jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2300473 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | NGUIYAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 janvier 2023, M. B A, représenté par Me Nguiyan, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 19 décembre 2022 par laquelle l'autorité consulaire française à Yaoundé (Cameroun) a refusé de lui délivrer un visa d'entrée et de long séjour en qualité d'étudiant ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable dès lors qu'il a saisi la commission de recours contre les décisions de refus de visas d'entrée en France d'un recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision litigieuse ;
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que sa rentrée est fixée au 19 janvier 2023, alors qu'il a fait preuve de diligences particulières, notamment en ce qu'il a reçu son attestation préalable d'inscription le 22 août 2022, a formulé sa demande de visa dès le 26 août suivant et a été reçu à l'ambassade le 29 août 2022 ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'instruction du 4 juillet 2019 relative aux demandes de visas de long séjour pour études dès lors que le volet académique de son projet a déjà été apprécié par l'établissement supérieur français dans lequel il a été admis de sorte qu'il ne peut plus être apprécié par Campus France, alors, en outre, qu'il justifie de son admission dans un établissement d'enseignement supérieur pour y suivre un cycle d'études, disposer d'un hébergement, d'une adresse en France, et des ressources suffisantes pour couvrir ses frais d'études ; il remplit ainsi l'ensemble des conditions pour obtenir le visa sollicité ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il est titulaire d'un baccalauréat scientifique et d'une licence en gestion logistique et transport, a effectué plusieurs stages dans le domaine des logistiques et transports, justifie de notes satisfaisantes et est inscrit en première année de master option management stratégique et développement international d'entreprise au sein du groupe Global Institution au titre de l'année 2022-2023 ; après l'obtention de son diplôme, il souhaite travailler en tant que responsable d'exploitation logistique ; sa formation terminée, il retournera dans son pays d'origine, en voie de développement, particulièrement économiquement, pour développer une agence spécialisée dans le transport de marchandises ; son projet universitaire est, ainsi, cohérent et en rapport avec son parcours académique et professionnel précédent ; son projet professionnel est pertinent au regard des besoins de son pays d'origine ; l'avis défavorable du service de coopération et d'action culturelle (SCAC) ne suffit pas à établir l'absence de sérieux et de cohérence de son projet de formation ; afin de garantir son séjour en France, il dispose d'un hébergement ainsi que d'une attestation de virement irrévocable de 7380 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence particulière, justifiant que le juge des référés se prononce avant l'intervention de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, n'est pas remplie, la seule circonstance que la rentrée la plus tardive du requérant soit fixée au 19 janvier 2023, date de surcroît dépassée, étant insuffisante, et alors, en outre, qu'il a attendu le 19 décembre 2022 pour déposer sa demande de visa alors qu'il a reçu confirmation de son inscription dès le 26 octobre 2022 ; le requérant s'est ainsi placé dans la situation d'urgence qu'il invoque ;
- aucun des moyens soulevés par M. A n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée laquelle est fondée, d'une part, sur l'absence de fiabilité des conditions de séjour de M. A, eu égard à la localisation de son logement, et l'insuffisance de ses ressources, et, d'autre part, sur le risque de détournement de l'objet du visa à d'autres fins que celles de poursuivre des études en France, révélé par l'absence de caractère cohérent et sérieux de la formation envisagée et le profil du requérant ( son projet n'est pas cohérent, le master envisagé visant des perspectives d'emploi dans les domaines du marketing, du luxe ou de la communication ; son niveau dans les domaines souhaités est irrégulier et ses résultats sont insuffisants ; le SCAC et Campus France ont rendu un avis défavorable à son projet d'études ; les stages dont il se prévaut concernent des entreprises dont l'activité n'est pas la logistique ; la formation envisagée est de moindre qualité que celles existant dans le même domaine au Cameroun ; célibataire et sans attaches particulières dans son pays d'origine, et alors qu'il soutient souhaiter développer son expérience professionnelle avant de retourner au Cameroun, il est peu probable qu'il retourne dans son pays d'origine à l'issue de la formation envisagée).
