mardi 11 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2213906 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | OQTF 6 semaines - M. LESIGNE |
| Avocat requérant | PAPINEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 octobre 2022, M. D A, représenté par Me Papineau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 septembre 2022 du préfet de la Vendée, portant obligation de quitter le territoire français sous 30 jours à destination du pays dont il a la nationalité ou de tout pays dans lequel il serait légalement admissible ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vendée de réexaminer la situation de Monsieur D A, et dans cette attente, de le munir d'une autorisation provisoire de séjour, ce dans le mois suivant le prononcé du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de
l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
M. A soutient que :
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- elle est insuffisamment motivée;
- elle est entachée d'une absence d'examen du cas de l'intéressé ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 7 mars 2023 et le 13 mars 2023, le préfet de la Vendée conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C, magistrat honoraire, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile concernant le cas où l'étranger fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sur le fondement des 1°, 2°, 4° ou 6° du I de l'article L. 511-1 du même code, devenu article L. 611-1 du même code.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique du 14 mars 2023 à 14h30 ainsi que :
- Les observations de Me Papineau, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins et souligne que la mère et la sœur du requérant sont présentes en France et sont demandeuses d'asile.
- Les observations de M. A, assisté de M. B, interprète en langue albanaise.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant albanais, né le 26 décembre 1997, est entré irrégulièrement sur le territoire français le 18 août 2021. Il a sollicité la reconnaissance du statut de réfugié. Sa demande d'asile a été rejetée, en dernier lieu, par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 13 juin 2022. Par l'arrêté attaqué en date du 26 septembre 2022, le préfet de la Vendée l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé l'Albanie comme pays de renvoi.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Par un arrêté du 8 avril 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de Vendée, le préfet de la Vendée a donné délégation à Mme Anne Tagand, Secrétaire générale de préfecture, pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la police des étrangers ; ainsi, le moyen tiré de l'incompétence dont seraient entachées les décisions contestées manque en fait et doit être écarté.
3. L'arrêté attaqué comporte l'énoncé des circonstances de fait et des motifs de droit qui ont justifié son édiction, notamment la mention des articles L. 542-1 et L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile s'agissant des ressortissants étrangers d'un pays d'origine sûr. Le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
4. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision portant obligation de quitter le territoire français soit entachée d'un défaut d'examen du cas du requérant, compte tenu de la date récente de son arrivée sur le territoire français.
5. M. A n'établit pas qu'il a établi en France des liens d'une intensité telle que la décision portant éloignement porterait une atteinte excessive à son droit à une vie privée et familiale normale, compte tenu notamment de la date récente de son arrivée sur le territoire, soit un an avant la date de l'arrêté contesté. La circonstance, non démontrée, qu'il craint des représailles familiales compte tenu de son orientation sexuelle en cas de retour ne permet pas de regarder la décision attaquée comme méconnaissant l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. La circonstance que sa mère et sa sœur sont désormais présentes en France et ont sollicité l'asile ne permet pas non plus d'accueillir le moyen. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne le pays de destination :
6. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants " ;
7. Si M. A fait valoir qu'il risque d'être victime de persécutions à raison de son orientation sexuelle et fait valoir que sa famille le rejette pour ce motif, il ressort des pièces du dossier que sa demande de statut de réfugié a été rejetée une première fois par l'OFPRA le 24 janvier 2022, décision de rejet confirmée par la CNDA le 13 juin 2022, au motif que les déclarations faites à l'audience ne permettent de tenir pour établis la réalité des faits invoqués. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et les conclusions présentées sur le fondement de
l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, au préfet de la Vendée et à Me Papineau.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2023.
Le rapporteur, La greffière,
F. CB. GAUTIER
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée
en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis
en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir
à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026