lundi 27 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2216008 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | OQTF 6 semaines - 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er décembre 2022, Mme A B, représentée par Me Cabot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 octobre 2022 par lequel le préfet de Maine-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé et a été pris sans un examen suffisant de sa situation personnelle ;
- la mesure d'éloignement méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de destination méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle est illégale par voie de conséquence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 janvier 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale a été accordé à Mme B par décision du 13 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Kaczynski, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Kaczynski, magistrat désigné a été entendu au cours de l'audience publique du 26 janvier 2023 à 14H30.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () /4o La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3o ". Aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. () ".
2. La demande d'asile de Mme A B, ressortissante tchadienne, née le 13 novembre 1998, entrée régulièrement en France le 29 septembre 2019, a été rejetée par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) en date du 28 mai 2020, confirmée par un arrêt de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) en date du 5 juillet 2021. Mme B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 24 octobre 2022 par lequel le préfet de Maine-et-Loire, en application du 4° de l'article L. 611-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office lorsque le délai sera expiré.
3. En premier lieu, si la requérante soutient que la motivation de l'arrêté en cause est insuffisante, cet arrêté comporte l'énoncé des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, s'agissant tant de la décision portant obligation de quitter le territoire que de la décision fixant le pays de destination. Par ailleurs, aucun élément du dossier, et en particulier la motivation formelle de cet arrêté, ne permet de considérer que le préfet n'aurait pas suffisamment examiné la situation personnelle de la requérante, au vu des éléments que cette dernière aura jugé utile de porter à sa connaissance. Le moyen manque donc en fait.
4. En deuxième lieu, Mme B, pour soutenir une violation de son droit à mener une vie privée et familiale normale, fait valoir essentiellement une relation de concubinage nouée en France. Toutefois, elle ne produit, à l'appui de ses dires, qu'une facture d'un opérateur de télécommunications établie à son nom, à une adresse qu'elle présente comme celle de son concubin. Ce document, qui indique la date du 4 septembre 2022 comme début des prélèvements opérés par le prestataire n'est de nature à établir ni la réalité d'une relation continue, ni la date à laquelle cette relation se serait nouée. Ainsi, à supposer même qu'il puisse être regardé que cette relation serait avérée, en l'état du dossier elle ne pourrait être regardée que comme très récente. Le militantisme de Mme B au sein d'un parti politique tchadien est, quant à lui, indifférent sur l'appréciation de l'intensité de sa vie privée et familiale en France. Ainsi, compte tenu de la, brève, durée et des conditions du séjour en France de Mme B, qui n'a été autorisée à y demeurer que pour les besoins de l'instruction de sa demande d'asile, la mesure d'éloignement n'a pas porté au droit de la requérante à mener une vie privée et familiale normale une atteinte excessive et le préfet n'a pas entaché sa décision d'erreur d'appréciation.
5. En troisième lieu, Mme B soutient qu'elle serait exposée, en cas de retour au Tchad, à des traitements prohibés par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. A l'appui de ce moyen elle se borne à, d'une part, faire état de sa soustraction à un mariage forcé, sans préciser la nature des risques qu'elle encourrait de ce fait en cas de retour au Tchad. D'autre, part, elle évoque son militantisme en France au sein d'un mouvement d'opposition tchadien. Mais elle ne produit à l'appui de ses dires que des attestations déjà produites devant la CNDA et que celle-ci a jugé non probantes. Le caractère peu précis de ces documents, non accompagnés d'éléments objectifs pouvant être vérifiés ne permet pas d'en déduire que l'action de Mme B serait d'une intensité telle qu'elle l'exposerait nécessairement à de mauvais traitements au Tchad. Comme l'a déjà retenu la Cour, la visibilité de la requérante n'est nullement établie. Enfin, si dans sa requête elle fait état d'un élément nouveau, postérieur à l'arrêt de la CNDA, à savoir une convocation judiciaire, elle ne la produit pas. Par suite, le moyen doit être écarté.
6. Enfin, n'ayant pas démontré l'illégalité de la mesure d'éloignement, Mme B n'est pas fondée à en exciper pour contester la légalité de la décision fixant le pays de destination.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article2: Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Cabot et au préfet de Maine-et-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2023.
Le magistrat désigné,
D. KACZYNSKI La greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre
les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme.
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026