jeudi 31 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2213724 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | ALLAIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 octobre 2022, M. A C et Mme B D, représentés par Me Allain, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 10 juin 2022 de l'ambassade de France au Sri-Lanka et aux Maldives et la décision en date du 15 septembre 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours préalable formé contre la décision de l'autorité consulaire française de l'ambassade de France au rejetant la demande de visa d'entrée et de court séjour présentée pour Mme B D ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer le visa sollicité dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les décisions attaquées sont entachées d'un défaut de motivation ;
- la décision consulaire est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- elles sont entachées d'une erreur d'appréciation dès lors que la demandeuse de visa dispose des ressources suffisantes et que son père dispose des ressources nécessaires et suffisantes pour l'accueillir ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 juin 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention d'application de l'accord de Schengen, signée le 19 juin 1990 ;
- le règlement (CE) n° 810/2009 du 13 juillet 2009 du Parlement européen et du Conseil établissant un code communautaire des visas ;
- le règlement (UE) n° 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 concernant un code de l'Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes (code frontières Schengen) ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Roncière a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, ressortissante sri-lankaise, née le 17 novembre 1999 à Colombo (Sri-Lanka), a sollicité la délivrance d'un visa d'entrée et de court séjour auprès de l'autorité consulaire française au Sri-Lanka. Cette autorité a rejeté sa demande le 10 juin 2022. La commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a, par une décision en date du 15 septembre 2022, rejeté le recours formé contre la décision consulaire et maintenu le refus de visa. Mme C demande au tribunal d'annuler cette décision de la commission de recours.
Sur les conclusions en annulation dirigées contre la décision de l'autorité consulaire française au Sri-Lanka :
2. Il résulte des dispositions de l'article D. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France se substitue à celle qui a été prise par les autorités diplomatiques ou consulaires. Par suite, la décision en date du 15 septembre 2022 de cette commission s'est substituée à la décision des autorités consulaires françaises au Sri-Lanka en date du 10 juin 2022. Il en résulte que les conclusions de la requête à fin d'annulation de la décision de l'autorité consulaire sont irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de la commission de recours :
3. En premier lieu, la décision attaquée mentionne les dispositions du règlement (CE) n° 810/2009 du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 établissant un code communautaire des visas, notamment ses articles 21 et 32, et sur celles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile notamment les articles L. 211-1 et suivants ainsi que les motifs sur lesquels elle se fonde, à savoir d'une part, que Mme D n'a pas justifié de ressources personnelles suffisantes pour garantir le financement de son séjour et de son retour dans son pays d'origine et d'autre part que l'accueillant n'a pas justifié compte tenu de ses charges familiales de moyens financiers et matériels suffisants pour assumer l'accueil et l'entretien d'une personne supplémentaire dans son foyer pendant la durée du séjour. Enfin, la commission a estimé que compte tenu de la situation personnelle de l'intéressée, célibataire, âgée de 22 ans, dont le père et les deux sœurs résident en France ainsi qu'en l'absence d'éléments convaincants susceptibles d'assurer des garanties de retour suffisantes, il existait un risque de détournement de l'objet du visa à des fins d'installation en France. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 14 du règlement n° 810/2009 (CE) du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 établissant un code communautaire des visas : " Documents justificatifs 1. Lorsqu'il introduit une demande de visa uniforme, le demandeur présente les documents suivants : () d) des informations permettant d'apprécier sa volonté de quitter le territoire des États membres avant l'expiration du visa demandé. ". Aux termes de l'article 21 du même règlement : " 1. Lors de l'examen d'une demande de visa uniforme, () une attention particulière est accordée à l'évaluation du risque d'immigration illégale () que présenterait le demandeur ainsi qu'à sa volonté de quitter le territoire des États membres avant la date d'expiration du visa demandé. ". Aux termes de l'article 32 de ce même règlement : " 1. () le visa est refusé : () / b) s'il existe des doutes raisonnables sur () la fiabilité des déclarations effectuées par le demandeur ou sur sa volonté de quitter le territoire des États membres avant l'expiration du visa demandé. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que le père de la demandeuse de visa et ses sœurs résident en France à la suite d'une procédure de regroupement familial dont Mme C n'a pas pu bénéficier en raison de son âge. Agée de 23 ans, célibataire, elle fait valoir qu'elle se " retrouve la seule de sa fratrie à vivre au Sri-Lanka chez sa grand-mère, une personne âgée " et, comme les requérants le reconnaissent, cette demande de visa doit permettre à Mme C de rejoindre sa famille. La circonstance qu'elle justifie d'un seul bulletin de salaire d'un emploi chez un opticien qui au demeurant a mis fin à son contrat pour raisons économiques en octobre 2022 soit postérieurement à la décision attaquée ne saurait suffire, dans les circonstances particulières de l'espèce, au regard de sa situation personnelle, à caractériser l'absence de risque de détournement de l'objet du visa à des fins d'installation en France.
6. Dans ces conditions, la commission de recours contre les décisions de refus de visas d'entrée et de séjour en France n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en se fondant sur le motif tiré du risque de détournement de l'objet du visa à des fins migratoires. Il résulte de l'instruction que la commission de recours aurait pris la même décision en se fondant sur ce seul motif, qui suffisait à fonder la décision attaquée.
7. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
8. La circonstance que la décision de refus de visa de court séjour en litige prive Mme C de la possibilité de rendre visite, en France, aux membres de sa famille ne permet pas de regarder cette décision, eu égard à sa portée et compte tenu du motif de la décision attaquée, comme portant une atteinte disproportionnée à son droit au respect de leur vie privée et familiale. En outre, Mme C n'établit pas que son père et ses sœurs seraient dans l'impossibilité de lui rendre visite au Sri-Lanka. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par les requérants doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction et leur demande présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B C et M. A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Douet, présidente,
M. Rosier, premier conseiller,
Mme Roncière, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 août 2023.
La rapporteure,
M.-A. RONCIERE
La présidente,
H. DOUET
Le greffier,
S. VALAIS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026