mardi 27 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2302144 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | OQTF 6 semaines - 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL LAIGRE HURIET GALAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 février 2023, M. A B, représenté par Me Huriet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 février 2023 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas de reconduite d'office et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- Les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
- le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire est fondé sur le fait qu'il aurait déclaré son intention de ne pas se conformer à la décision d'éloignement, alors que cette circonstance n'est pas établie ;
- la décision d'éloignement méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il est en couple depuis 3 ans avec une ressortissante française avec laquelle il s'est marié religieusement ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juin 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 février 2023.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Degommier, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 20 juin 2023 :
- le rapport de M. Degommier, magistrat désigné,
- et les observations de Me Huriet, avocat de M. B, en présence de ce dernier, qui confirme ses précédentes écritures.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 6 février 2023, le préfet de la Loire-Atlantique a fait obligation à M. A B, ressortissant libyen né le 26 novembre 2021, de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination en cas d'éloignement d'office et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant trois ans. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué comporte l'indication détaillée des raisons de droit comme de fait pour lesquelles le préfet a décidé de faire obligation au requérant de quitter le territoire français comme de ne pas lui accorder à cet effet un délai de départ volontaire, ce dont résulte que cet arrêté est régulièrement motivé.
3. En deuxième lieu, il n'est pas contesté que le requérant ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Il en résulte qu'il se trouve dans le cas prévu au 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans lequel l'autorité administrative peut obliger l'étranger à quitter le territoire français.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour (); 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ".
5. Il ressort des termes de la décision attaquée que, pour refuser d'accorder à M. B un délai de départ volontaire, le préfet de Maine-et-Loire ne s'est pas fondé seulement sur le fait que M. B aurait déclaré son intention de ne pas se conformer à l'obligation de quitter le territoire français, mais a pris en considération un ensemble d'éléments d'appréciation, en particulier le fait que l'intéressé ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, qu'il a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français, qu'il ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, faute de pouvoir présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a communiqué des renseignements inexacts sur son identité en usant de multiples alias, pratiquement lors de chaque interpellation, mettant ainsi tout en œuvre pour faire obstacle à son identification et donc à son éloignement et enfin, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale. Au vu de l'ensemble de ces faits, dont la matérialité n'est pas contestée, le préfet n'a commis ni erreur de fait, ni erreur d'appréciation en estimant qu'il existe un risque que M. B se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet et en refusant, par suite, d'accorder à l'intéressé un délai de départ volontaire.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
7. Si le requérant allègue qu'il est en couple depuis 3 ans avec une ressortissante française avec laquelle il s'est marié religieusement, il n'apporte aucune précision utile à l'appui de ce moyen et les pièces qu'il produit se limitent à des documents administratifs concernant seulement sa compagne alléguée. Aucune de ces pièces n'apporte un commencement de preuve de l'existence d'une vie commune. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que le requérant, qui est connu selon plusieurs identités et nationalités déclarées, est défavorablement connu des services de police pour des faits de cambriolages de lieux d'habitation principale le 23 mai 2016, de recel de vol le 11 juin 2016, d'autres vols simples au préjudice de particuliers dans des locaux ou lieux publics le 3 juillet 2016, de vols avec violences sans arme au préjudice d'autres victimes le 24 juillet 2016, de recels le 18 août 2016, d'autres vols simples préjudice particuliers dans des locaux ou lieux privés le 6 décembre 2016, de vol commis dans un lieu destiné à l'accès à un moyen de transport collectif de voyageurs le 28 novembre 2017, de vol commis dans un véhicule affecté au transport collectif de voyageurs le 5 janvier 2018, de recel de bien provenant d'un vol, rébellion et utilisation frauduleuse de carte bancaire le 8 septembre 2018, de vol simple le 13 septembre 2018, de vol à la tire le 19 janvier 2019, de transport non autorisé de stupéfiants le 8 janvier 2023. Aucun de ces faits n'est sérieusement contesté par le requérant. Dès lors et compte tenu de l'ensemble des éléments caractérisant la situation personnelle du requérant, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il lui a fait obligation de quitter le territoire français. Il en résulte que cette obligation, qui n'est pas entachée d'une erreur dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant, ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué et que sa requête doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Huriet.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2023.
Le magistrat désigné,
S. DEGOMMIERLa greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026