vendredi 13 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2214404 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | BOURGEOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés le 31 octobre 2022 et le 11 août 2023, M. E C B et Mme G A, représentés par Me Bourgeois, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 juillet 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre les décisions de l'autorité diplomatique française en Guinée et en Sierra Leone refusant de délivrer à Mme G A et aux enfants F C B, E C B et H D I des visas de long séjour au titre de la procédure de réunification familiale ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, à titre principal de délivrer les visas sollicités dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire de réexaminer leur situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros hors taxes à verser à leur conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
- la décision n'est pas suffisamment motivée ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant au lien familial et au droit au visa de Mme A et des enfants dès lors que les documents d'état civil produits sont authentiques et que l'identité et le lien familial des intéressés avec M. C B ressort également d'éléments de possession d'état ;
- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 juillet 2023 le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la décision se justifie également par l'absence de preuve d'une relation de concubinage stable et continue entre M. C B et Mme A ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par décision du 31 août 2022 le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes a admis M. C B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, et son décret d'application ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 15 septembre 2023 :
- le rapport de Mme Chatal, rapporteure,
- les conclusions de M. Kaczynski, rapporteur public,
- et les observations de Me Thullier, substituant Me Bourgeois, représentant les requérants.
Considérant ce qui suit :
1. M. E C B, ressortissant sierra-léonais né en 1987, réfugié en France, soutient être marié à Mme G A, également de nationalité sierra-léonaise, et être le père de leurs trois enfants F C B, E C B et H D I nés respectivement en 2008, 2009 et 2018. Par leur requête, M. C B et Mme A demandent au tribunal d'annuler la décision du 6 juillet 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre les décisions de l'autorité diplomatique française en Guinée et en Sierra Leone refusant de délivrer à Mme G A et aux enfants F C B, E C B et H D I des visas de long séjour au titre de la procédure de réunification familiale.
Sur les conclusions principales :
2. Si le demandeur a été averti par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France que, dans le cas où l'absence de réponse expresse de la commission dans un délai de deux mois ferait naître une décision implicite de rejet de son recours, celui-ci serait réputé rejeté pour les mêmes motifs que ceux de la décision de refus de visa contestée, la décision implicite de la commission doit être regardée comme s'étant effectivement approprié ces motifs. En l'espèce, l'accusé de réception du recours formé contre la décision de refus de visa litigieuse comporte cette mention. La décision implicite de la commission doit donc être regardée comme s'étant approprié le motif opposé par l'autorité diplomatique française en Guinée et en Sierra Leone, à savoir le motif tiré de ce que l'identité des demandeurs de visas, et partant leur lien familial avec la personne réunifiante, ne sont pas suffisamment établis.
3. La commission se fonde sur les articles L. 561-2 à L. 561-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et relève qu'il existe des incohérences entre les informations contenues dans les actes d'état civil et documents de voyage produits pour les demandeurs de visa et les déclarations de M. C B à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, et qu'en l'absence d'éléments de possession d'état, l'identité de Mme A et des enfants F, E et H D, et partant leur lien de famille avec M. C B, ne sont pas suffisamment établis. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit dès lors être écarté.
4. L'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
5. En l'espèce, le ministre fait valoir dans ses écritures en défense, qu'outre l'absence de preuve de l'identité des demandeurs de visas, les requérants ne justifient pas du maintien d'une vie commune suffisamment stable et continue.
6. Aux termes de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : / 1° Par son conjoint ou le partenaire avec lequel il est lié par une union civile, âgé d'au moins dix-huit ans, si le mariage ou l'union civile est antérieur à la date d'introduction de sa demande d'asile ; / 2° Par son concubin, âgé d'au moins dix-huit ans, avec lequel il avait, avant la date d'introduction de sa demande d'asile, une vie commune suffisamment stable et continue ; / 3° Par les enfants non mariés du couple, n'ayant pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire. () ". L'article L. 561-5 du même code prévoit que : " Les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire sollicitent, pour entrer en France, un visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois auprès des autorités diplomatiques et consulaires, qui statuent sur cette demande dans les meilleurs délais. Ils produisent pour cela les actes de l'état civil justifiant de leur identité et des liens familiaux avec le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire. / En l'absence d'acte de l'état civil ou en cas de doute sur leur authenticité, les éléments de possession d'état définis à l'article 311-1 du code civil et les documents établis ou authentifiés par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, sur le fondement de l'article L. 121-9 du présent code, peuvent permettre de justifier de la situation de famille et de l'identité des demandeurs. Les éléments de possession d'état font foi jusqu'à preuve du contraire. Les documents établis par l'office font foi jusqu'à inscription de faux. "
7. Les articles L. 434-3 et L. 434-4 du même code, rendus applicables à la procédure de réunification familiale par l'article L. 561-4 de ce code, ajoutent respectivement que : " Le regroupement familial peut également être demandé pour les enfants mineurs de dix-huit ans du demandeur et pour ceux de son conjoint si, au jour de la demande : / 1° La filiation n'est établie qu'à l'égard du demandeur ou de son conjoint ; / 2° Ou lorsque l'autre parent est décédé ou déchu de ses droits parentaux. ", et que : " Le regroupement familial peut être demandé pour les enfants mineurs de dix-huit ans du demandeur et ceux de son conjoint, qui sont confiés, selon le cas, à l'un ou l'autre, au titre de l'exercice de l'autorité parentale, en vertu d'une décision d'une juridiction étrangère. Une copie de cette décision devra être produite ainsi que l'autorisation de l'autre parent de laisser le mineur venir en France. ".
