mardi 10 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2301725 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 11ème chambre |
| Avocat requérant | LEUDET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 3 février 2023 et le 9 mai 2023, M. D F et Mme C F, agissant tant en leurs noms personnels qu'en qualité de représentants de leurs enfants mineurs B, A, G et H F, représentés par Me Leudet, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la décision du 6 juillet 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté les recours dirigés contre les décisions de l'autorité consulaire française à Téhéran (Iran) refusant à Mme C F, aux jeunes B, A, G et H F la délivrance de visas d'entrée et de long séjour en France sollicités au titre de la réunification familiale en qualité de membres d'une famille d'un réfugié ;
2°) d'enjoindre à l'administration, à titre principal, de délivrer les visas sollicités dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, de procéder au réexamen des demandes de visas dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) subsidiairement, d'ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à des tests génétiques aux fins de vérification du lien de filiation des quatre enfants avec le réunifiant et de surseoir à statuer jusqu'à l'obtention de ces résultats ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 800 euros au profit de Me Leudet, qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des liens familiaux unissant les demandeurs de visas et le réunifiant établis par les documents d'état civil et des éléments de possession d'état produits ;
- la décision de la commission méconnait les stipulations des articles 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la décision de la commission méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 avril 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par les consorts F ne sont pas fondés.
M. F a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 septembre 2023 :
- le rapport de Mme Roncière, rapporteure,
- et les observations de Me Leudet, représentant les consorts F et de M. F lui-même.
Considérant ce qui suit :
1. M. F, ressortissant afghan, né le 1er janvier 1985 à Nangarghar (Afghanistan), s'est vu accorder la protection subsidiaire par une décision du directeur de l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 28 février 2017. Par des décisions du 26 janvier 2022, l'autorité consulaire française à Téhéran (Iran) a rejeté les demandes de visas de long séjour présentées par Mme C F, née le 22 mars 1985 à Nangarghar (Afghanistan) qu'il présente comme son épouse, ainsi que pour les quatre enfants allégués du couple, prénommés B, A, G et H F, en qualité de membres de famille de bénéficiaire de la protection subsidiaire. Par une décision implicite née le 1er mai 2022 en ce qui concerne les jeunes B, A et H F et par une décision expresse du 6 juillet 2022 en ce qui concerne Mme C F et le jeune J F, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté les recours formé contre ces décisions consulaires. Les requérants demandent au tribunal d'annuler ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de la commission du 6 juillet 2022 concernant Mme C F et l'enfant G F :
2. Pour rejeter les recours dont elle était saisie, concernant Mme C F et l'enfant G F, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France s'est fondée sur le motif tiré de ce que l'identité des intéressés n'est pas établie, du fait des " incohérences et des contradictions ressortant des informations contenues dans les actes d'état civil produits (dates de naissance de Mme C F et des enfants B, G et H, omission de l'enfant A F) " avec les déclarations du réunifiant à l'OFPRA et de l'absence de tout élément probant de possession d'état, alors que le réunifiant réside en France depuis 2016.
3. D'une part, aux termes de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : 1° Par son conjoint ou le partenaire avec lequel il est lié par une union civile, âgé d'au moins dix-huit ans, si le mariage ou l'union civile est antérieur à la date d'introduction de sa demande d'asile ; 2° Par son concubin, âgé d'au moins dix-huit ans, avec lequel il avait, avant la date d'introduction de sa demande d'asile, une vie commune suffisamment stable et continue ; 3° Par les enfants non mariés du couple, n'ayant pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire. / Si le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire est un mineur non marié, il peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint par ses ascendants directs au premier degré, accompagnés le cas échéant par leurs enfants mineurs non mariés dont ils ont la charge effective. / L'âge des enfants est apprécié à la date à laquelle la demande de réunification familiale a été introduite. ". Aux termes de l'article L. 561-4 du même code : " Les articles L. 434-1, L. 434-3 à L. 434-5 et le premier alinéa de l'article L. 434-9 sont applicables () ". Aux termes de l'article L. 561-5 de ce même code : " Les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire sollicitent, pour entrer en France, un visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois auprès des autorités diplomatiques et consulaires, qui statuent sur cette demande dans les meilleurs délais. Ils produisent pour cela les actes de l'état civil justifiant de leur identité et des liens familiaux avec le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire. / En l'absence d'acte de l'état civil ou en cas de doute sur leur authenticité, les éléments de possession d'état définis à l'article 311-1 du code civil et les documents établis () peuvent permettre de justifier de la situation de famille et de l'identité des demandeurs. Les éléments de possession d'état font foi jusqu'à preuve du contraire. () ".
