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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2213913

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2213913

lundi 23 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2213913
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation10ème chambre
Avocat requérantREGENT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 octobre 2022, M. A F K, Mme B D K M. E A F, Mme H A F, Mme C A F, M. J A F et M. I A F, représentés par Me Régent, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 4 août 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, saisie d'un recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision de l'ambassade de France à Djibouti refusant de délivrer à Mme B D K, à M. E A F, à Mme H A F, à Mme C A F, à M. J A F et à M. I A F des visas de long séjour au titre de la réunification familiale, a, à son tour, refusé de délivrer les visas sollicités ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer, à titre principal, de faire délivrer les visas sollicités dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de faire procéder au réexamen des demandes dans la même condition de délai ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement des entiers dépens ainsi qu'une somme de 1 500 euros à verser à Me Régent en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Ils soutiennent que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen et d'une erreur de droit dès lors que la commission de recours n'a pas pris en considération l'ensemble des éléments produits à l'appui de leurs demandes ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation de l'identité des demandeurs et de leur lien familial avec le réunifiant ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juillet 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés et doit être regardé comme sollicitant une substitution de motifs.

M. A F K a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 31 août 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, et son décret d'application ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Tavernier,

- les conclusions de M. Barès, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A F K, ressortissant somalien, a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA)du 13 septembre 2010. Des demandes de visa de long séjour au titre de la réunification familiale ont été déposées auprès de l'ambassade de France à Djibouti au profit de son épouse alléguée, Mme B D K, et de leurs enfants déclarés, M. E A F, Mme H A F, Mme C A F, M. J A F et M. I A F. L'autorité consulaire a rejeté ces demandes. Saisie d'un recours administratif préalable obligatoire formé contre ce refus consulaire, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a, à son tour, refusé de délivrer les visas sollicités par une décision du 4 août 2022, dont les requérants demandent au tribunal l'annulation.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire ". Aux termes des dispositions de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

3. La décision attaquée mentionne les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquels elle se fonde, notamment les articles L. 311-1, L. 561-2 à L. 561-5 ainsi que l'article 47 du code civil et indique que : " - Les certificats de naissance produits n'ayant pas de caractère authentique, le lien familial entre les demandeurs et le réunifiant n'est pas établi, en l'absence d'actes de naissance. / - Au surplus, il est produit un certificat de mariage du réunifiant avec Madame B D K qui aurait été célébré en juillet 2019 en Somalie alors que Monsieur A F K bénéficie de la protection subsidiaire depuis 2010. ". Dès lors, la décision attaquée comporte un exposé suffisant des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et doit être écarté.

4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France n'aurait pas pris en considération l'ensemble des éléments produits par les demandeurs. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la décision attaquée serait, à cet égard, entachée d'un défaut d'examen ou d'une erreur de droit.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : / 1° Par son conjoint ou le partenaire avec lequel il est lié par une union civile, âgé d'au moins dix-huit ans, si le mariage ou l'union civile est antérieur à la date d'introduction de sa demande d'asile ; / 2° Par son concubin, âgé d'au moins dix-huit ans, avec lequel il avait, avant la date d'introduction de sa demande d'asile, une vie commune suffisamment stable et continue ; 3° Par les enfants non mariés du couple, n'ayant pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire. / () L'âge des enfants est apprécié à la date à laquelle la demande de réunification familiale a été introduite ". Aux termes des dispositions de l'article L. 561-5 de ce code : " Les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire sollicitent, pour entrer en France, un visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois auprès des autorités diplomatiques et consulaires, qui statuent sur cette demande dans les meilleurs délais. Ils produisent pour cela les actes de l'état civil justifiant de leur identité et des liens familiaux avec le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire. / En l'absence d'acte de l'état civil ou en cas de doute sur leur authenticité, les éléments de possession d'état définis à l'article 311-1 du code civil et les documents établis ou authentifiés par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, sur le fondement de l'article L. 121-9 du présent code, peuvent permettre de justifier de la situation de famille et de l'identité des demandeurs. Les éléments de possession d'état font foi jusqu'à preuve du contraire. Les documents établis par l'office font foi jusqu'à inscription de faux. ".

6. Il résulte de ces dispositions que lorsque la venue d'une personne en France a été sollicitée au titre de la réunification des membres de la famille d'une personne reconnue réfugiée ou bénéficiaire de la protection subsidiaire, l'autorité diplomatique ou consulaire n'est en droit de rejeter la demande de visa dont elle est saisie à cette fin que pour un motif d'ordre public. Figure au nombre de ces motifs l'absence de caractère probant des actes d'état civil produits pour justifier de l'identité et, le cas échéant, du lien familial de l'intéressé avec la personne protégée.

7. En outre, aux termes de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. ". Il résulte des dispositions de l'article 47 du code civil que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.

8. D'une part, pour justifier de l'identité de M. E A F, de Mme H A F, de Mme C A F, de M. J A F et de M. I A F ainsi que du lien de filiation les unissant à M. F K, les requérants produisent leurs certificats de naissance, lesquels ont été délivrés par les autorités somaliennes. Les informations relatives à l'état-civil des demandeurs figurant sur ces documents sont identiques à celles contenues dans leur passeport et concordent avec les déclarations fournies par le réunifiant auprès des services de l'OFPRA. Dès lors, et alors que le ministre indique au demeurant en défense qu'il " n'entend pas retenir le motif tiré du caractère non authentique des documents produits pour justifier de l'état-civil des demandeurs ", l'identité de M. E A F, de Mme H A F, de Mme C A F, de M. J A F et de M. I A F, et leur lien de filiation avec le réunifiant doivent être considérés comme établis.

