mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2214568 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | - 96h - Eloignement |
| Avocat requérant | SCP SAIDJI & MOREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 novembre 2022, M. B C, représenté par Me Carrillo Cruz, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 novembre 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a refusé l'admission sur le territoire français au titre de l'asile ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder à l'examen de sa demande d'asile au fond ;
3°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Il soutient que :
- sa demande d'asile est fondée sur un risque pour sa vie ;
- elle est crédible ;
- elle ne comporte aucune imprécision qui en compromettrait la crédibilité ; il est menacé pour avoir tenté sans succès d'obtenir le déplacement d'un point de vente de drogue d'un groupe criminel et pour avoir dénoncé cette activité illégale auprès des services de police ; il a fait l'objet d'une tentative d'assassinat.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 novembre 2022, le ministre de l'intérieur, représenté par SCP Saidji et Moreau, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
-la convention de Genève du 28 juillet 1951,
-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Degommier, vice-président, en application de l'article R. 777-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Degommier, magistrat désigné,
- les observations de Me Carrillo Cruz, avocat de M. C, en présence de ce dernier.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, ressortissant dominicain né le 22 juillet 1991, demande au tribunal d'annuler la décision du 4 novembre 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a refusé l'admission sur le territoire au titre de l'asile.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. L'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " La décision de refuser l'entrée en France à un étranger qui se présente à la frontière et demande à bénéficier du droit d'asile ne peut être prise que dans les cas suivants : () 3° La demande d'asile est manifestement infondée. Constitue une demande d'asile manifestement infondée une demande qui, au regard des déclarations faites par l'étranger et des documents le cas échéant produits, est manifestement dénuée de pertinence au regard des conditions d'octroi de l'asile ou manifestement dépourvue de toute crédibilité en ce qui concerne le risque de persécutions ou d'atteintes graves. " Aux termes de l'article L. 352-2 de ce code : " () la décision de refus d'entrée ne peut être prise qu'après consultation de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, qui rend son avis dans un délai fixé par voie réglementaire et dans le respect des garanties procédurales prévues au titre III du livre V. L'office tient compte de la vulnérabilité du demandeur d'asile. L'avocat ou le représentant d'une des associations mentionnées à l'article L. 531-15, désigné par l'étranger, est autorisé à pénétrer dans la zone d'attente pour l'accompagner à son entretien dans les conditions prévues au même article ".
5. Le droit constitutionnel d'asile, qui a le caractère d'une liberté fondamentale, a pour corollaire le droit de solliciter le statut de réfugié. Ce droit implique que l'étranger qui sollicite la reconnaissance de la qualité de réfugié soit en principe autorisé à demeurer sur le territoire jusqu'à ce qu'il ait été statué sur sa demande. Toutefois, le ministre chargé de l'immigration peut, sur le fondement des dispositions qui précèdent, rejeter la demande d'asile d'un étranger se présentant aux frontières du territoire national lorsque celle-ci présente un caractère manifestement infondé.
6. Par ailleurs, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le ministre chargé de l'immigration peut rejeter la demande d'asile présentée par un étranger se présentant aux frontières du territoire national lorsque ses déclarations, et les documents qu'il produit à leur appui, du fait notamment de leur caractère incohérent, inconsistant ou trop général, sont manifestement dépourvus de crédibilité et font apparaître comme manifestement dénuées de fondement les menaces de persécutions alléguées par l'intéressé.
7. A l'appui de sa requête, M. C soutient qu'il craint pour sa sécurité en cas de retour en République Dominicaine, au motif qu'il a tenté sans succès d'obtenir le déplacement d'un point de vente de drogue d'un groupe criminel, installé à proximité de son domicile et pour avoir dénoncé cette activité illégale auprès des services de police et qu'il a fait l'objet de tentatives d'assassinat en raison de cette dénonciation. Toutefois, il ressort notamment de l'avis émis par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), après entretien tenu avec un agent de l'office, ainsi que du compte-rendu de cet entretien, que l'intéressé n'a pas apporté d'éléments circonstanciés et s'est limité à des réponses sommaires, peu consistantes ou faiblement personnalisées, qu'il s'agisse de l'installation d'un point de vente de drogues devant son domicile, des informations sur les trafiquants, de l'appartenance de ces derniers à une organisation criminelle, de son altercation avec lesdits trafiquants ou encore de la réaction des autres habitants de son quartier face à cette implantation criminelle. Il résulte du même avis que M. C a relaté de manière succincte et insuffisamment circonstanciée son signalement desdits criminels auprès des forces de police et qu'il a tenu des propos convenus sur la connivence entre ces dernières et les trafiquants de drogue pour justifier leur impunité. M. C, qui a repris dans sa requête les mêmes affirmations que celles faites durant l'entretien, n'apporte pas d'élément tangible permettant de remettre en cause l'appréciation du ministre de l'intérieur, qui a suivi l'avis émis par l'OFPRA. Dès lors, le ministre de l'intérieur, en estimant sa demande manifestement infondée et en lui refusant l'entrée sur le territoire au titre de l'asile, n'a commis ni erreur de droit, ni erreur manifeste d'appréciation.
8. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 4 novembre 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a refusé l'admission sur le territoire français au titre de l'asile. Ses conclusions à fin d'injonction doivent par suite être rejetées.
D E C I D E:
Article 1er : M. C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Carrillo Cruz et au ministre de l'intérieur.
Jugement lu en audience publique le 8 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
S. DEGOMMIERLa greffière,
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026