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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2301653

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2301653

vendredi 29 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2301653
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème chambre
Avocat requérantLE ROY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 2 février 2023, le 18 juillet 2023 et le 16 août 2023, M. C I A, agissant en son nom et au nom des mineurs G A, F D A et E A, et Mme B A, représentés par Me Guilbaud puis par Me Le Roy, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours, réceptionné le 17 novembre 2022, contre les décisions de l'autorité diplomatique française à Téhéran (Iran) rejetant implicitement les demandes de visa de long séjour présentées pour Mme A et pour les mineurs G A, F D A et E A au titre de la procédure de réunification familiale ;

2°) d'annuler la décision du 20 janvier 2023 du ministre de l'intérieur et des outre-mer rejetant les demandes de visas de Mme A et des mineurs G A, F D A et E A ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer, à titre principal de faire procéder à la délivrance des visas sollicités au titre de la procédure de réunification familiale dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire de faire procéder au réexamen des demandes de visa dans le même délai et sous les mêmes conditions d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement des entiers dépens ainsi qu'une somme de 1 500 euros à verser à leur conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Ils soutiennent que :

- la décision implicite de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France n'indique pas la composition de la commission ;

- la décision du ministre est insuffisamment motivée en faits ;

- les décisions sont entachées d'erreur d'appréciation au regard de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que l'identité de Mme A et son lien matrimonial avec M. A sont établis par les documents d'état civil produits et par les éléments des possessions d'état ;

- les décisions sont entachées d'erreur d'appréciation au regard des mêmes dispositions dès lors que les mineurs G, F D et E A sont les frères mineurs de M. A, dont il a la garde depuis le décès de leurs parents ;

- les décisions méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- les décisions sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation.

Par des mémoires en défense enregistrés le 6 juillet 2023 et le 10 août 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- M. C I A n'a pas retourné au bureau des familles de réfugiés le formulaire qui lui a été adressé et n'a pas manifesté son souhait de bénéficier de la réunification familiale ;

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Un mémoire présenté pour les requérants a été enregistré le 30 août 2023, postérieurement à la clôture automatique d'instruction intervenue trois jours francs avant l'audience, et n'a pas été communiqué.

Par décision du 29 juin 2023 le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes a admis M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, et son décret d'application ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er septembre 2023 :

- le rapport de Mme Chatal, rapporteure,

- les conclusions de M. Kaczynski, rapporteur public,

- et les observations de Me Le Roy, représentant les requérants.

Une note en délibéré présentée pour les requérants a été enregistrée le 11 septembre 2023.

Considérant ce qui suit :

1. M. C I A, ressortissant afghan né en 1995, a été admis au bénéfice de la protection subsidiaire par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 26 avril 2018. Il soutient avoir épousé Mme B A en 2016 à la suite du décès de son frère aîné, auquel il explique qu'elle était mariée, et du décès de leurs deux parents, qui auraient été assassinés par les talibans. M. A soutient avoir désormais la responsabilité de ses trois frères mineurs, G A, F D A et E A, nés respectivement en 2009, 2013 et 2016, vivant toujours en Afghanistan. Des demandes de visas, présentées au titre de la réunification familiale pour Mme A et les trois enfants mineurs, ont été enregistrées auprès de l'autorité consulaire française à Téhéran (Iran) le 11 juillet 2022 et ont été implicitement rejetées en conséquence du silence gardé par l'administration pendant plus de deux mois. Le recours formé contre ces décisions implicites de refus de visas, enregistré par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France le 17 novembre 2022, a également fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Par une ordonnance n° 2216673 du 18 janvier 2023 le juge des référés du tribunal a suspendu l'exécution de la décision implicite de refus de visas et a enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de réexaminer les demandes de visas de Mme A et des trois enfants. Dans le cadre de ce réexamen, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a opposé le 20 janvier 2023 un nouveau refus aux demandes de visas de Mme A et des jeunes G, F D et E A. Par la présente requête, M. et Mme A demandent au tribunal d'annuler la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours, réceptionné le 17 novembre 2022, contre les décisions de refus de visas opposées à Mme A et aux mineurs G, F D et E A, et d'annuler la décision du 20 janvier 2023 du ministre opposant aux intéressés des nouvelles décisions de refus de visas.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision implicite de la commission :

2. Il ressort des écritures en défense du ministre que la commission doit être regardée comme ayant rejeté le recours aux motifs que le réunifiant n'a pas manifesté son souhait de bénéficier de la réunification familiale, que, faute pour lui d'avoir retourné le formulaire reçu au bureau des familles de réfugiés, les dossiers de demandes de visas n'étaient pas complets, que l'identité des demandeurs de visa et leur lien de famille avec M. A n'étaient pas suffisamment établis et que M. A ne disposait d'aucune délégation d'autorité parentale sur les enfants se présentant comme ses frères.

