mardi 3 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2302088 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | PHILIPPON |
Vu la procédure suivante :
I- Par une requête enregistrée sous le n° 2302088 le 9 février 2023, M. E B, représenté par Me Philippon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 janvier 2023 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer le titre de séjour sollicité ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 25 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, de surseoir à statuer jusqu'à ce que le tribunal se prononce sur la légalité de l'arrêté refusant la délivrance d'un titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire opposé à sa conjointe, Mme D ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative si le bénéfice de l'aide juridictionnelle lui était accordé ou à son profit en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative si le bénéfice de l'aide juridictionnelle lui était refusé.
Il soutient que :
S'agissant de l'arrêté : il n'est pas établi qu'il a été signé par une autorité compétente ;
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- la décision est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière au regard des articles R. 425-11, R. 425-12 et R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'est pas établi que le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) s'est prononcé au vu d'un rapport médical établi par un médecin qui n'a pas siégé en son sein et qui lui a été transmis en temps utile ni que l'avis rendu par le collège des médecins était suffisamment motivé pour permettre une décision éclairée ;
- elle n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;
- elle est intervenue en méconnaissance des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en ce qu'il peut disposer de plein droit d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 425-9 du même code et est ainsi entachée d'une erreur de fait et d'appréciation au regard de sa vie privée et familiale ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L 542-1 et L. 542-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut de réfugiés ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination : l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français la prive de base légale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mars 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 mai 2023.
II- Par une requête enregistrée sous le n° 2302097 le 9 février 2023, Mme C D, représentée par Me Philippon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 janvier 2023 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office lorsque le délai sera expiré ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer le titre de séjour sollicité ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 25 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, de surseoir à statuer jusqu'à ce que le tribunal se prononce sur la légalité de l'arrêté refusant la délivrance d'un titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire opposé à son conjoint, M. B ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761 1 du code de justice administrative si le bénéfice de l'aide juridictionnelle lui était accordé ou à son profit en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative si le bénéfice de l'aide juridictionnelle lui était refusé.
Elle soutient que :
S'agissant de l'arrêté : il n'est pas établi qu'il a été signé par une autorité compétente ;
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- la décision est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière au regard des articles R. 425-11, R. 425-12 et R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'est pas établi que le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) s'est prononcé au vu d'un rapport médical établi par un médecin qui n'a pas siégé en son sein et qui lui a été transmis en temps utile ni que l'avis rendu par le collège des médecins était suffisamment motivé pour permettre une décision éclairée ;
- elle n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;
- elle est intervenue en méconnaissance des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en ce qu'elle peut disposer de plein droit d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 425-9 du même code et est ainsi entachée d'une erreur de fait et d'appréciation au regard de sa vie privée et familiale ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L 542-1 et L. 542-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut de réfugiés ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination : l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français la prive de base légale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mars 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Mme D a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 mai 2023.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Durup de Baleine, président,
- les observations de Me Paugam, substituant Me Philippon, avocat de M. B et Mme D, en présence de ces derniers.
Considérant ce qui suit :
1. M. B et Mme D, son épouse, ressortissants arméniens nés respectivement les 10 décembre 1955 et 1er janvier 1960, sont entrés irrégulièrement en France, le 24 avril 2021 selon leurs déclarations. Ils ont déposé des demandes d'asile qui ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 31 janvier 2022 et par la Cour nationale du droit d'asile le 8 juin 2022. Leurs demandes de réexamen ayant également été rejetées le 18 octobre 2022, ils n'ont pu se voir délivrer de titres de séjour sur le fondement de l'article L. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ils ont sollicité du préfet de la Loire-Atlantique la délivrance de titres de séjour en se prévalant de leurs états de santé, sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Leurs demandes ont été rejetées par deux arrêtés du 23 janvier 2023 portant en outre obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel ils pourront être reconduits d'office lorsque le délai sera expiré. M. B et Mme D demandent au tribunal d'annuler ces arrêtés.
