vendredi 7 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2215444 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | PAPINEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 23 novembre 2022 et le 9 juin 2023, Mme C E, représentée par Me Papineau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 octobre 2022 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de dix-huit mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- il n'est pas établi que la décision a été signée par l'autorité compétente ;
- la décision n'est pas suffisamment motivée ;
- le préfet n'a pas procédé à l'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision n'est pas suffisamment motivée ;
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour prive de base légale la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- le préfet n'a pas procédé à l'examen particulier de sa situation personnelle ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
- la décision n'est pas suffisamment motivée ;
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français prive de base légale la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- la décision n'est pas suffisamment motivée ;
- l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refusant de lui accorder un délai de départ volontaire prive de base légale la décision fixant le pays de destination ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision n'est pas suffisamment motivée ;
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français prive de base légale la décision portant interdiction de retour sur le territoire français ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 mai 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 juin 2023.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et son décret d'application n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rosemberg,
- et les observations de Me Papineau, représentant Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C E, ressortissante géorgienne née le 11 décembre 1994, est entrée irrégulièrement en France le 7 août 2014 selon ses déclarations. Elle a déposé une demande d'asile, qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 22 décembre 2014, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) par une décision du 6 juillet 2015. Le préfet de Maine-et-Loire lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours par un arrêté du 7 août 2015, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Nantes n° 1500975, 1508142 du 8 janvier 2016. Mme E s'est toutefois maintenue sur le territoire et a sollicité la délivrance d'un titre de séjour à raison de son état de santé auprès du préfet de Maine-et-Loire, qui a refusé de faire droit à sa demande par un nouvel arrêté du 21 décembre 2018 portant également obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Le recours formé par l'intéressée contre cet arrêté a été rejeté par un jugement du tribunal administratif de Nantes n° 1904290 du 31 janvier 2020. Mme E n'a pas exécuté la mesure d'éloignement ainsi prise à son encontre et a sollicité auprès du préfet des Deux-Sèvres la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", qui lui a été refusée par un arrêté du 23 juillet 2021 portant également obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire pendant une durée d'un an. L'intéressée a alors saisi le préfet de Maine-et-Loire d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour, sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 21 octobre 2022, le préfet a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de dix-huit mois. Par sa requête, Mme E demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme Magali Daverton, secrétaire générale de la préfecture de Maine-et-Loire, qui disposait, en application d'un arrêté du 31 août 2022 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Maine-et-Loire d'une délégation pour signer " tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département de Maine-et-Loire ", à l'exception de certains actes limitativement énumérés au nombre desquels ne figurent pas les décisions portant refus de titre de séjour. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les stipulations conventionnelles et les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application. Elle mentionne en outre les circonstances de fait propres à la situation personnelle de Mme E sur lesquelles le préfet s'est fondé pour refuser de lui délivrer un titre de séjour. Par suite, cette décision est suffisamment motivée tant en droit qu'en fait.
4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de Maine-et-Loire a procédé à l'examen de la situation personnelle de Mme E avant de refuser de lui délivrer le titre de séjour sollicité.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que Mme E, qui résidait en France depuis environ huit ans à la date de la décision attaquée, s'est maintenue irrégulièrement sur le territoire français malgré le rejet de sa demande d'asile et les trois arrêtés portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire pris à son encontre le 7 août 2015, le 21 décembre 2018 et le 23 juillet 2021. Si elle réside sur le territoire français avec ses deux enfants A et B D, qui y sont nés le 11 novembre 2014 et le 5 octobre 2016 et y sont scolarisés, les éléments qu'elle produit ne permettent pas de justifier que la cellule familiale ne pourrait se reconstituer en-dehors du territoire, alors qu'elle indique elle-même que le père de ses enfants, ressortissant géorgien résidant en France en situation irrégulière, n'entretient plus de contact avec eux, que ceux-ci ne pourraient être scolarisés dans leur pays d'origine, quand bien même l'aîné bénéficie en France d'une prise en charge au sein d'une unité localisée pour l'inclusion scolaire (Ulis) ou que l'état de santé de ce dernier ne pourrait y être pris en charge dans des conditions satisfaisantes. L'ordonnance du juge des enfants du tribunal judiciaire d'Angers du 17 février 2023 prononçant une interdiction de sortie du territoire français de ses deux enfants jusqu'au 31 mars 2024, postérieure à la décision attaquée, ne permet pas, en outre, de regarder ses enfants comme ayant vocation, à la date de la décision attaquée, à demeurer durablement en France. Par ailleurs, la participation bénévole de Mme E aux actions d'une association, le suivi de cours de français et les relations amicales et de voisinage qu'elle a pu développer sur le territoire ne permettent pas de justifier de l'intensité de ses attaches privées et familiales en France, la requérante n'établissant pas, par ailleurs, qu'elle serait dépourvue d'attaches en Géorgie, où elle a vécu jusqu'à l'âge de 19 ans. Dans ces conditions, la requérante ne justifie pas que la décision portant refus de titre de séjour en litige porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
