LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2216273

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2216273

vendredi 27 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2216273
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème chambre
Avocat requérantTHIEFFRY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 décembre 2022, M. F J A, agissant en son nom et au nom des enfants K C A, G A, L D A, I A, H A, et Mme E B, représentés par Me Thieffry, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours formé contre les décisions implicites de refus de visas opposées à Mme B et aux enfants K C A, G A, L D A, I A et H A au titre de la réunification familiale ;

2°) d'enjoindre au ministre compétent, à titre principal de délivrer les visas de long séjour sollicités dans un délai de dix jours, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire de réexaminer les demandes de visas dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à M. J A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision méconnaît les articles 3-1, 9 et 10 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la décision méconnaît le droit à l'unité de la famille et le droit à la réunification familiale ouvert aux personnes réfugiées.

Par un mémoire en défense enregistré le 21 avril 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code civil ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Chatal, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. F J A, ressortissant rwandais né en 1979, réfugié en France, soutient être le conjoint de Mme E B, également de nationalité rwandaise, et le père des enfants K C A, G A, L D A, I A et H A. Par leur requête, M. J A et Mme B demandent au tribunal d'annuler la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours formé contre les décisions implicites de refus de visas opposées à Mme B et aux cinq enfants allégués de M. J A.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Il ressort des écritures en défense que la commission doit être regardée comme ayant rejeté le recours aux motifs, d'une part que les actes de naissance des enfants étaient dépourvus de caractère probant et empêchaient ainsi de tenir pour établies leur identité et leur filiation, et d'autre part qu'il n'avait pas été produit de jugement de délégation d'autorité parentale des mères des enfants à M. J A.

3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

4. L'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que la vérification des actes d'état civil étrangers doit être effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. Cet article, dans sa rédaction applicable au litige, dispose quant à lui que : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. Celle-ci est appréciée au regard de la loi française. ". Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties.

En ce qui concerne Mme B :

5. Il ressort des pièces du dossier que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a délivré à M. J A un certificat de mariage tenant lieu d'acte d'état civil dont il ressort que l'office a tenu pour établie son union en 2011 avec Mme E B. La requérante verse au dossier la copie de son passeport et doit dès lors être regardée comme justifiant être la personne désignée dans le certificat délivré par l'OFPRA. Par suite, et en l'absence de tout motif opposé par l'autorité consulaire, la commission, ou le ministre de l'intérieur et des outre-mer, pour justifier le refus de visa opposé à Mme B, les requérants sont bien fondés à soutenir que la décision litigieuse porte une atteinte disproportionnée à leur droit au respect de leur vie privée et familiale au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne les demandeurs de visas mineurs :

6. Aux termes de l'article 78 de la loi n° 32/2016 du 28 août 2016 régissant les personnes et la famille, publiée au journal officiel du Rwanda le 12 septembre 2016, cité par le ministre dans ses écritures en défense : " Les actes de l'état civil sont côtés dans leurs registres et enregistrés dans l'ordre numérique croissant, sans aucun blanc ni rature ou surcharge. () ".

7. Afin d'établir l'identité des demandeurs de visa mineurs, les requérants versent au dossier cinq actes de naissance établis aux mois de décembre 2021 et janvier 2022 d'après lesquels les enfants K C A et G A sont issus de l'union de M. J A et Mme B, et les enfants L D B, H A et I A sont issus de trois autres unions de M. J A. Ces actes ne comportent cependant aucun numéro d'acte ni de registre et apparaissent établis de nombreuses années après les naissances en question, sur la déclaration et le témoignage de tiers dont les liens avec les enfants ou leurs parents ne sont pas précisés. Au vu des dispositions précitées de l'article 78 de la loi du 28 août 2016 régissant les personnes et la famille, le ministre est bien fondé à faire valoir que les actes de naissance des cinq enfants ne sont pas revêtus d'un caractère suffisamment probant. Dans ces conditions, et en l'absence d'éléments de possession d'état permettant d'établir l'identité et la filiation des demandeurs de visas, les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'en confirmant les refus de visas opposés aux cinq mineurs, la commission aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Par ailleurs, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des stipulations des articles 9 et 10 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant qui ne créent d'obligations qu'entre les Etats sans ouvrir de droits aux particuliers.

8. Enfin, en invoquant la méconnaissance par la décision attaquée du droit à l'unité de la famille et du droit à la réunification familiale sans citer précisément de textes conventionnels, législatifs ou réglementaires, autres que la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et la convention internationale relative aux droits de l'enfant, les requérants n'assortissent pas leurs moyens des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

9. Il résulte de l'instruction que le motif tiré de ce que l'identité et la filiation des cinq enfants demandeurs de visas ne sont pas suffisamment établies suffisait à lui-seul à fonder les décisions de refus de visa implicitement confirmées par la commission.

10. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'annuler la décision de la commission, en tant qu'elle confirme la décision de refus de visa opposée à Mme B, et de rejeter les conclusions de la requête tendant à l'annulation de cette décision en tant qu'elle confirme les décisions implicites de refus de visas opposées aux enfants K C A, G A, L D A, I A et H A.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

11. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer à Mme B le visa de long séjour sollicité. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui faire délivrer ce visa dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme globale de 1 200 euros à verser aux requérants en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La décision implicite de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France est annulée en tant qu'elle confirme la décision implicite de refus de visa opposée à Mme B.

Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer à Mme B le visa de long séjour sollicité dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera aux requérants une somme globale de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. F J A, à Mme E B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 29 septembre 2023 à laquelle siégeaient :

Mme Douet, présidente,

Mme Chatal, conseillère,

M. Ravaut, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2023.

La rapporteure,

A. CHATALLa présidente,

H. DOUETLe greffier,

S. VALAIS.

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions