordonnance au 8 mars 2023 à 12h00.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. A par une décision du 22 juin 2023 de la section du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes chargée d'examiner les demandes relatives aux affaires portées devant le tribunal administratif.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 ;
- le code de justice administrative ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 11 octobre 2023 à partir de 9h20 :
- le rapport de M. E,
- et les observations de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A est un ressortissant de nationalité albanaise qui est né le 28 avril 1988. Il est entré en France le 24 mai 2015 accompagné de son épouse, une compatriote née le 26 juin 1995, pour y solliciter l'asile. Il a, le 7 octobre 2021, sollicité la délivrance d'une carte de séjour temporaire auprès des services de la préfecture de la Loire-Atlantique. Par un arrêté du 29 septembre 2022, le préfet de ce département a rejeté cette demande, obligé l'intéressé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays de renvoi en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement. M. A demande au tribunal l'annulation de ces décisions.
Sur les moyens soulevés à l'appui des conclusions à fin d'annulation du refus de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () le titre de séjour est délivré par le préfet du département dans lequel l'étranger a sa résidence () ". Selon l'article 43 du décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et départements : " Le préfet de département peut donner délégation de signature () 7° Aux agents en fonction dans les préfectures, pour les matières relevant des attributions du ministre de l'intérieur () ".
3. L'arrêté du 29 septembre 2022 a été signé, non par le préfet de la Loire-Atlantique mais "pour le préfet", par M. D B en qualité d'adjoint à la directrice des migrations et de l'intégration. Ce dernier bénéficiait, en vertu de l'article 2 de l'arrêté du préfet de ce département pris le 5 septembre 2022, d'une délégation de signature, publiée le même jour au recueil des actes administratifs de ce même département, la publication officielle de cet acte dans ce recueil étant aisément accessible par internet. Cette délégation permet à M. B de signer une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'habilitation du signataire du refus de séjour opposé au requérant doit être écarté.
4. En deuxième lieu, en vertu des dispositions combinées des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, qui constitue une mesure de police, doit être motivée, c'est à dire qu'elle doit comporter l'énoncé, non pas de l'ensemble des éléments soumis à l'examen de l'autorité ayant pris cette décision, mais uniquement des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.
5. Il ressort de la lecture de l'arrêté du préfet de la Loire-Atlantique du 29 septembre 2022 qu'il vise les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur le fondement desquelles M. A a sollicité la délivrance d'une carte de séjour temporaire et au regard desquelles l'autorité préfectorale a apprécié si l'intéressé pouvait se voir délivrer ce titre de séjour. Cet arrêté expose par ailleurs, de manière suffisante, les raisons pour lesquelles cette autorité a estimé que M. A ne pouvait obtenir un tel titre. Par suite, cet arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement du refus de séjour en litige de sorte que le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger () qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an (). / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. () ".
7. Il ressort de la motivation du refus de séjour opposé à M. A que, pour rejeter sa demande tendant à la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale", le préfet de la Loire-Atlantique a relevé que l'intéressé était marié à une compatriote qui a également fait l'objet d'un refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français le 18 février 2019, qu'il n'établissait pas détenir des attaches personnelles anciennes, intenses et stables en France, que, depuis qu'il y est entré le 24 mai 2015, il n'avait travaillé que du 2 novembre 2017 au 28 mai 2018, et qu'il avait vécu plusieurs années dans son pays d'origine où il a conservé des attaches culturelles et linguistiques sans démontrer être dépourvu de liens personnels et familiaux dans ce pays.
8. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que M. A a fait l'objet de deux obligations de quitter le territoire français, l'une le 17 juin 2016, l'autre le 22 novembre 2019, ce qu'il ne conteste pas, de sorte que la durée de séjour en France dont il se prévaut ne procède que de son maintien irrégulier dans ce pays malgré deux mesures d'éloignement prononcées à son encontre. Certes, un enfant est né en France de sa relation avec son épouse le 24 janvier 2022, mais il ne conteste pas davantage que cette dernière est également en situation irrégulière. S'il fait état de son insertion dans la société française, en particulier sur un plan professionnel, les seuls éléments qu'il produit confirment les termes de l'arrêté relatifs à l'exercice d'une activité de manœuvre pendant seulement six mois et qui a pris fin le 28 mai 2018 ainsi qu'à une promesse d'embauche qui remonte au 26 juin 2020, soit plus d'un an avant sa demande de titre de séjour et plus de deux ans avant la décision attaquée. M. A ne produit aucun élément de nature à établir que l'employeur ayant émis cette promesse d'embauche avait encore l'intention de le recruter à la date de la décision attaquée. Dans ces conditions, et alors que le requérant admet dans ses écritures que des membres de sa famille demeurent en Albanie et ne peut utilement faire valoir, à l'appui de sa contestation du refus de séjour qui lui a été opposé, les risques qu'il allègue encourir en cas de retour dans son pays d'origine et qui ne sont au demeurant pas établis, cette décision n'a pas été prise en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale" () ".