8. Eu égard à la situation personnelle et familiale de Mme E rappelée au point 6, le préfet de Maine-et-Loire a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, estimer que cette dernière ne justifiait pas de l'existence de motifs exceptionnels ou de considérations humanitaires au sens des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. En sixième et dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
10. Ainsi qu'il a été dit au point 6, Mme E n'établit pas qu'à la date de la décision attaquée, ses enfants n'auraient pas pu quitter le territoire français pour s'installer avec elle dans son pays d'origine et y poursuivre leur scolarité, ni que la prise en charge médicale de son fils aîné aurait fait obstacle à son éloignement. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision portant refus de titre de séjour en litige méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
11. En premier lieu, aux termes du I de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. () ". La décision obligeant Mme E à quitter le territoire français, qui mentionne expressément qu'elle a été prise en application des dispositions du 3° de l'article L. 611-1, n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision portant refus de séjour. Il résulte de ce qui a été dit au point 3 que cette dernière décision est suffisamment motivée. Le moyen tiré du défaut de motivation de l'obligation de quitter le territoire français doit, par suite, être écarté.
12. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour n'est pas établie. Par suite, le moyen tiré de cette illégalité, invoqué par Mme E à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, ne peut qu'être écarté.
13. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que le moyen tiré de ce que le préfet n'aurait pas procédé à l'examen particulier de la situation personnelle de Mme E avant de se prononcer manque en fait et doit être écarté.
14. En quatrième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences de la décision portant obligation de quitter le territoire français sur la situation personnelle de Mme E, ainsi que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, doivent être écartés pour les mêmes motifs de fait que ceux exposés respectivement aux points 6 et 10.
En ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
15. En premier lieu, la décision comporte la mention suffisamment précise des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée manque ainsi en fait et doit être écarté.
16. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas établie. Par suite, le moyen tiré de cette illégalité, invoqué par Mme E à l'encontre de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
17. En premier lieu, la décision comporte la mention suffisamment précise des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée manque ainsi en fait et doit être écarté.
18. En deuxième lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit que l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refusant de lui accorder un délai de départ volontaire n'est pas établie. Par suite, le moyen tiré de cette illégalité, invoqué par Mme E à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, ne peut qu'être écarté.
19. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
20. Mme E soutient qu'un retour en Géorgie l'expose à des risques de traitements inhumains et dégradants. Elle n'apporte toutefois aucune précision ni aucune justification au soutien de ses allégations et n'établit pas, ainsi, la réalité des risques auxquels elle serait exposée, ni que le préfet de Maine-et-Loire n'aurait pas examiné sa situation au regard de ces éléments. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois :
21. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ". Et aux termes de l'article L. 613-2 de ce code : " () les décisions d'interdiction de retour () sont motivées. ".
22. En premier lieu, la décision attaquée vise en particulier les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, fait état de la durée et des conditions de séjour en France de l'intéressée ainsi que des attaches dont elle soutient disposer sur le territoire, et mentionne les mesures d'éloignement dont elle a déjà fait l'objet. Elle est par suite suffisamment motivée en droit comme en fait au regard des obligations posées par les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
23. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que, si Mme E résidait en France depuis plus de huit ans à la date de la décision attaquée, elle ne justifie pas, au-delà de la présence de ses enfants qui ont vocation à regagner son pays d'origine à ses côtés, de l'intensité de ses attaches privées et familiales sur le territoire où elle s'est maintenue en situation irrégulière malgré les mesures d'éloignement prises à son encontre, ni de circonstances particulières qui feraient obstacle à l'interdiction de son retour sur le territoire national pendant une période de dix-huit mois. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
24. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire du 21 octobre 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
25. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation de Mme E, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
26. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par Mme E au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Papineau.
Délibéré après l'audience du 16 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
M. Huin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 7 juillet 2023.
La rapporteure,
V. ROSEMBERG
Le président,
Y. LIVENAIS
Le greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026