2. Les requêtes n° 2302088 et 2302097 présentent à juger de questions connexes. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur le moyen commun aux décisions attaquées :
3. D'une part, aux termes de l'article R. 431-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: " Sous réserve de l'exception prévue à l'article R. 426-3, le titre de séjour est délivré par le préfet du département dans lequel l'étranger a sa résidence et, à Paris, par le préfet de police () ". Aux termes de l'article L. 611-1 du même code : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ". L'article L. 612-12 de ce code dispose : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office ". Et aux termes de l'article R. 613-1 du même code : " L'autorité administrative compétente pour édicter la décision portant obligation de quitter le territoire français, la décision fixant le délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français est le préfet de département () ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que, contrairement à ce qui est soutenu, le préfet de département est compétent pour édicter un arrêté portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ainsi que les décisions accessoires à ces deux décisions, notamment celle se rapportant au pays à destination duquel l'étranger peut être éloigné.
4. D'autre part, aux termes de l'article 43 du décret du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et départements : " Le préfet de département peut donner délégation de signature, notamment en matière d'ordonnancement secondaire : / () / 7° Aux agents en fonction dans les préfectures, pour les matières relevant des attributions du ministre de l'intérieur () ". Les arrêtés contestés ont été signés par Mme A, directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture de la Loire-Atlantique. Par un arrêté du 5 septembre 2022, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Loire-Atlantique le même jour, le préfet de ce département lui a donné délégation à l'effet de signer, notamment, les décisions de refus de séjour, les obligations de quitter le territoire et les décisions fixant le pays de destination. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions contestées doit dès lors être écarté comme manquant en fait.
Sur la légalité des décisions portant refus de titre de séjour :
5. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. () / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. / Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée (). ".
6. Aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. ". Aux termes de l'article R. 425-13 de ce code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical. ". L'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 pris pour l'application des dispositions précitées prévoit que : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant: / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. / Cet avis mentionne les éléments de procédure. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".
7. D'une part, il ressort des avis concernant l'état de santé de M. B et Mme D émis respectivement les 31 août 2022 et 22 août 2022, que les collèges de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ont estimé que les états de santé des intéressés nécessitent une prise en charge médicale dont le défaut serait susceptible d'entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais, qu'eu égard à l'offre de soins et au système de santé en Arménie, ils pourraient y bénéficier des traitements appropriés et qu'ils sont en mesure de voyager sans risque vers ce pays. Ces avis, qui répondent aux questions mentionnées à l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016, sont ainsi suffisamment motivés.
8. D'autre part, les dispositions précitées instituent une procédure particulière aux termes de laquelle le préfet statue sur la demande de titre de séjour présentée par l'étranger se disant malade au vu de l'avis rendu par trois médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui se prononcent en répondant par l'affirmative ou par la négative aux questions figurant à l'article 6 précité de l'arrêté du 27 décembre 2016, au vu d'un rapport médical relatif à l'état de santé du demandeur établi par un autre médecin de l'Office, lequel peut le convoquer pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. Cet avis commun, rendu par trois médecins au vu du rapport établi par un quatrième médecin, le cas échéant après examen du demandeur, constitue une garantie pour celui-ci. Les médecins signataires de l'avis ne sont pas tenus, pour répondre aux questions posées, de procéder à des échanges entre eux, l'avis résultant de la réponse apportée par chacun à des questions auxquelles la réponse ne peut être qu'affirmative ou négative. Par suite, la circonstance que, dans certains cas, ces réponses n'aient pas fait l'objet de tels échanges, oraux ou écrits, est sans incidence sur la légalité de la décision prise par le préfet au vu de cet avis.
9. Il ressort des pièces des dossiers que les avis des 22 et 31 août 2022 ont été rendus par trois médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dont ils comportent les signatures, au vu de rapport médicaux du 20 juillet 2022 établis par une autre médecin, qui n'a pas siégé au sein de ces collèges, dont les membres ont été désignés par une décision, qui n'est pas réglementaire, du 1er août 2022 régulièrement publiée. Aucune règle de droit ne faisait obligation au préfet de transmettre ces avis aux requérants avant de prendre les décisions attaquées. Il en résulte qu'en ses diverses branches, le moyen tiré de l'irrégularité de ces avis doit être écarté.
10. Il ressort des pièces des dossiers que, pour prendre les décisions attaquées, le préfet de la Loire-Atlantique a statué par application des lois et règlements, sans appliquer aux situations des requérants des lignes directrices ou orientations générales et sans méconnaître l'étendue de son pouvoir d'appréciation, ni s'estimer être tenu par les avis des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de statuer dans un sens déterminé. Il en résulte que le moyen tiré d'un " défaut d'examen ", étranger à la régularité des décisions attaquées, doit être écarté.
