mardi 21 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2300675 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 11ème chambre |
| Avocat requérant | BAULIMON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 13 janvier 2023 et le 19 juillet 2023, M. B A, représenté par Me Baulimon, demande au Tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née le 28 juin 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté son recours dirigé contre la décision de l'autorité consulaire française à Dakar (Sénégal) du 24 mars 2022 lui refusant la délivrance d'un visa d'entrée et de long séjour en France en qualité de conjoint de française ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de délivrer le visa demandé dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou à défaut, de réexaminer sa demande de visa dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- la décision consulaire et la décision de la commission de recours sont entachées d'une erreur de fait, ou à tout le moins d'une erreur d'appréciation de sa situation ;
- le ministre n'est pas fondé à solliciter une substitution des motifs de rejet de la décision de la commission de recours, en opposant l'irrégularité de son séjour sur le territoire français ainsi que l'absence d'intention matrimoniale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mars 2023, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 novembre 2022.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, et son décret d'application ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Revéreau a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant sénégalais, s'est marié le 15 mai 2021 à Libourne avec Mme C, de nationalité française. Il a présenté une demande de visa d'entrée et de long séjour en France en qualité de conjoint de français auprès de l'autorité consulaire française à Dakar (Sénégal). Par une décision du 24 mars 2022, cette autorité a refusé de lui délivrer le visa demandé. Par une décision implicite née le 28 juin 2022, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre cette décision consulaire. M. A demande l'annulation de ces deux décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision consulaire :
2. Il résulte des dispositions de l'article D. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui instituent un recours administratif préalable obligatoire que la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France se substitue à celle qui a été prise par l'autorité diplomatique ou consulaire. Par suite, la décision implicite de cette commission s'est substituée à la décision du 24 mars 2022 de l'autorité consulaire française au Sénégal. Il en résulte, d'une part, que les conclusions de la requête doivent être regardées comme exclusivement dirigées contre la décision de la commission de recours, d'autre part, que les conclusions à fin d'annulation de la décision consulaire ne peuvent qu'être rejetées comme étant irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France :
3. En premier lieu, il ressort du mémoire en défense du ministre, communiqué au requérant le 30 mars 2023, que, pour rejeter le recours dont elle était saisie, la commission de recours s'est fondée sur les motifs tirés d'une part des intentions frauduleuses du demandeur, d'autre part de ce que le mariage a été contracté à des fins étrangères à l'union matrimoniale et, enfin, du risque de trouble à l'ordre public.
4. Aux termes de l'article L. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le visa de long séjour est délivré de plein droit au conjoint de ressortissant français. Il ne peut être refusé qu'en cas de fraude, d'annulation du mariage ou de menace à l'ordre public. ".
5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que, si M. A s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français entre 2019 et début 2022, après avoir fait l'objet d'un arrêté de la préfète de la Gironde le 26 septembre 2019 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et s'il a présenté sa demande de délivrance d'un visa de long séjour dès le 22 février 2022, aussitôt après avoir été éloigné du territoire le 18 février 2022, ces circonstances, que le requérant ne conteste pas, ne permettent pas, à elles seules, d'établir le caractère frauduleux de ses intentions. Par suite, en estimant que la demande de visa de M. A révélait une intention frauduleuse, la commission de recours a commis une erreur d'appréciation.
6. D'autre part, si le ministre produit à l'instance une copie d'un fichier de l'application de gestion des dossiers des ressortissants étrangers en France (AGEDREF ), datée du 23 mars 2022, faisant état de l'usage par le requérant d'une fausse carte nationale d'identité italienne dans le cadre de ses démarches de demande d'asile sur le territoire européen, et relève, qu'ainsi que le mentionne l'arrêté préfectoral du 26 septembre 2019, M. A aurait fait l'objet d'un signalement des services de police pour escroquerie, ni le bulletin n° 3 du casier judiciaire français de M. A, daté du 22 juin 2022, ni l'extrait du bulletin n° 3 de son casier judiciaire sénégalais, daté du 23 juin 2022, ne comportent la mention d'une condamnation. Ainsi, par les seuls éléments dont il se prévaut, le ministre n'établit pas la réalité du risque que représenterait pour l'ordre public la présence de M. A en France. Par suite, en opposant ce motif, la commission de recours a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
7. Toutefois, il appartient en principe aux autorités consulaires de délivrer au conjoint étranger d'une ressortissante française dont le mariage n'a pas été contesté par l'autorité judiciaire le visa nécessaire pour que les époux puissent mener une vie familiale normale. Pour y faire obstacle, il appartient à l'administration, si elle allègue une fraude, d'établir que le mariage a été entaché d'une telle fraude, de nature à justifier légalement le refus de visa. Les circonstances tenant à ce que l'autorité judiciaire ne s'est pas opposée à la transcription de l'acte de mariage et qu'aucune action en nullité du mariage n'a été engagée ne sont pas, à elles seules, de nature à attester de la réalité de l'intention matrimoniale.
8. Il ressort des pièces du dossier, ainsi que le ministre le fait valoir sans être contredit, que M. A n'a produit, lors du dépôt de sa demande de visa, que la preuve d'échanges avec Mme C datant de la veille du dépôt de cette demande, ainsi que des factures au nom d'un seul des époux. M. A ne produit en outre aucune autre pièce justificative, telles que des photographies, des preuves d'échanges épistolaires ou téléphoniques ou des factures communes, de nature à établir la réalité d'une vie commune et des relations entretenues avec Mme C, tant avant qu'après le mariage. Ainsi, la seule production par le requérant de la copie de l'acte de mariage datée du 15 septembre 2021 établi par un officier d'état civil de la commune de Libourne ne permet pas d'établir, à elle seule, la réalité d'une intention matrimoniale. Dans ces conditions, en estimant que le mariage de M. A a été contracté à des fins étrangères à l'union matrimoniale, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France n'a pas commis d'erreur de fait ni d'erreur d'appréciation. Il résulte par ailleurs de l'instruction que la commission aurait pris la même décision si elle s'était fondée sur ce seul motif, qui suffisait à fonder légalement la décision.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application combinée de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Baulimon et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 31 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Besse, président,
Mme Dubus, première conseillère,
M. Revéreau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2023.
Le rapporteur,
P. REVEREAU
Le président,
P. BESSE
La greffière,
J. HUMANN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026