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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2303078

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2303078

mercredi 29 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2303078
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation- 96h - Eloignement
Avocat requérantMEDJBER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er mars 2023 à 19h39 sous le numéro 2303078, M. D A, représenté par Me Medjber, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 février 2023 par lequel le préfet de la Sarthe l'a assigné à résidence au domicile de Mme E, 6 place Henri Vaillant au Mans le temps strictement nécessaire à la mise à exécution de son éloignement et pour une durée maximale de quarante-cinq jours, l'a astreint à y demeurer quotidiennement de 13 heures jusqu'à 16 heures, y compris les dimanches et les jours fériés ou chômés et a défini les modalités de présentation au commissariat central du Mans pour justifier du respect de cette mesure.

Il soutient que :

- la compétence du signataire de l'arrêté contesté reste à démontrer ;

- le préfet n'a pas tenu compte de la situation personnelle de l'intéressé ;

- les restrictions imposées à sa liberté d'aller et venir sont disproportionnées au regard de l'objectif poursuivi.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 mars 2023, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 mars 2023.

Vu :

- l'arrêté attaqué ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mlle Wunderlich, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés aux articles L. 614-1 à L. 614-19 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 mars 2023 à 9h00, à laquelle les parties ont été régulièrement convoquées :

- le rapport de Mlle Wunderlich, magistrate désignée,

- et les observations de M. A.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Les décisions d'assignation à résidence doivent, en vertu de l'article L. 732-1, être motivées.

2. Aux termes de l'article L. 732-8 du même code : " La décision d'assignation à résidence prise en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article L. 731-1 peut être contestée devant le président du tribunal administratif dans le délai de quarante-huit heures suivant sa notification. Elle peut être contestée dans le même recours que la décision d'éloignement qu'elle accompagne. / Le délai de quarante-huit heures prévu au premier alinéa est également applicable à la contestation de la décision d'assignation à résidence notifiée postérieurement à la décision d'éloignement, alors même que la légalité de cette dernière a été confirmée par le juge administratif ou ne peut plus être contestée. / Les dispositions des articles L. 614-7 à L. 614-13 sont applicables au jugement de la décision d'assignation à résidence contestée en application du présent article. ".

3. Par arrêté du 26 octobre 2022, le préfet de la Sarthe a rejeté la demande de M. D A, ressortissant camerounais né le 12 février 1996 entré irrégulièrement sur le territoire français le 9 janvier 2019 dont la demande d'asile a été définitivement rejetée le 23 août 2022, tendant à la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié " sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il a assorti ce refus de séjour de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel l'intéressé pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré. Par arrêté du 27 février 2023, le préfet de la Sarthe a, en application du 1° de l'article L. 731-1 du même code, assigné M. A à résidence au domicile de Mme E, 6 place Henri Vaillant au Mans le temps strictement nécessaire à la mise à exécution de son éloignement et pour une durée maximale de quarante-cinq jours, l'a astreint à y demeurer quotidiennement de 13 heures jusqu'à 16 heures, y compris les dimanches et les jours fériés ou chômés et à se présenter avec ses effets personnels, chaque semaine les lundi, mercredi et vendredi à 9h00 au commissariat central du Mans afin de faire constater qu'il respecte la mesure d'assignation à résidence dont il fait l'objet. M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 27 février 2023.

4. En premier lieu, l'arrêté litigieux a été signé pour le préfet par Mme C B, adjointe au chef du bureau asile, éloignement et contentieux, en vertu d'un arrêté portant délégation de signature du 15 décembre 2022, régulièrement publié. Le moyen tiré de l'incompétence de son auteur manque en fait et doit dès lors être écarté.

5. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de l'arrêté attaqué que le préfet n'aurait pas tenu compte de la situation personnelle de M. A, dont la demande d'asile a été définitivement rejetée.

6. En troisième et dernier lieu, si M. A soutient que les restrictions imposées à sa liberté d'aller et venir sont disproportionnées au regard de l'objectif poursuivi, il ne ressort pas des pièces du dossier que les mesures, décrites au point 3, édictées par l'arrêté litigieux, procèdent d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle de l'intéressé, lequel ne fait état d'aucune contrainte particulière l'empêchant de satisfaire aux obligations de présence et de pointage ni d'aucun élément de nature à démontrer le caractère excessif de la mesure d'assignation ou son incompatibilité avec sa situation personnelle, durant le temps nécessaire à la mise à exécution de la décision d'éloignement.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A ne peut qu'être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, au préfet de la Sarthe et à Me Medjber.

Fait à Nantes, le 29 mars 2023.

La magistrate désignée,

A.-C. WUNDERLICHLa greffière,

M.-C. MINARD

La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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