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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2300151

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2300151

vendredi 5 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2300151
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationOQTF 6 semaines - 7ème chambre
Avocat requérantDESFRANCOIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 5 janvier 2023, le 6 janvier 2023 et le 29 mars 2023, M. B C représenté par Me Desfrançois, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 3 janvier 2023 par lesquelles le préfet de la Loire-Atlantique l'a obligé à quitter le territoire, a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office, lui a notifié une interdiction de retour sur le territoire français de trois années et l'a assigné à résidence ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quarante-huit heures ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son avocat en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- il n'est pas démontré que la signataire de l'arrêté était compétente ;

- la décision est insuffisamment motivée en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :

- il n'est pas démontré que la signataire de l'arrêté était compétente ;

- la décision est insuffisamment motivée en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- il n'est pas démontré que la signataire de l'arrêté était compétente ;

- la décision est insuffisamment motivée en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen de sa situation particulière, notamment en ce qui concerne l'absence de traitement contraire à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en Tunisie ;

- la décision est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- la décision méconnait les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

- il n'est pas démontré que la signataire de l'arrêté était compétente ;

- la décision est insuffisamment motivée en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen de sa situation particulière ;

- la décision méconnait les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ne peut être fondée sur la seule éventuelle menace à l'ordre public ;

En ce qui concerne l'assignation à résidence :

- la décision est insuffisamment motivée ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen de sa situation particulière ; le préfet n'indique pas en quoi le risque de fuite serait établi ni en quoi il existerait une perspective raisonnable qu'il puisse quitter le territoire ;

- la décision est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- la décision est disproportionnée et méconnait sa situation familiale, notamment l'obligation de se déplacer avec tous ses effets personnels.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 janvier 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête de M. C.

Il soutient que :

- il a retiré l'assignation à résidence prononcée à l'égard de M. C par un arrêté du 9 janvier 2023 ;

- les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 avril 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Béria-Guillaumie, vice-présidente, en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Béria-Guillaumie, magistrate désignée ;

- les observations de Me Desfrançois, représentant M. C ;

- et les observations de M. C.

Considérant ce qui suit

1. M. B C ressortissant tunisien né en octobre 1996, est entré en France en mai 2018. Par des décisions du 3 janvier 2023, le préfet de la Loire-Atlantique a obligé M. C à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office, lui a notifié une interdiction de retour sur le territoire français de trois années et l'a assigné à résidence. M. C demande l'annulation des décisions du 3 janvier 2023.

Sur l'étendue du litige :

2. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 9 janvier 2023, le préfet de la Loire-Atlantique a retiré l'arrêté du 3 janvier 2023 portant assignation à résidence de M. C, ce dernier ayant été incarcéré au centre pénitentiaire de Nantes dès le 4 janvier 2023 à la suite de sa condamnation à une peine d'emprisonnement de six mois par le tribunal correctionnel de Nantes du 4 janvier 2023. Ce retrait est définitif. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'arrêté du 9 janvier 2023 portant assignation à résidence aurait eu un commencement d'exécution. Dès lors, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. C tendant à l'annulation de l'arrêté du 3 janvier 2023 l'assignant à résidence dans le département de Loire-Atlantique.

Sur les moyens communs à l'ensemble des décisions :

3. En premier lieu, l'arrêté portant à l'égard de M. C obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays d'éloignement et interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois années, a été signée pour le préfet par Mme D A, cheffe du bureau du contentieux et de l'éloignement. Par un arrêté du 5 septembre 2022, publié au recueil des actes administratifs du même jour, le préfet de la Loire-Atlantique a donné délégation de signature à la directrice des migrations et de l'intégration à l'effet de signer dans le cadre des attributions relevant de sa direction " tous arrêtés et décisions individuelles relevant des attributions de la direction des migrations et de l'intégration, à l'exception des arrêtés réglementaires et des circulaires aux maires ", et plus précisément, dans le cadre du bureau du contentieux et de l'éloignement, " - les décisions portant obligation de quitter le territoire assorties ou non d'une décision portant sur le délai de retour volontaire avec ou sans mesure de surveillance ; / () - les décisions portant interdiction de retour ou de circulation sur le territoire français ; / - les décision fixant le pays de renvoi ; () - les arrêtés portant assignation à résidence ou renouvellement de l'assignation à résidence () ". En cas d'absence de la directrice des migrations et de l'intégration, l'article 2 de ce même arrêté conférait la même délégation à son adjoint, attaché principal. Enfin, en cas d'absence ou d'empêchement simultanés de la directrice des migrations et de l'intégration et de son adjoint, par l'article 3 de ce même arrêté, le préfet de la Loire-Atlantique conférait la même délégation de signature, dans la limite des attributions respectives de leurs services ou bureaux, à plusieurs chefs de bureaux, dont Mme A, attachée principal, et cheffe du bureau du contentieux et de l'éloignement. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions du 3 janvier 2023 manque en fait et doit être écarté.

