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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2300699

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2300699

jeudi 8 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2300699
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC+
Formation12eme chambre
Avocat requérantPOLLONO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 janvier 2023, Mme B A, représentée par Me Pollono, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 août 2022 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'issue de ce délai ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et de la munir d'une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de ce réexamen ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 800 euros à son avocate au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'un vice de procédure en raison de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;

- le préfet a commis une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en estimant que l'obligation de saisir la commission du titre de séjour était subordonnée à la justification d'une résidence effective et continue de plus de dix ans en France alors que cette résidence doit seulement être habituelle ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance du titre de séjour sollicité ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 621-2 et L. 621-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de celles de l'article 6 de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 700-1 et L. 711-2 du même code et de celles de l'article 6 de cette même directive ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale en raison de l'illégalité des décisions portant refus de délivrance du titre de séjour sollicité et obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnait les dispositions des articles L. 700-1 et L. 711-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 octobre 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 décembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'arrêt C-673/19 du 24 février 2021 de la Cour de justice de l'Union européenne ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Cordrie,

- les conclusions de Mme Malingue, rapporteure publique,

- les observations de Me Pavy, substituant Me Pollono, représentant Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante nigériane née le 14 décembre 1968, a sollicité le 6 octobre 2021 son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 4 août 2022, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'issue de ce délai. Mme A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

2. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. () ".

3. En premier lieu, en imposant, par ces dispositions, à l'autorité administrative de saisir la commission du titre de séjour de la situation des étrangers qui justifient résider habituellement en France depuis plus de dix ans, le législateur a nécessairement entendu que cette résidence ait été effective et continue depuis plus de dix ans à la date à laquelle l'autorité administrative se prononce. Par suite, en se fondant sur la circonstance que Mme A ne justifiait pas d'une résidence en France effective et continue depuis plus de dix ans, le préfet n'a pas ajouté de critères à la loi et n'a, dès lors, pas entaché sa décision d'une erreur de droit sur ce point.

4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que pour justifier de sa résidence en France au cours de l'année 2015, la requérante n'a produit qu'un relevé bancaire du 26 janvier 2015 ne comportant que très peu de mouvements ainsi qu'un avis d'imposition sur les revenus de 2014 ne faisant état d'aucun revenu. Ainsi que l'a relevé le préfet, ces seules pièces sont insuffisantes pour justifier que la requérante aurait résidé de manière habituelle en France au cours de l'année 2015. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que le préfet était tenu de saisir pour avis la commission du titre de séjour.

5. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

6. Mme A, mère de trois enfants, se prévaut de la présence en France de sa fille, de nationalité espagnole, et son fils, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle, ainsi que de celle de ses petits-enfants. Toutefois, ses deux enfants présents sur le territoire français sont majeurs, tandis que sa fille mineure et ses frères et sœurs résident au Nigéria, pays dont Mme A a la nationalité. Elle n'y est, par conséquent, pas dépourvue d'attaches familiales. Par ailleurs, si la requérante déclare vivre en France depuis 2005, elle ne produits des justificatifs de sa présence qu'à compter de l'année 2011, et ainsi qu'il a été dit au point 4, elle n'établit pas qu'elle y aurait vécu de manière ininterrompue depuis lors. En outre, si la requérante est fondée à soutenir que la circonstance qu'elle soit titulaire d'un titre de séjour délivré par l'Espagne et valable de 2021 à 2026 n'est pas de nature, à elle seule, à exclure qu'elle ait séjourné en France au cours des années qui ont précédé sa demande de titre de séjour, le préfet a pu légalement tenir compte de cette circonstance dans l'appréciation de ses liens personnels et familiaux en France. Dans ces conditions, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et n'a, par suite, méconnu, ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont Mme A n'avait en tout état de cause pas invoqué le bénéfice dans sa demande.

7. En quatrième lieu, la requérante est fondée à soutenir que c'est à tort que le préfet a indiqué, dans son arrêté, que la fille ainée de Mme A séjournait irrégulièrement en France depuis 2017, alors que celle-ci, disposant de la nationalité espagnole, n'était pas tenue de disposer d'un titre de séjour délivré par la France pour y séjourner. Il résulte toutefois de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision au vu de l'ensemble des éléments sur lesquels il s'est fondé pour refuser le titre sollicité. Il suit de là que le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.

8. En cinquième lieu, Mme A ne justifie d'aucune considération humanitaire ni d'aucun motif exceptionnel au sens des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile de nature à lui ouvrir droit à la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement de ces dispositions. Par suite, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en refusant son admission exceptionnelle au séjour.

9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme A tendant à l'annulation de la décision par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui accorder un titre de séjour doivent être rejetées.

Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination :

10. D'une part, aux termes de l'article 3 de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008, dite directive " retour " : " Aux fins de la présente directive, on entend par : / 1) " ressortissant d'un pays tiers " : toute personne qui n'est ni un citoyen de l'Union au sens de l'article 17, paragraphe 1, du traité ni une personne jouissant du droit communautaire à la libre circulation, telle que définie à l'article 2, point 5), du code frontières Schengen ; / 2) " séjour irrégulier " : la présence sur le territoire d'un État membre d'un ressortissant d'un pays tiers qui ne remplit pas, ou ne remplit plus, les conditions d'entrée énoncées à l'article 5 du code frontières Schengen, ou d'autres conditions d'entrée, de séjour ou de résidence dans cet État membre ; / 3) " retour " : le fait, pour le ressortissant d'un pays tiers, de rentrer - que ce soit par obtempération volontaire à une obligation de retour ou en y étant forcé - dans : / - son pays d'origine, ou / - un pays de transit conformément à des accords ou autres arrangements de réadmission communautaires ou bilatéraux, ou / - un autre pays tiers dans lequel le ressortissant concerné d'un pays tiers décide de retourner volontairement et sur le territoire duquel il sera admis ; / 4) " décision de retour " : une décision ou un acte de nature administrative ou judiciaire déclarant illégal le séjour d'un ressortissant d'un pays tiers et imposant ou énonçant une obligation de retour () ". Aux termes de l'article 6 de cette directive : " 1. Les État membres prennent une décision de retour à l'encontre de tout ressortissant d'un pays tiers en séjour irrégulier sur leur territoire, sans préjudice des exceptions visées aux paragraphes 2 à 5. / 2. Les ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier sur le territoire d'un État membre et titulaires d'un titre de séjour valable ou d'une autre autorisation conférant un droit de séjour délivrés par un autre État membre sont tenus de se rendre immédiatement sur le territoire de cet autre État membre. En cas de non-respect de cette obligation par le ressortissant concerné d'un pays tiers ou lorsque le départ immédiat du ressortissant d'un pays tiers est requis pour des motifs relevant de l'ordre public ou de la sécurité nationale, le paragraphe 1 s'applique. () ". Dans son arrêt C-673/19 du 24 février 2021, la Cour de justice de l'Union européenne a estimé qu'il y avait lieu, en vertu des dispositions de cet article 6, paragraphe 2, de permettre à un ressortissant d'un pays tiers qui séjourne de manière irrégulière sur le territoire d'un État membre, tout en disposant d'un droit de séjour dans un autre Etat membre, de se rendre dans ce dernier plutôt que d'adopter d'emblée une décision de retour à son égard, à moins que l'ordre public ou la sécurité nationale ne l'exigent. D'autre part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents () ". La décision portant obligation de quitter le territoire français prévue par ces dispositions constitue une décision de retour au sens de la directive " retour ".

11. Si les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile confèrent au préfet la faculté d'obliger un étranger qui s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour à quitter le territoire français, il doit, lorsqu'il met en œuvre cette faculté à l'encontre d'un ressortissant d'un pays tiers disposant d'un titre de séjour en cours de validité délivré par un Etat membre de l'Union européenne et qui ne constitue pas une menace pour l'ordre public ou la sécurité nationale, tenir compte des dispositions de l'article 6, paragraphe 2 de la directive " retour " telles qu'interprétées par la Cour de justice de l'Union européenne, et permettre à l'étranger placé dans une telle situation de se rendre dans cet autre Etat membre plutôt que d'adopter d'emblée une obligation de quitter le territoire français à son égard. Par suite, Mme A, qui est autorisée à séjourner en Espagne en vertu d'un titre de séjour en cours de validité délivré par cet Etat et qu'elle a produit devant le préfet, est fondée à soutenir que celui-ci a entaché sa décision d'une erreur de droit en édictant à son égard une décision portant obligation de quitter le territoire français concomitamment à la décision par laquelle il a refusé de lui accorder un titre de séjour, sans lui avoir, au préalable, permis de rejoindre d'elle-même l'Espagne.

12. Il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, ainsi que, par voie de conséquence, de la décision portant fixation du pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

13. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique seulement le réexamen de la situation de Mme A. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de procéder à ce réexamen dans un délai deux mois à compter de la notification du présent jugement, et de munir Mme A d'une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de ce réexamen. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

14. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Pollono, avocate de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Pollono d'une somme de 1 500 euros.

D E C I D E:

Article 1er : L'arrêté du préfet de la Loire-Atlantique du 4 août 2022 est annulé en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français et fixe le pays de destination.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Loire-Atlantique de réexaminer la situation de Mme A dans un délai deux mois à compter de la notification du présent jugement, et de la munir d'une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de ce réexamen.

Article 3 : l'Etat versera à Me Pollono une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Pollono.

Délibéré après l'audience du 25 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Gourmelon, présidente,

Mme Milin, première conseillère,

M. Cordrie, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2024.

Le rapporteur,

A. CORDRIE

La présidente,

V. GOURMELONLa greffière,

F. ARLAIS

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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