vendredi 29 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2300812 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | POLLONO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 janvier 2023 et le 11 juillet 2023, Mme B D, représentée par Me Pollono, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 décembre 2022 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office lorsque le délai sera expiré ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de renouveler son titre de séjour, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de la munir, dans cette attente, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros hors taxe en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle n'a pas été précédée de l'examen sérieux de sa situation personnelle et professionnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en ce que le préfet a examiné sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile inapplicable à sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, le préfet n'ayant pas tenu compte de l'évolution de sa situation professionnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet ne lui a pas demandé au préalable d'actualiser sa situation en méconnaissance des dispositions de l'article L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle n'a pas été précédée de l'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- il y a lieu de procéder à une substitution de base légale de sa décision portant refus de renouvellement de titre de séjour en substituant aux dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile les dispositions de l'article L. 421-3 du même code ;
- les autres moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Mme D a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code du travail ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Allio-Rousseau,
- et les observations de Me Pavy, substituant Me Pollono, représentant Mme D, en présence de cette dernière.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B D, ressortissante ivoirienne née le 4 juin 2001, déclare être entrée en France en août 2017 à l'âge de seize ans. En sa qualité de mineure non-accompagnée, sa tutelle a été confiée aux services de l'aide sociale à l'enfance du département de la Loire-Atlantique jusqu'à sa majorité par une ordonnance du 18 octobre 2017. A sa majorité, elle a bénéficié d'une carte de séjour provisoire portant la mention " salarié ", délivrée sur le fondement de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable, valable jusqu'au 14 juillet 2022, et en a sollicité le renouvellement auprès du préfet de la Loire-Atlantique. Par un arrêté du 15 décembre 2022, dont Mme D demande l'annulation, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de renouveler son titre de séjour et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination en cas de reconduite d'office à l'issue de ce délai.
Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :
2. Aux termes de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance ou du tiers digne de confiance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. ". Aux termes de l'article L. 421-1 du même code : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an () ". Et aux termes de l'article L. 421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée déterminée ou qui fait l'objet d'un détachement conformément aux articles L. 1262-1, L. 1262-2 et L. 1262-2-1 du code du travail se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. / Elle est délivrée pour une durée identique à celle du contrat de travail ou du détachement, dans la limite d'un an. / Elle est renouvelée pour une durée identique à celle du contrat de travail ou du détachement. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme D a formulé une demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention " salarié " qui lui avait été délivré en qualité de jeune majeure sur le fondement de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais repris à l'article L. 435-3 du même code. Pour refuser de faire droit à cette demande, le préfet de la Loire-Atlantique s'est fondé sur la circonstance qu'elle était, à la date de la décision attaquée, sans emploi et qu'elle ne bénéficiait pas de l'aide au retour à l'emploi.
4. En premier lieu, l'article L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " A l'exception de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " salarié détaché ICT ", prévue à l'article L. 421-26, et de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise ", prévue à l'article L. 422-10, qui ne sont pas renouvelables, le renouvellement de la carte de séjour temporaire ou pluriannuelle est subordonné à la preuve par le ressortissant étranger qu'il continue de remplir les conditions requises pour la délivrance de cette carte. / L'autorité administrative peut procéder aux vérifications utiles pour s'assurer du maintien du droit au séjour de l'intéressé et, à cette fin, convoquer celui-ci à un ou plusieurs entretiens. / Par dérogation au présent article la carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " prévue à l'article L. 421-1, ainsi que la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent " prévue aux articles L. 421-9, L. 421-10, L. 421-11 ou L. 421-14, sont renouvelées dans les conditions prévues à ces mêmes articles. ".
5. Si, pour vérifier que l'étranger titulaire d'un titre de séjour qui lui a été délivré en qualité de salarié continue d'en remplir les conditions de délivrance, le préfet peut procéder à toutes vérifications utiles, et, notamment le convoquer à un ou plusieurs entretiens ou lui demander des informations complémentaires, il n'y est, en revanche, pas tenu. En l'espèce, il est constant que Mme D, qui était sans emploi à la date de sa demande de renouvellement de titre de séjour, n'a pas informé le préfet du changement de sa situation professionnelle intervenu à compter du 1er septembre 2022, se concrétisant par la signature d'un contrat à durée déterminée d'une durée d'un mois renouvelable avec le centre communal d'action sociale de la ville de Nantes. Dès lors, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'en lui refusant le renouvellement de son titre de séjour au motif qu'elle était sans emploi, le préfet de la Loire-Atlantique aurait entaché la décision attaquée d'une erreur de fait ni qu'il aurait commis une erreur de droit dans l'application des dispositions précitées de l'article L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile.
