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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2302712

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2302712

vendredi 13 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2302712
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSMATI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 février 2023, M. A D, représenté par Me Smati, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 24 janvier 2023 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré, et lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée de dix-huit mois ;

3°) d'annuler l'arrêté du 6 février 2023 par lequel le préfet de Maine-et-Loire l'a assigné à résidence dans le département de Maine-et-Loire pour une durée de six mois ;

4°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de le munir, dans cette attente, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au profit de son conseil en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire:

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français la prive de base légale ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français la prive de base légale ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire :

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français la prive de base légale ;

- elle méconnait les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de la décision portant assignation à résidence :

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français la prive de base légale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 avril 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

M. D a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 septembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Allio-Rousseau a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A D, ressortissant guinéen né le 5 mai 1991, déclare être entré irrégulièrement en France le 14 juin 2016. Sa demande de reconnaissance du statut de réfugié a été rejetée par une décision du 29 septembre 2017 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 6 avril 2018. Par un arrêté du 27 juin 2018, il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français qu'il n'a pas exécutée. Le 4 novembre 2019, il a sollicité du préfet de l'Oise la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié " sur le fondement de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 4 novembre 2020, le préfet de l'Oise a rejeté sa demande de titre de séjour et a assorti sa décision d'une obligation de quitter le territoire français. M. D s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français et a, le 17 mai 2022, sollicité du préfet de Maine-et-Loire son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sa demande a été rejetée par un arrêté du 24 janvier 2023 portant en outre obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois. Par un arrêté du 6 février 2023, le préfet de Maine-et-Loire l'a assigné à résidence dans le département pour une durée de six mois. M. D demande au tribunal d'annuler ces deux arrêtés.

Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Par une décision du 14 septembre 2023, le bureau d'aide juridictionnelle a admis M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Les conclusions du requérant tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle en application de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 sont ainsi devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

Sur la légalité de l'arrêté du 24 janvier 2023 :

En ce qui concerne la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :

3. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ". En présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ".

4. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier l'ancienneté, la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

5. M. D se prévaut de sa présence sur le territoire français depuis six ans et demi à la date de la décision attaquée. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le requérant a été définitivement débouté de sa demande d'asile en 2018, et qu'il s'est maintenu sur le territoire de manière irrégulière, en dépit de deux mesures d'éloignement édictées à son encontre en 2018 et 2020. Si le requérant se prévaut de sa relation avec une compatriote, Mme B, demandeuse d'asile en France, il n'apporte aucun élément de nature à établir l'ancienneté, l'intensité et la stabilité de leur relation. S'ils ont eu ensemble une enfant née le 17 février 2023, cette naissance postérieure à la date de la décision attaquée est sans incidence sur sa légalité. En outre, il ressort des pièces du dossier que la demande d'asile de Mme B a été rejetée et qu'elle fait l'objet d'un arrêté du 1er décembre 2022 portant obligation du territoire français. La cellule familiale a ainsi vocation à se reconstituer hors de France. Si M. D soutient avoir " tissé un dense réseau d'amitié et de solidarité ", les trois attestations produites peu circonstanciées, de la personne qui l'héberge et de deux membres du " Secours Catholique ", sont insuffisantes pour établir qu'il aurait noué en France des liens d'une particulière intensité. En outre, il n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de sa vie et où résident son père et ses quatre frères et sœurs. Si le requérant fait également valoir son intégration à la société française notamment par le biais d'activités de bénévolat au sein de diverses associations, cette seule circonstance, au demeurant très peu étayée par les pièces du dossier, est insuffisante pour établir son intégration à la société française. Enfin, si M. D se prévaut de ses efforts pour s'insérer sur le plan professionnel, et verse à l'instance des documents relatifs aux démarches entreprises pour obtenir une autorisation de travail, ces éléments ne sauraient constituer par eux-mêmes un motif exceptionnel de nature à justifier sa régularisation. Dans ces conditions, eu égard aux conditions de séjour du requérant en France, en refusant de faire usage de son pouvoir de régularisation, le préfet n'a pas porté une atteinte disproportionnée au respect de son droit à une vie privée et familiale normale. Par suite, le préfet n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 435-1du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, la décision attaquée vise les stipulations conventionnelles et les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application, notamment les articles L. 611-1 et L. 611-3 de ce code. Elle mentionne en outre les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. D sur lesquelles le préfet s'est fondé pour prononcer son éloignement, à savoir qu'il a été débouté du droit d'asile, qu'il a fait l'objet de deux précédentes mesures d'éloignement auxquelles il n'a pas déféré, qu'il se prévaut de sa relation avec une ressortissante guinéenne dont la régularité du séjour n'est pas démontrée et qu'il ne justifie pas de liens anciens, intenses et stables en France. Cette décision est, contrairement à ce que soutient le requérant, suffisamment motivée tant en droit qu'en fait. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision contestée doit être écarté comme manquant en fait.

7. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 3 à 5 que M. D n'est pas fondé à invoquer à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français du 24 janvier 2023 le moyen, invoqué par voie de l'exception, tiré de l'illégalité du refus de séjour du même jour.

8. En troisième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision portant obligation de quitter le territoire français sur sa situation personnelle doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 5.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ".

10. Si le certificat médical du 11 octobre 2022, produit à l'appui des écritures de M. D, fait état de ce qu'il souffre d'un syndrome de stress post-traumatique compliqué d'une dépression sévère, pris en charge par traitement médicamenteux, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. D ne pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié à sa pathologie dans son pays d'origine. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité de la décision refusant le délai de départ volontaire :

11. En premier lieu, la décision attaquée vise les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application, notamment les articles L. 612-2 et L. 612-3 de ce code. Elle mentionne en outre les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. D justifiant que lui soit refusé un délai de départ volontaire, notamment la circonstance qu'il n'a pas déféré à deux précédentes mesures d'éloignement. Ainsi cette décision est suffisamment motivée tant en droit qu'en fait. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision contestée doit être écarté comme manquant en fait.

12. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 6 à 10 que M. D n'est pas fondé à invoquer à l'encontre de la décision refusant un délai de départ volontaire le moyen, invoqué par voie de l'exception, tiré de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire du même jour.

En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de destination :

13. Il résulte de ce qui a été dit aux points 6 à 10 que M. D n'est pas fondé à invoquer à l'encontre de la décision fixant le pays de destination le moyen, invoqué par voie de l'exception, tiré de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire du même jour.

En ce qui concerne la légalité de l'interdiction de retour sur le territoire pour une durée de dix-huit mois :

14. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".

15. En premier lieu, le préfet de Maine-et-Loire, pour motiver l'interdiction de retour sur le territoire français opposée à M. D pour une durée de dix-huit mois, vise les dispositions précitées des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et renvoie aux éléments du dossier déjà évoqués, notamment ceux relatifs à la situation personnelle de l'intéressé, à la durée de sa présence irrégulière en France, à la circonstance qu'il n'a pas déféré aux deux précédentes mesures d'éloignement prises à son encontre en 2018 et 2020. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

16. En deuxième lieu, en interdisant à M. D le retour sur le territoire français pour la durée précitée de dix-huit mois compte tenu de l'absence d'attaches personnelles et familiales suffisamment anciennes, stables et intenses de l'intéressé en France, de la durée de son séjour irrégulier en France, de sa soustraction à deux mesures d'éloignement précédemment prises à son encontre, et en dépit du fait qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public, le préfet n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation ni dans le principe de l'interdiction de retour sur le territoire français ni dans la proportionnalité de la durée de cette interdiction.

17. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 6 à 10 que M. D n'est pas fondé à invoquer à l'encontre de l'interdiction de retour sur le territoire français le moyen, invoqué par voie de l'exception, tiré de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire du même jour.

Sur la légalité de l'arrêté du 6 février 2023 :

18. En premier lieu, l'arrêté assignant à résidence M. D pour une durée de six mois vise l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui en constitue le fondement, et indique les circonstances propres à la situation personnelle de l'intéressé notamment à l'impossibilité, en l'état, pour lui de regagner son pays d'origine, justifiant qu'il fasse l'objet de cette mesure d'assignation à résidence. L'arrêté contesté est, ainsi, suffisamment motivé.

19. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 6 à 10 que M. D n'est pas fondé à invoquer à l'encontre de la décision portant assignation à résidence le moyen, invoqué par voie de l'exception, tiré de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire du 24 janvier 2023.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D doivent être rejetées, ainsi par voie de conséquence que ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Smati.

Délibéré après l'audience du 22 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Allio-Rousseau, présidente,

M. Barès, premier conseiller,

Mme Beyls, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2023.

La présidente-rapporteure,

M.-P. ALLIO-ROUSSEAUL'assesseur le plus ancien

dans l'ordre du tableau,

M. BARES

La greffière,

E. HAUBOIS

La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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