LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2215117

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2215117

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2215117
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantHALGAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 novembre 2022, M. C E, représenté par Me Buffet, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 27 juin 2022 par laquelle la commune de Saint-Joachim (Loire-Atlantique) a exercé son droit de préemption à l'encontre de la parcelle de marais cadastrée section B n° 989 sise lieudit " La Grole à Pierre Gilles " à Saint-Joachim, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 29 juillet 2022 ;

2°) d'enjoindre à la commune de Saint-Joachim de proposer au vendeur, puis à lui-même, acquéreur évincé, d'acquérir ces biens, conformément aux dispositions de l'article L. 213-11-1 du code de l'urbanisme au prix auquel elle l'a acquis, dans un délai d'un mois après la notification du présent jugement, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Joachim la somme de 3 000 euros en application de l'article L.'761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision du 27 juin 2022 a été prise par une autorité incompétente ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- la décision de préemption ne répond pas à l'objectif de protection et d'ouverture au public des espaces naturels sensibles, en méconnaissance de l'article L 215-21 du code l'urbanisme ;

- la décision est entachée d'un détournement de pouvoir.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 décembre 2023, la commune de Saint-Joachim, représentée par Me Halgand, conclut au rejet de la requête, et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Brémond, premier conseiller

- les conclusions de M. Marowski, rapporteur public,

- les observations de Me Cavalier, substituant Me Buffet, avocat de M. E,

- les observations de Me Gallot, substituant Me Halgand, avocate de la commune de Saint-Joachim

- les observations de M. E.

Considérant ce qui suit :

1. M. E s'est porté acquéreur auprès de M. D et de Mme B d'une parcelle de marais située au lieudit " La Grole à Pierre Gilles " à Saint-Joachim (Loire-Atlantique), correspondant à la parcelle cadastrée section B n° 989 d'une surface de 4 867 m². Une promesse de vente a été signée le 25 décembre 2021 pour un montant de 700 euros. Une déclaration d'intention d'aliéner a été déposée le 10 avril 2022. Par une décision du 27 juin 2022, le maire de Saint-Joachim a décidé d'exercer le droit de préemption, aux prix et conditions mentionnés par cette déclaration. M. E a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision le 29 juillet 2022, rejeté par une décision implicite née le 30 septembre 2022. Le requérant demande au tribunal d'annuler la décision du 27 juin 2022, ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 215-7 du code de l'urbanisme : " La commune peut se substituer au département si celui-ci n'exerce pas son droit de préemption : / 1° Lorsque le Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres est territorialement compétent et qu'il n'exerce pas son droit de substitution en application de l'article L. 215-5 ; / 2° Lorsque l'établissement public chargé du parc national ou du parc naturel régional n'exerce pas son droit de préemption en application de l'article L. 215-6 ; / 3° Dans les cas où ni le conservatoire ni l'établissement public chargé d'un parc national ou d'un parc naturel régional n'est compétent. ".

3. Il ressort des pièces du dossier que, pour préempter la parcelle en litige, la commune de Saint-Joachim s'est substituée au département de la Loire-Atlantique, celui-ci n'ayant pas exercé son droit de préemption dans un délai de deux mois après la transmission de la déclaration d'intention d'aliéner. Si la décision attaquée ne mentionne pas le désistement de l'établissement public gestionnaire du parc naturel régional de Brière, il est constant que celui-ci n'a pas exercé son droit de préemption sur cette parcelle. Dans ces conditions, la commune de Saint-Joachim pouvait se substituer au département de la Loire-Atlantique pour exercer le droit de préemption sur la parcelle en litige. La circonstance que la décision contestée ne vise pas ce désistement est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Il en résulte que le moyen tiré de ce que l'arrêté contesté aurait été pris par une autorité incompétente manque en fait et doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 215-4 du code de l'urbanisme : " A l'intérieur des zones délimitées en application de l'article L. 215-1, le département dispose d'un droit de préemption. ". Aux termes de l'article L. 215-7 du code de l'urbanisme : " La commune peut se substituer au département si celui-ci n'exerce pas son droit de préemption () ".

