mardi 3 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2214126 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 11ème chambre |
| Avocat requérant | ABDOULAYE YOUSNA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 octobre 2022, Mme D B et Mme C A, représentées par Me Abdoulaye Yousna, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 18 juillet 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur a refusé de délivrer un visa de long séjour en qualité de visiteur à Mme B ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer le visa sollicité dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur matérielle sur le type de visa sollicité dès lors que la demandeuse de visa sollicite un visa " visiteur " et non un visa " étudiant " ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que la demandeuse de visa fait partie du foyer fiscal de Mme A depuis le transfert de l'autorité parentale, que Mme A dispose des ressources suffisantes et d'un hébergement pour l'accueillir, que la demandeuse de visa dispose d'une couverture sociale,qu'elle n'exercera aucune activité professionnelle et que son séjour est nécessaire.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 mai 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par les requérantes ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Roncière a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante togolaise, née le 16 décembre 2001, a sollicité un visa de long séjour auprès des autorités consulaires françaises à Lomé (Togo) en vue de rejoindre Mme A, ressortissante française. L'autorité consulaire française a rejeté sa demande le 29 juillet 2021. Par une décision du 28 octobre 2021, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre cette décision. Par un jugement n°2112120 du 23 mai 2022, le tribunal administratif de Nantes a annulé la décision du 28 octobre 2021 au motif que la commission de recours avait retenu le risque avéré de détournement du visa à des fins migratoires et d'installation en France alors que ce motif ne peut justifier un refus de visa de long séjour " visiteur " qui ouvre la possibilité de solliciter un titre de séjour et une installation sur le territoire français. Pour l'exécution de ce jugement, le ministre de l'intérieur a pris le 18 juillet 2022 une nouvelle décision par laquelle il a rejeté à nouveau cette demande. Les requérantes demandent au tribunal l'annulation de cette décision ministérielle.
2. Les motifs de la décision ministérielle attaquée sont tirés, d'une part, du fait que l'accueillante ne dispose pas des ressources suffisantes et d'un logement suffisamment spacieux pour accueillir une personne supplémentaire dans son foyer, et d'autre part, du fait que l'assurance " voyage " de Mme B ne couvrait pas la durée du séjour et qu'elle n'a pas produit d'engagement à n'exercer aucune activité professionnelle. Enfin, la demandeuse de visa n'a pas justifié de la nécessité de venir s'installer en France.
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier et des termes de la décision attaquée que le ministre s'est livré à un examen particulier de la demande de visa en qualité de visiteur.
4. En second et dernier lieu, aux termes de l'article L. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour entrer en France, tout étranger doit être muni : 1° Des documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ; / 2° () des autres documents prévus par décret en Conseil d'Etat relatifs, d'une part, à l'objet et aux conditions de son séjour et, d'autre part, s'il y a lieu, à ses moyens d'existence, à la prise en charge par un opérateur d'assurance agréé des dépenses médicales et hospitalières, y compris d'aide sociale, résultant de soins qu'il pourrait engager en France, ainsi qu'aux garanties de son rapatriement () ". Aux termes de l'article L. 312-2 du même code : " () Tout étranger souhaitant entrer en France en vue d'y séjourner pour une durée supérieure à trois mois doit solliciter auprès des autorités diplomatiques et consulaires françaises un visa de long séjour. La durée de validité de ce visa ne peut être supérieure à un an. () ". L'article R. 313-2 de ce code, dispose : " L'étranger sollicitant son admission en France peut justifier qu'il possède les moyens d'existence lui permettant de faire face à ses frais de séjour, notamment, par la présentation d'espèces, de chèques de voyage, de chèques certifiés, de cartes de paiement à usage international, de lettres de crédit./ Les justifications énumérées au premier alinéa sont appréciées compte tenu des déclarations de l'intéressé relatives à la durée et à l'objet de son séjour ainsi que des pièces produites à l'appui de ces déclarations et, le cas échéant, de la durée de validité du visa ".
5. L'étranger désirant se rendre en France et qui sollicite un visa de long séjour en qualité de visiteur doit justifier de la nécessité dans laquelle il se trouve de résider en France pour un séjour de plus de trois mois. En l'absence de toute disposition conventionnelle, législative ou réglementaire déterminant les cas où ce visa peut être refusé, et eu égard à la nature d'une telle décision, les autorités françaises, saisies d'une telle demande, disposent, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, d'un large pouvoir d'appréciation et peuvent se fonder non seulement sur des motifs tenant à l'ordre public, tel que le détournement de l'objet du visa, mais aussi sur toute considération d'intérêt général.
6. Mme B soutient qu'elle souhaite rendre visite à sa tutrice, " qu'il est injuste d'empêcher cette visite à caractère familial eu égard aux attaches entre les membres de la famille " et que la nécessité de cette visite " est patente en raison du transfert de l'autorité parentale intervenue en 2019 ". Le ministre fait valoir, sans être contredit, que Mme B ne justifie pas de la nécessité d'un visa long séjour pour rejoindre sa " tutrice " par la production du jugement de transfert de l'autorité parentale à cette dernière, intervenue de manière opportune cinq mois avant la majorité et dont la demande d'exéquatur a été refusée par le tribunal judicaire de Marseille le 25 mars 2021. Il fait également valoir que " la seule volonté de s'établir en France ne constitue pas un élément suffisant pour justifier d'une nécessité de séjour ".
7. Dans ces conditions, le ministre a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, refuser de délivrer le visa de long séjour sollicité.
8. Il résulte de l'instruction que le ministre aurait pris la même décision en se fondant sur ce seul motif, qui suffisait à fonder la décision attaquée.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les requérantes ne sont pas fondées à demander l'annulation de la décision attaquée. Il suit de là que leurs conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction et celles tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B et de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, Mme C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Besse, président,
Mme Roncière, première conseillère,
M. Revéreau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023.
La rapporteure,
M.-A. RONCIERE
Le président,
P. BESSE
La greffière,
J. HUMANN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026