mardi 26 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2216749 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | THOUMINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 décembre 2022, M. A C, représenté par Me Thoumine, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er juillet 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de séjour :
- il n'est pas établi que l'acte attaqué ait été signé par une autorité habilitée ;
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de fait quant à son âge lorsqu'il est arrivé en France et à la circonstance qu'il a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle est illégale à raison de l'illégalité de la décision refus de séjour ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 mai 2023, la préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Martel,
- et les observations de Me Thoumine, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant congolais né le 26 avril 1998, déclare être entré irrégulièrement en France en mars 2015. Il a été confié provisoirement au service de l'aide sociale à l'enfance par une ordonnance du juge des enfants de B en date du 14 septembre 2015. Par une ordonnance du 11 janvier 2016, le juge aux affaires familiales près le tribunal de grande instance de B a ouvert la tutelle de M. C et l'a déférée au conseil départemental de la Loire-Atlantique. Le 31 octobre 2021, M. C a sollicité la délivrance d'un titre de séjour auprès du préfet de la Loire-Atlantique. Par une décision du 1er juillet 2022, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé son admission au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai.
Sur la légalité de l'acte attaqué :
2. Pour refuser de délivrer à M. C le titre de séjour sollicité sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Loire-Atlantique a retenu que l'intéressé, né le 26 avril 1998 au Congo, déclare être entré en France en mars 2015, mais qu'il ne s'est toutefois jamais fait connaître auprès des services de l'administration jusqu'au 21 octobre 2021, date à laquelle il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour et que, s'il se prévaut d'une situation de concubinage en France, sa concubine, également de nationalité congolaise, fait également l'objet d'une obligation de quitter le territoire. Le préfet s'est également fondé sur les circonstances que M. C n'a jamais travaillé en France depuis ses sept années de présence alléguées et qu'il n'est pas établi qu'il est dépourvu de lien privé et familial dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 23 ans.
3. Il ressort cependant des pièces du dossier que M. C est arrivé en France à l'âge de 17 ans et qu'il a alors été confié, par ordonnance du 14 septembre 2015 du juge des enfants, puis par ordonnance du 11 janvier 2016 du juge aux affaires familiales près le tribunal de grande instance de B, au conseil départemental de la Loire-Atlantique jusqu'à sa majorité. Dans ce cadre, il a été pris en charge, du 1er novembre 2015 au 26 avril 2016, par le service accueil et accompagnement des mineurs étrangers à l'hôtel de l'association Saint-Benoît de Labre. Si la circonstance mentionnée dans la décision litigieuse qu'il est entré en France à l'âge de 23 ans, relève manifestement d'une simple erreur de plume, purement matérielle, dès lors qu'est mentionnée sa date de naissance, le 26 avril 1998, et sept années de présence sur le territoire. En revanche, la circonstance selon laquelle il ne se serait pas fait connaître des services administratifs avant sa demande de titre de séjour en octobre 2021 est erronée. Ainsi, contrairement à ce que soutient le préfet en défense, il a, par deux décisions de justice, été confié au service de l'aide sociale à l'enfance de la Loire-Atlantique et cette prise en charge, qui a été assurée, jusqu'à sa majorité, a notamment permis sa scolarisation à la maison familiale rurale Val de Logne à Legé. Au vu de ces éléments, M. C est fondé à soutenir que la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'une erreur de fait et d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens présentés à cette fin, la décision par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé d'accorder au requérant un titre de séjour doit être annulée, ainsi que, par voie de conséquence, les autres décisions que comporte l'acte attaqué en date du 1er juillet 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Eu égard aux motifs énoncés au point 3, l'exécution du présent jugement implique seulement que le préfet de la Loire-Atlantique procède au réexamen de la demande de titre de séjour de M. C. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au préfet d'y procéder dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
6. M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et, sous réserve que Me Thoumine, avocate du requérant, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser, à ce titre, à Me Thoumine.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du préfet de la Loire-Atlantique en date du 1er juillet 2022 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Loire-Atlantique de procéder au réexamen de la demande de titre de séjour de M. C dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Thoumine, avocate de M. C, la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Thoumine renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Thoumine et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Cantié, président,
Mme Martel, première conseillère,
M. Delohen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2023.
La rapporteure,
C. MARTEL
Le président,
C. CANTIELa greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026