6. En deuxième lieu, la requérante n'étant plus dans l'année de sa dix-huitième anniversaire et ne justifiant pas suivre de formation à la date de sa demande de renouvellement, le préfet a implicitement mais nécessairement constaté qu'elle ne remplissait plus les conditions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatives à l'admission exceptionnelle au séjour des bénéficiaires du dispositif d'accueil des mineurs étrangers non accompagnés. Le préfet s'est, en conséquence, estimé saisi d'une demande tendant au renouvellement d'un titre de séjour précédemment obtenu en qualité de " salarié " sur le fondement des dispositions des articles L. 421-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile permettant d'obtenir le renouvellement de ce titre. Dès lors, sans qu'il n'y ait lieu de procéder à la substitution de base légale demandée par le préfet, le moyen tiré de l'erreur de base légale ne peut qu'être écarté.
7. En troisième lieu, et eu égard à ce qui vient d'être dit, il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Loire-Atlantique a procédé à un examen sérieux de la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par Mme D en qualité de salarié.
8. En quatrième lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance ou de renouvellement d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de disposition expresse en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé.
9. Mme D n'établit pas avoir formulé une demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ne ressort pas des termes de la décision attaquée que le préfet de la Loire-Atlantique aurait examiné d'office sa demande sur ce fondement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant et doit être écarté.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier l'ancienneté, la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
11. Mme D fait valoir qu'elle est entrée en France en août 2017 à l'âge de seize ans, qu'elle réside sur le territoire français depuis près de cinq ans et demi à la date de la décision attaquée, et qu'elle a suivi une formation professionnalisante en CAP " assistante technique en milieux familial et collectif " lui permettant de s'insérer professionnellement. Elle produit à cet égard plusieurs contrats de travail à durée déterminée ainsi que des fiches de paies et des certificats de travail dont il ressort qu'elle a travaillé entre les mois d'août 2021 et de mai 2022 principalement pour des missions de quelques jours, puis de septembre 2022 à janvier 2023, par la conclusion successive de contrats à durée déterminée d'un mois. Toutefois, ces éléments ne suffisent pas à caractériser une intégration professionnelle suffisamment durable et stable. Mme D se prévaut également de la scolarisation de son jeune fils, E A C, né en France le 24 février 2019, depuis le mois de septembre 2022. Toutefois, eu égard au très jeune âge de son enfant, rien ne s'oppose à ce que leur vie familiale et la scolarisation en classe de maternelle de ce dernier se poursuivent en Côte d'Ivoire. Par ailleurs, si elle soutient avoir noué des relations intenses sur le territoire français, elle n'apporte aucun élément à l'appui de ses allégations. Dans ces conditions, la requérante ne peut être regardée comme justifiant avoir établi en France le centre de ses attaches privées et familiales. En outre, elle n'établit pas qu'elle serait dépourvue d'attaches dans son pays d'origine, où elle a vécu la majeure partie de sa vie et où résident sa mère, son frère et sa sœur. Si Mme D soutient qu'elle aurait fui ce pays en raison de menaces d'excision et de mariage forcé proférés par son oncle, elle n'apporte aucun élément ni précision à l'appui de ces allégations. Par suite, la décision contestée n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
12. En sixième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant stipule que : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
13. Il ressort des pièces du dossier ainsi que des déclarations de la requérante, que Mme D n'entretient aucune relation avec le père de son enfant, qui ne participe pas à l'entretien ni à l'éducation de son fils et qu'elle a, en conséquence, saisi le juge aux affaires familiales en vue d'obtenir l'exercice exclusif de l'autorité parentale sur cet enfant. Dès lors, rien ne s'oppose à ce que la cellule familiale qu'elle constitue avec son fils se reconstitue en Côte d'Ivoire, l'intérêt supérieur du jeune E A C résidant essentiellement dans le maintien de ses liens avec la requérante. Par ailleurs, il n'est pas établi ni même allégué que la scolarisation de son fils en classe de maternelle ne pourrait se poursuivre en Côte d'Ivoire. Il s'ensuit que la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision portant refus de titre de séjour méconnaît les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.
14. En septième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 11 et 13 du présent jugement, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas apprécié de manière manifestement erronée les conséquences de sa décision sur la situation de Mme D.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
15. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet a procédé à un examen sérieux de la situation personnelle de Mme D.
16. En deuxième lieu, l'illégalité de la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour n'étant pas établie, eu égard à ce qui a été dit, le moyen tiré par voie de conséquence de l'illégalité de cette décision, que Mme D invoque à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, ne peut qu'être écarté.
17. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 11 et 13 du présent jugement, les moyens tirés de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés. De même, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise le préfet de la Loire-Atlantique sur la situation personnelle de la requérante en prononçant à son encontre une obligation de quitter le territoire français pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11.
Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :
18. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour doit être écarté.
19. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme D doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, à Me Pollono et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Allio-Rousseau, présidente,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Benoist, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2023.
La présidente-rapporteure,
M.-P. ALLIO-ROUSSEAU
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
L. FRELAUT
La greffière,
C. MICHAULT
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026