mercredi 8 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2301012 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BEARNAIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 janvier 2023, Mme C A, représentée par Me Béarnais, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 5 décembre 2022 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration de l'intégration de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, sans délai à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée a pour effet de la priver de son droit à un hébergement, à une allocation pour demandeur d'asile et à la reconnaissance de ses droits sociaux de sorte qu'elle n'est pas en mesure de subvenir à ses besoins les plus essentiels, alors qu'elle est particulièrement vulnérable du fait de son état de santé : elle est atteinte du virus de l'immunodéficience humaine et bénéficie d'un suivi médical et d'un traitement médicamenteux lourds et urgents ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
* elle est insuffisamment motivée ;
* elle est entachée d'un vice de procédure au regard des dispositions de l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle n'a pas été destinataire des informations prévues par ces dispositions et n'a pas été mise à même de présenter ses observations préalablement à l'édiction de la décision en litige ;
* elle est entachée d'une erreur de fait dès lors que, si elle n'a pas sollicité l'asile dans les 90 jours suivant son entrée en France, elle justifie d'un motif légitime, ayant été privée de l'information relative à une telle obligation et, en tout état de cause, que son état de santé ne lui permettait pas de déposer une demande d'asile dès son arrivée en France ;
* elle est entachée d'une défaut d'examen de sa situation de vulnérabilité et d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 552-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'est pas établi qu'elle a été précédée de l'évaluation de sa vulnérabilité, alors qu'elle justifie être dans une situation de précarité du fait de son état de santé et son absence de ressources et d'hébergement ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit au regard de l'appréciation du délai dès lors que la circonstance qu'elle n'a pas déposé sa demande d'asile dans le délai de 90 jours est justifiée par un motif légitime ;
* elle méconnaît les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle justifie être dans une situation de particulière vulnérabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 janvier 2023, l'office français de l'immigration de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable : l'acte attaqué par Mme A, qui est un courriel en date du 5 décembre 2022 par lequel les services de l'OFII ont indiqué qu'une décision de rejet du recours administratif préalable obligatoire avait été prise, ne constitue pas en lui-même la décision mais présente un caractère purement informatif ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie : si la requérante produit à l'appui de sa requête un ensemble de certificats médicaux et d'ordonnances, elle ne démontre pas que ces éléments contrediraient l'avis du médecin de l'OFII, ces documents permettant simplement de démontrer que, malgré l'absence de conditions matérielles d'accueil, l'intéressée bénéficie d'un suivi médical et d'un traitement ; la requérante, qui est de nouveau entrée sur le territoire français le 28 avril 2022 mais n'a sollicité l'enregistrement de sa demande d'asile que le 28 octobre 2022 et n'apporte aucun élément de nature à justifier de ses moyens de subsistance pendant cette période, ne justifie pas d'une vulnérabilité particulière qui la placerait dans la situation de précarité qu'elle allègue ;
- aucun des moyens soulevés par Mme A, n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 20 janvier 2023 sous le numéro 2301000, par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Le Barbier, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 février 2023 à 9 heures 30, qui s'est déroulée à huis clos :
- le rapport de Mme Le Barbier, juge des référés,
- et les observations de Me Béarnais, avocate de Mme A, ainsi que les observations de cette dernière, présente à l'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante guinéenne née le 1er juillet 1990, déclare être entrée en France le 27 août 2021. Suite à l'exécution de l'arrêté du 10 novembre 2021 par lequel le préfet de Maine-et-Loire l'a transférée aux autorités espagnoles responsables de l'examen de sa demande d'asile, elle déclare être de nouveau entrée sur le territoire français le 28 avril 2022. Par une décision du 28 octobre 2022, notifiée à l'intéressée le même jour, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision, révélée par un courriel du 5 décembre 2022, par laquelle le directeur général de l'OFII, saisi d'une recours administratif préalable obligatoire contre cette décision, a, à son tour, refusé de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Aucun des moyens soulevés par Mme A, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision par laquelle le directeur général de l'OFII a refusé de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense ni d'apprécier la condition d'urgence, que la requête de Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A, à l'Office français de l'immigration de l'intégration et à Me Béarnais.
Fait à Nantes, le 8 février 2023.
La juge des référés,
M. B
La greffière,
G. PeignéLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026