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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2216228

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2216228

vendredi 27 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2216228
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème chambre
Avocat requérantSAS ITRA CONSULTING

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête enregistrée le 9 décembre 2022 sous le numéro 2216228 et des mémoires enregistrés le 21 décembre 2022 et le 19 septembre 2023, M. K H, agissant pour le compte de la mineure E I L, représenté par la SAS Itra Consulting, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 14 décembre 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision de l'autorité consulaire française à Pointe-Noire (République du Congo) refusant de délivrer à l'enfant E L un visa de long séjour au titre de la procédure de réunification familiale ;

2°) d'enjoindre au consulat général de France à Pointe-Noire de délivrer le visa sollicité ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée et aucune réponse n'a été donnée à la demande de communication des motifs de la décision implicite de la commission ;

- la décision consulaire est dépourvue de base légale ;

- le motif de la décision tiré de l'existence d'une menace à l'ordre public est entaché d'erreur d'appréciation ;

- la décision est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que l'enfant E I est éligible à la réunification familiale ;

- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 mai 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la commission a pris une décision explicite de rejet du recours qui n'est entachée d'aucun vice de légalité ;

- le refus de visa se justifie également par l'absence de justification, par des éléments de possession d'état, de la contribution de M. H à l'entretien et l'éducation de ses filles alléguées.

II. Par une requête enregistrée le 9 décembre 2022 sous le numéro 2216229 et des mémoires enregistrés le 21 décembre 2022 et le 19 septembre 2023, M. K H, agissant pour le compte de la mineure D G A, représenté par la SAS Itra Consulting, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 14 décembre 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision de l'autorité consulaire française à Pointe-Noire (République du Congo) refusant de délivrer à l'enfant D G A un visa de long séjour au titre de la procédure de réunification familiale ;

2°) d'enjoindre au consulat général de France à Pointe-Noire de délivrer le visa sollicité ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée et aucune réponse n'a été donnée à la demande de communication des motifs de la décision implicite de la commission ;

- la décision consulaire est dépourvue de base légale ;

- le motif de la décision tiré de l'existence d'une menace à l'ordre public est entaché d'erreur d'appréciation ;

- la décision est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que l'enfant D G est éligible à la réunification familiale ;

- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 mai 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la commission a pris une décision explicite de rejet du recours qui n'est entachée d'aucun vice de légalité ;

- le refus de visa se justifie également par l'absence de justification, par des éléments de possession d'état, de la contribution de M. H à l'entretien et l'éducation de ses filles alléguées.

III. Par une requête enregistrée le 9 décembre 2022 sous le numéro 2216230 et des mémoires enregistrés le 21 décembre 2022 et le 19 septembre 2023, M. K H, agissant pour le compte de la mineure B J C, représenté par la SAS Itra Consulting, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 14 décembre 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision de l'autorité consulaire française à Pointe-Noire (République du Congo) refusant de délivrer à l'enfant B J C un visa de long séjour au titre de la procédure de réunification familiale ;

2°) d'enjoindre au consulat général de France à Pointe-Noire de délivrer le visa sollicité ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée et aucune réponse n'a été donnée à la demande de communication des motifs de la décision implicite de la commission ;

- la décision consulaire est dépourvue de base légale ;

- le motif de la décision tiré de l'existence d'une menace à l'ordre public est entaché d'erreur d'appréciation ;

- la décision est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que l'enfant B J est éligible à la réunification familiale ;

- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 mai 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la commission a pris une décision explicite de rejet du recours qui n'est entachée d'aucun vice de légalité ;

- le refus de visa se justifie également par l'absence de justification, par des éléments de possession d'état, de la contribution de M. H à l'entretien et l'éducation de ses filles alléguées.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Chatal, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. K H, ressortissant de la République du Congo né en 1983, réfugié en France, soutient être le père des enfants E I A F, D G A et B J C, nées en 2006, 2015 et 2005. Par les requêtes 2216228, 2216229 et 2216230, M. H demande au tribunal d'annuler la décision du 14 décembre 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté les recours formés contre les trois décisions de l'autorité consulaire française à Pointe-Noire (République du Congo) refusant de délivrer aux trois enfants mineures des visas de long séjour au titre de la procédure de réunification familiale.

