mercredi 21 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2300720 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | OQTF 6 semaines - 7ème chambre |
| Avocat requérant | KADDOURI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 janvier 2023, M. B A, représenté par Me Kaddouri, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 janvier 2023 par lequel le préfet de la Vendée l'a obligé à quitter le territoire sans délai et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vendée de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de réexaminer sa situation administrative dans un délai de deux mois, sous astreinte de deux cents euros par jour de retard et lui délivrer une autorisation de séjour et de travail en attendant qu'il soit statué à nouveau sur sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1800 euros à verser à son avocat en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que le signataire de l'arrêté disposait d'une délégation de signature conforme ;
- les décisions sont insuffisamment motivées en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il n'est pas établi que le préfet a procédé à un examen de sa situation personnelle ;
- les décisions méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- le préfet a commis une erreur d'appréciation quant à la menace à l'ordre public ; les faits reprochés, une conduite sans permis et un refus d'obtempérer, sont isolés dans le temps et ne justifient pas une mesure d'éloignement ;
En ce qui concerne la décision refusant de fixer un délai de départ :
- la décision est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- la décision est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juin 2023, le préfet de la Vendée conclut au rejet de la requête de M. A.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 31 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Béria-Guillaumie, vice-présidente, en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Le rapport de Mme Béria-Guillaumie, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant tunisien né en octobre 1989, serait entré en France selon ses déclarations en août 2021. Il a été interpellé le 10 janvier 2023 à l'occasion d'un contrôle routier, auquel il a refusé de se conformer. Par des décisions du 11 janvier 2023, le préfet de la Vendée a obligé M. A à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office. M. A demande l'annulation des décisions du 11 janvier 2023.
Sur les moyens communs :
2. En premier lieu, l'arrêté du 11 janvier 2023 a été signé pour le préfet par M. C D, attaché chef de bureau. Par un arrêté du 8 septembre 2022, publié au recueil des actes administratifs du 9 septembre 2022, le préfet de la Vendée a accordé au directeur de la citoyenneté et de la légalité une délégation de signature à l'effet de signer, notamment, au titre du bureau des étrangers, " III.4.1 - Les obligations de quitter le territoire français avec ou sans délai / III.4.2 - Les décisions relatives au pays de renvoi des étrangers () ". Par l'article 2 de l'arrêté, le préfet de la Vendée a confié une délégation de signature, chacun en ce qui concerne ses attributions, à différents chefs de bureau dont M. D, chef du bureau des étrangers pour " les attributions indiquées aux paragraphes I et III de l'article 1er ". Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté contesté manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". L'article L. 211-5 du même code dispose que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. L'obligation de quitter le territoire français du 11 janvier 2023 comporte l'exposé des considérations de droit et de fait qui les fondent et est ainsi suffisamment motivée au regard des exigences de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, la décision fixant le pays à destination duquel M. A pourrait être reconduit d'office comporte également les considérations de droit et de fait qui le fondent et est ainsi suffisamment motivée au regard des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
5. En troisième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté du 11 janvier 2023 ni des autres pièces du dossier que le préfet de la Vendée n'aurait pas procédé à un examen de la situation de M. A. Le moyen tiré de l'erreur de droit ainsi commise doit donc être écarté.
6. En quatrième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
7. M. A indique, sans l'établir, qu'il serait entré en France en août 2021. A supposer même qu'il soit entré sur le territoire national à cette date, à la date de l'arrêté attaqué, il ne résiderait en France que depuis environ un an et cinq mois. Il ne fait état d'aucune attache et privée et familiale particulière en France ni ne soutient être dépourvu de toute attache dans son pays d'origine où il aurait vécu jusqu'à l'âge de trente-deux ans. Il suit de là qu'en obligeant M. A à quitter le territoire français à destination de son pays d'origine, le préfet de la Vendée n'a pas porté au droit de l'intéressé à une vie privée et familiale normale une atteinte excessive et n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
8. L'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () ". L'article L. 612-1 du même code dispose que : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas () ".
9. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7 du jugement, le préfet de la Vendée n'a pas apprécié de manière manifestement erronée les conséquences de sa décision sur la situation de M. A.
10. En deuxième lieu, l'obligation de quitter le territoire français prononcée à l'égard de M. A, à la différence de l'interdiction de retour sur le territoire français, n'est pas fondée sur l'existence d'une menace à l'ordre public mais sur son entrée irrégulière sur le territoire français et son maintien sur le territoire sans être titulaire d'un titre de séjour. Il suit de là que le moyen tiré de l'erreur d'appréciation quant à la menace à l'ordre public apparait donc inopérant à l'égard de l'obligation de quitter le territoire français.
Sur le refus de délai de départ volontaire et la décision fixant le pays de destination :
11. Il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 10 que M. A n'est pas fondé à invoquer, à l'encontre de ces deux décisions, le moyen tiré par la voie de l'exception tiré de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées, ainsi par voie de conséquence que ses conclusions à fin d'injonction et ses conclusions tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Kaddouri et au préfet de la Vendée.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juin 2023
La magistrate désignée,
M. BÉRIA-GUILLAUMIE
La greffière,
B. GAUTIER
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026