11. Il résulte des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle envisage de refuser la délivrance du titre de séjour qu'elles prévoient, de vérifier, au vu de l'avis émis par le collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que cette décision ne peut avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur l'état de santé de l'étranger, et en particulier d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la nature et la gravité des risques qu'entraînerait un défaut de prise en charge médicale dans le pays dont l'étranger est originaire. Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'étranger, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans son pays d'origine. Si de telles possibilités existent mais que l'étranger fait valoir qu'il ne peut en bénéficier, soit parce qu'elles ne sont pas accessibles à la généralité de la population, eu égard notamment aux coûts du traitement ou à l'absence de modes de prise en charge adaptées, soit parce qu'en dépit de leur accessibilité, des circonstances exceptionnelles tirées des particularités de sa situation personnelle l'empêcheraient d'y accéder effectivement, il appartient à cette même autorité, au vu de l'ensemble des informations dont elle dispose, d'apprécier si cet étranger peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine.
12. Les requérants soutiennent que leurs traitements respectifs ne sont pas disponibles dans leur pays d'origine et, qu'en tout état de cause, ils ne pourront y avoir effectivement accès compte tenu des caractéristiques du système de santé arménien et de leurs situations personnelles.
13. D'une part, il ressort des pièces des dossiers que M. B est atteint d'une cardiopathie ischémique chronique, initialement diagnostiquée en Arménie en 2002 et pour laquelle il a été partiellement pris en charge en Arménie. Il présente pour cette raison, notamment, une dyspnée et des douleurs thoraciques. Il a ensuite bénéficié en France en avril 2022 d'un double pontage coronarien. Il bénéficie d'un traitement composé d'Entresto, de Bisoprolol, de Forxiga, de Tahor, d'Aldactone, de Kardegic et d'un suivi cardiologique annuel et de bilans biologiques. Toutefois, il ressort de la liste des médicaments disponibles en Arménie produite par le préfet que le Bisoprolol, le Forxiga, le Tahor et l'Aldactone sont disponibles dans le pays d'origine de l'intéressé. Par ailleurs, les composantes de l'Entresto et du Kardegic que sont respectivement le sacubitril et le valsartan et l'acétylsalicylate de lysin ou l'acide acétylsalicyclique sont disponibles en Arménie.
14. D'autre part, il ressort des pièces des dossiers que Mme D est atteinte d'une tumeur maligne du sein, diagnostiquée en 2020 en Arménie, où elle a pu bénéficier d'une prise en charge oncologique chirurgicale, chimiothérapeutique et radiothérapeutique, ainsi que d'une hormonothérapie, ensuite poursuivie en France. Elle présente pour cette raison des douleurs, des cicatrices et un œdème. Elle bénéficie en France d'un traitement composé de Letrozole, Amlor, Kardegic, Atorvastatine, Atarax et Paroxetine, ainsi que d'un suivi oncologique. Il ressort de la liste des médicaments disponibles en Arménie que l'amlodipine et l'amlodipine bésilate, l'atorvastatine, l'atarax, la paroxetine, le létrozol et les principes actifs du Kardegic sont disponibles en Arménie. En outre, il existe en Arménie des médecins, généralistes comme spécialistes, ainsi des établissements hospitaliers susceptibles d'accueillir les requérants en cardiologie et en oncologie. Il en ressort également qu'une telle prise en charge médicale, appropriée aux états de santé des requérants dès lors que propre à prévenir des conséquences d'une exceptionnelle gravité, est accessible à la généralité de la population en Arménie. Les requérants, en se bornant à rappeler que le niveau des ressources de la plupart des arméniens est très inférieur à celui constatable qu'en France, que la prise en charge médicale dans ce pays est généralement, selon eux, de moindre qualité qu'en France et que l'Arménie ne dispose pas d'une assurance santé publique aussi aboutie qu'en France, ne justifient pas de circonstances exceptionnelles tirées de particularités de leurs situations personnelles qui les empêcheraient d'accéder effectivement à cette prise en charge médicale. Il en résulte que le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas méconnu l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de délivrer aux requérants des titres de séjour pour motif humanitaire portant la mention " vie privée et familiale " en raison de leurs états de santé.
