mardi 5 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2301550 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL OILLIC AUDRAIN ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 1er février 2023 et le 2 novembre 2023, M. B A et M. C D, représentés par Me Eveno, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 septembre 2022 par laquelle le maire de Paimboeuf a délivré à la société Frégate un permis de construire un immeuble d'habitat collectif de 37 logements sur la parcelle cadastrée section AC n°7 située au 10 rue Pitre-Chevalier, modifié par les arrêtés du 23 août 2023 et du 16 octobre 2023 portant permis de construire modificatifs, ensemble la décision de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Paimboeuf une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet en méconnaissance de de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme compte tenu de l'insuffisance des documents graphiques d'insertion ;
- il est incomplet en l'absence d'avis de la direction départementale des territoires et de la mer ;
-le projet empiète sur le domaine public maritime ;
-il méconnaît les dispositions de l'article UA 3 II du règlement du plan local d'urbanisme relatif à la voirie et aux accès ;
-il méconnaît les dispositions de UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'aspect extérieur des constructions ;
-il méconnaît l'article UA 12 relatif au stationnement des véhicules ;
-il méconnaît l'article UA 13 relatif aux espaces libres et plantations.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juin 2023, la commune de Paimboeuf, représentée par Me Oillic, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt à agir des requérants ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistrés le 29 juin 2023, la SCCV Frégate, représentée par Me Vendé, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt à agir des requérants ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire du 4 septembre 2023, M. B A s'est désisté purement et simplement de sa requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Thomas, première conseillère,
- les conclusions de M. Marowski, rapporteur public,
- les observations de Me Eveno, avocat de M. D,
- les observations de Me Oillic, avocat de la commune de Paimboeuf,
- et les observations de Me Jaud, substituant Me Vendé, avocat de la SCCV Frégate.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 2 septembre 2022, le maire de Paimboeuf a délivré à la société Frégate un permis de construire un bâtiment d'habitat collectif en R+2+A comportant 37 logements et 51 places de stationnement sur la parcelle cadastrées section AC n°7, d'une superficie de 2 363 m2 classées en zone UA du plan local d'urbanisme communal. M. A et M. D demandent au tribunal l'annulation de ce permis de construire, modifié par les arrêtés du 23 août 2023 et du 16 octobre 2023 portant permis de construire modificatifs.
2. Par un mémoire enregistré le 4 septembre 2023, M. A a déclaré se désister de l'instance et de l'action. Ce désistement est pur et simple et rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
3. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ". Contrairement à ce que soutiennent les requérants, les documents photographiques produits permettent d'apprécier de façon suffisante l'impact du projet sur son environnement.
4. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet empiéterait sur la propriété d'une personne publique, en particulier sur le domaine public maritime. Par suite, les moyens tirés de la nécessité d'un avis de la direction départementale des territoires et de la mer et de ce que le terrain d'assiette du projet aurait dû faire l'objet d'une procédure préalable de déclassement doivent, en tout état de cause, être écartés.
5. Aux termes de l'article UA 3, voirie et accès, du règlement du plan local d'urbanisme de Paimboeuf : " I. Voirie : Les dimensions, formes et caractéristiques techniques des voies publiques ou privées doivent être adaptées aux usages qu'elles supportent ou aux opérations qu'elles doivent desservir. Les voies doivent présenter des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de la sécurité, de la défense contre l'incendie et de la protection civile et comporter une chaussée d'au moins 3,50 m de largeur. Toutefois, cette largeur peut être réduite si les conditions techniques, urbanistiques et de sécurité le permettent (). / II. Accès : Pour être constructible, un terrain doit avoir accès à une voie publique ou privée : soit directement, soit par l'intermédiaire d'un droit de passage acquis sur fond voisin. Les caractéristiques des accès doivent permettre de satisfaire aux règles minimales de desserte notamment en ce qui concerne la défense contre l'incendie, la protection civile, la commodité de circulation. L'accès doit être aménagé de façon à ne pas entraîner de risques pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celles des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu, notamment de la position des accès, de leur configuration, de la nature et de l'intensité du trafic ainsi que de la nature du projet ".
