mardi 5 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2302206 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 11ème chambre |
| Avocat requérant | NGUIYAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 février 2023, M. A, représenté par Me Nguiyan, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 janvier 2023 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours dirigé contre la décision du 16 septembre 2022 de l'autorité consulaire française à Bamako (Mali) lui refusant la délivrance d'un visa de long séjour en qualité d'étudiant ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer le visa sollicité dans un délai d'une semaine à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée méconnait les stipulations de l'instruction du 4 juillet 2019 prise en application de la directive UE 2016/801 du Parlement européen et du Conseil du 11 mai 2016 ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à la faisabilité et la cohérence de son projet d'étude.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 avril 2023, le Ministère de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive UE 2006/801 du Parlement européen et du Conseil du 11 mai 2016 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le décret n 2008-1176 du 13 novembre 2008 ;
- l'instruction INTV1915014J du 4 juillet 2019 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Revéreau,
- et les observations de Me Nguiyan, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant malien, a sollicité auprès de l'autorité consulaire française à Bamako, la délivrance d'un visa de long séjour en qualité d'étudiant qui lui a été refusée. Saisie d'un recours dirigé contre cette décision, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté son recours et confirmé le refus de visa. M. A demande au tribunal l'annulation de la décision de la commission de recours du 4 janvier 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort de la décision de la commission de recours que celle-ci s'est fondée, pour rejeter le recours dirigé contre la décision consulaire du 16 septembre 2022, sur l'incohérence du projet d'étude avec le cursus préalablement suivi par M. A dans son pays d'origine, sur la tardiveté de sa demande de visa au regard de la date du début de la formation, rendant cette demande sans objet, sur l'absence de justificatif de ressources suffisantes lui permettant de régler le solde des frais de scolarité demandés par l'établissement d'accueil, et, enfin, sur l'absence d'éléments probants concernant l'hébergement à son arrivée en France. La commission de recours a ainsi estimé qu'il existait un risque de détournement de l'objet du visa à d'autres fins, notamment migratoires.
3. En premier lieu, selon l'article 5 de la directive (UE) 2016/801 du Parlement européen et du Conseil du 11 mai 2016 relative aux conditions d'entrée et de séjour des ressortissants de pays tiers à des fins de recherche, d'études, de formation, de volontariat et de programmes d'échange d'élèves ou de projets éducatifs et de travail au pair, l'admission d'un ressortissant d'un pays tiers à des fins d'études est soumise à des conditions générales, fixées par l'article 7, comme l'existence de ressources suffisantes pour couvrir ses frais de subsistance durant son séjour ainsi que ses frais de retour et à des conditions particulières, fixées par l'article 11, telles que l'admission dans un établissement d'enseignement supérieur ainsi que le paiement des droits d'inscription. L'article 20 de la même directive, qui définit précisément les motifs de rejet d'une demande d'admission, prévoit qu'un Etat membre rejette une demande d'admission si ces conditions ne sont pas remplies ou encore, peut rejeter la demande, selon le f) du 2, " s'il possède des preuves ou des motifs sérieux et objectifs pour établir que l'auteur de la demande souhaite séjourner sur son territoire à d'autres fins que celles pour lesquelles il demande son admission ".
4. Il résulte de ces dispositions, combinées avec celles de l'instruction interministérielle du 4 juillet 2019 relative aux demandes de visas de long séjour pour études dans le cadre de la directive UE 2016/801, que l'autorité administrative peut, sous le contrôle des juges de l'excès de pouvoir restreint à l'erreur manifeste, rejeter la demande de visa de long séjour pour effectuer des études en se fondant sur le défaut de caractère sérieux et cohérent des études envisagées, de nature à révéler que la personne intéressée sollicite ce visa à d'autres fins que son projet d'études. Par suite, le moyen de la requête tiré de l'erreur de droit entachant la légalité de la décision attaquée, résultant de ce que l'autorité administrative n'aurait pas opposé la méconnaissance d'une condition prévue par les textes applicables doit être écarté.
5. En second lieu, M. A justifie d'une inscription en 3ème année de " bachelor of business administration " du programme de " MBA Marketing et commerce international " à l'Institut technique supérieur du management international de Paris (" ITSMI ") pour l'année universitaire 2022-2023. L'intéressé indique se destiner au métier de chef de projet. Cette formation s'insère en cohérence avec son parcours universitaire, l'intéressé ayant obtenu, au Mali, en 2017, le baccalauréat sciences économiques puis, en 2020, le diplôme de licence spécialité finance comptabilité auprès de l'école supérieure des métiers du commerce et de la gestion de Bamako. Il ressort toutefois des pièces du dossier que les conseillers du service de coopération et d'action culturelle (SCAC) ont émis un avis défavorable à la demande du requérant, estimant qu'" il ne s'est pas renseigné sur les formations demandées, il en ignore les objectifs, le contenu, les prérequis " et " qu'alors qu'il possède une formation spécialisée, il souhaite suivre une formation généraliste sans pouvoir expliquer les raisons " et enfin que " le niveau du candidat en entretien ne concorde pas avec son dossier académique ". Le ministre oppose également dans ses écritures, sans être contredit, que M. A a déposé, au titre de l'année universitaire 2021-2022 une autre demande de visa long séjour en qualité d'étudiant, afin de poursuivre des études dans une école d'informatique. Si le requérant fait valoir que la formation à l'ITSMI lui permettrait de bénéficier d'un stage en entreprise, afin de faciliter son insertion professionnelle ultérieure, cette seule affirmation n'est pas de nature à confirmer la cohérence de son projet avec son parcours universitaire antérieure. Dans ces conditions, la commission de recours a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation et pour ce seul motif, rejeter la demande de visa en se fondant sur le défaut de caractère sérieux et cohérent des études envisagées.
6. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée. Les conclusions à fin d'annulation de la requête ne peuvent donc qu'être rejetées, de même que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles relatives aux frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C A et au Ministère de l'interieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rouland-Boyer, présidente,
Mme Dubus, première conseillère,
M. Revéreau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2023.
Le rapporteur,
P. REVEREAU
La présidente,
H. ROULAND-BOYER
La greffière,
S. BRIAND
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026