2. Les requêtes nos 2216228, 2216229 et 2216230 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par une même décision.

Sur les conclusions principales :

3. La commission a rejeté les recours au motif qu'il n'avait pas été produit à l'appui des demandes de visas les jugements de délégation de l'autorité parentale sur les enfants à M. H. La décision se réfère aux articles L. 311-1 et L. 561-2 à L. 561-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen des requêtes tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit dès lors être écarté.

4. Aux termes de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : / 1° Par son conjoint ou le partenaire avec lequel il est lié par une union civile, âgé d'au moins dix-huit ans, si le mariage ou l'union civile est antérieur à la date d'introduction de sa demande d'asile ; / 2° Par son concubin, âgé d'au moins dix-huit ans, avec lequel il avait, avant la date d'introduction de sa demande d'asile, une vie commune suffisamment stable et continue ; / 3° Par les enfants non mariés du couple, n'ayant pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire. () ". Les articles L. 434-3 et L. 434-4 du même code, rendus applicables à la procédure de réunification familiale par l'article L. 561-4 de ce code, ajoutent respectivement que : " Le regroupement familial peut également être demandé pour les enfants mineurs de dix-huit ans du demandeur et pour ceux de son conjoint si, au jour de la demande : / 1° La filiation n'est établie qu'à l'égard du demandeur ou de son conjoint ; / 2° Ou lorsque l'autre parent est décédé ou déchu de ses droits parentaux. ", et que : " Le regroupement familial peut être demandé pour les enfants mineurs de dix-huit ans du demandeur et ceux de son conjoint, qui sont confiés, selon le cas, à l'un ou l'autre, au titre de l'exercice de l'autorité parentale, en vertu d'une décision d'une juridiction étrangère. Une copie de cette décision devra être produite ainsi que l'autorisation de l'autre parent de laisser le mineur venir en France. ".

5. Il ressort des actes de naissance joints aux trois requêtes que l'enfant B J, née le 26 avril 2005, est issue de l'union de M. H et de Mme P, que l'enfant E I, née le 21 janvier 2006, est issue de l'union de M. H et de Mme M O, et que l'enfant D G, née le 22 juin 2015, est issue de l'union de M. H et Mme Q N. Il ne ressort d'aucune pièce des dossiers et n'est pas davantage soutenu par le requérant que les trois mères de ses filles seraient décédées, déchues de leur autorité parentale, ni que des jugements lui auraient délégué leur autorité parentale sur chacune de leurs filles. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision de la commission serait entachée d'erreur d'appréciation, ni, en l'absence de précisions quant aux liens qu'il entretiendrait avec ses filles et à leur situation dans leur pays d'origine, qu'elle méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

6. Par ailleurs, si le requérant soutient dans chacune de ses requêtes que la décision consulaire est dépourvue de base légale dès lors qu'aucune des dispositions visées dans la décision ne ferait mention des demandes de visa, un tel moyen ne peut qu'être écarté dès lors que les conclusions sont désormais dirigées contre la décision explicite de la commission, qui n'est pas dépourvue de base légale. Les autres moyens de la requête dirigés contre les motifs de la décision consulaire, non repris dans la décision du 14 décembre 2022 de la commission, doivent être écartés comme inopérants.

7. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions des trois requêtes tendant à l'annulation de la décision du 14 décembre 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté les recours contre les trois décisions de refus de visas opposées aux enfants B J, E I et D G.

Sur les conclusions accessoires :

8. Le présent jugement rejetant les conclusions principales des requêtes, il y a lieu de rejeter, par voie de conséquence, les conclusions tendant au prononcé d'une mesure d'injonction ainsi que celles relatives aux frais des litiges.

D É C I D E :

Article 1er : Les requêtes nos 2216228, 2216229 et 2216230 de M. H sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. K H et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 29 septembre 2023 à laquelle siégeaient :

Mme Douet, présidente,

Mme Chatal, conseillère,

M. Ravaut, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2023.

La rapporteure,

A. CHATALLa présidente,

H. DOUETLe greffier,

S. VALAIS.

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Nos 2216228,

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