9. D'autre part, pour justifier de l'identité de Mme B D K et du lien matrimonial l'unissant au réunifiant, ont été produits un certificat de mariage tenant lieu d'acte d'état civil ainsi qu'un livret de famille, tous deux établis en octobre 2010 par le directeur général de l'OFPRA. Ces documents font état de ce que l'intéressée, née en 1976 à Mogadiscio (Somalie), s'est mariée en octobre 1992 à Afgooye (Somalie) avec le réunifiant. Ce certificat de mariage n'est pas remis en cause par l'administration. Par conséquent, en l'absence de fraude ou de mise en œuvre par le ministre de l'intérieur et des outre-mer de la procédure d'inscription de faux, le lien matrimonial entre M. F K et Mme D K, dont l'identité n'est plus contestée en défense, doit être considéré comme établi. Il s'ensuit que les requérants sont fondés à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

10. Toutefois, l'administration peut, notamment en première instance, faire valoir devant les juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors aux juges, après avoir mis à même la partie ayant introduit le recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative, ils peuvent procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas la partie requérante d'une garantie procédurale liée au motif substitué.

11. Pour établir que la décision attaquée était légale, le ministre de l'intérieur fait valoir dans son mémoire en défense, communiqué aux requérants, que M. F K, en n'établissant pas avoir participé à l'éducation de ses enfants et à l'entretien de l'ensemble des demandeurs depuis 2010, a méconnu les principes régissant la vie familiale en France, que la possession d'état est insuffisamment démontrée et, enfin, que M. E A F, Mme H A F et Mme C A F ne sont pas éligibles à la procédure de réunification familiale.

12. Aux termes de l'article L. 561-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La réunification familiale est refusée : / () 2° Au demandeur ou au membre de la famille qui ne se conforme pas aux principes essentiels qui, conformément aux lois de la République, régissent la vie familiale en France, pays d'accueil ".

13. En premier lieu, la circonstance que M. F K, lequel entend faire valoir son droit à la réunification familiale, n'établirait pas pourvoir à l'éducation de ses enfants et à l'entretien de l'ensemble des demandeurs n'est pas de nature à justifier que la délivrance d'un visa de long séjour soit refusée à ces derniers.

14. En deuxième lieu, dès lors que l'identité des demandeurs de visa et le lien familial les unissant au requérant sont établis, le ministre ne peut utilement se prévaloir du caractère insuffisamment probant des éléments de possession d'état versés au dossier.

15. En troisième lieu, l'âge de l'enfant pour lequel il est demandé qu'il puisse rejoindre son parent réfugié sur le fondement de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être apprécié à la date de la demande de réunification familiale, c'est-à-dire à la date à laquelle est présentée la demande de visa à cette fin, sans qu'aucune condition de délai ne puisse être opposée. La circonstance que cette demande de visa ne peut être regardée comme effective qu'après son enregistrement par l'autorité consulaire, qui peut intervenir à une date postérieure, est sans incidence à cet égard. Par ailleurs, lorsqu'une nouvelle demande de visa est déposée après un premier refus définitif, il convient, pour apprécier l'âge de l'enfant, de tenir compte de cette demande, et non de la première demande.

16. Il ressort des pièces du dossier que M. E A F, Mme H A F et Mme C A F étaient âgés de plus de dix-neuf ans à la date à laquelle ont été présentées leur demande de visa. Dès lors, en application des dispositions précitées de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ils ne pouvaient prétendre à la délivrance d'un visa de long séjour au titre de la réunification familiale. Dans ces conditions, il y a lieu de faire droit à la demande de substitution de motifs sollicitée par le ministre de l'intérieur.

17. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

18. Si les requérants produisent des justificatifs de transferts d'argent, dont les plus anciens ne remontent qu'au mois de novembre 2020, des photographies et des preuves non datées d'échanges vidéo, ces seuls éléments ne sont pas de nature à démontrer l'intensité et la continuité des liens affectifs unissant les demandeurs de visa à leur père, lequel a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire il y a plus de dix ans. Par ailleurs, alors que M. E A F, Mme H A F et Mme C A F étaient respectivement âgés de 26, 23 et 21 ans à la date de la décision attaquée, les requérants n'apportent aucun élément de nature à établir que les intéressés auraient vocation à vivre auprès du reste de leur fratrie. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la décision contestée porte une atteinte disproportionnée à leur droit au respect de leur vie privée et familiale en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants sont seulement fondés à demander l'annulation de la décision attaquée en tant qu'elle concerne Mme B D G, M. J L et M. I A F.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

20. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique seulement mais nécessairement que des visas de long séjour soient délivrés à Mme B D G, M. J L et M. I A F. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer les visas sollicités par les intéressés dans un délai de deux mois à compter de sa notification, sans qu'il soit nécessaire d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais d'instance :

21. M. F K a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale dans la présente affaire. Par suite, Me Régent peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Régent renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Régent de la somme de 1 200 euros.

22. En l'absence de justification de dépens exposés par les requérants, les conclusions tendant à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat à ce titre doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France du 4 août 2022 est annulée en tant qu'elle concerne Mme B D G, M. J L et M. I A F.

Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer à Mme B D G, M. J L et M. I A F les visas de long séjour sollicités dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à Me Régent une somme de 1 200 (mille deux cents) euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que Me Régent renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A F K, à Mme B D K, à M. E A F, à Mme H A F, à Mme C A F, à M. J A F, à M. I A F, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Régent.

Délibéré après l'audience du 2 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Le Barbier, présidente,

M. Tavernier, conseiller,

Mme Glize, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2023.

Le rapporteur,

T. TAVERNIER

La présidente,

M. LE BARBIER La greffière,

S. JEGO

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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