10. Il ressort de la motivation du refus de séjour opposé à M. A que, pour rejeter sa demande tendant à la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant l'une des mentions prévues par les dispositions de cet article L. 435-1, le préfet de la Loire-Atlantique a indiqué que, sur 7 années de présence présumée sur le territoire français, il ne présentait qu'un certificat de travail pour la période du 2 novembre 2017 au 28 mai 2018, que s'il a fait valoir une promesse d'embauche en date du 26 juin 2020, celle-ci est conditionnée à la régularisation de sa situation administrative et ne constitue pas un motif exceptionnel ou une considération humanitaire au sens de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. En présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement des dispositions de cet article, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention "vie privée et familiale" répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels et, à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" ou "travailleur temporaire".
12. Pour les raisons exposées au point 8 tenant notamment à son maintien irrégulier sur le territoire français malgré deux mesures d'éloignement prononcées à son encontre en 2016 et 2019, à la situation de son épouse qui, à la date de la décision attaquée, ne justifiait pas de la détention d'un titre de séjour, et à l'absence d'éléments de nature à étayer les risques qu'il allègue encourir en cas de retour dans son pays d'origine, et alors, en tout état de cause, que le requérant n'apporte aucun élément de nature à étayer ses allégations relatives au handicap de son épouse ainsi qu'aux discriminations qu'elle subirait en Albanie du fait de ce handicap, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en estimant que l'admission exceptionnelle au séjour de M. A par la délivrance d'une carte portant la mention "vie privée et familiale" ne répondait pas à des considérations humanitaires et ne se justifiait pas par des motifs exceptionnels.
13. Pour les raisons exposées au point 8 tenant notamment à l'ancienneté de la seule promesse d'embauche sur un contrat de travail à durée indéterminée dont il se prévaut, qui remonte au 26 juin 2020 ainsi qu'au maintien en situation irrégulière de l'intéressé depuis la première obligation de quitter le territoire français qui lui a été opposée e 17 juin 2016, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que le préfet de la Loire-Atlantique a estimé que l'admission au séjour de M. A ne justifiait pas de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
14. En cinquième lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 8, M. A n'est pas fondé à soutenir que le refus de séjour qui lui a été opposé aurait été pris en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales qui interdit de porter une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale d'une personne.
15. En dernier lieu, le refus de séjour en litige a été opposé à un ressortissant étranger dont l'épouse était elle-même en situation irrégulière à la date de cette décision et leur enfant n'était âgé que de 9 mois à cette même date. Dans ces conditions, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas, en refusant de délivrer un titre de séjour à M. A, méconnu les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant qui obligent une autorité administrative à accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
Sur les moyens soulevés à l'appui des conclusions à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision fixant le pays de renvoi :
16. En premier lieu, l'article R. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que le préfet de département est compétent pour prononcer une obligation de quitter le territoire français. La délégation de signature mentionnée au point 3 couvre également les décisions formalisant une telle mesure. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'habilitation du signataire de l'obligation de quitter le territoire français opposée à M. A ne peut qu'être écarté.
17. En deuxième lieu, en vertu des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'obligation de quitter le territoire français n'a pas, lorsqu'elle est, comme en l'espèce, fondée sur les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du même code, à faire l'objet d'une motivation distincte de celle du refus de séjour. Compte tenu de ce qui a été dit au point 5, le refus de séjour opposé à M. A est suffisamment motivé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre doit être écarté.
18. En troisième lieu, l'ensemble des moyens critiquant la légalité du refus de séjour opposé au requérant ayant été écartés aux points 2 à 15, il n'est pas fondé à invoquer l'illégalité de cette décision pour obtenir l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français.
19. En quatrième lieu, pour les raisons exposées aux points 14 et 15, cette mesure d'éloignement ne peut être regardée comme méconnaissant les stipulations, d'une part, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, d'autre part, du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant, ni comme entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation de l'intéressé.
20. En cinquième lieu, l'arrêté du 29 septembre 2022 pris à l'encontre de M. A vise les articles L. 612-12 et L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatifs à la décision fixant le pays de renvoi en cas d'exécution d'office d'une obligation de quitter le territoire français. Il indique par ailleurs que l'intéressé n'établit pas que sa vie ou sa liberté sont menacées dans son pays d'origine ou qu'il y est exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine et qu'il ne produit aucun élément nouveau depuis l'obligation de quitter le territoire français ayant fait suite au refus de séjour opposé à la suite du rejet de sa demande d'asile le 17 août 2016. Par suite, l'arrêté du 29 septembre 2022 énonce les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision fixant le pays de renvoi de l'intéressé de sorte que le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision doit être écarté.
21. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / () / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Selon ce dernier article : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
22. M. A indique lui-même que sa demande d'asile a été rejetée. Il se borne à alléguer encourir des risques de mort en cas de retour dans son pays d'origine en relatant que son grand-père a été assassiné par un individu d'une autre famille et que, pour se venger, un des membres de cette famille a été tué par sa propre famille, dont les hommes se trouvent depuis menacés par la première. Au regard du caractère imprécis et non étayé de ces allégations, c'est sans méconnaître les dispositions et stipulations citées au point 21 que le préfet de la Loire-Atlantique a fixé l'Albanie comme pays de renvoi de M. A en cas d'exécution d'office de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre.
23. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A tendant à l'annulation des décisions qui lui ont été opposées par le préfet de la Loire-Atlantique le 29 septembre 2022 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent être également rejetées ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'il présente sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Loïc Cabioch.
Délibéré après l'audience du 11 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. David Labouysse, premier conseiller,
Mme Justine-Kozue Kubota, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2023.
Le rapporteur,
D. E
Le président,
L. MARTIN
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026