Sur la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :
15. Eu égard à ce qui a été dit précédemment, l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour n'étant pas établie, M. B et Mme D ne sont pas fondés à se prévaloir de l'illégalité de ces décisions à l'encontre de celles portant obligation de quitter le territoire français ni, en tout état de cause, de celles fixant le pays de destination.
16. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; (), ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
17. Lorsque la loi prescrit l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à un étranger, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français.
18. Les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne prévoient pas l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à un étranger. Il ressort des pièces du dossier que les requérants ont seulement sollicité du préfet de la Loire-Atlantique la délivrance de cartes de séjour temporaire sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que ce préfet, qui n'en avait pas l'obligation, n'a pas recherché s'il y avait lieu de régulariser leurs situations de séjour par application de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La circonstance qu'un étranger n'ayant pas demandé le bénéfice de ces dispositions en remplirait les conditions n'est pas au nombre des cas énumérés par l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et dans lesquels l'étranger ne peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Le séjour des requérants en France, remontant au mois d'avril 2021 selon leurs déclarations, est très récent et la durée de ce séjour jusqu'au mois d'octobre 2022 s'explique par les demandes d'asile et de réexamen qu'ils ont présentées. Les requérants ne justifient pas d'une impossibilité de poursuivre leurs existences dans le pays dont ils sont les ressortissants et où, ainsi qu'auparavant en Union soviétique, ils ont vécu pendant plus de soixante ans. La circonstance que leurs deux enfants majeurs sont établis en France ne leur ouvre pas un droit d'y immigrer irrégulièrement et rien ne s'oppose à ce que ces personnes majeures et les requérants puissent se retrouver ailleurs qu'en France, les arrêtés attaqués ne faisant pas non plus obstacle à ce que les requérants puissent se rendre dans des conditions régulières en France pour y rendre visite à ces membres de leur famille. Contrairement à ce qui est soutenu, l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'ouvre pas aux requérants droit à la délivrance d'une carte de séjour temporaire. Compte tenu de la durée et des conditions du séjour des requérants en France, comme aux effets d'une obligation de quitter le territoire français, le préfet de la Loire-Atlantique, en leur faisant obligation de quitter le territoire français, n'a pas porté à leur droit au respect de leurs vies privées et familiales une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels ces décisions ont été prises. Dès lors, il n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il n'a pas davantage commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences d'une telle obligation sur leurs situations personnelles.
19. Il résulte de ce qui a été dit aux points 13 et 14 de la présente décision que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile faisaient obstacle à ce qu'il leur soit fait obligation de quitter le territoire français.
20. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; / () ". L'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " () Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ". Aux termes de l'article L. 542-4 du même code : " L'étranger auquel la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé ou qui ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application de l'article L. 542-2 et qui ne peut être autorisé à demeurer sur le territoire à un autre titre doit quitter le territoire français, sous peine de faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français. ".
21. Il ressort des pièces des dossiers que les demandes d'asile de M. B et Mme D ont été rejetées définitivement le 8 juin 2022 par la Cour nationale du droit d'asile par des décisions notifiées le 16 juin 2022 et que leurs demandes de réexamen de leur demande d'asile ont fait l'objet de décisions d'irrecevabilité de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, le 18 octobre 2022. Si les requérants font valoir avoir saisi la Cour nationale du droit d'asile de recours contre ces décisions du 18 octobre 2022, cette circonstance, conformément au b) du 1° de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne leur a pas ouvert un droit à se maintenir sur le territoire français et, par suite, ne faisait pas obstacle à ce qu'il leur soit fait obligation de quitter le territoire français. Dans ces conditions, en application des dispositions rappelées ci-dessus, le préfet a pu, sans méconnaître les dispositions des articles L. 542-1 et L. 542-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, prononcer à l'encontre des intéressés les mesures d'éloignement attaquées. Les requérants, qui n'ont plus la qualité de demandeurs d'asile, ne peuvent, par ailleurs, utilement se prévaloir d'une méconnaissance des stipulations de l'article 33 de la convention de Genève relative au statut des réfugiés, qui ne s'appliquent qu'aux personnes s'étant vues reconnaître la qualité de réfugié.
22. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes présentées par M. B et Mme D doivent être rejetées, en toutes leurs conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. B et Mme D sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E B, à Mme C D, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Philippon.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Durup de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Brémond, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023.
Le président-rapporteur,
A. DURUP DE BALEINE
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
S. THOMAS
La greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au le préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°s 2302088, 2302097
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026