4. Le droit pour les réfugiés et titulaires de la protection subsidiaire de faire venir auprès d'eux leur conjoint et leurs enfants âgés de moins de dix-neuf ans implique que ceux-ci puissent solliciter et, sous réserve de motifs d'ordre public et à condition que leur lien de parenté soit établi, obtenir un visa d'entrée et de long séjour en France.
5. Aux termes, d'autre part, de l'article L. 121-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides est habilité à délivrer aux réfugiés et bénéficiaires de la protection subsidiaire ou du statut d'apatride, après enquête s'il y a lieu, les pièces nécessaires pour leur permettre soit d'exécuter les divers actes de la vie civile, soit de faire appliquer les dispositions de la législation interne ou des accords internationaux qui intéressent leur protection, notamment les pièces tenant lieu d'actes d'état civil. / Le directeur général de l'office authentifie les actes et documents qui lui sont soumis. Les actes et documents qu'il établit ont la valeur d'actes authentiques. / Ces diverses pièces suppléent à l'absence d'actes et de documents délivrés dans le pays d'origine. Les pièces délivrées par l'office ne sont pas soumises à l'enregistrement ni au droit de timbre. ".
6. D'autre part, le premier alinéa de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. () ". Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ". Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties.
7. Il résulte des dispositions citées aux points 3 à 6 que les actes établis par l'Office français des réfugiés et des apatrides ( OFPRA) sur le fondement des dispositions de l'article L. 121-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en cas d'absence d'acte d'état civil ou de doute sur leur authenticité, et produits à l'appui d'une demande de visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois, présentée pour les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire dans le cadre d'une réunification familiale, ont, dans les conditions qu'elles prévoient, valeur d'actes authentiques qui fait obstacle à ce que les autorités consulaires en contestent les mentions, sauf en cas de fraude à laquelle il appartient à l'autorité administrative de faire échec.
En ce qui concerne Mme F :
8. Mme F a produit à l'appui de sa demande de visa le certificat de mariage tenant lieu d'acte d'état-civil que le directeur de l'OFPRA a délivré à M. F le 24 mai 2017, conformément aux dispositions de l'article L. 121-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, attestant de son mariage en 2014 à Nangarhar (Afghanistan) avec Mme C E, née le 1er janvier 1984. Dès lors, le lien matrimonial unissant les requérants doit être considéré comme établi.
9. Pour justifier de l'identité de Mme F, les requérants ont en outre produit un extrait du document d'identité afghan (tazkera), établi le 19 juillet 2017, comportant les nom, prénom, filiation, date et lieu de naissance ainsi qu'un certificat de naissance délivré le 11 mai 2019 et la copie du passeport de l'intéressée, établi le 19 novembre 2017 par les autorités afghanes. La seule circonstance que la date de naissance mentionnée sur l'acte de naissance et sur le passeport de Mme F soit différente de quelques mois de celle mentionnée sur l'acte établi par l'OFPRA, au vu des déclarations de M. F, n'apparaît pas, en l'espèce, de nature, à remettre en cause le caractère probant des actes produits et par là même l'identité de la requérante. Dès lors, en estimant que l'identité de l'intéressée n'était pas établie, et en rejetant pour ce motif le recours dont elle était saisie, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a commis une erreur d'appréciation.
