mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2303238 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DAVID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 mars 2023 sous le numéro 2303238, M. F B et Mme D C, M. A E et Mmes H G et Françoise G, représentés par Me Delaunay, demandent au juge des référés :
1°) sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 24 décembre 2021 par lequel le maire de la commune de Rouans a délivré à la commune un permis de construire en vue de la " construction d'une salle des raquettes en extension de la salle omnisport existante et démolition partielle de la salle existante (suppression de l'auvent et du sas d'entrée) " sur un terrain cadastré 145 AB 670, sis rue Joseph Nau, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la commune la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que les travaux ont débuté sans pour autant être achevés ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée en ce qu'elle méconnaît :
* l'article A. 424-2 du code de l'urbanisme,
* les articles L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales et L. 422-7 du code de l'urbanisme,
* les articles L. 2141-1 du code général de la propriété des personnes publiques et L. 141-3 du code de la voirie routière,
* les articles L. 425-14 et R. 424-6 du code de l'urbanisme,
* l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme,
* l'article UL 4 du règlement écrit du plan local d'urbanisme,
* l'article UL 4 du même règlement écrit du plan local d'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 mars 2023, la commune de Rouans, représentée par son maire en exercice, représentée par Me David, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 3 000 euros soit solidairement mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B et Mme C et autres ne sont pas fondés, et notamment que :
- la requête au fond est irrecevable ;
- l'intérêt à agir des requérants n'est pas démontré.
Vu :
- la décision attaquée ;
- la requête n° 2210954 enregistrée le 19 août 2022 par laquelle M. B et Mme C et autres demandent l'annulation de la décision susvisée ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 22 mars 2023 à 14h30, à laquelle les parties ont été régulièrement convoquées :
- le rapport de Mlle Wunderlich, présidente,
- les observations de Me Delaunay, représentant M. B et Mme C et autres, en présence de Mmes C et Françoise G, la première ayant pris la parole,
- et les observations de Me David, représentant la commune de Rouans.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre () d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15. ". Aux termes de l'article R. 424-15 du même code : " Mention du permis explicite () doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté () et pendant toute la durée du chantier. () / Cet affichage mentionne également l'obligation, prévue à peine d'irrecevabilité par l'article R. 600-1, de notifier tout recours administratif ou tout recours contentieux à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis ou de la décision prise sur la déclaration préalable. / () Un arrêté du ministre chargé de l'urbanisme règle le contenu et les formes de l'affichage. ". Aux termes de l'article A. 424-15 de ce code : " L'affichage sur le terrain du permis de construire (), prévu par l'article R. 424-15, est assuré par les soins du bénéficiaire du permis () sur un panneau rectangulaire dont les dimensions sont supérieures à 80 centimètres. ". Et aux termes de l'article A. 424-16 : " Le panneau prévu à l'article A. 424-15 indique le nom, la raison sociale ou la dénomination sociale du bénéficiaire, le nom de l'architecte auteur du projet architectural, la date de délivrance, le numéro du permis, la nature du projet et la superficie du terrain ainsi que l'adresse de la mairie où le dossier peut être consulté. / Il indique également, en fonction de la nature du projet : a) Si le projet prévoit des constructions, la surface de plancher autorisée ainsi que la hauteur de la ou des constructions, exprimée en mètres par rapport au sol naturel ; () d) Si le projet prévoit des démolitions, la surface du ou des bâtiments à démolir. ". Aux termes de l'article A. 424-17 : " Le panneau d'affichage comprend la mention suivante : /" Droit de recours : / " Le délai de recours contentieux est de deux mois à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain du présent panneau (art. R. 600-2 du code de l'urbanisme). / " Tout recours administratif ou tout recours contentieux doit, à peine d'irrecevabilité, être notifié à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis ou de la décision prise sur la déclaration préalable. Cette notification doit être adressée par lettre recommandée avec accusé de réception dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du recours (art. R. 600-1 du code de l'urbanisme). " ". Enfin, aux termes de l'article A. 424-18 : " Le panneau d'affichage doit être installé de telle sorte que les renseignements qu'il contient demeurent lisibles de la voie publique ou des espaces ouverts au public pendant toute la durée du chantier. ".
3. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que l'affichage du permis de construire sur le terrain d'assiette de la construction autorisée doit être effectué de telle façon que les mentions qu'il comporte soient lisibles de la voie publique ou, lorsque le terrain n'est pas desservi par une voie publique, d'une voie privée ouverte à la circulation du public.
4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du constat d'huissier produit en défense, que mention du permis de construire délivré le 24 décembre 2021 à la commune de Rouans par son maire, dont M. B et Mme C et autres demandent la suspension de l'exécution, a été affichée de manière continue sur le terrain d'assiette du projet, par le moyen d'un panneau dont les mentions étaient lisibles depuis la voie publique, répondant aux exigences de l'article R. 424-15 précité du code de l'urbanisme et comportant les mentions prescrites aux articles R. 424-16 et R. 424-17 du même code, du 22 février 2022 au 25 avril 2022. La circonstance qu'ainsi qu'il ressort de la comparaison des photographies prises les 22 février 2022 et 22 mars 2022, la " date d'affichage en mairie du permis ", indiquée à tort sur le premier panneau comme étant le 10 juin 2021, a été remplacée par celle du 6 janvier 2022, n'est pas de nature, dès lors qu'une telle mention n'est pas au nombre de celles qu'énumère l'article A. 424-16, à faire obstacle au déclenchement du délai de recours ouvert aux tiers, qui a commencé à courir, en application de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme, le 22 février 2022, premier jour de la période continue de deux mois d'affichage sur le terrain du panneau en question, pour s'achever le lundi 25 avril 2022 à 23h59.
5. Les requérants ont formé, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, contre le permis de construire litigieux, un recours gracieux, daté du 25 avril 2022, dont il est constant qu'il n'a été reçu à la mairie de Rouans que le 26 avril 2022, alors que le délai de recours contentieux était expiré. L'exercice de ce recours n'ayant pas, dans ces conditions, prorogé le délai de recours contentieux, le recours en annulation formé contre le permis litigieux, enregistré le 19 août 2022, est tardif ainsi que le fait valoir la commune de Rouans en défense. Dans ces circonstances, le recours pour excès de pouvoir formé contre le permis de construire en litige paraît, en l'état de l'instruction, entaché d'irrecevabilité manifeste insusceptible d'être couverte en cours d'instance, de sorte que la demande de suspension de l'exécution de l'arrêté portant délivrance de ce permis doit être rejetée.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B et Mme C et autres ne peut qu'être rejetée, en toutes ses conclusions.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'apparaît pas inéquitable de laisser à la charge de la commune de Rouans les frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B et Mme C et autres est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Rouans présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F B et Mme D C et autres et à la commune de Rouans.
Fait à Nantes, le 18 avril 2023.
La présidente, juge des référés,
A.-C. WUNDERLICHLa greffière,
M.-C. MINARD
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026