vendredi 29 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2300746 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | LE FLOCH |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 16 janvier 2023, M. E A B, représenté par Me Le Floch, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 28 août 2022 par lesquelles le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique à titre principal de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " ou à défaut " salarié " sous astreinte de 100 euros par jour de retard et à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande de titre de séjour et de prendre une nouvelle décision dans un délai d'un mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son avocate en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou à son profit en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
En ce qui concerne le refus de séjour :
- la décision est insuffisamment motivée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen de sa situation particulière ; le préfet n'a pas examiné sa situation sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; la décision est ainsi également entachée d'erreur de droit ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'en méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet s'est abstenu de solliciter l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ; il avait précisé avoir subi une opération, être en convalescence et s'être vu reconnaitre la qualité de travailleur handicapé ; le préfet était dès lors tenu de l'inviter à retirer un formulaire médical pour le transmettre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- la décision méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision est illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour ;
- il n'est pas établi que la signataire de l'arrêté était compétente ;
- la décision méconnait les dispositions de l'article L. 611-3 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays d'éloignement :
- la décision est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- il n'est pas établi que la signataire de l'arrêté était compétente ;
- la décision méconnait les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en raison de l'absence de prise en charge médicale dans son pays d'origine.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête de M. B.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 24 janvier 2023.
II. Par une requête, enregistrée le 15 mai 2023, M. A E B, représenté par Me Le Floch, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté son recours gracieux dirigé contre le refus de séjour du 28 octobre 2022 ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique à titre principal de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande de titre de séjour et de prendre une nouvelle décision dans un délai d'un mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son avocate en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou à son profit en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'en méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet s'est abstenu de solliciter l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- la décision méconnait les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête de M. B.
Il soutient que les vices propres de la décision portant rejet du recours gracieux de M. B ne peuvent être utilement invoqués et par ailleurs M. B n'avait pas expressément sollicité un titre de séjour en qualité d'étranger malade, et la décision du 28 octobre 2022 n'avait pas à se prononcer sur son état de santé.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Côte d'Ivoire relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Abidjan le 21 septembre 1992, approuvée par la loi n° 94-543 du 28 juin 1994 et publiée par le décret n° 95-436 du 14 avril 1995 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Béria-Guillaumie, présidente-rapporteure,
- et les observations de Me Le Floch, représentant M. B et de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. E A B, ressortissant ivoirien né en décembre 1975, est entré en France, en provenance de la Suisse où il résidait régulièrement, en octobre 2018 sous couvert d'un visa de long séjour valant titre de séjour en qualité de " conjoint de français ". Il a ensuite bénéficié d'une carte de séjour valable jusqu'en avril 2022. M. B a demandé le renouvellement de son titre de séjour. Par des décisions du 28 octobre 2022, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de délivrer à M. B le titre de séjour sollicité, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office. Par la première requête enregistrée sous le numéro 2300746, M. B demande l'annulation des décisions du 28 octobre 2022.
2. Postérieurement à cet arrêté, M. B a, par un courrier du 4 janvier 2023, parvenu auprès des services de la préfecture le 5 janvier suivant, exercé un recours gracieux contre cet arrêté du 28 octobre 2022. Par la seconde requête n° 2306842, M. B demande l'annulation de la décision implicite rejetant son recours gracieux et sa demande de titre de séjour.
3. Les requêtes n° 2300746 et 2306842 présentées pour le compte de M. B concernent la situation d'un même étranger et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un jugement commun.
Sur la requête n° 2300746 :
En ce qui concerne le refus de séjour :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent ". L'article L. 211-5 du même code dispose que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
5. Le refus de renouvellement de la carte de séjour de M. B du 28 octobre 2022 comporte les considérations de droit et de fait qui le fondent. Par suite, la décision attaquée est suffisamment motivée. Le moyen tiré de son insuffisante motivation n'est donc pas fondé et doit être écarté.
6. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté du 28 octobre 2022 ni des autres pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen de la situation de M. B. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. B a sollicité le renouvellement de son titre de séjour en qualité de conjoint de Français mais n'a pas explicitement demandé la délivrance d'un titre de séjour en raison de son état de santé ou sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il suit de là que M. B n'est fondé à invoquer ni l'erreur de droit qu'aurait commise le préfet de la Loire-Atlantique en n'examinant pas sa situation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni un vice de procédure tiré de l'absence de saisine pour avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En dernier lieu, l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine./ L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Par ailleurs, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier l'ancienneté, la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
8. Il ressort des pièces du dossier que M. B ne réside en France, à la date de la décision attaquée, que depuis environ quatre années, après avoir résidé hors de ce pays jusqu'à l'âge de quarante-deux ans. Il a résidé régulièrement en France sous couvert d'un titre de séjour délivré en qualité de conjoint d'une ressortissante française, alors qu'il ressort des pièces du dossier, et notamment de son formulaire de demande de renouvellement de titre de séjour, qu'il est séparé de son épouse française depuis le mois de février 2021. Dans ces conditions, et alors que M. B ne fait pas état d'autres attaches privées ou familiales en France, sa fille résidant en Suisse, en refusant de renouveler son titre de séjour, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas porté à son droit à une vie privée et familiale normale une atteinte excessive et n'a donc méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
9. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 4 à 8 du jugement que M. B n'est pas fondé à invoquer, à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français du 28 octobre 2022, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité du refus de séjour du même jour.