5. Les décisions de préemption prises sur le fondement des articles L. 215-4 et L. 215-7 du code de l'urbanisme dans les zones de préemption créées au titre des espaces naturels sensibles doivent, en application des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, comporter l'énoncé des motifs de droit et de fait ayant conduit l'autorité administrative à préempter. Cette obligation de motivation implique que la décision comporte une référence à l'acte portant création de la zone de préemption et indique les raisons pour lesquelles la préservation et la protection des parcelles en cause justifiaient la préemption. Elle n'impose en revanche pas à l'auteur de la décision de préciser la sensibilité du milieu naturel ou la qualité du site, dès lors que l'inclusion de parcelles dans une zone de préemption est nécessairement subordonnée à leur intérêt écologique, ou les modalités futures de protection et de mise en valeur des parcelles qu'elle envisage de préempter.

6. Il ressort des pièces du dossier, d'une part, que l'arrêté attaqué ne comporte pas de référence à l'acte portant création de la zone de préemption des espaces naturels sensibles. Toutefois, cet arrêté mentionne que la parcelle B n° 989 préemptée est située dans la zone de préemption espaces naturels sensibles des marais de la Brière. En outre, il ressort également des pièces du dossier que cette zone a été instituée par une délibération du conseil général de la Loire-Atlantique du 30 mars 1995, les plans annexés à cette délibération, produits par la commune et communiqués dans le cadre de la présente instance, attestant que la parcelle objet de la vente est située dans la zone de préemption. D'autre part, l'arrêté attaqué indique les raisons justifiant la préservation de la parcelle B n°989 préemptée, notamment la meilleure gestion globale du site, l'entretien du marais et la préservation de la biodiversité. Il en résulte que M. E n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté du 27 juin 2022 est insuffisamment motivé et qu'il méconnaîtrait les dispositions précitées.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 113-8 du code de l'urbanisme : " Afin de préserver la qualité des sites, des paysages, des milieux naturels et des champs naturels d'expansion des crues et d'assurer la sauvegarde des habitats naturels selon les principes posés à l'article L. 110, le département est compétent pour élaborer et mettre en œuvre une politique de protection, de gestion et d'ouverture au public des espaces naturels sensibles, boisés ou non () ". Aux termes de l'article L. 215-1 du même code : " Pour mettre en œuvre la politique prévue à l'article L. 113-8, le département peut créer des zones de préemption dans les conditions définies au présent article ". Aux termes de l'article L. 215-21 de ce code : " Les terrains acquis en application des dispositions du présent chapitre sont aménagés pour être ouverts au public, sauf exception justifiée par la fragilité du milieu naturel ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que les décisions de préemption qu'elles prévoient doivent être justifiées à la fois par la protection des espaces naturels sensibles et par l'ouverture ultérieure de ces espaces au public, sous réserve que la fragilité du milieu naturel ou des impératifs de sécurité n'y fassent pas obstacle. Toutefois, la collectivité titulaire du droit de préemption n'a pas à justifier de la réalité d'un projet d'aménagement à la date à laquelle elle exerce ce droit.

8. Il ressort des pièces du dossier que l'achat de la parcelle B n°989 préemptée permettra d'une part d'assurer l'entretien du marais et de préserver la biodiversité, et d'autre part de compléter l'unité foncière du site, d'en faciliter la gestion et l'ouverture au public. Ces objectifs, bien que peu détaillés, ont trait à la protection d'un espace naturel sensible. En outre, il ressort également des pièces du dossier que cette parcelle est déjà accessible au public par la chaussée de la Grole qui fait partie du parcours " GRP tour de Brière ". Dans ces conditions, M. E n'est pas fondé à soutenir que la décision de préemption n'aurait pour objectif que de constituer une réserve foncière et ne répondrait pas à l'objectif de protection et d'ouverture au public des espaces naturels sensibles, en méconnaissance des dispositions précitées.

9. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le motif de la préemption de la parcelle B n°989 par la commune serait tiré de considérations étrangères à un but d'intérêt général. Il en résulte que le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué serait entaché d'un détournement de pouvoir.

10. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué, ni de la décision de rejet de son recours gracieux. Par voie de conséquence, les conclusions présentées à fin d'injonction doivent être également rejetées.

Sur les frais liés au litige :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de la commune de Saint-Joachim, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant la somme demandée par cette commune à ce même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. E est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Joachim au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C E, à la commune de Saint-Joachim et à M. A D.

Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Douet, présidente,

Mme Thomas, première conseillère,

M. Brémond, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.

Le rapporteur,

E. BRÉMOND

La présidente,

H. DOUETLa greffière,

L. LÉCUYER

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions