mardi 24 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2213785 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 11ème chambre |
| Avocat requérant | TUENDIMBADI KAPUMBA |
Vu les procédures suivantes :
I - Par une requête et un mémoire enregistrés, sous le numéro 2213785, le 19 octobre 2022 et 11 novembre 2022, Mme H K et Mme I D G épouse B E, agissant tant en son nom personnel qu'en qualité de représentante légale de son enfant mineur F M J, représentées par Me Tuendimbadi Kapumba, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours dirigé contre la décision de l'autorité consulaire française à Kinshasa (République démocratique du Congo) refusant à Mme H K et à l'enfant mineur F M J la délivrance de visas d'entrée et de long séjour demandée au titre du regroupement familial ;
2°) d'enjoindre à l'administration de délivrer les visas sollicités ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que les jugements supplétifs d'acte de naissance produits sont revêtus de l'autorité de la force jugée et que les actes de naissance sont conformes à la législation congolaise ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 114-5 du code des relations entre public et l'administration dès lors que les autorités consulaires auraient dû solliciter des pièces complémentaires.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 juillet 2023, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable faute d'être assortie de moyens ;
- en toute hypothèse, les moyens soulevés par les requérantes ne sont pas fondés.
II - Par une requête et un mémoire enregistrés, sous le numéro 2213790, le 19 octobre 2022 et le 19 septembre 2023, M. C A J, représenté par Me Tuendimbadi Kapumba, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours dirigé contre la décision de l'autorité consulaire française à Kinshasa (République démocratique du Congo) lui refusant la délivrance d'un visa d'entrée et de long séjour au titre du regroupement familial ;
2°) d'enjoindre à l'administration de délivrer le visa sollicité ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que le jugement supplétif d'acte de naissance produit est revêtu de l'autorité de la force jugée et que l'acte de naissance est conforme à la législation congolaise ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que les autorités consulaires auraient dû solliciter des pièces complémentaires.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 juillet 2023, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable faute d'être assortie de moyens ;
- en toute hypothèse, les moyens soulevés par les requérantes ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code civil,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 26 septembre 2023 :
- le rapport de Mme Roncière, rapporteure,
- et les observations de Me Tuendimbadi Kapumba représentant les requérants.
Considérant ce qui suit :
1. Mme I D G, ressortissante congolaise (République démocratique du Congo), née le 31 décembre 1978, a obtenu une autorisation de regroupement familial, le 10 mars 2021, du préfet de l'Isère afin d'être rejoint en France par Mme H K, née le 17 décembre 2004, M. C A J, 22 décembre 2001, et l'enfant mineur F M J, né le 31 mai 2013. Par des décisions du 24 mai 2022, l'autorité consulaire française à Kinshasa (République démocratique du Congo) a refusé de délivrer à ces derniers les visas d'entrée et de long séjour sollicités au titre du regroupement familial. Les requérants demandent au tribunal d'annuler la décision implicite née le 21 septembre 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours dirigé contre ces décisions.
Sur la jonction :
2. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2213785 et 2213790 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Il résulte des mentions de l'accusé de réception adressé aux requérants par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, lui indiquant expressément qu'en l'absence de réponse expresse à son recours dans un délai de deux mois à compter de la date de sa réception, le recours serait réputé rejeté pour les mêmes motifs que ceux opposés par la décision consulaire, que la commission, dont la décision se substitue à celle de l'autorité consulaire, doit être regardée comme s'étant approprié les motifs retenus par cette autorité, tirés en l'espèce de l'inauthenticité des documents d'état civil produits et leur non-conformité à la législation congolaise.
4. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 434-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le regroupement familial est sollicité pour l'ensemble des personnes désignées aux articles L. 434-2 à L. 434-4. Un regroupement partiel peut toutefois être autorisé pour des motifs tenant à l'intérêt des enfants. ". L'article L. 434-2 du même code précise : " L'étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial () ; 2° Et par les enfants du couple mineurs de dix-huit ans. ".
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. ". Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ". Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties.
6. Il n'appartient pas aux autorités administratives françaises de mettre en doute le bien-fondé d'une décision rendue par une autorité juridictionnelle étrangère, hormis le cas où le jugement produit aurait un caractère frauduleux.
7. Pour établir la réalité du lien de filiation dont ils se prévalent, les requérants ont produit plusieurs actes d'état civil relatifs aux demandeurs de visas et un jugement supplétif d'acte de naissance collectif n° 5477/I du 6 février 2019 du tribunal pour enfants de L. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, ainsi que le ministre de l'intérieur le fait valoir en défense, sans être contesté, que le jugement supplétif en cause comporte plusieurs anomalies grossières révélant son caractère frauduleux et que les actes d'état civil méconnaissent les dispositions des articles 630 et 649 du code de la famille congolais dès lors qu'il ne mentionne pas le nom du père, ainsi que celles de l'article 106 du même code qui dispose que les actes d'état civil pris sur jugement supplétif doivent être transcrits dans les registres en cours, c'est-à-dire, au cas d'espèce, en 2019 et non en 2021. Les requérants n'apportent aucune explication ni ne justifient d'éléments de possession d'état permettant d'établir le lien de filiation dont ils se prévalent. Dans ces conditions, compte tenu des anomalies dont les documents produits sont entachés qui leur ôtent tout caractère probant, la commission de recours n'a pas commis d'erreur d'appréciation en rejetant les recours formés devant elle.
8. En second, en se bornant à soutenir, sans assortir leur moyen d'aucune précision, que les dispositions de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration ont été méconnues, les requérants ne mettent pas le tribunal à même d'apprécier le bien-fondé du moyen.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par les requérants doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes de Mme K, Mme D G et M. A J sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme H K, à Mme I D G épouse B E, à M. C A J et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Besse, président,
Mme Roncière, première conseillère,
M. Revereau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.
La rapporteure,
M.-A. RONCIERE
Le président,
P. BESSE
La greffière,
S. BRIAND
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
S. BRIAND
2 et 2213790
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026