jeudi 26 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2300855 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | - 96h - Eloignement |
| Avocat requérant | LAMY-RABU |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 17 janvier 2023, le magistrat délégué du tribunal administratif de Rennes a transféré au tribunal administratif de Nantes la requête de M. C B.
Par une requête enregistrée le 20 décembre 2022, M. B, représenté par Me Lamy-Rabu, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 19 décembre 2022 par lequel le préfet de Maine-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et porte interdiction de retour en France pour une durée de 36 mois.
Il soutient que :
- la signataire de l'arrêté attaqué ne justifie pas de sa compétence ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- l'arrêté méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision d'obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article L. 611-3 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par des mémoires en défense enregistrés les 21 décembre 2022 et 19 janvier 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Milin, première conseillère, pour exercer les pouvoirs que lui confère les articles L. 572-6 et L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant géorgien né en 1989, déclare être entré en France pour la première fois le 29 septembre 2002. Le 2 avril 2007, il a fait l'objet d'une mesure d'éloignement, sous l'identité de Shamoev Tamaz. Sa demande d'asile et sa demande de réexamen de demande d'asile ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). Le 8 juillet 2008, il a fait l'objet d'une deuxième mesure d'éloignement, qui a été exécutée. M. B a déclaré être à nouveau entré en France le 28 octobre 2008. Sa nouvelle demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA et par la Cour nationale du droit d'asile. Par une décision du 23 mars 2009, le préfet de l'Eure a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français, exécutée le 7 avril 2009. De nouveau revenu en France, M. B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " visiteur ", qui lui a été refusé par une décision du 30 juillet 2013. Le 4 février 2013, il a sollicité du préfet de la Somme son admission exceptionnelle au séjour. Le 25 mars 2013, il a sollicité du préfet de Maine-et-Loire la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable, qui lui a été refusé le 30 juillet 2013. Le 4 novembre 2014, il a fait l'objet d'une mesure d'éloignement. Le 27 novembre suivant, M. B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable. Son recours contre le refus qui lui a été opposé le 3 février 2015 a été rejeté par un jugement de ce tribunal du 5 mai 2017. Le 12 juin 2018, il a de nouveau sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11. Par un arrêté du 2 octobre 2018, le préfet de Maine-et-Loire a pris à son encontre un refus de titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Le 15 octobre 2019, le préfet de Maine-et-Loire a édicté à l'encontre de M. B un nouvel arrêté portant obligation de quitter le territoire français, cette fois-ci sans délai de départ volontaire, arrêté qui a été exécuté le 14 février 2020. M. B a ensuite déposé une demande d'asile en Belgique, pays où il a été transféré le 21 décembre 2020 par les autorités françaises, sur le fondement d'un arrêté du préfet de Maine-et-Loire édicté en application du règlement (UE) n° 604/2013 du parlement européen et du conseil du 26 juin 2013, après une nouvelle entrée en France de l'intéressé. Celui-ci est revenu sur le territoire français dans le courant du mois de décembre 2021 selon ses déclarations. Le 24 octobre 2022, le préfet de Maine-et-Loire a édicté à son encontre un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, assorti d'une interdiction de retour sur le territoire français durant 3 ans. Par l'arrêté attaqué du 18 décembre 2022, ce préfet a de nouveau édicté à l'encontre de M. B un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, assorti d'une interdiction de retour sur le territoire français durant 3 ans.
Sur le moyen commun aux décisions attaquées :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme Magali Daverton, secrétaire générale de la préfecture de Maine-et-Loire. Par arrêté du 31 août 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de cette préfecture le même jour, le préfet de ce département lui a donné délégation à l'effet de signer l'ensemble des décisions de l'arrêté attaqué. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de cet arrêté doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application et fait également état d'éléments concernant la biographie et la situation personnelle de M. B. Par suite, cet arrêté est suffisamment motivé tant en droit qu'en fait.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / (). ". Il ressort des pièces du dossier que plusieurs membres de la famille de M. B résident régulièrement en France, notamment sa mère et ses deux filles. Cependant, le requérant a été interpellé pour des violences commises sur sa mère et il ne justifie d'aucune relation avec ses deux filles, ne mentionnant d'ailleurs qu'une seule d'entre elles dans sa requête, ni d'ailleurs avec aucun des autres membres de sa famille résidant en France. Si M. B est entré en France alors qu'il était mineur, d'après ses déclarations, il ressort des éléments mentionnés au point 1 que son séjour dans ce pays a été discontinu et a été effectué pour partie sous le régime de la détention en raison de plusieurs condamnations pour des délits divers, que M. B n'a jamais résidé régulièrement en France et qu'il a même été éloigné à plusieurs reprises du territoire français. Dès lors, compte tenu de la durée et des conditions de séjour de l'intéressé en France, le préfet de Maine et Loire n'a, l'obligeant à quitter le territoire français, pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels a été prise cette décision.
5. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ". M. B se borne à faire valoir une pathologie grave nécessitant une prise en charge médicale inexistante dans son pays d'origine, sans préciser cette pathologie, ni la prise en charge médicale nécessaire, pas davantage que l'accessibilité de cette prise en charge en Géorgie. Au surplus, il ressort des éléments mentionnés au point 1 que M. B a déjà sollicité la délivrance d'un titre de séjour en raison de son état de santé, laquelle délivrance lui a été refusée. Par conséquent, à supposer que le requérant puisse être regardé comme résidant habituellement en France, il n'établit pas que son état de santé, combiné à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, ferait obstacle à son éloignement, sur le fondement des dispositions précitées.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de Maine-et-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023.
La magistrate désignée,
C. ALa greffière,
G. PEIGNÉ
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026