jeudi 16 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2216707 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | OQTF 6 semaines - 6ème chambre |
| Avocat requérant | RODRIGUES DEVESAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces enregistrées le 20 décembre 2022 et le 30 janvier 2023, Mme A D représentée par Me Rodrigues Devesas demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 septembre 2022 par lequel le préfet de la Vendée lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, laquelle obligation fixe le pays de destination en cas de reconduite d'office à l'issue de ce délai et lui a enjoint de se présenter une fois par semaine à la brigade de gendarmerie de Fontenay-le-Comte ;
2°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- le signataire n'ayant pas reçu de délégation de signature de la part du préfet de la Vendée, la décision est entachée d'illégalité ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
-
En ce qui concerne la décision portant obligation de se présenter aux services de police :
elle méconnaît les dispositions de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2023, le préfet de la Vendée conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par Mme D n'est fondé. Vu les pièces du dossier.
Mme D a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 janvier
2023.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Giraud, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Giraud, président, a été entendu au cours de l'audience publique. La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A D ressortissante kosovare née le 10 avril 1992, serait entrée en France le 6 mai 2022. Sa demande d'asile a été rejetée par l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 17 août 2022. Par un arrêté du 9 septembre 2022, le préfet de la Vendée l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite d'office et lui a enjoint de se présenter une fois par semaine, après prise de rendez-vous, à la brigade de gendarmerie de Fontenay-le-Comte. Mme D demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme C E, sous-préfète de Fontenay-le-Comte. Par arrêté du 8 avril 2022, régulièrement publié le 11 avril 2022 au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de la Vendée lui a donné délégation à l'effet de
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signer toutes les décisions en matière de droit au séjour et d'éloignement des étrangers prises dans le cadre du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ne ressort pas du dossier que le préfet de la Vendée n'aurait pas été absent ou empêché. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient la requérante, l'arrêté du 9 septembre 2022 comporte l'exposé détaillé des considérations de droit et de fait qui le fondent. Il suit de là que le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
5. Mme D est entrée, selon ses dires, sur le territoire français le 2 juin 2022, après avoir vécu 30 ans dans son pays d'origine. Elle est arrivée en France avec son mari, M. B D, lui aussi en situation irrégulière, qui fait également l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, et ses enfants. Compte tenu du caractère très récent de son séjour sur le territoire français, de ce que l'ensemble de la famille de Mme D, composée de son mari et de ses enfants, ne fait valoir aucun lien familial ou amical en France et ne soutient pas être dépourvue d'attaches dans son pays d'origine, le préfet de la Vendée n'a pas porté à son droit à une vie privée et familiale normale une atteinte excessive et n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision obligeant Mme D à quitter le territoire français, dans les conditions rappelées au point 5, ait pour effet de la séparer de ses enfants ni de les priver d'une possible scolarité au Kossovo, où ils vivaient jusqu'en mai 2022. Dès lors, ce refus ne méconnaît pas l'intérêt supérieur de ces enfants.
7. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant au soutien des conclusions tendant à l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français. S'il devait être regardé comme dirigé contre la décision fixant le pays de destination, il ressort des pièces du dossier que la requérante qui s'est vue refuser la qualité de réfugié par l'OFPRA, soutient qu'elle court personnellement des risques dans son pays d'origine compte tenu des menaces et violences dont elle ou son mari ont été l'objet au Kossovo, suite à l'exercice des fonctions d'agent de sécurité de son mari au sein d'une discothèque. Ces éléments peu circonstanciés et imprécis ne permettent pas d'établir que Mme D serait soumise, en cas de retour dans son pays d'origine, à des risques personnels contre son intégrité physique ou psychologique. Dès lors, le préfet de la Vendée n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention précitée.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être astreint à
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se présenter à l'autorité administrative ou aux services de police ou aux unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire. ". La décision contestée n'indique pas que l'obligation de se présenter doive se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire. Ainsi, le préfet de la Vendée n'a pas méconnu les dispositions de cet article.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué et présentées au titre des frais d'instance doivent, toutes, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 :Le présent jugement sera notifié à Mme A D, au préfet de la Vendée et à Me Stéphanie Rodrigues Devesas.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2023.
Le magistrat désigné,
T. GIRAUD
Le greffier,
C. GENTILS
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026