3. En premier lieu, la décision de la commission étant née du silence gardé par celle-ci sur le recours formé devant elle, le moyen de la requête tiré de l'absence de preuve de la régularité de la composition de cette commission doit être écarté comme inopérant.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : / 1° Par son conjoint ou le partenaire avec lequel il est lié par une union civile, âgé d'au moins dix-huit ans, si le mariage ou l'union civile est antérieur à la date d'introduction de sa demande d'asile ; / 2° Par son concubin, âgé d'au moins dix-huit ans, avec lequel il avait, avant la date d'introduction de sa demande d'asile, une vie commune suffisamment stable et continue ; / 3° Par les enfants non mariés du couple, n'ayant pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire. () ". L'article L. 561-5 du même code prévoit que : " Les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire sollicitent, pour entrer en France, un visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois auprès des autorités diplomatiques et consulaires, qui statuent sur cette demande dans les meilleurs délais. Ils produisent pour cela les actes de l'état civil justifiant de leur identité et des liens familiaux avec le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire. / En l'absence d'acte de l'état civil ou en cas de doute sur leur authenticité, les éléments de possession d'état définis à l'article 311-1 du code civil et les documents établis ou authentifiés par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, sur le fondement de l'article L. 121-9 du présent code, peuvent permettre de justifier de la situation de famille et de l'identité des demandeurs. Les éléments de possession d'état font foi jusqu'à preuve du contraire. Les documents établis par l'office font foi jusqu'à inscription de faux. "

5. L'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que la vérification des actes d'état civil étrangers doit être effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. Cet article, dans sa rédaction applicable au litige, dispose quant à lui que : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. Celle-ci est appréciée au regard de la loi française. ". Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties.

6. Afin de justifier de l'identité des demandeurs de visas et de leur lien de famille avec lui-même, le requérant produit quatre passeports délivrés par l'autorité " Kabul Central Passport Department (MOI) au mois de février 2022 à Mme B A, née le 20 novembre 1995, au jeune G A, né le 20 novembre 2009, au jeune M. F D A, né le 20 novembre 2013 et au jeune E A né le 19 novembre 2016. Les passeports sont revêtus de la mention " Islamic Republic of Afghanistan ". Sont également produits les quatre taskeras des demandeurs de visa assorties de leur traduction en français, délivrées le 20 novembre 2021 et revêtus de la même mention " Islamic Republic of Afghanistan ". Le ministre fait valoir que les taskeras des demandeurs de visas et leurs passeports, délivrés au mois de novembre 2021 et en 2022, soit postérieurement à la chute de la République islamique d'Afghanistan renversée au mois d'août 2021 par les talibans, sont dépourvus de caractère probant. Il ressort cependant d'un article du 24 août 2022 d'un site d'information citant le témoignage d'un porte-parole de la mission d'assistance de l'ONU en Afghanistan que la délivrance de passeports aux ressortissants afghans constitue une source de revenus pour le régime taliban et que les passeports délivrés continuent de porter le logo de la République faute pour l'émirat islamique d'Afghanistan d'être reconnu à l'international. Dans ces conditions, et compte tenu de leur apparence générale, la circonstance que les passeports et taskeras versés au dossier portent l'en-tête de la République islamique d'Afghanistan ne permet pas de priver ces documents de leur caractère probant.

7. S'agissant de Mme B A, il ressort des pièces du dossier que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a délivré à M. A un certificat de mariage tenant lieu d'acte d'état civil d'après lequel il s'est marié le 11 mai 2016 à Mme B A, et qu'au surplus, Mme A était, à la date de la décision attaquée, enceinte d'un enfant né postérieurement à cette décision et déclaré comme étant le fils de M. A, tandis que le requérant explique s'être rendu en Iran au mois de mai 2022 pour y retrouver son épouse et ses frères. Dans ces conditions, l'identité et le lien de famille de Mme A avec le réunifiant doit être tenue pour établie.

