vendredi 23 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2215289 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | IDOURAH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 novembre 2022, M. F C D, représenté par Me Idourah, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 octobre 2022 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " et à titre subsidiaire de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour, dans l'un et l'autre cas dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour est entachée d'un défaut de base légale, en ce que sa situation est régie, non par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mais par l'article 9 de la convention franco-congolaise du 31 juillet 1993 ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation en ce qui concerne le caractère sérieux de ses études ;
- subsidiairement, elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, en ce qu'il est père d'un enfant mineur né au mois de septembre 2022 de son concubinage avec une ressortissante ivoirienne.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 avril 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- il y a lieu de substituer à l'application de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lequel se fonde à tort la décision de refus du titre de séjour celle de l'article 9 de la convention franco-congolaise du 31 juillet 1993 ;
- aucun des autres moyens soulevés par le requérant n'est opérant ou fondé.
Par une ordonnance du 14 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 3 mai 2023 à 17 heures en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Un mémoire en réplique a été présenté pour M. C D par Me Idourah le 29 mai 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Congo relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Brazzaville le 31 juillet 1993 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de M. Livenais, président-rapporteur,
- et les observations de Me Idourah, représentant M. C D.
Considérant ce qui suit :
1. M. C D, ressortissant de la République du Congo né en 1997, est entré régulièrement en France sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant " valable du 15 septembre 2020 au 15 septembre 2021, et s'est vu délivrer à l'expiration de ce visa un titre de séjour en cette même qualité d'étudiant, valable jusqu'au 15 septembre 2022. M. C D a demandé le renouvellement de ce titre de séjour. Sa demande a été rejetée par un arrêté du préfet de la Loire-Atlantique du 13 octobre 2022 portant en outre obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré. M. C D demande au tribunal d'annuler l'ensemble de ces décisions.
2. L'article L. 111-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que ce code s'applique " sous réserve des conventions internationales ". Aux termes de l'article 9 de la convention franco-congolaise du 31 juillet 1993: " Les ressortissants de chacun des États contractants désireux de poursuivre des études supérieures ou d'effectuer un stage de formation de niveau supérieur sur le territoire de l'autre État doivent, outre le visa de long séjour prévu à l'article 4, justifier d'une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement choisi, ou d'une attestation d'accueil de l'établissement où s'effectue le stage, ainsi que, dans tous les cas, de moyens d'existence suffisants. / Les intéressés reçoivent un titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant ". Ce titre de séjour est renouvelé annuellement sur justification de la poursuite effective des études ou du stage et de la possession de moyens d'existence suffisants () ". Aux termes de l'article 13 de la même convention : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation respective des deux États sur l'entrée et le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord. " Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".
3. Il résulte des stipulations précitées de l'article 13 de la convention franco-congolaise que l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas applicable aux ressortissants de la République du Congo désireux de poursuivre leurs études en France, dont la situation est régie par l'article 9 de cette convention. Par suite, et comme le soutient à bon droit M. C D, la décision portant refus de titre de séjour sollicité par ce dernier en qualité d'étudiant ne pouvait être prise sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point, sauf dans le cas où il est fait application des dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
5. Les stipulations de l'article 9 de la convention franco-congolais du 31 juillet 1993 peuvent, comme le fait valoir en défense le préfet de la Loire-Atlantique, être substituées aux dispositions de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que cette substitution de base légale n'a pas pour effet de priver M. C D d'une garantie et que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'un ou l'autre de ces deux textes. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision portant refus de titre de séjour serait entachée d'un défaut de base légale doit être écarté.
6. En deuxième lieu, le renouvellement d'une carte de séjour en qualité d'étudiant est subordonné, notamment, à la justification par son titulaire de la réalité et du sérieux des études poursuivies. Il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement de cette carte de séjour, de rechercher, à partir de l'ensemble du dossier, si l'intéressé peut être raisonnablement considéré comme poursuivant effectivement des études.
7. Il ressort des pièces du dossier que M. C D s'est inscrit au titre de l'année universitaire 2020/2021 en première année de l'institut national des techniques économiques et comptables du Conservatoire national des arts et métiers, qu'il n'a pas validée, et qu'il s'est réinscrit une seconde fois au titre de l'année universitaire 2021/2022 à cette formation qu'il n'a pas davantage validée, l'intéressé ayant obtenu aux examens sanctionnant la réussite de cette année de formation des notes s'échelonnant de 1,5/20 à 7/20. Si M. C D s'est inscrit au titre de l'année universitaire 2022/2023 à la formation " Ynov marketing et communications Bachelor 3 " et, postérieurement à l'intervention de la décision attaquée, a validé cette année de formation, l'échec consécutif à la même formation supérieure deux années de suite, sans progression apparente des études entre ces deux années, et qui ne saurait s'expliquer uniquement par les difficultés d'apprentissage du requérant ou des difficultés familiales, ne permet pas de considérer que le requérant, entré en France en 2020, aurait poursuivi avec sérieux ses études. Ainsi, le préfet de la Loire-Atlantique n'a commis aucune erreur d'appréciation en refusant de renouveler le titre de séjour sollicité par M. C D.
8. En troisième et dernier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant sont inopérants à l'appui de la contestation du refus de délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiant, dont la légalité s'apprécie exclusivement au regard de la qualité et du sérieux des études poursuivies par l'intéressé. A supposer, cependant, que M. C D entende se prévaloir de ses mêmes stipulations pour contester la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à son endroit, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé ne séjournait en France que depuis deux ans à la date de la décision attaquée, qu'il ne conteste pas conserver des attaches dans son pays d'origine et que, s'il est devenu le père, le 7 septembre 2022, de l'enfant mineur A C D, né de sa relation avec Mme B, ressortissante ivoirienne née en 1998 et séjournant également en France sous couvert d'un titre de séjour étudiant, M. C D n'établit pas qu'il vivrait en concubinage avec cette dernière ni qu'il participerait effectivement à l'entretien et à l'éducation du jeune A. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté comme manquant en fait.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. C D aux fins d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et sa demande présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F C D et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 2 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
Mme Thierry, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juin 2023.
Le président-rapporteur,
Y. LIVENAISL'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
V. ROSEMBERGLe greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
ah/ell
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026