6. Il ressort des pièces du dossier que le projet sera desservi dans des conditions de visibilité suffisantes par un accès situé à l'ouest des bâtiments d'une largeur de plus de 9 mètres sur la rue Pitre Chevalier, où la vitesse est limitée à 30 km/h. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, l'accès et la desserte par la voie publique de la construction projetée présentent, compte tenu de la configuration des lieux, de l'aménagement de la voie, et du nombre de nouveaux véhicules correspondant au projet, des conditions de sécurité suffisantes tant pour les véhicules que pour les piétons. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas pas fondés à se prévaloir d'une méconnaissance des dispositions de l'article UA 3 du règlement du plan local d'urbanisme.
7. Aux termes de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme : " 1. Généralités : Les constructions et extensions peuvent être d'expression architecturale traditionnelle ou intégrer des objectifs de qualité environnementale ou d'expression contemporaine (architecture innovante de qualité), mais ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains. Elles doivent présenter une simplicité de volume et une unité d'aspect, et s'intégrer dans le bâti existant ".
8. Il ressort des pièces du dossier que la rue Pitre Chevalier, dans laquelle se trouve le terrain d'assiette du projet, compte des maisons individuelles de faible hauteur mais également des immeubles de type R+2+attique. En outre, si quelques habitations situées dans cette rue ne sont pas dénuées d'intérêt architectural et patrimonial, ces éléments ne font pas l'objet d'une protection particulière au titre du patrimoine et cet intérêt ne présente pas un degré tel que l'édification d'un immeuble contemporain dans leur environnement y porterait atteinte, alors que cet environnement urbain se caractérise également par des constructions d'architecture hétérogène, dont certaines sont à l'abandon. Le projet, quand bien même il présente un gabarit plus important que certaines des habitations avoisinantes, comporte des décrochements et terrasses rythmant la façade sur rue, qui visent à prévenir l'effet de masse que le projet serait susceptible de présenter depuis la voie publique. Le projet, compte tenu de la sobriété de ses formes et de ses coloris, ne porte pas atteinte au caractère ou à l'intérêt de son environnement. Par suite, les requérants n'établissent pas que le projet autorisé par les arrêtés en litige méconnaîtrait, par son gabarit ou sa façade, les dispositions précitées de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Paimboeuf.
9. Aux termes de l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme: " Les groupes de garages individuels ou aires de stationnement doivent être disposés dans les parcelles de façon à ménager une aire d'évolution à l'intérieur des dites parcelles et à ne présenter qu'un seul accès sur la voie publique ". Alors que le lexique du règlement du plan local d'urbanisme ne comporte pas de définition de l'aire d'évolution, le projet prévoit, au vu du plan de masse, deux voies d'accès aux places de stationnement parallèles d'une largeur de 5 mètres, permettant la circulation des véhicules dans des conditions de sécurité suffisantes.
10. Aux termes de l'article UA 13 du règlement du plan local d'urbanisme: " Conformément au règlement pluvial, la surface imperméabilisée ne dépassera pas 60 % de la surface de l'unité foncière assiette du projet ". Cet article prévoit par ailleurs que " les aires de stationnement groupé de plus de 10 véhicules doivent être plantées à raison d'au moins un élément végétal significatif pour 5 places de stationnement ".
11. Il ressort des pièces du dossier que le dernier état du projet, tel qu'il a été autorisé par le permis de construire modificatif du 16 octobre 2023, comporte un tableau explicatif du calcul des surfaces ainsi qu'une notice architecturale dont il ressort que toutes les places de stationnement extérieur seront traitées en revêtement perméable, de sorte que la surface imperméabilisée du projet correspond à 60 % de l'unité foncière du projet. En tout état de cause, il comporte également la plantation sur l'aire de stationnement plantée d'un arbre pour 5 places de stationnement. Aucun élément ne vient remettre en cause ces mentions du dossier de permis de construire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 13 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté en ses deux branches.
12. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée en défense, que la requête de M. D doit être rejetée en toutes ses conclusions. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions que présentent la commune de Paimboeuf et la SCCV Frégate au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement d'instance de la requête de M. B A.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par la SCCV Frégate et la commune de Paimboeuf au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, à M. B A, à la commune de Paimboeuf et à la SCCV Frégate.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Durup de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Brémond, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2023.
La rapporteure,
S. THOMAS
Le président,
A. DURUP DE BALEINE La greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026