10. En deuxième lieu, l'arrêté du 28 octobre 2022 a été signé pour le préfet et par délégation par Mme D C, directrice des migrations et de l'intégration. Par un arrêté du 5 septembre 2022, publié au recueil des actes administratifs du même jour, le préfet de la Loire-Atlantique a accordé à la directrice des migrations et de l'intégration délégation à l'effet de signer dans le cadre des attributions relevant de sa direction " - tous arrêtés et décisions individuelles relevant des attributions de la direction des migrations et de l'intégration, à l'exception des arrêtés réglementaires et des circulaires au maires ", et plus particulièrement au titre du bureau du séjour, " - les décisions portant refus de titre de séjour () assorties ou non d'une mesure d'obligation de quitter le territoire, d'une décision fixant le pays de renvoi, d'une décision portant sur le délai de retour volontaire ", et au titre du bureau du contentieux et de l'éloignement, " - les décisions portant obligation de quitter le territoire assorties ou non d'une décision portant sur le délai de retour volontaire avec ou sans mesure de surveillance ; () / - les décisions fixant le pays de renvoi () ". Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
11. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié () ".
12. Si M. B justifie d'une hospitalisation d'une durée d'un mois entre le 12 juin et le 16 juillet 2021 au centre hospitalier universitaire de Nantes, puis d'un séjour en centre de rééducation entre le 23 août 2021 et le 6 octobre 2021, et s'être vu reconnaitre la qualité de travailleur handicapé en janvier 2022, il ne ressort pas par ailleurs des pièces du dossier ni que son état de santé nécessiterait encore une prise en charge médicale, ni que le défaut de cette prise en charge pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, ni enfin qu'il ne pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié en Côte d'Ivoire. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 611-3 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut être accueilli.
13. En quatrième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8 du jugement.
En ce qui concerne la décision fixant le pays d'éloignement :
14. En premier lieu, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10 du jugement.
15. En dernier lieu, si M. B soutient que la décision méconnait les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en raison de l'absence de traitement disponible en Côte d'Ivoire, ainsi qu'il a été dit ci-dessus au point 12 du jugement, il ne ressort pas des pièces du dossier à supposer que l'état de santé de l'intéressé nécessiterait encore une prise en charge médicale, ni que le défaut de cette prise en charge pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, ni enfin qu'il ne pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié en Côte d'Ivoire. Il suit de là que ce moyen doit être écarté.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation des décisions du 28 octobre 2022 doivent être rejetées, ainsi par voie de conséquence que ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 dans la première requête enregistrée sous le numéro 2300746.
Sur la requête n° 2306842 :
17. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé ".
18. Par ailleurs, il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté ; que l'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative
19. Si par le courrier du 4 janvier 2023, reçu par les services de la préfecture le lendemain, M. B a évoqué les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, fondement de titre de séjour qu'il n'avait pas évoqué précédemment, il ressort clairement des pièces du dossier et notamment de la formulation de ce courrier que l'intéressé a entendu présenter un recours gracieux contre l'arrêté du 28 octobre précédent portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français. Dans ces conditions, conformément aux principes rappelés au point précédent, M. B ne peut utilement invoquer les vices propres dont serait entachée la décision implicite par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté son recours gracieux formulé par le courrier du 4 janvier 2023, et notamment l'absence de saisine pour consultation du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. En outre, en tout état de cause, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 15 du jugement.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation du rejet de son recours gracieux dirigé contre les décisions du 28 octobre 2022 doivent être rejetées, ainsi par voie de conséquence que ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 dans la seconde requête enregistrée sous le numéro 2306842.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E B, à Me Le Floch et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Béria-Guillaumie, présidente,
M. Hannoyer, premier conseiller,
Mme Baufumé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2023.
La présidente-rapporteure,
M. BÉRIA-GUILLAUMIE
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
R. HANNOYER
La greffière,
Y. BOUBEKEUR
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2, 230684
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026