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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2300493

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2300493

mardi 18 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2300493
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantKADDOURI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée le 10 janvier 2023 sous le n° 2300493, M. D B, représenté par Me Kaddouri, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 décembre 2022 par lequel le préfet de Maine-et-Loire l'a assigné à résidence à Angers pour une durée de six mois en lui prescrivant de se présenter chaque mercredi, sauf les jours fériés, à 9 h, au commissariat de police d'Angers ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 800 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;

- il n'est pas régulièrement motivé ;

- il est illégal du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français du 21 décembre 2022 ;

- l'assignation à résidence n'est ni nécessaire ni proportionnée et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 février 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 07 avril 2023.

II. Par une requête, enregistrée le 10 janvier 2023 sous le n° 2300500, M. D B, représenté par Me Kaddouri, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 décembre 2022 par lequel le préfet de Maine-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas de reconduite d'office et l'a interdit de retour sur le territoire français pendant douze mois ;

2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans les deux mois de la notification de la décision à rendre et sous astreinte de deux cent euros par jour de retard, en lui délivrant dans l'attente une autorisation provisoire de séjour et de travail ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 800 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- le signataire de l'arrêté attaqué était incompétent ;

- les décisions attaquées ne sont pas régulièrement motivées ;

- l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est méconnu ;

- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- il ne menace pas l'ordre public ;

- les décisions refusant un délai de départ et fixant le pays de destination sont illégales en conséquence ;

- il en va de même de l'interdiction de retour ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 avril 2023.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. A de Baleine, président, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. D B, se disant ressortissant libyen né en 1994, est entré sur le territoire français le 1er janvier 2022, selon ses déclarations. Par les arrêtés du 21 décembre 2022 dont il demande l'annulation par des requêtes qu'il y a lieu de joindre, le préfet de Maine-et-Loire, d'une part, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, laquelle obligation fixe le pays de destination en cas de reconduite d'office, et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de douze mois et, d'autre part, l'a assigné à résidence à Angers pendant six mois en lui prescrivant de se présenter chaque mercredi, sauf les jours fériés, à 9 h, au commissariat de police à Angers.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

2. Par un arrêté du 31 août 2022, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture de Maine-et-Loire, le préfet de Maine-et-Loire a donné délégation à M. C, directeur de l'immigration et des relations avec les usagers, à l'effet de signer les arrêtés attaqués, en toutes les décisions qu'ils comportent et, en cas d'absence ou d'empêchement de ce directeur, à M. E, chef du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, signataire des arrêtés attaqués, dans la limite des attributions de ce bureau, lesquels attributions comportent la prise de telles décisions. Il ne ressort pas du dossier que M. C n'aurait pas été absent ou empêché. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence de ce signataire manque en fait.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français, le pays de destination et l'interdiction de retour sur le territoire français :

3. L'arrêté attaqué comporte l'énoncé des raisons de droit et de fait pour lesquelles son auteur a décidé de faire obligation au requérant de quitter sans délai le territoire français, ce dont résulte que ces décisions sont motivées. En outre, cet arrêté, qui vise notamment les articles L. 721-3 à L. 721-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, constate que le requérant est, d'après ses déclarations, ressortissant libyen et qu'il lui est fait obligation de quitter le territoire français, ce dont résulte que la décision fixant le pays de destination en cas d'éloignement d'office est, de ce seul fait, régulièrement motivée.

4. Il ressort des pièces du dossier que le requérant ne peut justifier d'une entrée régulière sur le territoire français et s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Il se trouve ainsi dans le cas prévu au 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans lequel le préfet de Maine-et-Loire a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, lui faire obligation de quitter le territoire français.

5. Le requérant est entré irrégulièrement sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Il se trouve ainsi dans le cas, prévu au 1° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans lequel le risque que l'étranger se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet, mentionné au 3° de l'article L. 612-2 de ce code, peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, qui ne ressort pas du dossier. Dès lors, c'est sans erreur d'appréciation et par une exacte application de ce 3° que le préfet de Maine-et-Loire a refusé d'accorder au requérant un délai de départ volontaire.

6. Pour décider de faire obligation de quitter le territoire français au requérant, le préfet de Maine-et-Loire ne s'est pas fondé sur la circonstance que la présence de l'intéressé sur ce territoire constituerait une menace pour l'ordre public. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'une telle menace est sans influence sur l'appréciation de la légalité de cette décision et, en conséquence, inopérant.

7. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

8. Il ressort des pièces du dossier que le requérant est entré irrégulièrement sur le territoire français, à une date dont il ne justifie pas. Ce séjour, remontant au mois de janvier 2022 selon le requérant, est très récent. M. B ne justifie d'aucune attache personnelle particulière, notamment familiale, en France et, d'après ses déclarations, il est célibataire et n'a aucune tierce personne à charge, tandis ses parents, sa sœur et ses frères vivent en Libye. Dès lors, compte tenu de la durée et des conditions du séjour de l'intéressé en France, le préfet de Maine-et-Loire, en lui faisant obligation de quitter le territoire français, n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels a été prise cette décision. Il en résulte que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

9. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en décidant de faire obligation à M. B de quitter le territoire français, le préfet de Maine-et-Loire aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences d'une telle décision sur la situation personnelle de l'intéressé.