En ce qui concerne le jeune G :
10. Pour justifier de l'identité de l'enfant G, né le 20 mars 2012, les requérants produisent d'une part une taskera accompagnée de sa traduction, comportant une photographie, , et qui indique le prénom du père et du grand-père de l'enfant, en cohérence avec les mentions du certificat de naissance délivré par l'OFPRA à M. E, et d'autre part, le passeport du jeune G F. Il ressort en outre des pièces du dossier que M. F a indiqué de façon constante être le père du jeune demandeur de visa dans le cadre de sa demande d'asile. Ainsi, la seule circonstance que M. F ait déclaré dans son formulaire de demande d'asile que son fils G était né en 2011, et non en 2012, n'est pas davantage de nature à remettre en cause le caractère probant des actes d'actes civil produits et l'identité du jeune G. Par suite, en rejetant le recours dont elle était saisie au nom de l'enfant G au motif que l'identité de l'intéressé n'était pas établie, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation
11. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants sont fondés à obtenir l'annulation de la décision de la décision de la commission du 6 juillet 2022 rejetant les recours présentés au nom de Mme C F et de l'enfant G F.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de la commission de recours concernant les enfants B, A et H F :
12. Il résulte des mentions de l'accusé de réception transmis au conseil des requérants par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, indiquant expressément qu'en l'absence de réponse expresse à leurs recours dans un délai de deux mois à compter de la date de leur réception, les recours seraient réputés rejetés pour les mêmes motifs que ceux opposés par les décisions consulaires, que la commission, dont la décision implicite concernant concerne les enfants B, A et H F se substitue à celles de l'autorité consulaire, doit être regardée comme s'étant approprié le motif retenu par cette autorité pour justifier les refus de délivrance des visas sollicités, tiré en l'espèce de la tentative frauduleuse pour obtenir un visa résultant, ainsi que le ministre de l'intérieur le fait valoir en défense, des incohérences entachant les déclarations du réunifiant sur les dates de naissance de ses enfants allégués et sur le fait qu'il a déclaré l'existence d'une fille parmi ses quatre enfants.
13. Pour justifier de l'identité des enfants B, A et H F, les requérants produisent, pour chacun d'eux, d'une part une taskera, accompagnée de sa traduction, comportant la photographie des intéressés,, et qui indiquent les prénoms de leur père et de leur grand-père, en cohérence avec le certificat naissance délivré par l'OFPRA à M. E, d'autre part les passeports des intéressés, M. F ayant par ailleurs déclaré de façon constante être le père de quatre enfants dans le cadre de sa demande d'asile.
14. Si le ministre fait valoir en premier lieu que M. F a indiqué dans son formulaire de demande d'asile que le jeune B était né en 2006 et le jeune I était né en 2009 alors qu'ils sont nés respectivement le 19 juillet 2005 et le 22 juin 2015 ces incohérences apparaissent résulter des difficultés de conversion calendaire en ce qui concerne le jeune B et d'une erreur matérielle de la personne ayant assisté M. F dans la rédaction du formulaire de demande de visa.
15. En second lieu, si le ministre de l'intérieur fait valoir que M. F avait déclaré dans son formulaire de demande d'asile être le père de quatre garçons et n'a indiqué qu'en avril 2017 être en réalité le père d'une fille et de trois garçons, il ressort des pièces du dossier que, par courrier du 4 juillet 2022 adressé à l'OFPRA, M. F a sollicité le changement de prénom " I " pour lui substituer celui de " A ", expliquant avoir traditionnellement " utilisé un prénom masculin " pour désigner sa fille, " conformément à l'usage afghan consistant à ne pas révéler le prénom d'une femme à l'extérieur du foyer et à la désigner par le lien l'unissant à un homme ou par le prénom de ce dernier ". A cet égard, il verse aux débats plusieurs articles de presse confirmant cette pratique locale. Par ailleurs, la seule circonstance que les passeports des enfants aient été établis postérieurement à l'obtention de la protection subsidiaire par M. F n'est pas, par elle-même, de nature à ôter à ces documents leur valeur probante. Les requérants produisent, en outre, des photographies et des preuves d'échanges par application de messagerie.
16. Dans ces conditions, l'identité des enfants et leur lien de filiation avec M. F doivent être tenus pour établis, et en rejetant le recours dont elle était saisie, au nom et pour le compte des enfants B, A et H E, la commission de recours a commis une erreur d'appréciation.
17. Il résulte de toute ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête ni d'ordonner la mesure d'expertise sollicitée, que les requérants sont fondés à demander l'annulation de la décision explicite de la commission en date du 6 juillet 2022 et de la décision implicite née le 1er mai 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
18. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer à Mme F et aux enfants B, A, G et H F les visas de long séjour sollicités, dans un délai de deux mois à compter de sa notification. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
19. M. F a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Leudet renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros.
D É C I D E :
Article 1er : La décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France du 6 juillet 2022 concernant Mme F et l'enfant J F et la décision implicite concernant les enfants B, A et H F sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de délivrer les visas sollicités dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Leudet une somme de 1 200 euros (mille deux cents euros) en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D F et Mme C F, à Me Leudet et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Besse, président,
Mme Roncière, première conseillère,
Mme Dubus, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2023.
La rapporteure,
M.-A. RONCIERE
Le président,
P. BESSE
La greffière,
J. HUMANN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026