8. L'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que la vérification des actes d'état civil étrangers doit être effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. Cet article, dans sa rédaction applicable au litige, dispose quant à lui que : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. Celle-ci est appréciée au regard de la loi française. ". Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties.
9. Afin d'établir l'identité de Mme A et son lien de famille avec M. C B, les requérants produisent une copie du passeport sierra-léonais délivré à Mme G A le 29 septembre 2020, sur lequel elle apparaît née en 1992. Il ressort toutefois de la demande d'asile présentée par M. C B le 13 juillet 2018 que l'intéressé a déclaré s'être marié religieusement à Mme G C B, née en 1997. A supposer même que l'identité de Mme G A soit suffisamment établie, les requérants déclarant s'être mariés le 24 décembre 2015 de façon religieuse, et non civile, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que ce mariage aurait une valeur légale, il leur appartient de démontrer leur qualité de concubins en justifiant d'une vie commune suffisamment stable et continue depuis une date antérieure à la demande d'asile de M. C B. Si les requérants font valoir qu'ils sont les parents de trois enfants, F, E et H D, nés en 2008, 2009 et 2018, ils ne produisent, avant la clôture d'instruction, pour les deux aînés aucun acte de naissance ni aucun document faisant apparaître la filiation des enfants, tandis que le ministre joint à son mémoire en défense deux certificats de naissance établis pour l'enfant H D, produits par les demandeurs, portant des numéros différents et un lieu de naissance différent et par suite dépourvus de caractère probant. Il ressort également des pièces jointes au mémoire en défense du ministre que les demandeurs ont produit à l'appui de la demande de visa pour le jeune E C B un passeport délivré en 2020, revêtu d'une photographie d'identité très différente de celle apparaissant sur le passeport délivré à la même personne en 2021 et sur le formulaire de demande de visa. Les requérants font certes valoir que M. C B a déclaré de manière constante être le père des enfants F et E, au stade de sa demande d'asile au mois de juillet 2018 et lors de son entretien à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) au mois de mai 2019, puis, s'agissant de l'enfant H D né au mois de janvier 2018, par un courrier du 9 juillet 2021 adressé à l'OFPRA. Toutefois, à supposer même que les requérants soient effectivement les parents des trois enfants, il ressort des pièces du dossier, d'une part, que M. C B a obtenu le statut de réfugié en raison des persécutions subies en Sierra Leone du fait de son orientation homosexuelle, que son union avec Mme A lui a été imposée par sa mère en 2007 pour le protéger de persécutions, qu'il est toutefois parvenu à maintenir la relation qu'il entretenait avec son compagnon, et qu'à la suite de son arrivée en France, il a fait la rencontre d'un autre homme avec lequel il déclarait vivre lors de son entretien à l'OFPRA. Dans ces conditions, les requérants ne peuvent être regardés comme justifiant d'une vie commune stable et continue depuis une date antérieure à la demande d'asile de M. C B. Par suite, il y a lieu d'accueillir la demande de substitution de motif soulevée en défense, tirée de l'absence de preuve d'une vie commune suffisamment stable et continue entre M. C B et Mme A.
10. Le motif tiré de l'absence de lien marital et de l'absence de concubinage entre M. C B et Mme A justifiait à lui-seul la décision de rejet du recours formé contre la décision de refus de visa opposée à Mme A. Il résulte des dispositions précitées des articles L. 434-3 et L. 434-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que, la venue des enfants sans leur mère alléguée nécessitant une délégation d'autorité parentale, un tel motif justifiait également, à lui-seul, la décision de rejet du recours formé contre les décisions de refus de visas opposées aux enfants F, E et H D. Il résulte de l'instruction que la commission aurait pris la même décision en se fondant sur ce seul motif.
11. Par ailleurs, le lien de concubinage allégué par les requérants n'étant pas établi, et M. C B, à supposer qu'il puisse être regardé comme justifiant de sa qualité de père des enfants demandeurs de visas, ne démontrant pas entretenir avec eux des relations intenses et stables, les moyens de la requête tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, doivent être écartés.
12. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre les décisions de refus de visas contestées.
Sur les conclusions accessoires :
13. Le présent jugement rejetant les conclusions principales de la requête, il y a lieu de rejeter, par voie de conséquence, les conclusions tendant au prononcé d'une mesure d'injonction sous astreinte ainsi que celles relatives aux frais liés au litige.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C B et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E C B, à Mme G A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Douet, présidente,
Mme Chatal, conseillère,
Mme Fessard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2023.
La rapporteure,
A. CHATALLa présidente,
H. DOUETLe greffier,
S. VALAIS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026