mercredi 1 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2300687 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | REGENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 janvier 2023, M. A K D et Mme M G F, agissant en leur nom et en qualité de représentants légaux de leurs enfants mineurs, E, I, H, D, J A K, ainsi que leur fils devenu majeur, C Ali K, représentés par Me Régent, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 21 novembre 2022 par laquelle l'autorité consulaire française à Djibouti a refusé de délivrer un visa de long séjour à M. C A K et aux enfants E, I, H, D et J A K au titre de la réunification familiale ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de donner instruction à l'autorité consulaire française à Conakry de procéder à un nouvel examen de leurs demandes dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de leur conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée sépare les membres de la famille un visa ayant été délivré à Mme G F mais refusé à ses enfants ; un recours en annulation ne sera audiencé que dans un délai de six à huit mois ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle méconnaît les dispositions de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que les actes d'état civil produits permettent de s'assurer, d'une part, de la réalité du lien familial puisque chacun des enfants dispose d'un certificat de naissance établi le 24 novembre 2020 par l'administration somalienne et, d'autre part, de la composition familiale puisqu'ils justifient d'un certificat de mariage délivré par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA), Mme G F étant mentionnée sur chacun des passeports des enfants du couple, l'identité du père se déduisant de celle des enfants puisqu'ils disposent de son patronyme, et ces actes d'état civil étant corroborés par de nombreux éléments de possession d'état que sont les déclarations constantes de M. K D auprès de l'OFPRA et les actes produits au stade de la demande de visa ; ces éléments sont établis dans un pays en pleine guerre civile depuis de nombreuses années ;
* elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles du 1° de l'article 3 la convention internationale relative aux droits de l'enfant et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle maintient une cellule familiale séparée.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 janvier 2023 le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie : M. K D ayant quitté de lui-même la Somalie, et sans nier les raisons motivant ce départ ni sa séparation de fait d'avec sa conjointe et ses enfants allégués, cette situation ne saurait être imputée à l'administration ; la requête ne fait pas apparaître une situation d'urgence particulière ;
- aucun des moyens soulevés par M. K D, n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* les certificats de naissance des six enfants allégués, tous établis à Mogadiscio le 24 novembre 2020 et trois mois après l'obtention du statut de réfugié le 3 septembre 2020, ne sauraient être tenus pour réguliers, alors que les enfants C et E, sont nés dans la commune de Barawe tandis que les enfants J, H, D et I sont nés à Ceelashabiyaha, de sorte que ces certificats de naissance ne sont pas conformes au Civil Registry Act somalien ;
* les requérants ne produisent aucun élément de possession (ni transfert d'argent alors que Monsieur déclare travailler en France, ni photographies ni échanges tels que courriels, conversations téléphoniques, échanges via les réseaux sociaux).
M. K D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 janvier 2023.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Le Barbier, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 26 janvier 2023 à 10 heures 30 :
- le rapport de Mme Le Barbier, juge des référés,
- les observations de Me Régent, avocate de M. K D et de Mme G F, présents à l'audience ;
- et les observations du représentant du ministre de l'intérieur et des outre-mer.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. K D, ressortissant somalien, né le 1er janvier 1977 est entré en France le 3 mars 2018. Par décision du 3 septembre 2020, la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) lui a reconnu la qualité de réfugié. De son union avec Mme G F, une compatriote née le 5 mars 1980, sont nés six enfants : C A K né le 1er avril 2004, E Ali K née le 18 mai 2005, I Ali K née le 3 mars 2006, H Ali K née le 2 janvier 2007, D Ali K né le 5 mars 2008 et J Ali K né le 3 avril 2009. Par la présente requête et conjointement avec leur fils majeur C A K M. K D et Mme G F demandent au juge des référés, en leur nom et qualité de représentants légaux de leurs cinq enfants mineurs C, E, I, H, D et J, , sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 21 novembre 2022 par laquelle l'autorité consulaire française à Djibouti a refusé de délivrer un visa de long séjour à C Ali K et aux enfants E, I, H, D et J A K au titre de la réunification familiale.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Aucun des moyens invoqués par les requérants, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 21 novembre 2022 par laquelle l'autorité consulaire française à Djibouti a refusé de délivrer un visa de long séjour a refusé de délivrer un visa de long séjour à M. C A K et aux enfants E, I, H, D et J A K au titre de la réunification familiale.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'apprécier la condition d'urgence, que la requête de M. K D, de Mme G F et de M. A K doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. K D, de Mme G F et de M. A K est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A K D, à Mme M G F, à M. C A K, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Régent.
Fait à Nantes, le 1er février 2023.
La juge des référés,
M. L
La greffière,
M. BLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026