8. Si le ministre fait valoir qu'en s'abstenant de retourner au bureau des familles de réfugiés le formulaire de renseignement que lui aurait adressé l'administration à trois reprises, M. A n'a pas manifesté son souhait de bénéficier de la procédure de réunification familiale, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A aurait entendu s'opposer ou renoncer à la procédure de réunification familiale. Un tel motif est donc entaché d'erreur d'appréciation. Par ailleurs, la fiche de renseignement adressée par le bureau des familles de réfugiés à M. A ayant principalement vocation à confronter les déclarations de la personne sous protection internationale avec les informations ressortant des pièces contenues dans les dossiers de demande de visas des membres de sa famille, la circonstance que M. A n'ait pas retourné cette fiche ne pouvait suffire, eu égard aux pièces du dossier, à justifier la décision de refus de visa opposée à Mme A.

9. S'agissant des enfants G, F D et E, il ressort de leurs passeports et tazkeras qu'ils apparaissent nés respectivement en 2009, 2013 et 2016 et que leurs taskeras désignent " Sayed Mohammad " comme étant leur père. Toutefois, il ressort du formulaire de demande d'asile complété par M. A au mois de décembre 2017 que celui-ci a déclaré des âges pour ses trois frères ne correspondant pas à l'âge que ceux-ci étaient censés avoir à ce moment. Par ailleurs, si le requérant explique que ses trois frères et son épouse seraient hébergés chez son oncle, il ne ressort pas des récépissés de virements d'argent que des sommes auraient été transmises à celui-ci. Dans une attestation rédigée en langue dari, dont le requérant produit également une traduction en français, datée du 15 octobre 2021, les sages et imam d'une mosquée afghane déclarent que les parents de M. A sont décédés et que le frère aîné a la responsabilité de ses plus jeunes frères mais indiquent également des âges ne correspondant pas à l'âge que les trois enfants devraient avoir au vu de leur passeport. L'identité et la filiation des trois demandeurs de visas avec M. A n'est donc pas suffisamment établie par les pièces du dossier. En tout état de cause, si le requérant soutient disposer d'une délégation d'autorité parentale sur ses frères, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il ait adopté ces derniers. Par suite, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que la commission a confirmé les décisions de refus de visas opposées à G, F D et E A.

10. Faute pour les requérants d'établir de façon suffisamment probante l'identité des trois demandeurs de visas mineurs et leur lien de filiation avec M. A, les moyens de la requête tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ne peuvent qu'être écartés, de même que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation entachant la décision attaquée.

11. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, qu'il y a lieu d'annuler la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours formé contre les décisions de refus de visas, en tant que cette décision concerne la demande de Mme B A, et de rejeter ces mêmes conclusions s'agissant des refus de visas opposés à G, F D et E A.

En ce qui concerne la décision du ministre du 20 janvier 2023 :

12. La décision du ministre de l'intérieur du 20 janvier 2023, qui a été prise en exécution d'une ordonnance du juge des référés, présente en conséquence un caractère provisoire et ne vaut que jusqu'à ce qu'il soit statué sur le recours en annulation de la décision implicite de rejet prise par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France. Dans ces conditions, les conclusions présentées par les requérants tendant à l'annulation de cette décision provisoire sont devenues sans objet. Il y n'y a donc lieu pas lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

13. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer à Mme A le visa de long séjour sollicité. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui faire délivrer ce visa dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte. Le présent jugement rejetant en revanche les conclusions tendant à l'annulation des refus de visas opposés aux jeunes G, F D et E A, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'injonction les concernant.

Sur les frais liés au litige :

14. M. A ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, Me Le Roy peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Le Roy de la somme de 1 200 euros.

D É C I D E :

Article 1er : La décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours réceptionné le 17 novembre 2022 est annulée en tant qu'elle concerne Mme B A.

Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer à Mme A le visa de long séjour sollicité dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 20 janvier 2023 du ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Article 4 : L'Etat versera à Me Le Roy une somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que celle-ci renonce à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. C I A, à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 1er septembre 2023 à laquelle siégeaient :

Mme Douet, présidente,

Mme Chatal, conseillère,

Mme Fessard, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2023.

La rapporteure,

A. CHATALLa présidente,

H. DOUETLa greffière,

A.-L. LE GOUALLEC

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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