4. En deuxième lieu, l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent ". L'article L. 211-5 du même code dispose que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

5. Contrairement à ce que soutient le requérant, l'arrêté du 3 janvier 2023 comporte l'exposé détaillé de considérations de droit et de fait qui le fondent pour chacune des décisions qui le composent. Il suit de là que le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'ensemble des décisions du 3 janvier 2023 manque en fait et doit être écarté.

6. En dernier lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté du 3 janvier 2023 qui comporte un exposé détaillé de la situation de M. C, tant personnelle que familiale ou au regard de ses antécédents de conduite délictuelle, ni des autres pièces du dossier que le préfet de la Loire-Atlantique n'aurait pas procédé à un examen de la situation personnelle de M. C avant de l'obliger à quitter le territoire français, de fixer la Tunisie ou tout autre pays où il serait légalement admissible comme pays d'éloignement ou de prononcer à son égard une interdiction de retour sur le territoire français de trois années. Il suit de là que ce moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

7. L'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () ".

8. En premier lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".

9. M. C invoque à l'appui du moyen tiré de l'atteinte excessive portée à son droit à une vie privée et familiale normale, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le mariage qu'il a contracté en juin 2022 avec une ressortissante britannique admise au séjour en France. Néanmoins, s'il a indiqué au cours de sa garde à vue avoir noué depuis deux ans une relation avec son épouse, il n'apporte aucun élément de nature à établir l'ancienneté de cette relation antérieurement au mariage en juin 2022, sept mois avant la décision contestée. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que s'il indique résider en France depuis l'année 2018, il s'est vu opposer deux obligations de quitter le territoire français en janvier 2020 et en février 2021, toutes deux assorties d'interdictions de retour sur le territoire français, qu'il n'a pas exécutées et n'a pas, à l'exception d'une demande d'asile en 2018, demandé la délivrance d'un titre de séjour en France. Par ailleurs, il n'établit ni même n'allègue être dépourvu de toute attache dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-deux ans. Dans ces conditions, et alors en outre que l'intéressé a été mis en cause à de nombreuses reprises pour de faits délictuels, en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas porté à son droit à une vie privée et familiale normale une atteinte excessive et n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

10. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas apprécié de manière manifestement erronée les conséquences de sa décision d'obligation de quitter le territoire français sur la situation de M. C.

Sur le refus de délai de départ volontaire :

11. L'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision () ". Par ailleurs, l'article L. 612-2 du même code dispose que : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Enfin, l'article L. 612-3 du même code dispose que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / (.) 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".

12. Il résulte de ce qui a été dit aux points 3 à 10 que M. C n'est pas fondé à invoquer, à l'encontre de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, le moyen tiré par voie d'exception de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français du 3 janvier 2023.

Sur la décision fixant le pays d'éloignement :

13. L'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi :/ 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". L'article 3 de cette convention stipule que : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

14. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 3 à 10 que M. C n'est pas fondé à invoquer, à l'encontre de la décision fixant le pays d'éloignement, le moyen tiré par voie d'exception de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français du 3 janvier 2023.

15. En second lieu, si M. C soutient encourir des risques en cas de retour en Tunisie, il n'apporte aucune précision ni dans le cadre du présent contentieux ni dans ses déclarations lors de sa garde-à-vue sur ces risques, alors qu'il ressort des pièces du dossier que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides avait rejeté en décembre 2018 sa demande d'asile et qu'il s'était désisté de son recours contre cette décision, désistement dont la Cour nationale du droit d'asile a donné acte dans une décision du 21 octobre 2019. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 724-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut être accueillie.

Sur l'interdiction de retour de trois années :

16. L'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

17. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus au point 9, M. C est marié depuis juin 2022 avec une ressortissante britannique. Il ressort également des pièces dossier, confirmées par les déclarations à l'audience, non contredites, que l'épouse du requérant ne peut quitter la France, puisque ses deux jeunes enfants ont été confiés à l'aide sociale dans ce pays et qu'elle bénéficie d'un droit de garde et de visite chez ses deux enfants. Dans ces conditions, compte tenu de l'impact de l'interdiction de retour sur le territoire français et de sa durée sur sa vie privée et familiale, M. C est fondé à soutenir que l'interdiction de retour sur le territoire français de trois années prononcée par le préfet de la Loire-Atlantique à son égard méconnait les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et à en demander, pour ce motif, l'annulation.

18. Il résulte de tout ce qui précède que M. C est uniquement fondé à demander l'annulation de la décision du 3 janvier 2023 portant à son égard une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

19. Le présent jugement, qui se borne à annuler la décision du 3 janvier 2023 portant à l'égard de M. C interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, n'implique aucune mesure d'exécution. Il suit de là que les conclusions à fin d'injonction présentées par M. C doivent être rejetées.

Sur les frais du litige :

20. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de M. C tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. C tendant à l'annulation de l'assignation à résidence du 9 janvier 2023.

Article 2 : La décision du 3 janvier 2023 portant à l'égard de M. C interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans est annulée.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Desfrançois et au préfet de la Loire-Atlantique.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mai 2023.

La magistrate désignée,

M. E

La greffière,

Y. BOUBEKEUR

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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