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- l'instruction du 4 juillet 2019 relative aux demandes de visas de long séjour pour études dans le cadre de la directive (UE) 2016/801 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Robert-Nutte, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 janvier 2023 à 10 h 30 :
- le rapport de Mme Robert-Nutte, juge des référés,
- les observations de Me Nguiyan, représentant M. A. Me Nguyan insiste sur la diligence dont a fait preuve le requérant et sur les dysfonctionnements de la procédure d'enregistrement des demandes de visa à l'ambassade de France à Yaoundé, à l'origine du délai d'enregistrement de sa demande de visa ; il indique que l'intéressé est autorisé à intégrer cette formation jusqu'au 9 février 2023 ; il insiste à la barre sur le sérieux et la cohérence du projet d'études en cause et les résultats très satisfaisants obtenus par le requérant dans les matières en lien avec son projet, et sur la fiabilité des conditions de séjour de M. A, le temps de trajet pour rejoindre son école, depuis son lieu de résidence étant tout à fait compatible avec le suivi de cette formation, la pièce produite en défense à ce titre ne tenant pas compte de la variation des temps de trajet en Ile-de-France et des modes de transport offerts par la SNCF, et sur la suffisance de ses ressources, eu égard à l'attestation de virement irrévocable produite ; enfin, Me Nguyan souligne que les avis du SCAC et de Campus France n'ont pas été produits en défense et que l'une des sociétés où le requérant a effectué un stage a pour activité le transport de déchets ;
- et les observations du représentant du ministre de l'intérieur et des outre-mer ; il fait valoir qu'en l'état du dossier, le requérant n'est plus autorisé à intégrer la formation envisagée et insiste à la barre sur le caractère défavorable des avis émis par le SCAC et Campus France, et sur les résultats insuffisants du requérant dans les matières ayant trait à la logistique.
La clôture de l'instruction a été fixée au 24 janvier 2023 à 16 heures.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant camerounais né le 20 mai 1997, a été admis à intégrer l'école Groupe Global Institution (GGI) Business School en 1ère année de master of business administration (MBA) spécialité management stratégique et développement international d'entreprise, au titre de l'année académique 2022/2023. L'intéressé demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 19 décembre 2022 par laquelle l'autorité consulaire française à Yaoundé (Cameroun) a refusé de lui délivrer un visa d'entrée et de long séjour en qualité d'étudiant.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. L'objet du référé organisé par l'article L. 521-1 du code de justice administrative est de permettre, dans tous les cas où l'urgence le justifie, la suspension dans les meilleurs délais d'une décision administrative contestée par le demandeur. Une telle possibilité est ouverte y compris dans le cas où un texte impose l'exercice d'un recours administratif préalable avant de saisir le juge, sans donner un caractère suspensif à ce recours obligatoire. Dans une telle hypothèse, la suspension peut être demandée au juge des référés sans attendre que l'autorité administrative ait statué sur le recours préalable, dès lors que l'intéressé a justifié, en produisant une copie de ce recours, qu'il a engagé les démarches nécessaires auprès de cette autorité pour obtenir l'annulation ou la réformation de la décision contestée. Saisi d'une telle demande de suspension, le juge des référés peut y faire droit si l'urgence justifie la suspension avant même que cette autorité ait statué sur le recours préalable et s'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
4. Aucun des moyens invoqués par M. A, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 19 décembre 2022 par laquelle l'autorité consulaire française à Yaoundé (Cameroun) a refusé de lui délivrer un visa d'entrée et de long séjour en qualité d'étudiant.
5. Il y a lieu, en conséquence, et sans qu'il soit besoin d'apprécier la condition d'urgence, de rejeter la requête de M. A, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Nantes, le 2 février 2023.
La juge des référés,
O. ROBERT NUTTE
La greffière,
G. PEIGNELa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026