10. M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant un délai de départ volontaire serait illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Il n'est pas non plus fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination serait illégale en raison de l'illégalité de cette obligation.

11. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ". En outre, l'article L. 613-2 de ce code dispose : " () les décisions d'interdiction de retour () sont motivées. ".

12. L'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère. L'autorité compétente doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

13. Les onzième à dix-neuvième alinéas de la motivation de l'arrêté attaqué portant obligation de quitter le territoire français comportent l'indication des considérations de droit et de fait fondant, tant en son principe qu'en sa durée, la décision de son auteur de faire interdiction à M. B de retour sur le territoire français pendant douze mois. Cette motivation, qui permet au requérant à sa seule lecture de comprendre les motifs de cette interdiction, atteste de la prise en compte de l'ensemble des critères prévus par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il en résulte que la décision portant interdiction de retour est régulièrement motivée.

14. Dès lors que le requérant fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français qui n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, c'est sans erreur de droit que, par application de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Loire-Atlantique a assorti cette obligation d'une interdiction de retour sur le territoire français, le requérant ne justifiant pas de circonstances humanitaires.

15. La présence de M. B en France n'est pas ancienne et il n'y justifie d'aucun lien quelconque. Alors même qu'il n'a pas déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement et que sa présence ne représenterait pas une menace pour l'ordre public, le préfet de Maine-et-Loire a pu sans erreur d'appréciation, fixer à douze mois la durée de l'interdiction de retour.

16. M. B n'est pas fondé à soutenir que l'interdiction de retour est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne l'assignation à résidence :

17. Aux termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; / () ". Aux termes de l'article L. 732-4 du même code : " Lorsque l'assignation à résidence a été édictée en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article L. 731-3, elle ne peut excéder une durée de six mois. / Elle peut être renouvelée une fois, dans la même limite de durée. Toutefois, dans les cas prévus aux 2° et 5° du même article, elle ne peut être renouvelée que tant que l'interdiction de retour ou l'interdiction de circulation sur le territoire français demeure exécutoire. ". L'article L. 733-1 de ce code prévoit que : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie. / () ". Aux termes de l'article R. 733-1 du même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside. ".

18. L'assignation à résidence, qui est une mesure alternative au placement en rétention dans des locaux administratifs ne relevant pas de l'administration pénitentiaire, a pour but de permettre à l'administration de s'assurer de la personne obligée de quitter le territoire français, de vérifier qu'elle prend des dispositions en vue de son départ, de prévenir le risque de fuite, comme de permettre, le cas échéant, l'exécution forcée de cette mesure d'éloignement. Mesure par nature restrictive de la liberté d'aller et de venir, cette restriction formant son objet même, les modalités contraignantes dont elle est assortie doivent être nécessaires, adaptées et proportionnées aux objectifs ainsi poursuivis.

19. Il ressort de l'arrêté attaqué assignant l'intéressé à résidence que son auteur, qui a examiné la situation personnelle du requérant, y mentionne, de façon précise, les raisons de droit comme de fait constituant le fondement de cette décision. Il en résulte que cette dernière est régulièrement motivée et que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, selon lequel " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées. ", doit être écarté.

20. M. B n'est pas fondé à soutenir que la mesure l'assignant à résidence serait illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

21. Il ressort des pièces du dossier que le requérant, qui allègue être ressortissant libyen né en 1994, n'est toutefois porteur d'aucun document d'identité comme de voyage et ne justifie ainsi ni de son identité ni de sa nationalité. Dès lors et à la date de l'arrêté attaqué, il est dans l'impossibilité de quitter le territoire français et ne peut regagner son pays d'origine, qui reste à déterminer de manière exacte. Il en ressort également qu'il existe un risque que le requérant se soustraie à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, aucun élément au dossier n'étant propre à estimer qu'il serait susceptible de l'exécuter spontanément. Il en résulte que la mesure d'assignation à résidence contestée est nécessaire en vue de permettre, le cas échéant, l'exécution matérielle de cette mesure d'éloignement. Si le requérant a déclaré être sans domicile fixe, il a été interpellé à Angers le 21 décembre 2022 et ne conteste pas y avoir sa résidence. Il ne justifie d'aucune nécessité particulière de se rendre hors du territoire de cette commune, ni d'aucune impossibilité de se présenter chaque mercredi à 9 h au commissariat de police d'Angers. Il en résulte que le moyen, qui n'est au demeurant assorti d'aucune précision, tiré de ce que la mesure d'assignation à résidence contestée n'est ni nécessaire, ni adaptée ni proportionnée et procèderait d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

22. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Les conclusions à fin d'injonction qu'elle présente ne peuvent, dans ces conditions, être accueillies.

Sur les frais liés au litige :

23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la présente instance la partie perdante, le versement d'une somme à ces titres.

D É C I D E :

Article 1er : Les requêtes de M. B sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Kaddouri.

Délibéré après l'audience du 4 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. A de Baleine, président,

Mme Thomas, première conseillère,

Mme Milin, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.

Le président-rapporteur,

A. A DE BALEINEL'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

S. THOMAS

La greffière,

J. DIONIS

La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°s 2300493, 2300500

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