jeudi 9 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2300349 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | COJOCARU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 9 janvier 2023, 20 juillet 2023 et 13 octobre 2023, M. A B, représenté par Me Cojocaru, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 décembre 2022 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour.
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juillet 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
M. A B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Giraud, président-rapporteur,
- et les observations de Me Louvel substituant Me Cojocaru, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant algérien né le 24 mars 1994, déclare être entré irrégulièrement en France le 1er février 2020. Il a sollicité du préfet de Maine-et-Loire la délivrance d'un titre de séjour pour raisons de santé sur le fondement de l'article 6-7 de l'accord franco-algérien. Une autorisation provisoire de séjour lui a été délivrée, et renouvelée une fois jusqu'au 24 octobre 2022. Sa demande de renouvellement de titre de séjour pour raisons de santé a été rejetée par un arrêté du 19 décembre 2022 portant en outre obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. En premier lieu, si le requérant soutient que l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé, il ressort des pièces du dossier que celui-ci mentionne notamment les dispositions de l'accord franco-algérien et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables à la situation de M. B ainsi que des éléments sur sa situation personnelle, son entrée en France, les conditions de son séjour, l'objet de sa demande de titre de séjour. Dès lors le moyen doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, au titre de l'offre de soin disponible dans son pays d'origine, motif de la décision de rejet de sa demande de titre de séjour par le préfet de Maine-et-Loire, M. B n'apporte aucun élément de nature à contester utilement l'avis du 31 août 2022 par lequel les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ont considéré que si l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il pourrait cependant bénéficier d'un accès effectif au traitement nécessaire en Algérie. Il se borne à produire un certificat médical d'un médecin algérien ainsi que des preuves de son suivi au centre hospitalier universitaire d'Angers qui concordent tous les deux sur sa pathologie mais n'apportent absolument aucun élément sur l'absence de traitement disponible en Algérie.
4. En troisième lieu, il ressort certes des pièces du dossier que M. B est en couple avec une ressortissante française, avec laquelle il réside depuis le mois de janvier 2023 et qu'il a épousée le 27 mai 2023. M. B soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle. Il fait état de sa présence en France depuis près de trois ans à la date de l'arrêté attaqué, ainsi que de la présence de sa tante et d'un oncle aujourd'hui décédé, il ne conteste pas être dépourvu d'attaches familiales en Algérie, où il a vécu jusqu'à l'âge de 26 ans et où résident toujours ses frères et sœurs ainsi que ses parents. Au titre de sa situation professionnelle, M. B fait valoir qu'il a réalisé plusieurs missions d'intérim en qualité d'ouvrier de production et de manutentionnaire entre les mois de janvier et novembre 2022, et qu'il a également signé un contrat à durée déterminée de cinq jours au mois de novembre 2022 avec la société Atb49 en qualité d'ouvrier main d'œuvre. Toutefois, ces expériences professionnelles sont ponctuelles et ne permettent pas d'établir une véritable insertion socio-professionnelle du requérant en France. Ces éléments, utilement invocables seulement contre l'obligation de quitter le territoire français compte tenu de la nature du titre sollicité et du fait que le préfet ne s'est pas prononcé sur le droit au séjour de M. B à un autre titre, ne permettent pas d'établir que le préfet de Maine-et-Loire aurait, en l'obligeant à quitter le territoire français, porté une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale ni entaché cette décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de Maine-et-Loire.
Délibéré après l'audience du 19 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Giraud, président,
Mme Beyls, conseillère,
M. Huet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2023.
Le président-rapporteur,
T. GIRAUDL'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
M. BEYLSLe greffier,
G. VIEL
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
cg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026